Vie quotidienne
En finir, parfois.
29 janvier 2013
15

Parfois, j’ai vraiment envie de me foutre en l’air. Ca me prend souvent dans le métro et la seule chose qui me retient c’est la tête du conducteur, il (ou elle) fait à peu près toujours la même, quand il ralentit en passant devant moi : il me regarde et ses yeux noirs me scrutent en mode “Mec, tu es bien gentil mais tu vas rester là où tu es et pas me refaire une frayeur pareille”. Ils le sentent, je pense.

Hier, à mon poste de travail (oui, j’ai récupéré un poste de travail et un ordinateur et même une ligne de téléphone dans une vraie entreprise) j’ai oublié pendant trois heures que j’avais eu envie de me foutre en l’air la veille, pour des raisons probablement stupides aux yeux de gens qui ne me connaissent pas mais vitales pour moi. Quand je vous disais que j’avais besoin de nouveau de pouvoir écrire anonymement, sans savoir qui me lit, vous comprenez maintenant à quoi je faisais allusion. Je me demande à quoi je sers. Je me demande vraiment à quoi je sers.

Je triais de vieux bulletins de salaires et le poids de toutes ces années m’est tombé dessus, comme ça.
Epuisant.

Et puis je vais faire quarante ans.

Et puis tout le reste.

Voilà.

C’est une période super étrange pour moi, une période que je déteste. Je n’ai jamais été autant dans le flou, dans le questionnement, dans l’absence totale de repères et de compréhension de tout ce qui m’arrive.

1709 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There are 15 comments

  • gump dit :

    à chaque fois que tu mets cette photo. A chaque fois je le sais , William…je t’embrasse

  • kangourourou dit :

    A quoi tu sers, entre mille autres choses à faire plaisir à ceux qui te lisent et te regardent, à faire du bien à tes proches, c’est déjà beaucoup.
    Je t’embrasse fort.

  • Matoo dit :

    Pfff, ouai je vois ce que tu veux dire.

  • fabiola dit :

    Des hauts et des bas…
    Rien que par ton site, tu sers beaucoup plus que tu n’y crois…, en ce moment.
    Relax, respire, respire à pleins poumons.
    Jusqu’à sentir comment t’es bien vivant, et unique et précieux..!!
    Moi je viens de faire 50, c’est grave, tu crois..??

  • fabiola dit :

    Et pour une nana, rien que de dire qu’on a 50, c’est quelque chose…

  • jojo dit :

    Faire quarante ans ? Quelle drôle d’expression ! Je ne l’ai jamais lue ni entendue. Je dis toujours “j’ai quarante ans” ou “je vais avoir quarante ans”. Faire quarante ans a un sens différent, plus lourd, peut-être. Est-ce une expression que vous avez trouvée dans le sud-ouest ?

  • fannoche dit :

    Je pense comprendre cette envie de se foutre en l’air. Vous n’etes pas seul, William. Si besoin je suis la. Parler a une inconnue ça aide parfois. N’hesitez pas.

  • Rachel dit :

    Est-ce qu’il faut forcément servir à quelque chose ? Ou alors si l’on sert à quelque chose , cela importe-t-il de savoir à quoi ?
    A quoi tu sers ? A plein de gens probablement sans même t’en rendre compte..tu le sais déjà j’ai rencontré grâce à toi une amie qui m’est devenu très précieuse. Et dans cette période de turbulence que je traverse c’est un bien inestimable, vraiment
    Je tire de tes expériences des leçons , des réflexions.. souhaiter à voix haute par exemple.
    En ayant tenté l’expérience, j’en mesure toute la portée et toute l’implication émotionnelle que cela représente.

    J’ai lu récemment un ouvrage d’Hélène Palmer sur l’énéagramme (comment résumer sans caricaturer ? C’est une une manière d’aborder la psychologie humaine en identifiant un profil/type dominant pour chaque individu).
    Une phrase m’a particulièrement interpellée : Elle parle des “nantis mécontents”, ces gens qui comme toi, comme moi ont bien des raisons d’aller bien ( bon boulot, amour, argent ..) et qui pourtant ressentent un malaise, une insatisfaction. J’y trouvé beaucoup de réponses à mes questionnements actuels.

  • Muriel dit :

    A nous aussi il faudra arrêter de faire des frayeurs, hein William ! Je n’aime pas du tout lire ce genre de choses !!! Alors que dire ? Ce qui me vient, là, spontanément, en fonction de ce que j’ai pu lire de toi, ici et là, sur ce blog (qui me manquera beaucoup soit dit en passant…). Ce qui m’est venu en tête immédiatement ? Que ce n’est parce qu’on a été assassiné qu’on prend sa revanche en s’assassinant… Et puis, on croit qu’on maîtrise au moins sa mort, alors qu’en fait que dalle, hein, c’est l’ego qui croit maîtriser quelque chose… en fait rien du tout, on ne maîtrise rien, pas plus dans ce domaine que dans d’autres. Mais ne rien maîtriser ne signifie pas qu’on ne peut pas exercer un contrôle minimum sur sa vie (pourvu que l’ego s’en mêle le moins possible justement) ; ne pas savoir à quoi on est utile ne signifie pas qu’on ne l’est pas, alors qu’on l’est intensément, dans tous les cas, bien plus qu’on le croit justement (parce qu’on est au milieu d’un réseau immense, d’un tissu particulièrement complexe de relations qui se font et se défont, pour des raisons qui nous échappent, mais bien souvent plus fondamentales qu’on ne le croit). Ne pas savoir où l’on va ne veut pas dire qu’on est perdu et si l’on s’est bel et bien perdu en route, eh bien, rien ne dit qu’on ne va pas retrouver son chemin ! Bien souvent, les grands moments de flou sont ces passages bizarres qu’on traverse avant une grande éclaircie. Et les moments de perte de repères, des moments où l’on comprend que l’on est dans une impasse et qu’il nous faut retourner à notre vrai chemin. C’est toujours un moment où on apprend quelque chose, dans tous les cas, ne serait-ce qu’à retrouver sa boussole intérieure et à moins s’égarer à l’avenir… A changer de repères au passage aussi, pourquoi pas, c’est parfois nécessaire… Dans tous les cas, se foutre en l’air, c’est se donner l’impression de remettre les compteurs à zéro, quand on n’en peut plus, qu’on est à bout, mais c’est juste une illusion de plus. Alors on recommencera et ce qu’on n’aura pas dépassé se représentera, indéfiniment, jusqu’à ce qu’on trouve comment en sortir, définitivement. Dans ces moments d’épuisement total, de “à quoi bon ?” sans fin, je crois en fait qu’il suffit tout simplement de demander de l’aide. Avec modestie et sincérité. A voix haute (je crois avoir compris que c’était ton dada) ou silencieusement, dans sa tête. Pour ce qui me concerne, l’aide ainsi sollicitée arrive. Ce peut être dans le quart de seconde qui suit (en cas d’urgence vitale…), ou dans les heures ou jours suivants. Cela se manifeste sous de multiples formes. Un hasard (mais on sera sûrement d’accord sur le fait que c’est rarement du hasard). Une rencontre “fortuite”. L’oeil qui croise un mot, un seul, celui qu’il fallait. Un livre, un film ou une chanson (oui oui, une chanson, et notamment un refrain qui répète exactement ce qu’il faut au moment où il le faut, à la personne qu’il faut…). Ou tout simplement une sensation de réconfort intérieur, la sensation d’être entouré par mille aides invisibles qui sont là, et bien là, et ne demandent qu’à être sollicitées. Bref, un réconfort complet. Une prise en compte de la crise. Un ensemble de débuts de réponses et de solutions. Dont on se saisit. Ou pas. Parce que nous ne maîtrisons rien, mais nous sommes intensément libres. Et même de nous détruire. Mais est-ce là une véritable liberté ?

  • viobulle dit :

    Rappelle toi que la vie est bien faite.

  • Karen dit :

    Je n’ai jamais eu de chance, et quand je disais que j’avais la poisse, tout le monde me repondait qu’il fallait etre patiente, que la roue finissait toujours par tourner…et puis en 2012 elle a tournée en effet…je me suis surprise a croire au bonheur et qu’un avenir radieux etait possible…a faire des projets, a y croire!!!
    Mais si la roue tourne…c’est avec un elastique…pour mieux repartir en arriere violemment! Ce que la vie nous donne, elle le reprend au centuple! Alors oui, aujourdh’ui, apres une matinée particulierement eprouvante, j’ai eu encore plus que d’habitude envie d’en finir moi aussi…j’ai deux filles, et je m’apercois que je n’ai rien a leur offrir de bon…j’ai posé la petite a l’ecole et je suis rentrée, je me suis posée sur l’ordinateur pour tout mettre en ordre avant de prendre une decision sur la methode…
    Alors oui William vous avez une utilité…votre histoire m’a permit de passer ce moment on l’on a l’impression que la prochaine minute a vivre n’est plus possible…que c’est insurmontable…aujourd’hui, vous m’avez sans doute sauvé..et il s’ne est fallut de peu…bientot ans pour moi aussi…j’espere juste que les 40 années a venir seront plus roses que les 40 passées…
    Merci pour mes filles…

  • Gump dit :

    Je pense à vous Karen, je pense à toi Will,
    vous ne l’avez pas fait. Vous pouvez vous en remercier.

    La dernière fois je voulais emmener mes enfants avec moi.
    Je m’en veux encore. mais je ne l’ai pas fait.

  • dominique dit :

    Non William. Et tu sais que tu sortiras de cette péridoe difficile encore plus fort, plus brillant, …Les épreuves nous poussent à nous surpaser. On (toi…moi) devons résister. ça va aller…J’aimerais discuter avec toi de vive voix à cet instant…

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