Je garde un très mauvais souvenir de cette journée de tournage à Dijon. Non, non, ne vous méprenez pas : Charles Rozoy, l’athlète, était adorable, l’équipe de tournage aux petits soins pour nous et l’interview s’est déroulée sans accroc. Non, juste, j’étais malade à crever et cela se voit sur le film qui en a été tiré. J’ai eu du mal à poser mes questions sans m’interrompre toutes les deux minutes, l’horreur. Je suis rentré et me suis écroulé, la fièvre, l’intoxication alimentaire et dommage pour le concert de Charlotte Gainsbourg prévu le soir-même.
Les gens qui me lisent depuis sept ans sur le net connaissent mon point de vue sur le handicap et la place de la personne handicapée dans la société. Pas vraiment besoin de développer : la visibilité, dans tous les domaines humains, que ce soit pour les oeuvres, la sexualité ou le handicap améliore la compréhension et facilite l’insertion. La personne handicapée n’a pas besoin de compassion. Elle souhaite juste un environnement urbain adapté, un travail la socialisant et lui permettant de prouver ses compétences, une vie sexuelle harmonieuse et, dans le cas de Charles, une médaille en Or qu’il pourra faire semblant de croquer sur la photo officielle. Je lui ai d’ailleurs dit (ils ont coupé au montage) que je trouvais ça super cliché, ces athlètes qui mettent la médaille entre les dents. Il m’a poliment et fermement envoyé balader : quand on remporte l’Or, on fait comme on veut. Oui. Et je crois que je serais pareil, en vrai
Je serai à Londres avec Charles, fin Aout, pour les Jeux Paralympiques 2012. Il va gagner, je serai fier de lui, il fera sa photo avec la médaille entre les dents et je me moquerai de lui, un peu, évidemment. Mais, tout de même, nager sur un seul bras des aller-retours dans le bassin Olympique, respect. Même moi avec deux bras, je n’en fais pas un dixième.
(Aucune idée de pourquoi on m’avait réservé un nageur…mais je ne me suis pas plaint !!!)



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