Sexe
En amour, tout se joue dans les dix premières secondes
12 avril 2012
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En amour, il faut prêter l’oreille, tout se joue dans les dix premières secondes, tout se dit dans les dix premières secondes, tout s’écrit dans les dix premières secondes. Je ne vous parle pas d’amour tendresse qui déboule après six mois de sorties ciné, non, je vous parle de ces relations “instant-flash”, deux regards, deux sourires, deux envies, même plus besoin de parler, on sait que quelque chose peut et va en découler, pour peu que le destin l’ait décidé. Les deux personnes, en tout cas, sont prêtes.

Stephen parlait avec moi depuis une heure sur un chat gay : sa photo de profil était celle d’un beau nageur blond, Allemand ou Suédois, sortant de l’eau. Je n’aime pas trop les blonds mais le type était à hurler de rire. Spirituel, charmant, iconoclaste. Je succombais un peu plus à chaque phrase échangée. Au téléphone, sa voix me chavire. Nous nous rencontrons. Ce n’est pas le même garçon que sur la photo. Il est brun, il est très beau, il est Corse…mais il ne ressemble pas du tout au mec de la photo. Forcément, ce n’est pas lui. Je lui demande pourquoi il fait ça. Sans se départir de son sourire sublime, il me répond :
Oh, j’aime bien tromper mon monde. Et puis ça me permet de voir si tu sais t’adapter vite aux situations mouvantes“.

Le type était mytho. Totalement mytho. Charmant, très très sensuel (Top 3) mais totalement et irrémédiablement mytho. Un jour que je l’avais chopé en flagrant délit de mensonge, il m’avait regardé et avait éludé, de la main :
Ah ? Ah je t’avais dit ça, à toi ? Je ne sais plus. Je ne sais plus qui a eu droit à quelle version“.
Un homme dans chaque aéroport. J’étais celui dédié à Biarritz-Côte Basque.

Victor me déclara, quasiment au bout d’une minute, qu’il n’aimait pas les gens. Ni les animaux. Ni les conversations inutiles. Ni la musique (hormis Mahler), ni le sexe impromptu, ni recevoir du monde, ni parler à sa famille.
Et je n’ai pas d’amis, et je n’en cherche pas“.
Evidemment, j’ai passé trois ans et demi avec un ermite autiste, dans un repli total, brouillé avec tous mes amis. Les poubelles s’entassaient sur le balcon, nous les descendions une fois par mois. J’en ris désormais parce que je dois en rire.

Cette fille battue, dans une bio, qui raconte sa rencontre avec le Diable :
“Je te préviens, j’ai toujours frappé toutes les filles avec qui je suis sorti”.
Et elle, se croyant plus forte car amoureuse, se lance à corps perdu dans son histoire.

Erwann (droit dans les yeux, sourire aux lèvres, connection immédiate) me dit, presque à la troisième phrase :
As-tu peur de l’abandon ? Tombes-tu facilement amoureux ?
Mon estomac comprend immédiatement. Avec lui, impossible de vivre dans la sérénité. Si j’accepte la main tendue, je sais qu’elle ne restera jamais longtemps offerte, ni à la même place. Je sais aussi qu’il est insaisissable et qu’il peut tout chambouler pour une histoire en moins de trois minutes. Dans un sens ou dans l’autre. As-tu envie de jouer, William ?

Peut-être. Mais à mes conditions, alors. Si je suis le maitre du jeu et que c’est ça qui t’amuse, Erwann. Fixons les règles, veux-tu ?

Et moi, moi alors, parlons de moi, moi qui dis, quasiment dès le début, quasiment comme un avertissement, huit ans avant, au premier jour de l’Histoire :
Je te préviens, je déteste les gens radins.

Effectivement. Huit années de panier percé, huit années de fin de mois difficiles, huit années à ne rien se refuser et huit années à compter sur lui pour tout, tellement, oui, je déteste les gens radins et, surtout, oui, je déteste compter. Sur moi.

1562 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There are 6 comments

  • Snail87 dit :

    Bon, donc ça continue avec Marmotte-Vous-savez-qui ?

    Tu nous parlais souvent de vous (mais c’était à deux blogs de ça !); nous on été contents : un petit couple amoureux et complice… et puis plus rien.
    Du coup, on s’inquiète, on s’attriste, on cherche à comprendre. On questionne via les commentaires.

    On a parfois droit à “je ne m’étale plus ici sur ma vie perso” mais pourtant, ça nous intéressait de savoir il y a 5 ans et ça nous intéresserait aujourd’hui aussi.
    Ce n’est pas du voyeurisme mais un regard sur la vie.
    On lit ton blog parce que tes idées, impressions, ressentis nous apparaissent pertinents (ou parfois moins) et parmi tous les sujets, on appréciait aussi vos moments de partage (c’est bien égoïste mais en miroir on pense à son propre couple, forcément).

    Moi, je me demande comment il a vécu les changements professionnels, la célébrité, les excès… l’alchimie, l’équilibre, les équilibres… et ce billet du jour nous tend aussi la perche pour te (re)poser la question.

  • eviram dit :

    Premier commentaire en x années de lecture sur tous les supports. Je ne peux pas te dire à quel point ta dernière phrase vient de me chambouler. Je vais creuser mais en attendant, merci pour ta lumière

  • ghislaine dit :

    j’aime beaucoup ce coté clair/obscur de William heum de l’ex infirmier , heumm de l’être du premier blog ……et j’apprécie tout court !

  • chaussea dit :

    For no reason glower, whether or not you’re going to be pitiful, since never know who is thinning excited about an individual’s smiling. [url=http://ruemee.com/]chaussea[/url] chaussea

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