Vie quotidienne
Fin août, début septembre
25 août 2019
16
Roscoff

Vous devez bien vous douter que si j’écris cet après-midi, c’est que j’ai décidé de poursuivre ici encore quelques temps mes pérégrinations. Oh, rien de bien officiel, j’ai du affronter quelques problèmes techniques hélas à moitié résolus (le blog ne fonctionne plus sous Chrome…) et dû me résoudre à payer bien plus que ce que je souhaite payer pour un espace d’expression personnelle en ligne.

Je vous remercie pour vos messages de soutien, je les ai tous lus, j’y réponds collectivement aujourd’hui : j’ai été très touché de ce que j’ai lu. Je vais nettoyer le blog dans les jours à venir de l’essentiel de ses articles, il n’en restera que quelques uns, peut-être les dix derniers, peut-être un peu plus, je n’ai pas encore décidé de ça non plus. Peut-être passerons-nous à la newsletter d’ici cet automne, comme je l’avais pensé un temps.

Ce lieu est un endroit où je poste mes voyages, pour m’en souvenir et faire voyager avec moi ceux qui n’ont pas les moyens ou le temps, un endroit où je réfléchis à voix haute à ce qui ne va pas dans ma vie, à ce que je comprends de mes souffrances et à ce que j’ai envie de donner d’essentiel quand je me sens utile et légitime sur le sujet (thérapie de couple, sexualité, médiation, stress post-traumatique, zèbres, roadtrip aux USA et compréhension du www actuel et de ses enjeux dans nos vies…). Je poste également une fois par an, fin décembre, le récapitulatif de tous les films vus pendant l’année, histoire de garder une trace.

Il faut que je quitte Paris. Au moins la moitié de la semaine. Il faut, dans l’idéal, que je travaille sur le 75 les lundi, mardi, mercredi puis en télé-travail le jeudi, et dans une ville côtière les vendredi, samedi et dimanche, comme thérapeute de couple. Au début j’avais pensé m’installer à Biarritz, ma région natale, car ma famille et mes amis d’enfance, et ma filleule, y demeurent. Mais j’hésite. Une heure d’avion (pendant que c’est encore légal et moral de le prendre…), c’est toujours 700 kilomètres à parcourir, à la merci d’un retard, d’une panne, d’une grève, d’un orage. Le TGV est sinistré, je n’ai plus aucune confiance dans le train, vu les sous-investissements massifs de ces trente dernières années. Je ne peux pas compter sur le rail français deux fois 5h par semaine. Je ne parle même pas de l’état général de la SNCF, il y aurait trop à dire. SAD!! comme dirait Trump.

En discutant hier avec Laetitia, j’ai eu un flash, d’un coup d’un seul. Et si je partais plus tôt vers le nord, au bord de la mer ? Après tout, je ne cherche pas vraiment le soleil ni le climat, je cherche simplement la proximité de l’Océan, ce n’est pas tout à fait la même chose. Simplifions. Quand je suis embêté pour me décider, quand trop de paramètres existent et embrouillent ma raison, je décide de couper court en ne focalisant que sur deux données (ou trois, grand maximum).

Comme pour mon appartement. J’étais locataire à Paris, dans 27m2, pour 1200 euros par mois. Mon lit-armoire rentrait dans le mur électriquement et je pouvais difficilement rejoindre ma cuisine quand il était déplié. Cuisine dans laquelle je ne pouvais tendre les deux bras totalement, en largeur. Vis-à-vis devant et derrière. Bruit. Pollution. Je voulais acheter mais où ? Je n’arrivais pas à me décider pour un arrondissement de Paris et tout était trop cher, j’allais devoir emprunter une fortune pour loger peu ou prou dans la même surface mais dans un arrondissement où je n’allais pas me sentir à l’aise. Je remuais le problème dans les tous les sens, ne trouvant ni solution miracle, ni appartement abordable, ni quartier à mon goût jusqu’au jour où j’ai décidé de trancher dans le lard et de ne garder que deux options dans ma liste de problèmes.

Je voulais quoi, en priorité ? De l’espace. Minimum deux chambres. J’avais besoin de quoi, ensuite ? D’un appartement en face d’un métro ou d’une gare. Dernière option ? Climatisé, ça serait génial.

Il y avait deux annonces en région Parisienne cette semaine-là avec ces trois options. J’habite dans l’appartement de la première annonce.

J’ai besoin de quoi, aujourd’hui ?

D’habiter en bord de mer une partie de la semaine, pour y ouvrir un cabinet et ensuite rejoindre Paris le reste du temps, facilement, pour y vivre le reste de ma vie professionnelle, amicale et amoureuse.

J’ai besoin de quoi, aujourd’hui ?

De lâcher totalement mon expertise aux métiers du web dans les trois ans à venir. Trop vu, lu, entendu de choses pour cette vie. Mon métier actuel est le dernier dans cette branche. Je l’adore. Je vais tout donner, tout transmettre. Mais je n’en peux plus de ce qu’est devenu Internet et surtout les réseaux sociaux. Et le pire est à venir.

J’ai besoin de quoi, aujourd’hui ?

De passer mes journées assis sur un fauteuil, dans un cabinet non loin d’une plage, face à des couples qui souffrent, qui veulent se séparer, qui s’aiment mais se font du mal, qui ont besoin de quelqu’un pour les écouter et les conseiller. En mode avion toute la journée, à prendre des notes, écouter et parler.

J’ai besoin de quoi, aujourd’hui ?

De ne pas me fatiguer dans les transports pour traverser la France toutes les semaines, de pouvoir quitter ou rejoindre Paris en voiture si besoin, de passer facilement d’un monde à l’autre sans dépendre d’Air France ou de la SNCF.

J’ai besoin de quoi, aujourd’hui ?

De visiter le temps d’un week-end Dunkerque ou Boulogne et de voir si je peux m’y sentir bien. Une ville en Belgique, peut-être ? Mais ça fait un peu trop loin, déjà. J’aurais aimé Roscoff, aussi. Mais là, c’est vraiment trop loin.

J’ai besoin de quoi, aujourd’hui ?

De poser mes besoins simplifiés. Et je viens de le faire.

4897 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There are 16 comments

  • Magalie dit :

    Merci pour l’inspiration et bon vent

  • Muriel dit :

    Je t’imagine bien a Saint-Malo

  • Camille dit :

    Saint-Malo ? Granville ? Le Havre est très sympa (pour ce que j’en ai vu), la baie de Somme est mortifère.

  • Fannoche dit :

    Ca fait du bien de te lire. Et du coup j’en prends de la graine. Je vais trancher à ta façon pour ce qui me soucie en ce moment. Ce n’est pas pour rien que cet article est arrivé sous mes yeux. Merci William.

  • cedric dit :

    Ces textes, une pause une respiration. un RDV depuis tant d’années, instants volés, un peu voyeur. De Noumea , Paris et maintenant Montpellier. Merci et au plaisir de vous lire a nouveau. La solution va venir d’elle même.

  • marika dit :

    c’est perturbant de lire son propre constat…. prise de conscience en juin, étude de faisabilité en 3 jours, confirmation il y a une semaine : south of France in Progress. Comment je ne sais pas mais c’est en cours. Let see what the univers is planning for us 😉

  • Alice dit :

    Parfois il ne suffit d’un rien pour trouver des clés indispensables Un jour, fatiguée, assoiffée je m’arrête sur une air d’autoroute. Dilemme : j’hésitais entre une boisson et un café, et soudain l’illumination : pourquoi toujours choisir ? j’ai pris les deux. J’avais envie des deux.
    Mine de rien, ce jour là m’a libérée et c’était une belle leçon.

  • Que je comprends tes questionnements, mon william…

    Ce sont les mêmes qui me poussent à remettre en perspective mes envies et goals.

    Ton “montage” me semble être le bon, avec un équilibre vertueux pour tous (pour toi comme tes patients).

    Tu peux aussi essayer La Rochelle, Nantes, qui sont des destinations acceptables en terme de train, et avec une ambiance très agréable.

    Pour le Ch’nord, je peux te donner quelques conseils:

    – éviter les anciennes villes “riches”, il y a trop de rancoeur sur un passé qui n’est plus
    – regarde les Friches (habitation et commerces) que les villes cherchent à repeupler/réactiver, car cela fait de superbe cabinet + logement, et c’est exactement ce que je ferai 😉

    Quoi qu’il en soit, tu sais que je serai heureux de t’aider, à mieux trancher

  • bethanie dit :

    Bonjour,

    « La mer du Nord en hiver », comme disait Souchon…il y a une vraie poésie à rechercher cette rencontre. On est très loin de la douceur, de la chaleur, du paysage instagrammable. Mais on peut gagner une vraie sérénité à goûter ces éléments hors-saison. Étant picarde, je suis née pour vivre sous la pluie et le ciel gris. Bises !

  • Dan dit :

    Une idée en passant comme ça : Dieppe, tu as déjà fait un tour ? Très petite ville, certes, mais le coin est magnifique (à commencer par les grandes falaises blanches, l’église de Varengeville, et la plage non loin : https://www.seine-maritime-tourisme.com/fr/je-decouvre/10-experiences-a-vivre/eglise-falaise-varengeville.php)

  • Thaïs dit :

    Je découvre votre blog et c’est comme une rencontre inattendue, un espace bienveillant et lieu de questionnement. Merci.
    Pas loin de Dieppe, Varengeville comme le propose Dan mais aussi un havre de paix comme Veule les Roses…

  • Simone dit :

    Je t’ai lu. Le Touquet? La baie de Somme est sublime, aussi. La mer où j’aime me balader l’hiver…

  • stoupidkats dit :

    Le Touquet, Roscoff, Rochefort, Vannes, Saint-Malo.
    Tu vas trouver, je le sais.

  • Kuli_c dit :

    Wissant, William

  • Noémie dit :

    Bonsoir, c’est par l’entremise de Christie V. que je suis arrivée ici et je trouve dans ce billet des questions similaires à celles qui me taraudent. Serait-il indiscret de savoir où se trouve le lieu de l’annonce à distance raisonnable de la capitale ? Merci par avance et bonne continuation !

  • Karine dit :

    Je t’imagine en effet plus vers le nord, comme la baie de Somme, plutôt que dans le sud, comme Biarritz.
    Etrange, car je te connais pas (certes, je tutoie) et nous avons seulement un ou deux mails il y a longtemps à la suite d’une demande de ma part.
    Quoi qu’il en soit, ce sont de beaux projets qui s’annoncent !

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