Blog Vie quotidienne
Comment j’ai changé de vie
4 septembre 2012
24


Photo prise une nuit, à Tokyo, au Hilton, lors d’une soirée qui fut déterminante.

C’est Marie-Lore qui me pose les questions, ce matin.

Peut-on changer de vie en un claquement de doigts, sitôt décidé ?

Oui. Évidemment, le changement ne sera pas immédiat, il implique pas mal de rouages à mettre en œuvre, mais la prise de conscience peut se faire en un instant. En une phrase, en une conversation. J’étais au bord du gouffre, il y a cinq ans. Florence (son blog) m’a simplement parlé. Un mois plus tard, je quittais mon ancienne vie et 50% de mon mode de pensée. J’ai trouvé un nouveau boulot dans une autre branche.

Quatre mois plus tard, j’ai posé une des pierres angulaires de ma nouvelle vie, avec Benoît Raphaël, qui ne le sait probablement pas. La conversation que nous avons eue, un midi, m’a fait basculer d’un autre côté de la relation humaine dont on revient peu… sauf lors de grandes colères (qui font toujours bien régresser).

Je lui ai dit « Je ne t’embêterai plus. Je ne lutterai plus. J’accepte ce que je ne peux changer ».
Il ne le croyait pas. J’étais tellement chiant.
Et pourtant.

Ce fut la première fois de ma vie où je dus décrocher un téléphone pour dire à quelqu’un : « Je souffre de notre relation de travail. Je souffre des conséquences de mes actes. Je ne peux ni changer la méthode de travail, ni te changer alors c’est moi qui capitule ».

Sensation totalement nouvelle pour moi.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez été confronté alors que votre envie profonde était d’aller mieux ?
La peur fut la principale. La peur. Pas la mienne : celle héritée de mon éducation (celles héritées, soyons fou).
La peur de faire une bêtise, la peur d’échouer, la peur de ne pas comprendre ce qu’on attendait de moi, la peur de ne pas être bon dans une nouvelle activité, la peur de ne pas pouvoir revenir en arrière, la peur de me fourvoyer dans des rêves qui n’étaient pas les miens.

Et le regard des gens quand je leur parle de Karma, de synchronicité, de signes, d’énergies, de toutes ces choses qui m’entourent et me semblent folles et qui, pourtant, régissent mon petit destin avec pas mal d’humour. Le regard des gens a été (il l’est toujours) assez gênant. Une voyante m’avait dit, en décembre dernier : « Vous n’avez pas besoin de consulter une voyante ! Avec votre sensibilité, vous comprenez tout, vous savez déjà plein de choses. Ouvrez un cabinet, tirez les cartes, vous vous ferez des couilles en or…mais vous ne le voulez pas, n’est-ce pas ? » « Non. Je ne supporterai jamais le regard social des gens sur mon activité » « Je comprends…Dommage… »

Le regard des gens.
Je travaille encore dessus, dans certains domaines…mais j’ai énormément avancé. Il me reste finalement peu de peurs dans le domaine. Et les dernières au tableau ne sont franchement pas des sujets de conversation pour blog grand public 🙂

Qu’avez vous dû dépasser ? comprendre ?
J’ai du dépasser mes propres croyances : penser que les autres étaient meilleurs que moi dans certains domaines parce qu’ils avaient fait une école particulière. Non. Pas forcément. J’ai dû dépasser ma peur de parler en public. J’ai compris (grâce à une chanteuse aux cheveux longs) que la prise de risque serait vitale dans mon activité créatrice. J’ai dû dépasser l’idée qu’on devait avoir un métier, à vie, une seule carrière, une seule aptitude, un seul employeur. Non. Je suis polyvalent et curieux de tout. C’est moi. Je suis riche. Je m’enrichis un peu plus chaque jour. Et plus je dépose de l’or sur le bord de la route et plus j’en récupère un peu plus loin. J’ai compris. Je l’accepte, enfin, depuis peu.

Avez vous changé aussi rapidement que vous le souhaitiez ou l’avez imaginé ?
Oh putain, non.
Que c’est lent.
J’ai d’abord réglé le boulot puis les relations humaines (work in progress) puis j’ai attaqué la création et puis enfin la séduction.
Quatre ans, cinq ans de boulot.
Et ce n’est pas fini.
J’aimerais atteindre mes 40 ans avec un ou deux goals intimes dépassés.
Il me reste neuf mois 🙂

Avec le recul, qu’auriez vous pu éviter ?
J’aurais dû plus me faire confiance et demander un meilleur salaire !
Je le vaux. Si on ne veut pas me le donner, je dois aller ailleurs. Ma valeur humaine, ma valeur professionnelle, ce que j’ai à offrir, n’est pas négociable.
J’aurais pu éviter une ou deux collaborations malheureuses. La peur de ne pas bien faire tout seul, une autre peur.

Êtes vous plus heureux maintenant ?
AAAH OUI. MILLE FOIS OUI.
Ah là là. Mais sans comparaison.
MILLE FOIS CENT MILLE FOIS OUI : je suis plus heureux…

(vous voulez un de mes secrets ? Je médite à ma manière et j’écoute du classique)

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There are 24 comments

  • Sélim dit :

    Génial article William, même si tu n’entres pas dans les détails du pourquoi du comment.
    J’aime beaucoup ta manière d’expliquer que non, malheureusement, on ne change pas aussi vite qu’on le voudrait.
    J’ai dans le back-office du site un article d’un lecteur/contributeur qui parle de toutes ces peurs héritées…
    Se libérer de son éducation, le travail d’une vie…

  • yann dit :

    « (Un switch, ça se crée, aussi, parfois, lorsqu’on est embourbé dans la boue quotidienne, le gris, les emmerdes. J’y reviendrai un jour. Faites moi penser de vous le raconter !) »
    William, le 16/08
    Voila qui est fait ! 🙂

  • Pierre Klucik dit :

    Voilà qui me touche beaucoup pour avoir changé de vie aussi il y a 6 ans maintenant (mais j’ai 5 ans de plus que toi…)…et plaqué une carrière de directeur informatique dans la pub pour racheter une boutique et devenir fromager. Et je suis 100 fois plus heureux.

    Quand on me demandait si c’était dur ou fou de changer de vie, j’ai toujours décrit ça comme une avancée sur un plongeoir. Chaque pas est égal aux autres et nous rapproche de l’extrémité de la planche. Le dernier pas est égal aux autres mais c’est celui qu’on voit parce qu’il déclenche le saut (et le plouf dans un autre grand bain).

    Quant au karma et à la synchronicité, mes mots sont aussi différents. Mais je professe depuis longtemps que quand les choses doivent se faire, elle se font, simplement. Sinon ça n’est pas le bon moment, le bon endroit ou les bonnes personnes. Et les signes sont forts pour qui accepte de les voir…

  • guillaume dit :

    Cet article me touche car j’en suis à la phase pré-changement. Sauf que cette phase dure depuis longtemps et que c’est un entre deux fort inconfortable. Comment changer quand TOUT doit changer? Comment remédier à l’ennui et au gris de sa vie au lieu de s’en plaindre passivement chaque jour? Ne doit-on pas enterrer l’idée qu’on doit nécessairement avoir une vie excitante et passionnante?
    En tout cas c’est plaisant de voir que certains ont réussi le « switch ».. maintenant yapluka hein.

  • ZWP dit :

    Encore les mots parfaits, des mots que je lis plutôt que des mots que je parcours… merci pour cet article!

  • Karen dit :

    C’est drôle…J’ai fais le chemin inverse, tout quitter pour reprendre mes études et faire le boulot que j’aime et qui m’épanouie… infirmière! Mais j’ai aussi conscience que j’évolue aussi au sein de ce métier, qui est guidé par passion; et que je pourrai encore en changer s’il n’allait plus selon mes convictions. Ce choix m’a permit de mieux m’assumer, de prendre confiance en moi, et de savoir que finalement, tout est possible avec de la volonté…ou presque…

  • Aédia dit :

    (… )ni te changer alors c’est moi qui capitule….
    Tiens, c’est exactement ce que je me suis dit au premier commentaire laissé sur un de tes anciens blogs, sans doute un jour où tu les avais à l’envers, tout en me disant que cette agressivité, en réalité, ne m’était même pas destinée, mais que tu étais quelqu’un de bien…
    Question de patience.

  • pskl dit :

    Je suis confondue d’admiration, je suis bien trop peureuse pour me lancer (et maintenant trop vieille). J’aime bien le concept de peurs héritées lu ici car c’est exactement ça quand je pouvais le faire j’ai eu une peur qui venait d’avant moi et aujourd’hui quand quelqu’un que j’aime veut se lancer je suis à la fois derriere lui mais aussi morte d’inquiétude.
    Mais en tous cas bravo pour le changement et aussi pour la façon de le raconter qui me touche beaucoup.

  • Flo dit :

    Ça résonne… La peur, la libération. Merci, bel article.

  • Valérie de haute Savoie dit :

    pskl on n’est jamais trop vieux pour changer 🙂
    J’aime bien ces articles William, qui me redonne de l’énergie.

  • Marie-Lore dit :

    Merci William de témoigner avec autant de sincérité!
    Oui moi aussi j’ai ma manière de méditer perso qui marche plutot bien ;o)

  • karine dit :

    très beau texte qui résonne car je tente, moi aussi, ce changement de vie… sans succès pour l’instant.

    karine

    PS : au sujet de la voyance, vous m’aviez transmis il y a quelques années, à ma demande, les coordonnées de MC près de Bayonne…

  • karine dit :

    Mazette, tu éveilles ma curiosité et je me demande ce que tu entends par époustouflant ! j’aimerais bien en voir une un jour. J’avais même acheté le Guide des meilleurs voyants de Paris pour avoir un nom, une adresse. Mais j’ai toujours peur t’entendre une mauvaise nouvelle (mort ou maladie d’un proche),

    Bref, pour en revenir à MC, j’allais très très mal à cette époque et j’avoue que même si je me suis toujours demandé si elle était vraiment voyante ou pas, la discussion que j’avais eu avec elle m’avait fait du bien, et m’avait beaucoup aidé. Grâce à toi.

    Dans le texte que tu as écrit, j’aime beaucoup le passage sur la peur, sans doute parce que je m’ y retrouve et que je dépasse petits à petits les miennes… Quant aux signes, à la synchronicité, Ce n’est pas la première fois que je lis cela dans ton blog.

    Est-ce que dans ton cheminement (qui semble quotidien) la lecture des ouvrages t’aide ? si oui, as-tu des conseils de lecture ?

    merci !

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