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Il y a un an, un 13 novembre.
13 novembre 2016
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Il y a un an, Le Bataclan. Deux jours après un magique concert de Madonna à Berlin.

Le Bataclan. Des morts qui n’étaient pas que des noms dans le journal.

J’ai beaucoup appris sur moi ce week-end la. Les conséquences ont été très fortes. Enchaînement mécanique.

La vie n’a plus été pareille.

Dans les semaines qui ont suivies, conséquence directe de ce massacre, j’ai appris que j’étais un Zèbre.

J’ai viré de ma vie un « meilleur ami » qui pensait à moi uniquement quand j’allais bien, quand ça l’intéressait. J’ai dressé une liste des gens qui ont pris des nouvelles, je sais, c’est mal. J’ai été poser une bougie avec Florence Vatoux devant le Bataclan. J’ai pu compter sur mes deux anciens amoureux, devenus des frères d’âmes. Mes relations avec mes parents se sont normalisées. J’ai enfin admis que je n’étais pas comme tout le monde et que c’était comme ça.

J’ai fait du tri. Beaucoup de tri. Dans les papiers. Dans les vêtements. Dans les objets et les livres. Dans les relations.
J’ai changé d’appartement peu après. Pour la deuxième fois en un an.

Je me suis endurci.

J’ai plus changé en huit semaines qu’en 40 ans.

Un an plus tard, je suis toujours ému, en colère et plus désabusé que jamais sur les politiques en France. J’ai voyagé toute l’année comme si ma vie en dépendait (Istanbul, Rome, Serbie, Hongrie, Sicile, Mexique, Londres, France, Amsterdam, Suisse). J’ai bouffé comme un chancre et pris dix kilos. J’ai couché. J’ai ouvert mon coeur à de nouvelles amitiés. Été trahi deux fois par des garçons visiblement amoureux (?) sans trop bien comprendre. J’ai demandé en mariage un garçon dans son appartement de Londres (il a ri, j’étais sérieux). Sorti deux livres. Professionnellement, ce fut l’année de l’accomplissement. Une vie pro qui me remplit plus que je n’aurais jamais osé l’espérer. Olivier et Branislav, deux prénoms qui comptent dans ma vie.

Et je vais encore déménager.

J’ai coutume de dire que cette année écoulée n’a été en fait qu’un très très long hiver débuté avec Charlie Hebdo, un enchaînement de mois de merde et de semaines de merde.

Je ne sais pas comment j’ai survécu ni pourquoi. 16 mois de grisaille et de pluie ininterrompues (janvier 2015 – avril 2016) dans un Paris qui n’était pas le Paris qui m’avait accueilli à bras ouverts douze ans plus tôt.

Je me suis surpris à écrire, penser et dire à voix haute des choses pas très Charlie sur les religions, sur les civilisations et j’ai encore été plus surpris d’entendre mes proches me dire qu’ils pensaient la même chose que moi (mais que nous n’entrions pas dans les cases des sondeurs ou les articles des journalistes).

J’ai applaudi Biolay et Lavilliers et Madonna (encore) et Cyndi Lauper (mon meilleur concert de l’année). J’ai frémi devant les Damnés à la Comédie Française. Je dévore Stylist toutes les semaines dans le métro. Je suis abonné aux Inrocks, toujours. Mon blog a fait 2 millions (deux millions, putain) de visiteurs. WTF.

J’ai décidé de rire, de danser, de bouffer, de troller, d’aller au contact, de faire l’opposé de ce que je pensais avant. Je me suis mis au vélo. J’achète du vin rouge et j’ai décidé que je mourrai sans jamais avoir pris de drogue de ma vie. J’ai remis des lunettes, me suis fait prescrire de la PreP, et entamé un nouveau livre.

Je poste toujours des statuts qui font grincer des dents. Les grincheux commentent par derrière, les haters se moquent et les autres disent que je n’ai pas de filtre. Une seule réponse : J’ai gagné plus de temps à être moi-même. J’utilise Facebook pour ce que c’est : une caisse de résonance. Une manière de toucher autrui. Un accès direct aux gens qui comptent.

Une constante désormais dans ma vie quotidienne : je suis toujours sur mes gardes en terrasse, au cinéma, au concert.

J’attends le prochain.

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There are 14 comments

  • Gump dit :

    S’il faut une raison à la vie, parmi ces mois de merde et ces semaines de merde, je suis tellement reconnaissante d’avoir partagé quelques soirées vibrantes et vivantes avec toi. Merci d’être là, comme tu es . Comme tu oses et combat.

  • vc dit :

    ahahah t’es un de ces merdes c’est incroyable

  • zen zen attitude dit :

    Je vous apprécie depuis LA CHAMBRE D’ ALBERT CAMUS … C’ est peu de le dire !!! … Vous m’ avez accompagnée tout au long de mes 3 ans de reconversion professionnelle … Infirmière depuis 5 ans et surtout en psy (et oui c’est moi qui ait choisi !!) , l’écriture m’accompagne depuis toujours … Et quand je vois votre parcours … Je me dis que TOUT EST POSSIBLE… MERCI d’ être le reflet par vos mots de mon miroir des maux … TOUT EST DIT si bien par vous …

    • William dit :

      Vive les IDE en psy. Merci à celles et ceux qui ont choisi cette voie, en sachant où ils allaient et pourquoi, pour qui.

      Oui, tout est possible. Je vous le confirme.

      Je vous embrasse fort.
      W

  • Julie dit :

    Il me touche vachement ton billet, William. Surement parce qu’il parle d’une partie majeure du chemin qui mène vers toi, au milieu d’une année tsunami pour nous tous. Je crois que ça me rassure qu’au milieu de tout ça, il y ait encore des gens qui cheminent sans céder à la tentation de ruminer. Je me sens un peu con d’écrire cette dernière phrase, la vie ne s’est pas arrêtée pour tous à Charlie et au Bataclan…. Mais les failles me semblent si profondes et tellement importantes que je me surprends parfois (souvent) à être heureuse de lire que les gens de notre génération avancent. Que la pulsion de vie est là. Qu’on fait du tri pour mieux vivre l’essentiel. Je t’embrasse bien fort.
    Julie

  • Rodolphe von Todstadt dit :

    Mon très cher Ron.

    Te lire est un ravissement : trois phrases et *pouf* back to the twenties. Il faut trouver une couleur à ta pilule magiquement régénératrice. Le bleu étant déjà pris. je propose « rose pansement », comme celle de ton premier blog, t’souviens ? idée de la marmotte ? J’avoue que je suis admiratif, nous-autres étant passés à-autre-chose [j’ai bien plus d’audience ceci-dit, mais le sujet te traumatiserait]. En même temps je ne m’en plains pas. Je n’ai pas si bien vécu cette époque des stars of the blogosphère. J’en discutais il n’y a pas longtemps avec une égérie de l’époque. Elle en avait encore des licorne pailletées dans les yeux. Moi, en fait, je n’y vois que des trous noirs. En même temps, je n’ai jamais eu l’impression d’être compris (tu fais des consultations gratuites ?) : Je disais (j’écrivais) des choses venant du cœur (incroyable d’écrire un truc pareil, soooo 20ies) et j’ai eu l’illusion, un temps, que cela fonctionnait, que « les gens » me comprenaient. Heureux les simples d’esprit, ouais ta raison. Sauf que tu as été un de ceux qui ont cassé le rêve en me disant un jour : « Mais tout ça, Cally, les SUF, et tout, c’est inventé ? ». Etc. blablabla etc. blablabla etc.
    Mon très cher Ron, je voudrais dire que j’ai été, à l’époque et toujours aujourd’hui, immensément heureux des publications de tes livres, te reconnaissant un style indéniable (et bah si !) et que c’est sciemment que j’ai joué au bouffon/troll dans tes commentaire, pour rendre tout cela sexy car franchement, ton ramassis de fans-jeunes-filles-prépubaires-vieilles-mal-baisées-merci-pour-ton-humanité-ron te desservait ! T’as pas pigé, bien sûr, tu étais sur le trône de fer. Génuflexion. (tu regardes GoT ?)

    xoxo

    Rodolphe von Todsadt, still alive on the net (different way…)

  • Anne dit :

    Moi je te suis depuis le début… Ton premier blog a eu un rôle majeur dans l’un des moments les plus tristes de ma vie (la photo d’un arbre, je ne sais pas si tu t’en souviens).
    Depuis le début, je suis fidèle à tes écrits, liseuse silencieuse et attentive…
    Bonne continuation!
    Anne

    • William Réjault dit :

      Oh, Anne, je me souviens très bien de l’Arbre, moins de ce que j’avais écrit dessus, une de mes premières expériences de « medium » sans même le savoir. Je t’embrasse.

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