Voyages
Japon Jour 6 : Nikko (2ème partie) : le cimetière des enfants disparus
20 avril 2012
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L’arrivée sur le site, en haut de la grosse rue en pente, se fait par un escalier de pierre, si vous avez eu la chance d’arriver à pieds et je vous le recommande, cette longue montée fait partie de l’histoire. J’avais mon altimètre sur la montre qui me signalait que je prenais de la hauteur : plus de 150 mètres entre la gare et le point le plus élevé du site historique. En comptant le mois d’avril, cette altitude de moyenne montagne nous collait dans les 8 degrés maximum. J’étais bien couvert et il le fallait. Les touristes venus de Tokyo grelottaient un peu !

Très cher pour le Japon mais j’avais faim, c’était délicieux et s’assoir un peu n’a pas de prix, parfois.

Le site propose un ticket global comprenant tous les temples à voir (sauf deux exceptions, à payer directement dans les enceintes). J’ai bien évidemment rajouté pour voir, comme si j’allais passer à côté de lieux dans lesquels je ne reviendrai jamais. D’ailleurs, quand ça m’a imprimé la tête, que je ne reviendrai pas, j’ai de suite pris moins de photos et essayé de mémoriser un maximum d’ambiances, de sons, de lumières.

Itinéraire de ma balade intégrale, après avoir quitté le site.

Je ne suis pas super fan de l’intérieur des temples Japonais, je le confirme. Enlever ses chaussures ne m’amuse pas car je prends souvent froid par les pieds. De plus l’immense majorité des temples Japonais me laisse une impression mitigée : je préfère les Chinois, plus colorés, plus bling-bling. Ce qui fait la richesse d’un temple, selon moi, c’est l’endroit où ils l’implantent (et de ce côté-là Kyoto offre un catalogue impressionnant), les paysages entourant le temple (avantage Nikko) et les paysages dessinés par l’homme, dans ou à proximité du temple.

Il faut oser franchir le cap ! Il faut. Il faut. Je suis parti seul à douze heures d’avion de chez moi. Seul. Pour plus d’un mois. Avec un bagage cabine. Point.

Le plus grand temple du site est recouvert par un sarcophage censé le protéger de la pluie et du temps qui passe. C’est utile mais c’est bien dommage : on passe totalement à côté de la beauté du lieu. Pas grave, il reste deux autres endroits à tomber par terre, une allée gigantesque pour y parvenir et ces arbres centenaires, millénaires (des séquoias, sauf erreur) qui encadrent le tout. Absolument magique…mais je donnerais cher pour y retourner en hiver, sous la neige…Ce doit être somptueux.

La ville en soi n’a aucun intérêt : je loge dans un lodge à l’Américaine, avec cuisine et terrasse, super sympa. Je reste ici deux jours et vais demain faire un tour près des chutes de jenesaisplusquoi. Mon Kindle me sert énormément : je suis en plein dans le dernier Virginie Despentes (je n’avais jamais lu de livre d’elle, avant) et j’adore. Nikko restera à jamais pour moi mélangé aux histoires de traque de la Hyène, dans Apocalypse Bébé. Quel pied. Quel talent.

Il apparaît toujours quelqu’un pour me prendre en photo quand j’en ai réellement envie. Ici, Maria, d’Argentine, qui venait de se perdre et qui commençait à paniquer…Elle a ri quand je lui ai dit que je lui donnerai le chemin du retour uniquement si elle me prenait en photo et que le cliché était réussi…Cliché que voilà…C’est la phrase que je suis pile en train de lui dire :

Tiens, un truc tout bête. Je me suis beaucoup pris la tête sur la paire de chaussures idéale à emporter en voyage. Je voulais prendre des baskets mais je trouve ça super moche…Je voulais prendre mes chaussures en cuir montantes mais je me suis dit que j’allais crever de chaud…Bref, j’ai opté pour mes Camper (élastique remplaçant les lacets) et c’est un excellent choix. Je peux enlever mes chaussures comme je l’entends quand je pénètre quelque part (cabine d’essayage d’Uniqlo, par exemple. Cédric Ingrand, si tu me lis, les tee-shirts qui tiennent chaud ne sont plus en vente, c’était la collection hiver…), elles sont super confortables donc mes pieds qui gonflent en fin de marche ne me font pas mal et je pense même m’en prendre une deuxième paire en arrivant à Tokyo.

Parce que j’aime bien les maisons abandonnées…

La visite en vidéo du Zozoji (un cimetière d’enfants morts-nés, je vous expliquais ici déjà à l’époque)

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There are 7 comments

  • MissMath dit :

    C’est marrant car tu précises que tu es parti seul (et c’est vrai que ce n’est pas une mince affaire) mais en même temps, en nous racontant ton périple chaque jour, cela reste une aventure partagée…Merci à toi de nous faire voyager!

    • William dit :

      C’est le but : donner envie à ceux qui n’osent pas pour plein de raisons (tremblement de terre…) ou qui ne peuvent pas pour plein de raisons…

  • Cath_woman dit :

    Bravo à Maria elle est en effet réussie cette photo! 🙂
    J’aime bcp cette considération pour les enfants morts nés… Un temps de ma vie professionnelle fut en maternité et les considérations et rituels funéraires liés à des fausse-couches ou des ivg sont courantes, elles peuvent prêter à sourire et pourtant on ne devrait pas…
    En tous cas, ton voyage réenchante mon monde! Et avec ce que je peux savoir de toi, je me dis de plus en plus que ce genre d’expédition en solitaire peut être aussi pour moi 😉
    Des bisettes!

  • ally dit :

    ah oui ! j’avais oublié le détail qu’au Japon il faut enlever ses chaussures sans arrêt, ce qui fait qu’en plus d’avoir le critère confortable, il faut le critère : facile à remettre et enlever grrr !

  • Fred31 dit :

    Merci d’avoir abandonné vos photos avec effets vieillis pour ne garder que le naturel des paysages…

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