Vie quotidienne
(Courrier des lecteurs) Pistes pour trouver l’inspiration
28 février 2012
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Entrée chez Robert Laffont.

C’est marrant, je reçois en gros toujours les mêmes types de mail, depuis sept ans. Il y a quatre catégories :
Comment se faire éditer ? (Réponse : en écrivant un livre, entier, et en l’envoyant par la poste à l’éditeur de son choix, vous n’en reviendrez pas mais ça marche. Si ça ne marche pas, c’est que ce n’est pas le bon éditeur. Si ça ne marche pas dix fois, c’est que ça n’est pas le bon livre ou le bon moment)
Comment ouvrir un blog qui marche ? (Réponse : WordPress + régularité + honnêteté (autant que faire se peut)
Comment avez-vous fait pour changer de métier ? (Réponse : en stressant pendant des semaines avant de mettre le premier pas dans le vide, en travaillant beaucoup et en ne disant jamais non à un nouveau projet)
Comment trouvez-vous l’inspiration ?

Ah. Chacun ses trucs. Voici quelques uns des miens :
1) J’écoute du classique quand je veux travailler. Le piano m’élève, Bach me porte loin, Rachmaninoff me transporte comme ici avec Yuja Wang.

2) Je sors voir un film quand je sens que la vie à Paris devient trop pesante. N’importe quel film qui ne se passe pas en France. Deux heures pour oublier.

3) Je regarde énormément de séries TV US qui m’agacent quand elle sont mal écrites (“Ah, j’aurais fait mieux !” et d’ailleurs, nous avons un jeu, à la maison, je mets en pause l’épisode et nous tentons de deviner comment il va se résoudre.) et me transportent quand je ne vois pas les ficelles. La qualité du travail des autres est un excellent moteur : il me suffit de lire ou de regarder Millenium à nouveau pour recommencer à travailler sur mes propres projets.

4) Certains s’imposent des marathons d’écriture forcée. Je ne fonctionne pas comme ça. L’écriture, pour moi, n’a rien à voir avec l’arrachage de papier peint ou le ménage du sol, des tâches mécaniques sans effort intellectuel. Je ne m’y attelle que lorsque je ressens le besoin : je n’ai pas besoin d’attendre l’inspiration, c’est elle qui déclenche l’écriture.

5) Je note toutes mes idées. Dans l’iPhone ou un carnet. Une idée seule n’est pas forcément utile mais elle le sera peut-être un jour.

6) J’ai travaillé à quatre mains sur mon dernier roman (je déconseille, l’écriture est pour moi, je l’ai compris depuis, un travail en solitaire) mais rien n’est plus enthousiasmant, sur un script ou un synopsis que l’échange à deux. J’ai rencontré Coline, une jeune femme avec qui je prends un immense plaisir à échanger autour d’un thé. Nous avançons vite.

7) Quand ça ne veut pas, je ne force pas. Si je n’ai pas le temps, si j’ai mal aux dents, si la semaine est dure, je ne colle pas une séance d’écriture. Je veux être en pleine forme lorsque je commence.

!) Je ne lis pas de romans. Je ne lis que des biographies ou des récits historiques.

9) J’ai un plan détaillé de mon roman/scénario et je sais en gros où je vais avant de commencer. La dernière ligne est écrite. L’inspiration n’est qu’un autre nom pour le travail. Je ne la confonds pas avec le labeur : lui me forcerait à gratter mes dix pages tous les jours.

10) Je ne parle pas de mon travail en cours : les retours des gens m’inhibent (positifs ou pas) et déflorent mon travail. J’observe, par contre, les situations similaires à celles que j’ai entrepris d’écrire et m’en inspire. Je n’hésite pas à demander à de parfaits inconnus de me raconter des anecdotes dont ils auraient entendu parler touchant mon sujet.

11) Je m’astreins à bloquer des plages dans ma semaine pour l’écriture. Si au bout de dix minutes, ça ne vient pas, ça ne vient pas.

12) Je démarre souvent un chapitre par le même mot ou la même expression ou, par défi, je m’astreins à placer un mot dans les cinq premières lignes, mot trouvé de manière aléatoire dans un bouquin ouvert au hasard. Cela suffit pour me faire démarrer.

13) Je mets des boules Quiès et pars bosser dans un café pas loin de la maison.

14) Je n’écris pas dans le lieu où je dors.

15) J’évite d’allumer la télé pour un oui ou pour un non.

16) J’accepte que cela prend du temps, de construire un livre qui se tient.

17) J’ai écrit cinq ouvrages (six en comptant un bouquin pro) et je n’ai vraiment compris la mécanique de tous ces conseils que vers la fin du quatrième. Work in progress, comme pour tout. L’expérience est une lanterne qui n’éclaire que ses propres pas.

1425 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There are 2 comments

  • catali dit :

    Et ben, dans le genre “je ne tiens pas en place” …. ;D Il est chouette ce nouveau blog !
    Bon “juste” un p’tit bonjour pour vous remercier de continuer à partager tout “ça”
    – passion, folie, douceur et coups de g…, mais aussi réflexion, écriture, musiqueS et photographies – avec nous.
    Des bises méditerranéennes avec un grand ciel bleu et des rayons de soleil plutôt chauds aujourd’hui sur l’ Ile ..
    Bien cordialement, catali

  • gilda dit :

    J’ajouterais (moi qui n’ai toujours rien publié d’officiel en papier ou en numérique édité) qu’il faut accepter de se laisser perdre du temps, des moments pas trop pleins ou l’on peut laisser ses idées flotter.
    C’est difficile à réussir dans notre société de compétition et de course perpétuelle.

    J’ai pu sinon constater qu’il y a en gros deux types d’écrivains : ceux qui noircissent beaucoup d’écrans ou de pages et tamisent par après ; ceux qui ne s’installent devant l’outil que pour écrire peu mais déjà bien.

    Enfin il ne faut pas perdre de vue que ce qui peut plaire à certains est jugé nul par d’autres et vice-versa. Seuls ne posent pas questions les travaux très mauvais (j’ai eu parfois entre les mains des manuscrits totalement foirés et foireux, qui écrit suit sa petite idée en supposant que le monde entier va comprendre et aimer mais ça donne une sorte de bouillie informe écrite dans un style à dictées) et ceux qui sont si excellents que même en n’aimant pas on ne peut qu’en saluer le niveau et la qualité (plus facile à percevoir dans la peinture : vous savez le genre de tableau qui nous espante dans un musée mais qu’en aucun cas on ne voudrait dans son salon).

    Allez, zou, courage.

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