Vie quotidienne
A mes actes manqués
6 novembre 2016
3

Cette écharpe, j’y tiens plus que tout. Je ne sais pas très bien pourquoi. C’est une S.N.S Herning offerte par Margot. Sa laine est si rèche que bien de peu de gens l’aiment. Non, elle ne me gratte pas, pas un instant. Je l’adore. Je la trouve élégante, raffinée, rare, très bien faite et…je ne cesse de la perdre.

Quatre fois en tout.

Encore une fois, dimanche soir, dans un Uber.

Je ne sais pas pourquoi j’y tiens autant : est-ce parce qu’elle vient de Margot, qu’elle me rappelle quand nous travaillions tous les deux à Canal + (pas la période la plus heureuse de ma vie, pourtant…), est-ce parce qu’elle est signée d’une marque que je ne vois pas souvent en rayon, est-ce son prix, le fait que je porte peu d’écharpes, au final, et que c’est toujours une fête de nouer quelque chose autour de mon cou ? Est-ce parce qu’elle a, comme moi, traversé 2015 puis 2016, de carton en carton ? Survivor.

Oubliée encore une fois, donc, alors que je me suis dit, au moment de claquer la portière en sortant : « Tiens, il me manquerait pas un truc ? »

La dernière fois, au bureau, j’en avais eu les larmes aux yeux, j’avais couru dans tous les étages pour la trouver, de salle de réunion en coin café, de bureau en bureau. Rien. Une collègue avait fini par la trouver sur une table et me l’avait ramenée. Une peur irrationnelle de la perdre, j’en pleurais et j’en pleurais encore plus de rage de pleurer pour quelque chose d’aussi insignifiant, en apparence.

Mardi matin, alors que j’embrasse Natacha, en arrivant au bureau, elle avise mon écharpe :

– Alors ? Tu l’as retrouvée ?

– Oui. Le chauffeur du Uber l’avait mise de côté. Ouf. Je ne comprends pas, je ne comprends pas comment je fais pour la perdre aussi souvent alors que c’est peut-être la seule chose à laquelle je suis vraiment attaché…Le nombre de merdes insignifiantes que je traîne dans ma vie depuis des années et dont je n’arrive pas à me débarrasser.

– Justement. Peut-être que tu la perds parce que tu l’aimes…trop ?

– Je…Euh…Oui. Oh, oui, je crois que tu as raison. Oui.

Mais comment fait-on pour aimer moins les gens et les choses, moi je ne sais pas.

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There are 3 comments

  • jenny dit :

    Bonsoir William,
    ce qu’il me vient simplement est que cette écharpe, elle t’échappe souvent ! 🙂
    Au plaisir de te lire et amicalement,
    Jenny.

  • Sofy dit :

    Dis donc, elle m’a l’air sacrément pertinente cette Natacha !
    En tout cas, cette conclusion plutôt inattendue me semble en effet plutôt bien coller à ce que j’ai pu lire de toi (et j’en ai lu ! :-p ), et me parle à moi aussi… 🙂

  • capitaine dit :

    « – Justement. Peut-être que tu la perds parce que tu l’aimes…trop ?

    – Je…Euh…Oui. Oh, oui, je crois que tu as raison. Oui.

    Mais comment fait-on pour aimer moins les gens et les choses, moi je ne sais pas. »

    Euh pour moi la question n’est pas comment aimer moins les choses (pourquoi d’ailleurs ?) mais peut être de ne pas s’obliger à PERDRE ce qu’on aime; de ne pas se sentir obligé de détruire ce avec quoi on a fait un lien.

    Enfin je dis ça, je dis rien… 😉

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