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14 ans de blog (2004-2018)
2 septembre 2018
24

Oh, boy.

Le temps passe. Je suis régulièrement en live sur Instagram, le soir, pour les plus pressés > mon compte @monsieurwilliam

La première chose qui m’a marqué en allant chercher les articles 13 ans de blog, 12 ans de blog et 11 ans de blog (je ne suis pas remonté plus loin) c’est à quel point j‘étais mignon il y a quelques années et le sale coup de vieux que j’ai pris j’écris moins en ligne, en moyenne une fois par mois désormais alors que je pouvais écrire quatre à cinq articles toutes les deux semaines à une époque. Les temps changent. La deuxième chose qui m’a marqué, en regardant les stats, c’est de constater la fidélité des lecteurs malgré cette raréfaction des nouvelles, comme si cela était devenu naturel pour vous aussi mais que vous saviez venir encore ici picorer deux ou trois choses quand il y a de quoi, sans jamais oublier l’url. Et pour cela : merci.

Je crois que le plus simple revient à vous raconter ce qu’il s’est passé grosso modo depuis septembre 2017, même si je fais chaque année un bilan d’année, celui-ci arrivera donc plus tôt, aujourd’hui et sera remplacé par un bilan culturel fin décembre. J’avais répondu à plein de vos questions déjà par ici, par ici, par ici, par ici et par ici :  la plupart de mes réponses restent d’actualité, enfin j’espère, je n’ai pas été relire.

En septembre 2017, mon analyse s’arrête. Ma thérapeute considère que je suis bien, que je vais bien et que nous n’avons plus de raison objective de nous voir une fois par mois (le rythme s’était considérablement ralenti). J’arrête donc de raconter mes ennuis à quelqu’un et je tremble un peu les premiers mois, sans petites roues à mon vélo de grand garçon. J’explique ma faculté de pouvoir percevoir les énergies négatives dans les pièces ou les murs (creepy, je m’en passerais bien) et j’exprime ma reconnaissance pour tout ce qui va bien dans ma vie en énumérant les choses qui me rendent heureux.

Je ne le sais pas encore mais je vais quitter mon travail avant la fin de l’année car je ne le supporte plus. Trop de réorganisations, trop d’ordres et de contrordres, trop d’incompétence, aussi. La coupe est pleine, je m’ennuie. On me demande de patienter, on me donne un os à ronger (je pars à Moscou quelques jours, magique) mais le coeur n’y est plus. Il me faut vraiment aller voir ailleurs. Je suis resté au centre du réacteur, au coeur du pouvoir d’une multinationale de 100 000 salariés pendant trois ans. J’y ai tout appris, je m’y suis même compris : je sais qui je suis, désormais, au travail, et ce que je peux apporter à une équipe. Il est grand temps de se dire au revoir. Les années passent et j’ai – plus que jamais – besoin de sens.

Novembre et décembre sont des mois totalement fous : on m’approche deux fois puis une troisième puis une quatrième pour me proposer du boulot. Les postes sont intéressants et les rémunérations parfois folles. Comme Perrette et son pot au lait, je me prends à rêver mais rien de tangible ne sort de tout cela, pour des raisons qui m’échappent de prime abord puis qui me sautent à la gueule début 2018. Non seulement je n’avais rien à faire dans ces jobs mais surtout j’aurais payé très cher ma venue ! Clairement, un ange gardien veille sur moi.

Je passe traditionnellement seul les vacances de Noël à Bayonne et ce pont Saint Esprit interdit à la circulation m’emmerde plus d’une fois, m’obligeant à marcher plus que de coutume. Le soir du 31, penaud, je me réconcilie avec des amis. Ces vacances de Noël se passent moins bien cette année, je ne sais pas pourquoi. Je change enfin de téléphone (mon écran était cassé depuis des mois…) et je marche encore et encore le long de l’océan, au petit matin, chaque jour. L’Anglais m’échappe alors que nous avions tout pour nous. Il a peur. Il reviendra plusieurs fois, quelques mois après, par messages, mais le coeur n’y est plus de mon côté.

On m’a proposé d’écrire une série basée sur mes livres.

Je commence à y réfléchir début janvier et puis je m’envole pour la Guadeloupe, seul encore, cadeau d’adieu royal de mes anciens collègues. Dix jours de soleil en plein hiver gris et pluvieux : voilà le luxe, voilà ma définition de la richesse et du bonheur ; conduire fenêtre ouverte, le bras sur la portière, lunettes de soleil sur le nez, en tee-shirt. Dire merde au froid, aux saisons et aux radiateurs. Je veux rester vivre là et m’y ennuyer, certes, mais m’y ennuyer de manière indolente. Je suis très bien reçu partout et ne ressent presque pas la solitude. Le calme avant la tempête.

Je me crashe peu après mon voyage en Lombardie chez Linda, mon ancienne stagiaire, près du Lac de Côme. Bergame (Call me by your name). Milan et son dôme dont je tombe fou amoureux. Je vais m’écrouler dans peu de temps et je le pressens déjà mais je n’imagine pas à quel point la chute va être violente. Plus d’analyste, des amis occupés, plus de boulot et des heures de liberté devant moi. Je touche le fond en avril, suite à des problèmes administratifs que j’aurais du affronter depuis des années.

J’ai une longue sangle de yoga dans le placard de la chambre d’ami que je contemple chaque matin en me levant. Je la vois autour de mon cou, je sais où l’accrocher pour ne pas me rater. Des ennuis financiers ont surgi : la somme d’argent rondelette que j’avais de côté pour payer ma formation Gestalt m’est volée par la CIPAV, les impôts soudain réclament des sommes folles et tous mes projets de voyages tombent donc à l’eau : je devais partir un mois au Cambodge en mode routard, annulé. Je devais passer un autre mois à Rome dans un appartement loué : annulé. Je me réfugie dans l’écriture et crache alors 60 pages d’un coup pour la série, dans les larmes, matin après matin, pendant quelques semaines. Je n’ai plus assez d’argent, j’apprends à compter chaque euro. Durant quelques semaines de mars et d’avril, je ne tiens plus qu’à un fil.

Un soir, je m’écroule et une main m’est tendue le 9 avril 2018.

Je re-bascule du bon côté de la force.

Il n’y a que deux énergies : celle de l’Amour et celle de la peur.

Je choisis l’Amour.

Mai et juin, ça va mieux. Je ne suis pas passé loin du couperet. J’avais analysé ici très bien tout seul ma problématique (toute dernière phrase) mais je dois attendre début juillet pour trouver la porte vers le début de solution et un programme en douze étapes dont je parle de manière discrète parfois au fil des articles qui suivent. Je suis convalescent, très loin, très très loin d’avoir dominé le cheval sauvage qui galope en moi, mais je connais désormais son nom et je le parque dans son enclos, entouré d’autres cowboys, deux fois par semaine, dans d’anonymes réunions.

Juillet, août. Je dégage des ondes différentes, je le vois. Je le sens. J’attire de toutes nouvelles personnes dans ma vie. Par trois fois, même, je me surprends à me dire : il se passe quelque chose, là. Je suis tenté d’accepter un job hallucinant et passionnant mais je dis non, un dimanche matin, dans le jardin du Luxembourg, après quelques semaines à préparer ma venue. Une erreur, peut-être. Peut-être. Je ne sais pas. Je suis attentif aux signes et ils n’y sont pas.

Je reprends un travail fin août qui tombe tout seul comme mes trois derniers jobs : “Tu veux ?” “Oui” “Ben viens…”

Et, à côté, je perfectionne ce que je suis : un médiateur, un coach, un transformateur d’humains.

Septembre.

Je suis dans tes bras. Je ne pense à rien sauf à te serrer fort, encore plus fort. Tu me dis que je suis beau. Hier, je te demande si tu veux aller à Venise, que je ne connais pas, et tu me dis : oui.

 

6846 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There are 24 comments

  • Delphine dit :

    Je vous lis depuis longtemps (ron) j ai acheté tous vos livres ou presque, nos vies n’ont rien à voir mais à chaque fois je suis touchée. Vous me touchez toujours juste et je ne l écris pas souvent. Merci

  • Magali dit :

    Et 14 ans que je vous lis…merci. Le jeune Ron n est pas si loin, les multinationales ne vous méritent peut-être pas… Beaucoup de belles choses vous attendent, prenez soin de vous.

    • William dit :

      Comme le temps passe. Je regrette tout de même un peu les avantages de ces multinationales…Un peu moins leur pesanteur 🙂
      Merci pour votre bienveillance <3

  • Emilie dit :

    Je vous lis depuis des années, et je suis toujours aussi touchée par vos mots. Je vous souhaite de trouver un équilibre, de trouver votre équilibre

  • Séverine dit :

    14 ans de lecture plus tard, je fais partie des fidèles et suis toujours autant touchée par tes écrits. Le meilleur conseil que l’on m’a donné récemment je te l’ai déjà donné, mais je te le redonne: Courage et Sérénité!
    2018 est une année surréaliste pour moi. Des rencontres incroyables, de la joie, des pleurs. Mais surtout, l’Acceptation avec un grand A. Et depuis je revis. J’évolue. Vers quelque chose de beau. Je l’étais déjà sans le savoir, masqué par la peur.
    Je te le souhaite de tout cœur! Il n’y a rien de plus beau que s’aimer soi-même, en son entier.
    Un cadeau musical d’un groupe que j’affectionne beaucoup: https://youtu.be/kZrg8qOnBaE

  • Myster.i dit :

    Je ne retiens qu’une phrase : “Il n’y a que deux énergies : celle de l’Amour et celle de la peur.”
    Tout est dit.
    Merci

  • Mymy dit :

    Je ne te lis (malheureusement) pas depuis 14 ans mais cela fait quelques années tout de même.
    Je ne me lasse pas. La fréquence de tes articles n’est pas importante tant le contenu est de qualité.
    2018 semble être une année de grands chamboulements pour beaucoup, je n’y fais pas exception non plus. Mais c’est justement aussi annonciateur de nouvelles aventures, de découvertes, de nouvelles rencontres.
    En tout cas, ton mois de septembre semble très bien commencer 🙂

  • Corinne dit :

    Contente de savoir que tout va mieux 🙂 Je me retrouve, comme souvent, dans ton chemin… et au même endroit que toi, juste là. Vive les bras! Au plaisir de te croiser un jour.

  • yotsuya dit :

    Ah ? Venise ? A deux .. ? Ravie de l’entendre.

  • yotsuya dit :

    Il manque un point d’exclamation à mon commentaire (parti trop vite !) Du coup j’ai l’air …dubitative. Pas du tout ! Je suis enthousiaste au contraire. Ravie devant cette bonne nouvelle. Bonne Venise donc, bonnes gondoles, bons ébats, bonne pasta ! (attention toutefois, pas entre les repas. La pasta, j’entends).

  • Danyhube dit :

    Merci pour tous vos écrits qui depuis 14 ans ont souvent résonné en moi !
    Heureuse de lire le dernier paragraphe et de vous savoir heureux!
    Je vous embrasse

  • Fred de Romans dit :

    Même si je commmente très peu, je continue toujours à te lire, toujours très touché par tes analyses et points de vue. Et par ta recherche intérieure qui est beaucoup plus manifeste ces dernières années . Pour moi, changement pro qui induit changement de vie finalement où j entraine mes proches : pas toujours facile le changement mais en même temps porteur de nouveau ! 2018 me semble une année de mouvement pour beaucoup! Fred

  • JacquieB dit :

    Je vous suis depuis 14 ans, bien sûr qu’on vous aime et qu’on ne vous souhaite que du bonheur et cela semble bien parti …. Good luck William. Je vous embrasse.

  • JacquieB dit :

    14 ans à vous suivre mais que de bons moments, pas toujours pour vous mais il semble que ce soit bien reparti et Venise c’est si beau.
    Alors que ce mois de septembre et cette fin d’année soit belle pour vous William.
    Je vous embrasse.

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