Voyages
Japon : Hiroshima (mon amour)
27 avril 2012
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Dans le Shinkansen pour Hiroshima, assis comme un prince, une sorte de bitonniaud en bois, en haut à gauche, attire mon regard. Au début je me dis que c’est pour tourner les fauteuils du train dans le bon sens (vous êtes toujours assis, toujours, dans le sens de la marche, au Japon !)…et puis, en m’approchant un peu, non, il a une utilité, ce truc !

Alors c’est quoi ? La réponse après cette courte pause.

Hello from Japan !

La réponse : c’est pour guider les non-voyants ! La place est marquée en braille. Classe, non ?

Il est en tournée au Japon et il a l’air toujours aussi aimable, hein.

Avant de sortir de la gare, je vous l’ai déjà dit mille fois, passez au Tourist Information (dans la gare, donc) prendre votre plan et vos bons plans (ah ah ah). Mon hôtel est le Granvia…situé sur la Gare, entrée à trois mètres des tourniquets, chambre immense, je kiffe ! Valise posée à l’accueil à 11H30 et c’est parti pour un tour vers l’attraction majeure.

Oui, elle a droit à son arrêt de tram. A noter que trois jours après l’explosion de la bombe, dans certaines parties de la ville, les Japonais mirent un point d’honneur à remettre le tramway en marche. Hiroshima est une ville qui milite pour la paix et qui croit en la résilience. Pour ces deux raisons et comme elle a été parfaitement reconstruite, je sais qu’une autre bombe A pétera un jour, forcément.

Toutes les citations à venir sont extraites (sauf indication contraire) de Wikipedia. Le tour du parc de la Paix s’effectue en deux à trois heures, musée compris. Je déconseille fortement aux enfants de moins de 13 ans, même si les scolaires Japonais passent par là en masse, ça les regarde, le musée est super, super dérangeant…Très dur. Les derniers commentaires tout en bas sont de moi.

En vidéo, Hiroshima et le site « officiel »…

En 1945, l’armée Américaine avait retenu six objectifs : Hiroshima, Nagasaki, Kokura, Niigata, Kyōto et Yokohama.
Le 6 août 1945 à 2 h 45 (heure locale), le bombardier B-29 piloté par Paul Tibbets, baptisé Enola Gay du nom de sa mère, décolle de la base de Tinian, avec à son bord une bombe atomique à l’uranium 235 d’une puissance de 15 kilotonnes, surnommée Little Boy. L’équipage est composé de douze hommes, dont quatre scientifiques. Deux autres B-29 l’escortent, emportant les instruments scientifiques destinés à l’analyse de l’explosion.

À 7 h 09, l’alarme aérienne est déclenchée à Hiroshima ; un avion isolé est repéré. Il s’agit du B-29 d’observation météorologique Straight Flush. Au même moment, deux autres appareils survolent Kokura et Nagasaki pour une mission de reconnaissance identique. Les conditions météorologiques sont très bonnes au-dessus de Hiroshima ; la ville est choisie comme cible. Au sol, l’alerte aérienne est levée à 7 h 30. La ville a été peu bombardée pendant la guerre et les habitants ont l’habitude de voir les bombardiers américains survoler leur ville pour se rendre plus au nord.

La bombe, recouverte de signatures et d’injures à l’adresse des Japonais est armée en vol et larguée à 8 h 15, à près de 9 000 mètres au-dessus de la ville. À 8 h 16 min 2 s heure locale, après 43 secondes de chute libre, la bombe explose à 600 mètres du sol, à la verticale de l’hôpital Shima 34° 23′ 41″ N 132° 27′ 17″ E , situé au cœur de l’agglomération, à moins de 300 mètres au sud-est du Pont Aioi, initialement visé car reconnaissable par son plan en « T ».

La légende des mille grues (千羽鶴, せんばづる, senbazuru ou zenbazuru) est une légende originaire du Japon, où l’origami est très pratiqué, qui raconte que si l’on plie mille grues en papier, on peut voir son vœu de santé, longévité, d’amour ou de bonheur exaucé.

Cette légende a inspiré l’histoire de Sadako Sasaki, une fillette japonaise atteinte de leucémie à la suite de l’explosion de la bombe atomique d’Hiroshima, qui avait entrepris de réaliser mille grues en origami. Comme elle est morte avant d’avoir pu achever sa tâche, les élèves de sa classe ont terminé ce qu’elle avait commencé et son histoire a fait de la grue en papier un symbole de la paix.

L’explosion, équivalent à celle de 15 000 tonnes de TNT, rase instantanément la ville. 75 000 personnes sont tuées sur le coup dont un tiers de militaires, la ville étant entre autres le siège de la Deuxième armée générale (第2総軍, Dai-ni Sōgun) crée le 8 avril 1945 à partir de la dissolution du Commandement de la défense générale (防衛総司令部, Bōei Soshireibu) chargée de la défense de l’ouest du Japon, et de nombreux arsenaux et bases aériennes. Dans les semaines qui suivent, plus de 50 000 personnes supplémentaires meurent. Le nombre total de morts reste imprécis ; il est de l’ordre de 250 000. Sur les 90 000 bâtiments de la ville, 62 000 sont totalement détruits. Il ne resta aucune trace des habitants situés à moins de 500 mètres du lieu de l’explosion.

Au retour, les aviateurs verront pendant 500 kilomètres le champignon qui, en deux minutes, a atteint 10 000 mètres d’altitude. L’Enola Gay atterrit six heures plus tard à Tinian. Son équipage est aussitôt décoré.

En guise de témoignage, les ruines du Genbaku Dome, l’un des seuls bâtiments à ne pas avoir été entièrement détruits par l’explosion, furent conservées.
La reconstruction de la ville intègre un Musée de la Paix, dont les bâtiments ont été conçus par l’architecte Kenzo Tange. Un vaste parc, le Parc du Mémorial de la Paix, s’étend sur 12 hectares, à proximité de l’hypocentre de l’explosion, dans lequel chaque année, le 6 août, une cérémonie commémorative est organisée. Ce parc abrite de nombreux monuments à la mémoire des victimes de la bombe. Le cénotaphe contient le nom de toutes les victimes connues de la bombe ; une flamme de la paix y brûle, destinée à rester allumée tant que des armes nucléaires existeront.

Le nombre des victimes ne sera sans doute jamais connu car les circonstances (ville en partie évacuée, présence de réfugiés venant d’autres villes, destruction des archives d’état civil, disparition simultanée de tous les membres d’une même famille, crémations de masse) rendent toute comptabilité exacte impossible, en particulier des morts survenues dans les premières heures.
D’après une estimation de 1946 : La population au moment de l’attaque aurait été de 245 000 habitants, de 70 000 à 80 000 auraient été tués et autant blessés
D’après une estimation de 1956 : sur une population de 256 300 personnes, 68 000 furent tuées et 76 000 blessées.
D’après une autre plus récente : Sur une population de 310 000, de 90 000 à 140 000 personnes furent tuées.
D’après le maire d’Hiroshima lors d’un discours politique en 2005, le total des morts s’élèverait à 237 062 personnes, mais ce nombre est à prendre avec précautions.

Effets médicaux à long terme de l’irradiation :
Les leucémies : À partir de 1947, une augmentation de l’incidence des leucémies a été observée parmi les survivants irradiés. Un maximum fut atteint en 1951, ensuite cette incidence a décliné44 pour disparaitre en 1985. Sur 49 204 survivants irradiés suivis de 1950 à 2000, il a été observé 94 cas de leucémies mortelles attribuables aux radiations45.
Les cancers « solides » : Le suivi des survivants irradiés a montré, à partir de la fin des années 1950, une augmentation progressive de l’incidence des cancers, en particulier ceux du poumon, du tube digestif et du sein. Sur 44 635 survivants irradiés suivis de 1958 à 1998, il a été observé 848 cas de cancers mortels attribuables aux radiations46.

(La boule rouge représente l’explosion de la bombe, à 600m du sol)

Effets médicaux autres que les cancers chez les survivants irradiés : survenue de cataractes, de stérilité (souvent réversible chez l’homme), d’une augmentation de la fréquence des maladies (non cancéreuses) pulmonaires, cardiaques ou digestives avec une possible diminution de la durée de vie. Le nombre de ces décès semble égal au nombre ou à la moitié du nombre de ceux dus aux cancers et leucémies (soit environ de 0,5 % à 1 %)47.
Le nombre des morts dus aux effets à long terme des bombardements nucléaires est, d’après ces chiffres, dérisoires par rapport à celui des victimes des premiers mois. En mars 2007 au Japon, près de 252 000 personnes encore vivantes sont considérées « hibakusha » (survivants de la bombe). Mais, de ce nombre, moins de 1 % (2 242 exactement) sont reconnues comme souffrant d’une maladie causée par les radiation 48.

Les bâtiments en béton armé au centre de Hiroshima étaient conçus selon des normes antisismiques. Leur structure résista en général aux incroyables contraintes provoquées par la proximité de l’explosion. Du fait de l’explosion aérienne, le souffle avait une direction plus ou moins perpendiculaire par rapport au sol, ce qui limita peut-être les dégâts. La résistance et la protection qu’offrirent ces structures sont mises en évidence par les chiffres suivants : les chances d’être encore vivantes 20 jours plus tard étaient de 50 % pour les personnes qui se trouvaient au moment de l’explosion à:
200 m de l’hypocentre dans un bâtiment en béton (mais chance de survie finale : 12 %).
675 m dans un bâtiment (non précisé, bâtiments scolaires).
2 km à l’extérieur d’un bâtiment.
Le « Dôme », centre de promotion de l’industrie de Hiroshima dessiné par l’architecte tchèque Jan Letzel, était très proche de l’hypocentre. Ce bâtiment résista au souffle et fut renommé Mémorial de la paix de Hiroshima. Il fait partie des monuments de l’Unesco depuis 1996 malgré les protestations des États-Unis et de la Chine.
Les résidences traditionnellement en bois furent complètement rasées par le souffle jusqu’à une distance de 2 km de l’hypocentre. Au-delà et jusqu’à 3 km les dommages étaient importants mais réparables, à la condition qu’elles aient survécu aux incendies qui suivirent.

Je suis sorti très bouleversé du musée, pour une raison que je n’avais pas prévue. Hasard ou mise en scène totalement putassière, fait historique ou pas, bref, le musée à choisi de ne parler que d’itinéraires d’enfants et d’adolescents le jour de la bombe. Beaucoup étaient en ville pour aider à l’effort de guerre. Leur histoire personnelle (nom, prénom, âge) et leur destin fatal est donc raconté. L’accumulation d’histoires atroces (certains détails autour des effets personnels, des parents, des souffrances sont vraiment gratinés) marque profondément le visiteur. J’ai du sortir, au bout d’un moment, je n’en pouvais plus. La vie et la ville, dehors, était en pleine forme. Tout recommence. Toujours.

Une précision intéressante : les Américains décidèrent de bombarder Hiroshima pour faire passer le coût des recherches (200 milliards de dollars) auprès de l’opinion. La bombe allait probablement arrêter la guerre et impressionner les Russes : elle avait un excellent rapport qualité/prix. La bombe, bien sûr, n’arrêta rien du tout, il en fallut une deuxième qui fut lancée opportunément le 8 mai, de nouveau pour calmer les Russes qui venaient d’attaquer le Japon. Il a été établi depuis que si les transactions de paix avaient inclus la poursuite du régime Impérial Japonais, la reddition de ces derniers aurait probablement été rapide, avant les bombes, bien sûr. Mais les Américains ne firent évidemment pas état de ces détails ou propositions : la raison atomique était la plus forte. Il fallait un test en grandeur nature.
On arrêta donc de bombarder les sites choisis quelques semaines avant le largage officiel.
Pour mieux les étudier avant/après la bombe…Evaluer les dégâts causés avec précision.
Quel cynisme.

A noter que Kyoto avait été proposée, dans la liste de départ. Je frémis en pensant à tous ces temples qu’on aurait perdus à jamais.

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There are 4 comments

  • fanny dit :

    …je suis toute retournée en te lisant…merci d’écrire cela, de ne pas oublier..

  • Durocher dit :

    Juste pour mémoire, rappelons auparavant l’attaque surprise des japonais à Pearl Harbor (plus de 2400 victimes américaines) et si l’on veut illustrer la cruauté des japonais lors de la seconde guerre sino japonaise, les exemples foisonnent : cannibalisme, nourrissons jetés sur des baïonettes et uniquement à Nankin 300 000 morts (chinois), deux officiers japonais se livrent à un concours de décapitation au sabre (évidemment), ne parlons des milliers de viols et des unités de prostituées forcées). Au total, les japonais feront 15 millions de morts (chinois). Comme quoi, il n’y a pas d’un côté les gentils et de l’autre les méchants… mais que des méchants !

  • caldwell dit :

    Je reviens d’un voyage au Japon où j’ai visité de magnifiques temples et le Parc de la Paix à Hiroshima ; je n’ai pas pu regarder toutes les photos de ce musée et suis ressortie dans le parc où des enfants très jeunes étaient en visite de 2 ans à 7 ans. J’ignore ce que l’on peut leur dire si c’est le mot Paix ou bombe qui est le plus employé….

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