Vie quotidienne
(3ème partie) Vous m’avez demandé, je réponds !
13 janvier 2013
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Vous m’avez posé une question ici, je réponds.

Loïc : Tu dis souvent que tu as quitté le monde infirmier par envie d’autre chose mais aussi que ce que tu as appris dans ce milieu te sert pour analyser ou comprendre le monde chaque jour. J’ai donc 3 questions : Comment William l’infirmier influence-t-il William l’écrivain / blogueur / chroniqueur au quotidien ? Qu’est ce que William l’écrivain / blogueur / chroniqueur a appris à William l’infirmier qu’il ne savait pas déja ? Considères-tu que le métier d’infirmier est derrière toi ou au contraire qu’il a fait de toi ce que tu es aujourd’hui (en dehors du fait qu’il a contribué à faire connaître tes talents d’écriture) ?

Alors…Pour te répondre en gros : je suis le même qu’il y a quelques années et j’ai gardé de mon activité passée des réflexes professionnels et humains qui sont très forts dans ce que je suis, au quotidien. Le métier n’est pas derrière moi, il est toujours là. Différemment.

Karen : Vous êtes libre ce soir ??? 😉
Si vous vous y prenez à l’avance, oui.

Fannouche : Mes questions: -e st ce que si je vous rencontre dans la rue je peux vous aborder et vous faire part de mon admiration? Ou bien est ce énervant pour vous? – Est ce que vous allez écrire un livre sur toutes vos coïncidences qui n’en sont pas, ainsi que sur ce que vous comprenez de l’Univers et du Karma ? (j’en rêve)

Bien sûr que vous pouvez m’aborder, enfin voyons, on peut aborder tout le monde, je pense, quand on y met les formes et quand on a envie de dire son affection. Moi je le fais souvent avec les artistes ou les personnalités dont je respecte le travail, si je sens que le moment est propice. Je ne reste pas longtemps mais je tiens à le dire : “Votre travail me touche beaucoup”.
J’ai essayé de commencer un livre sur mes expériences passés mais…pour être franc…J’ai relu ça récemment et c’était très mauvais…Mon écriture n’avait pas trouvé le sens de ma pensée. Celui de Laurent Gounelle mérite plus votre attention (Tous ses livres, d’ailleurs). Peut-être une prochaine fois, j’y arriverai, peut-être.

Pascale : Comment va ton frère ?
Il va bien.

Karine b : peut-être en as-tu déjà parlé dans un billet, j’avoue ne pas avoir toujours tout lu, mais pourrais-tu parler de ta “croyance” dans les vies passées ?

Oui, j’en ai souvent parlé ici mais jamais plus clairement que dans ce billet (lien)

Voilà. C’est ça : je dois me préparer à quitter mon corps, un jour, sans souffrance ni peur, dès aujourd’hui, en vivant pleinement en accord avec ce que je suis, ce qu’on m’envoie, mes valeurs et mes envies. En pleine conscience cosmique. De grâce, n’allez pas chercher ça dans Google. Les sites qui en parlent me font peur. Je vous recommande plutôt la lecture de « Think On These Things », de J. Krishnamurti. Ou de « Siddhartha », d’Hermann Hesse.

 

 

Renaud : Quand est ce que vous allez ecrire (sans langue de bois) sur votre expérience dans le monde “fabuleux” d’une major? Vous avez pas peur de vous griller ?

Ecrire sans langue de bois sur Universal Music supposerait que j’ai menti ici ou ailleurs sur ce que j’y ai trouvé. C’est une entreprise qui, comme toute entreprise, est perfectible, évidemment. J’ai (honnêtement) plus de bons souvenirs que de mauvais et d’ailleurs j’en parle encore fréquemment, avec beaucoup de plaisir. Je n’ai pas aimé les dernières semaines chez OFF, qui n’est pas vraiment une Major mais une boite de production intégrée dans une Major. Le projet initial était dément. La suite fut plus rude. Je suis parti pour désaccords artistiques comme on dit parfois et dans mon cas, c’était vrai. Je n’étais absolument pas d’accord avec les choix de l’équipe dirigeante. Quand à se griller, je crois que j’ai passé l’âge : Paris est tout petit, le monde professionnel encore plus. Il n’y a pas grand chose à raconter sur une Major, en 2013 sauf à mentir ou grossir le trait. Mes anciens collègues en label bossent énormément, pour des salaires pas toujours mirobolants, dans un contexte culturel épouvantable. J’étais fier d’en faire partie pendant deux ans.

Phil : Meilleurs vœux déjà William ! A quand des petites films de toi interviewé par dame Zazie pour ton prochain bouquin ?

Meilleurs voeux à toi. Cela n’arrivera jamais car Zazie est une artiste et les artistes interviewent rarement les autres artistes. Ce n’est pas leur métier. Pour la petite histoire, j’avais proposé à Zazie de rencontrer et d’interviewer PJ Harvey. Elle n’avait pas dit non (elle aime beaucoup)…mais le planning de PJ Harvey avait été blackboulé à la dernière minute et ça n’avait pu se faire. Dommage. Et, même si je m’y mettais aujourd’hui, je n’aurais pas de livre en librairie avant septembre 2014.

Matthieu : je suis heureux une semaine sur deux au boulot. Vraiment très heureux, entouré de gens formidables, avec un boulot passionnant. Et une semaine sur deux, une personnalité toxique (toujours la même) m’empoisonne, et je prends conscience que je ne suis pas assez payé pour ce que je fais. Est-ce le moment de partir, ou est-ce le moment de rester ? (Je te rassure, je ne te demande pas de jouer la voyante, mais ta réponse m’intéresse, même si au final je n’agirai pas forcément dessus)

Moi, je travaillerais plus sur moi, dans ce cas. Travailler sur ta personnalité “toxique” dont tu sens bien qu’elle est la cause de ton mal-être et non ton travail “passionnant”. Pas assez payé, c’est un autre problème. Peut-être ne t’autorises-tu pas à aller mieux pour devoir supporter ensuite de telles situations ? Pour moi les trois données ne sont pas sur le même plan, réunies uniquement par ton mal-être sur le sujet, le réel dénominateur commun. Travaille sur toi : tu finiras mieux payé. Ou tu accepteras d’être payé au lance-pierre mais avec le sourire 🙂

Robin : 1/ ta propension à passer d’une activité à une autre résulte-t-elle d’envies successives ou de lassitudes répétées ? Changes-tu d’activités par envie d’une nouvelle ou par lassitude de l’ancienne ? 2/ ne crains-tu pas qu’à toucher à tout tu ne finisses par exceller en rien ? Ne regrettes-tu pas, par exemple, l’écrivain que tu aurais pu être aujourd’hui si tu avais continué à écrire à temps plein ?

Je change souvent de métier car je m’ennuie dès que j’en ai fait le tour et j’ai besoin de ne pas m’ennuyer dans mon métier. Vraiment. Il me faut des job “challenging”. Je change souvent d’activité car je travaille vite et j’aime bien jongler entre plusieurs tâches.
Je crois, au contraire, qu’en touchant à tout, je complète ma palette et je vais finir comme un couteau Suisse. Je sers à tout. Et j’excelle dans certains domaines, je le vois. J’apprends vite, très vite. Juste je déteste m’ennuyer et quand je maitrise une activité (qui aurait la prétention de maitriser un domaine ?), je passe à la suivante ou, mieux, je l’intègre à la suivante.

L’écrivain que j’aurais pu être ? Je suis l’écrivain que j’ai souhaité être. J’ai donné quasiment le meilleur de moi-même dans mon premier et dans mon dernier livre. Oublions tout le reste : si je ne suis pas devenu connu pour mes livres, c’est que je ne devais pas être connu pour mes livres. L’écrivain que je suis écrit régulièrement en ligne, ici, et en tire un plaisir énorme. Ecrire tous les jours sur un blog me permet d’être beaucoup plus efficace quand j’ouvre Word et que j’y commets un roman. Ce qui est le cas en ce moment.

Je n’ai pas de regrets. Sauf le sport. J’aimerais vraiment être plus sportif. Je crois que je dormirais mieux.

1596 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There are 2 comments

  • Laurence dit :

    Ah moi je n’ai pas de question car je suis attentivement celle des autres … Et cela me permet de réitérer toute la sympathie et l’affection que tu provoques (c génial de provoquer ça non ? ) … Bon dimanche William – (@lopalomita)

  • Matthieu dit :

    Merci pour ta réponse, je vais réfléchir à tout ça. 🙂

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