Pour vous la faire courte, j’ai (encore) des problèmes de dents qui me pèsent sur le moral : il y a eu les caries, il y a eu la fracture, il y a eu les implants, il y a les couronnes. C’est du temps, c’est de l’argent, c’est du stress, beaucoup de stress.
Et ce gris, dehors, putain.
Je viens des Landes, je ne suis pas habitué à ce gris, à cette pluie : le mois de juin écoulé a été le pire mois depuis mon arrivée sur Paris il y a huit ans. J’ai voulu arracher les rideaux, hier soir, juste pour grappiller un peu de luminosité supplémentaire.
Mais ce qui m’a vraiment blessé, ce matin, et c’est marrant, je n’aurais pas cru, ce qui m’a vraiment fichu par terre, c’est que j’ai cru pendant quatre longues heures avoir perdu mes lunettes de vue. J’en ai deux paires : l’ancienne, des Ray Ban, elles me vont super bien mais ce sont les vieilles, quoi et la nouvelle paire, des Moscot, qui me sont chères parce que c’est mon amie Céline qui me les a conseillées, parce qu’elles sont rares et parce que je me sens chic, avec, allez comprendre.
Et bien ce matin, à l’idée de les avoir perdues à jamais, alors que mes dents me font un mal de chien, que je n’ai pas écrit une seule ligne intéressante cette semaine sur mon scénar’ et qu’il pleuvait dehors des cordes, c’était la seule chose qui m’obsédait, la seule chose que je ne voulais pas lâcher.
Tout, prenez moi tout mais pas mes lunettes.
Tout.
Mais pas ces lunettes-là.
Le détail vital.
Je ne le savais pas mais j’y suis plus attaché que je ne l’aurais cru. Je ne comprends pas très bien pourquoi.
Si j’avais réellement perdu ces lunettes, je crois que j’aurais très mal continué l’été.
En attendant, mes vacances approchent.
Mais, avant, juste pour fêter ça, c’est dévitalisation, gauche, droite, et couronnes.




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