Voyages
Belgrade (jour 2)
16 juillet 2016
0

Mon premier jour à Belgrade, ici.

(Notes prises au fur et à mesure de la journée, rien de bien important)

Bien sûr, il pleuvait des cordes, ce matin, au réveil. Et bien sûr, à l’accalmie, je me suis dit que je devais aller découvrir la forteresse de Belgrade, que ce n’était pas un peu de crachin qui allait me tuer, merde quoi, on n’est pas en sucre, non.

Bien sûr, alors que j’avais à peine fait 800 mètres, il s’est mis à tomber des hallebardes. Vaillamment, j’ai tiré mon parapluie du sac et j’ai continué à marcher sur les “pavés” (d’énormes morceaux de rochers saillants en pleine rue, oui) en manquant glisser plus d’une fois, pour enfin arriver sur la rive du Beau Danube Bleu, super gris, donc, ce matin.

J’ai fait le tour de la forteresse, évitant soigneusement le musée de l’Armée et puis j’ai remonté un peu au pif.

13695241_10210401012328279_888340916_n

Ce tee-shirt m’a fait rire. Sur le principe. Bon, on tâche d’oublier les dizaines de millions de morts que ce jeune homme probablement un peu trop exalté n’avait pas vu arriver suite à son “geste de jeunesse”. Le diable savait quoi faire, ce jour-là.


13734699_10210401012168275_911419031_n

Me suis assis sur un banc, pour relire les notes sur la forteresse et il y avait cette cour toute blanche, sur ma gauche et ce vélo, et la propriétaire, un peu plus loin, me faisant un signe de la main, pour que j’entre…prendre un thé…que j’ai décliné, n’arrêtant déjà pas de pisser sans arrêt depuis la veille. L’air des Balkans, probablement.

 

 


13689449_10210401012248277_107142813_n

 

Marko est ensuite arrivé, tout beau, tout jeune, tout Serbe. Louées soit ces applications de rencontres…Mon guide pour la journée. Immense, 1M91 et moi qui me sentais bien minuscule à côté. Dans un anglais parfait, il m’a emmené dans tous les endroits que mon bouquin citait : j’aurais été bien incapable d’y aller seul sans sortir mon plan. Ah, qu’on est vite perdus sans ce maudit iPhone, lorsque la 4G n’est plus en option. Au moins je décroche le nez de l’écran.

13705209_10210400517515909_1435196614_n

Nous parlons garçons, bien entendu, nous parlons salaire, nous parlons vie sexuelle et vie privée pour un gay en Serbie (pas si terrible qu’annoncé dans les guides, il me parle des garçons vivant en couple sans trop de souci dans le centre de Belgrade), de ses amants, des miens et nous parlons de l’Europe, son interrogation principale, la Serbie pourrait-elle en faire partie un jour ?

13705306_10210400516635887_1601144004_n

Nous prenons un verre et puis un second. Nous marchons beaucoup sans nous en rendre compte.

13689484_10210400515355855_1612801950_n

Je me souviens alors que le principal plaisir de voyager seul réside là, dans ces rencontres improbables favorisées par la solitude, n’avais-je pas découvert tout le Japon de la sorte, pendant plus d’un mois, changeant de ville tous les deux jours, rencontrant de beaux garçons parlant anglais et leur demandant de me faire découvrir leur ville, leurs endroits favoris, les petits coins sympas et plus si affinité en rentrant le soir à l’hôtel. Une manière comme une autre de faire du tourisme…et la certitude de sortir des sentiers battus…Que de rencontres…Que d’amis Facebook désormais, un peu partout dans le monde. Que de moments tendres, loin de Paris.

13695888_10210400514915844_663689303_n

Marko me demande si j’aime les garçons plus jeunes. Je soupire. Je lui réponds franchement : ce n’est pas que je les aime plus jeunes, c’est que les trentenaires ne m’approchent pas. Il sourit en retour : “moi, j’aime les mecs bien plus âgés…comme toi…

Le message passe.

13695735_10210400513835817_1912237672_n

Immeubles bombardés par l’OTAN qu’on reconstruit enfin, immeubles vestiges du Communisme (mes préférés), immeubles sans âme un peu décatis, immeubles flambant neuf. Belgrade ne me laisse pas de marbre. Je prends des photos, les gens du coin me regardent bizarrement, comme moi je regarde les touristes à Paris qui shootent tout et n’importe quoi.

13689306_10210400513195801_214773694_n

Des réfugiés Syriens, partout, mangeant dans la rue, à qui on donne des couvertures.

Plus loin, un très beau jeune homme, à même le sol, des yeux bleus d’une tristesse infinie, je lui demande comment il va, il me répond dans un anglais parfait qu’il veut juste aller en Allemagne pour travailler, il porte des crocs verts pommes délavées, il a les pieds en sang, je fouille mes poches pour trouver un billet et il le refuse, me demandant si je n’ai pas de l’aspirine, plutôt. Je m’apprête à dire non puis me souvient de la pharmacienne de la veille, à deux cent mètres, je lui dis que je reviens et il semble tout étonné de me voir vraiment revenir, avec son aspirine. Je lui tends, j’ai glissé dans la boite un billet de dix euros, il ne le sait pas. Il est très touché, il ne trouve pas les mots. Je m’en veux un peu d’être ému par ses yeux sublimes, par sa fragilité, par ce que j’ai deviné de lui, aurais-je autant de compassion pour un autre ?

Des enfants qui mendient. Des gens en couverture, encore, plus loin, sous la pluie fine. Une foule de réfugiés qui attend un improbable bus mais Marko me dit que désormais la frontière Hongroise est fermée et que personne ici ne les aidera à aller plus loin. Avant, oui. Plus maintenant. Je me prends dans la tête une certaine réalité que je tente de nier depuis des mois.

C’est leur jeune âge qui me choque le plus, je crois.

13672192_10210400512275778_1523598112_n

Le touriste reprend alors son chemin.

Un peu triste.

Le jeune homme est parti, quand je repasse, deux heures après.

13735271_10210400511715764_412314791_n

Une église orthodoxe puis une seconde. Je n’avais jamais mis les pieds avant dans une église orthodoxe, je crois.

13672247_10210400511035747_66779193_n

Plus de 20 kilomètres parcourus dans la journée, je n’ai plus l’habitude.

13706330_10210400510995746_1951055165_n

En rentrant, je planifie l’étape du lendemain. Novi Sad. Cap au Nord, vers la frontière Hongroise.

13735487_10210400510515734_1603933761_n

 

13705193_10210400510595736_1811852226_n

 

13735363_10210400510875743_671674174_n

 

13695074_10210400510555735_1228885767_n

 

Et, en revenant, enfin un peu de détente dans ma chambre.

Envie de légumes, ce soir, d’un truc un peu léger. Envie de me coucher tôt et de dormir de tout mon saoul.

Les vacances ont vraiment commencé, là.

1589 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

About author

Related items

/ You may check this items as well

27628617_10216096250105664_565078808650276246_o

De Côme à Monza : les larmes du départ

<div class="at-above-post addthis_tool" data-url="...

Read more
27788665_10216106086711573_5756036311925223565_o

Lombardie : Lac de Côme

<div class="at-above-post addthis_tool" data-url="...

Read more
27629409_10216078322817493_1023961226942450907_o

Lombardie : Milan

<div class="at-above-post addthis_tool" data-url="...

Read more

There are 0 comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *