Télévision Vie quotidienne
Antenne dans vingt secondes
13 décembre 2018
4

J’anime depuis quelques semaines déjà une émission de radio. Je sais, je n’en avais pas parlé ici, c’était volontaire, j’étais en rodage et je ne souhaitais pas trop me faire remarquer. Chroniquer, c’est une chose. Ecrire, c’est une chose. Assurer la promo de mes livres, c’est une chose. J’ai appris à faire tout ça. Mais ANIMER une émission éco de 20 minutes, en direct, sur un thème changeant à chaque fois, à la radio (filmée) et bien…J’avais besoin de pratiquer un peu avant de vous montrer. Et de vous faire un Top 10 des enseignements appris. L’émission est visible ici…

Bleu sur bleu

1 – C’est quand même atroce cette boule dans l’estomac qui vous prend une demi-heure avant l’émission et qui prend de plus en plus de place au fur et à mesure que l’heure de diffusion approche. J’avais oublié…à quel point je détestais ça quand je faisais de la télé !!  Comme cet accouchement sans péridurale où on jure qu’on ne vous y reprendra plus*. Ahaha, on passe vite à autre chose, hein, quand c’est désagréable. On oublie.

Sauf que je m’y suis recollé comme un grand, tout seul, avec dix fois plus de pression et dix fois plus de contraintes. Je détestais assurer une chronique en direct car les aléas d’un plateau étaient atroces : timing changeant sans arrêt (m’obligeant à raccourcir mon texte et donc à ne presque plus rien dire), invité interrompant mon propos, textes de mes chroniques presqu’imposé, etc. Le fait de gérer TOUT SEUL m’ôte un poids mais me rajoute une pression certaine.

2 – Plus je bosse mes lancements, plus j’écris mes questions et plus je suis à l’aise. Plus je sors des rails (et ça m’arrive trois fois durant ces 20 minutes, sur la question de début et celle de fin, ainsi que sur celle évoquant ma comptable) et plus je prends le risque de me trouver en rade de vocabulaire, d’utiliser un langage familier ou de me perdre dans mon raisonnement. 

3 – Je n’ai évidemment pas fait d’école de journalisme ou de radio et ça me manque, parfois, de ne pas connaître quelques bases. Je dois deviner, tâtonner, expérimenter et c’est épuisant de réinventer la roue à mon âge. J’ai peu de personnes dans mon entourage ayant une expérience du direct, de la radio, de l’animation d’une émission. Je n’ai pas envie d’embêter les gens avec des questions stupides. 

4 – Je dois penser sans arrêt à sourire, à me tenir droit. Ça me rappelle la télé, je déteste ça. Pas question de s’avachir pour se mettre à l’aise. Droit, j’y arrive à peu près. Mais sourire entre deux questions ou même quand je parle, je n’y pense presque jamais. Sur une émission précédente, j’ai découvert en me regardant que j’avais une Resting Bitch Face (on dirait que je fais la gueule sans arrêt quand je ne parle pas alors que NON). Epuisant de se forcer à sourire pour pas faire peur aux gosses.

5 – Evidemment que je kiffe énormément faire ça. Evidemment… 

6 –  J’adore l’idée d’avoir un sujet différent par émission et j’adore l’idée,  en sortant du studio, d’avoir été moins bon sur des sujets qui me semblent simples ou plus à l’aise sur des thématiques auxquelles je ne comprends rien à la base. Les mystères du direct.

7 – Bien sûr, tout cela n’a pas très grande importance dans l’histoire de l’Univers. « Ce n’est que de la télé » comme on dit. Mais la radio, quand même, c’est la classe.

8 – Notez-bien néanmoins que, que je le veuille ou pas, que je le réclame ou pas, après avoir déclaré mille fois que j’étais passé à autre chose, je me retrouve ENCORE une fois derrière un micro à parler, en quelques minutes, sans l’avoir cherché, sans avoir tué père et mère pour ça. C’est un peu comme si je ne pouvais échapper à mon Karma. Étrange, non ? Personne ne m’a forcé à le faire, bien sûr, mais je n’avais absolument pas planifié de le faire non plus…Une surprise totale, quoi.

9 – Je le fais pour l’adrénaline. Je me sens vivant quand je le fais. Je le fais parce que j’adore comprendre et poser des questions mais je le fais surtout parce que ce flip, cette boule d’angoisse avant l’émission et cette montée soudaine dans ma colonne vertébrale quand j’entends le jingle cinq secondes avant de parler, je trouve ça absolument magique. Terrifiant et magique. 

10 – Le meilleur reste à venir, décidément. Je vous le dis si vous êtes dans une sale période en ce moment : on ne peut jamais savoir de quoi demain sera fait. Si on m’avait dit en avril que j’animerais une émission éco à la radio, que j’aurais un adorable garçon dans ma vie et que je m’apprêtais à ouvrir un cabinet, je ne l’aurais pas cru. Je ne l’aurais pas cru. Je voulais que l’aventure s’arrête. Et j’ai bien eu raison de m’accrocher un peu. Ne lâchez pas. 

*En même temps, qu’est-ce que j’y connais en accouchements, moi ? Tais-toi donc, Will.

16400 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There are 4 comments

  • yotsuya dit :

    Bravo bravo William ! Tu sais tout faire, c’est bluffant tout de même… Et avec quelle aisance (apparente peut-être, mais très convaincante).

  • Virginie dit :

    Je ne lâche rien mais la roue tourne un peu vite parfois.

    Mais avant tout, bravo pour l’émission, je l’ai vue mardi, le sujet n’est pas des plus funky mais le résultat est très intéressant.

  • Séverine dit :

    Exercice plus que réussi, la radio ta va comme un gant! Vingt minutes qui sont passées très vite pour moi, j’ai adoré entendre ta voix 😉
    Et j’ai éclaté de rire lorsque j’ai entendu la référence à la Suisse pour l’impôt à la source, on adooore prendre notre temps et c’est pas demain que ça va arriver. Malheureusement. C’était très intéressant, je me réjouis d’entendre les prochaines!

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