Musique Voyages
Et pour clore le chapitre, quelques photos.
30 mai 2012
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Je referme la page Eurovision pour cette année, avec quelques pensées diverses et variées sur mon séjour. Pas de lien entre mes remarques.
Je suis parti en Azerbaïdjan dans le but de prendre des photos et de raconter ce que j’avais vu mais je n’ai aucune envie de faire la pub touristique du pays. Il y a tellement d’endroits merveilleux dans le monde. Je tiens néanmoins à en parler un peu car…Qui d’entre nous, d’entre vous, ira à Baku, un jour ?

Je trouve qu’il est vital de transmettre ses expériences de voyage, positives ou pas. Je conçois que la mienne est biaisée de tous côtés : je voyageais dans une délégation, équipé d’un badge de presse, lors d’une cérémonie constituant une loupe, un test et une pression politique intense sur un pays « à part ». Certes. Mais j’ai le droit d’avoir mon avis. J’ai vu ce que j’ai vu, à un moment T. Rien que de revoir mes photos ou le Petit Journal consacré à tout ça, j’en ai une petite boule d’angoisse dans l’estomac. Phénoménal.

Quelques remarques sur la défaite française à l’Eurovision, que beaucoup, dont moi avant ma venue sur place, pouvaient justifier par la géopolitique (La théorie du « Bloc de l’Est qui ne vote que pour lui ») mais qui ne tient pas la route, en fait. Quelques éléments de réponse :

– La France est automatiquement qualifiée pour la compétition, faisant partie des Big 5 « historiques », ce qui lui ôte toute pression qualitative sur l’envoi de la chanson sélectionnée, contrairement à d’autres (La chanson Suédoise a passé plein d’étapes avant d’en arriver là).

– Les pays votent en majorité pour leurs amis (nous n’en avons plus aucun, c’est criant…) et donnent leur point à un titre efficace, issu d’un pays qui ne gêne personne, comme la Suède. Pourquoi voter pour un titre débarqué automatiquement en finale, produit par un pays qui se fiche comme d’une guigne du concours, pire qui le trouve « naze » ? Les gens ne sont pas masos. On vote aussi pour récompenser l’effort.

– En France, l’Eurovision est vécu comme un concours ringard, composé de chansons au gout douteux. Si beaucoup de titres ne méritent pas une seconde écoute, une poignée vaut franchement qu’on s’y penche et quelques uns passeront l’été dans votre iPod, dans cette catégorie de musique, bien sûr. Ringarde ? Là n’est pas le problème, la musique populaire n’est pas « meilleure ou moins bonne », elle est juste efficace ou pas. Il est très difficile de composer un titre qui claque en moins de trois minutes (contrainte du concours), visuellement péchu (maximum six personnes sur scène) et de l’imposer aux autres délégations quand votre propre pays ne vous soutient pas ou vous renie.

– J’ai compris, en entendant le Te Deum en début de cérémonie, pourquoi l’Eurovision est si important : la musique unit les peuples, elle l’a toujours fait, elle le fera toujours. Vouloir s’exclure d’une grande fête positive qui donne à aimer une nation à travers une victoire, c’est plus que snob, c’est con. La France est isolée politiquement, culturellement. C’est un choix.
Ce n’est pas le mien.

Bref.


Les voyages à l’étranger, en petit comité, en délégation, sont l’occasion, avec un peu de chance, de rencontrer des personnes extra. Ce fut le cas, cette fois-ci, avec une jeune femme que je fréquentais online depuis des années, sans jamais avoir pu lui parler en vrai. Virginie Sellier, super rencontre.

Julie Rubino, de France TV, a du perdre quatre kilos de flotte le soir de la finale, pour des raisons diverses et variées. Qu’il soit rendu hommage à son humour dans les situations les plus critiques. Elle me prend pour un dinosaure…et elle n’a pas tort. Il est enfin venu le temps pour moi d’être le vieux de quelqu’un.

Les patisseries locales, gratuites, offertes dans les coulisses, étaient absolument infectes. Sèches, fades, leur présentation me faisait saliver. J’ai déchanté assez vite.

La différence d’accueil entre deux chanteurs fut flagrante lorsque l’Espagnole quitta la salle de presse et que la Française la remplaça. Les fans avaient disparus. Stupéfiant. Anggun, dans l’avion du retour, semblait sonnée. Elle me faisait mal au coeur, tant sa peine était visible, tant elle avait travaillé pour un résultat si violent, si absurde. Je n’ai jamais pu réellement lui parler avant, pendant ou après la compétition. J’ai des images d’elle très fortes dans la tête.

Son mari, rencontré à CDG, à l’aller, m’a plu. Il avait quelque chose de simple dans les yeux, quelque chose d’enfantin. C’était troublant. Cyril Montana. Qui sait ? Je le reverrai peut-être un jour. C’est la magie de ces voyages : on est si proche, l’espace d’un instant. On ferme les yeux, on tourne la tête, l’autre n’est déjà plus là. Le lendemain, on se sert un verre et le voilà qui apparaît soudain au bar. On se sourit, on se retrouve pour parler. On se souhaite bonne nuit. Je l’ai revu furtivement, deux jours après, la tête hors de sa chambre, en peignoir, amusé de me voir assis sur un rebord de marbre, face à l’ascenceur. Et puis je le perds encore de vue et j’apprends qu’il n’a pas trouvé de place dans l’avion du retour, qu’il sera en France 24h après moi.

Cette image m’a valu un ordre d’arrêter de photographier, immédiat. Je présume que le cinéma 6D est si révolutionnaire que personne à Baku ne veut se faire piquer le concept.

Jérémy Maupillet, danseur d’Anggun et Hakim Ghorab, chorégraphe, quelques minutes avant de partir pour la compétition, le dernier soir. Je connaissais de web Jérémy depuis des années, je ne l’avais jamais rencontré. J’ai trouvé amusant que cela se fasse à cinq heures d’avion de Paris.

En face de moi, Laurent Marsik, journaliste média à RTL et mec bien, je l’ai senti tout de suite (quand je vous dis que j’ai beaucoup de chance dans mes rencontres…Ou, aussi, comme je suis « moi », forcément, si on m’aime, c’est pour moi et si on ne m’aime pas, c’est aussi pour moi et donc cela ne me gêne pas) et me suis régalé à l’entendre parler de ses reportages culturels. Amusant de voir des journalistes parler des artistes de mon ancienne maison : comment telle chanteuse peut-être perçue d’un côté de la barrière ou de l’autre, par exemple. Derrière nous, de gauche à droite, William Rousseau, Virginie Sellier, Jean-Pierre Pilot. Je n’ai pas pensé à prendre une photo seul avec William Rousseau, j’aurai du. Il m’a appris plein de choses. Je l’aime beaucoup. Il est touchant. Je ne sais pas pourquoi. Jean-Pierre Pilot, j’en parlerai plus bas.

Virginie a réussi à me prendre en l’air du premier coup et moi j’ai mis dix clichés pour elle, cela m’a fait rire, c’est pourtant MON truc habituellement de réussir les photos. J’aime énormément celle-là.

Et même si je ne devais jamais la revoir, je n’oublierai pas ce que j’ai vécu avec elle. Nous étions émus, conscient d’être chanceux, en pleine forme et légers, légers, à quelques minutes du coup d’envoi de la compétition. L’atmosphère était folle, les éléments construits par les hommes, démesurés, les dizaines de milliers de personnes nous dépassaient, les lumières dans la nuit, le vent, la mer Caspienne, derrière, la sécurité, nos rires, nos attentes, nos petits délires filmés, une vieille chanson de Julien Clerc (« La Cavalerie ») et puis trois fois rien, voilà. Beaucoup de bonheur, je crois, d’être avec quelqu’un avec qui on peut être soi, loin de la maison.

Je n’étais donc pas fou. Cela sera mon seul commentaire. Quelle belle rencontre, quelle belle âme. Jean-Pierre Pilot.

Allez, see you next year ?

J’ai mis plus de trente ans à sourire sur les photos.
Mais je suis heureux.

Cela se voit, peut-être ?

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There is 1 comment

  • Michel dit :

    Interessantes ces coulisses de l’Eurovision …

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