Vie quotidienne
Je suis raccord
4 octobre 2012
1

(Je rebondis)

Ca m’a frappé, plus d’une fois, ces derniers mois, alors que je me justifiais parfois d’être habillé de façon un peu trop formelle, habitué depuis mes 17 ans à porter une chemise, un pull (col en rond puis col en V), un pantalon en velours ou un jean brut et des mocassins ou des Sebago. J’ai trouvé mon (non) style quand j’étais en seconde. “Petit bourgeois coincé” comme je l’ai entendu mille fois. Mais c’était ce que je préférais et, surtout, ce qui était le plus simple, le matin, quand il fallait choisir une tenue.

Et ça m’a frappé, plus d’une fois, ces derniers mois, qu’on me fasse remarquer que j’étais sobre et/ou élégant, parfois, alors que je ne portais rien de différent. Rien de franchement neuf. Toujours le même look, toujours les mêmes fringues. Juste que je dois avoir l’âge pour les porter, désormais, aux yeux des autres. Caroline s’offusque, à juste titre, dans son billet, qu’il n’y a pas d’âge pour ne plus porter une mini-jupe. A l’inverse, il n’y a pas d’âge pour porter une cravate, si on a envie de porter une cravate. Et à 17 ans, j’aurais bien porté une cravate. Mais la pression était forte.

Je vis avec quelqu’un de très élégant et je le remarque, tous les jours. J’ai contribué énormément à son élégance, l’aidant pour trouver son style. Il n’a jamais osé me dire quoi que ce soit sur le mien, se contentant, depuis des années, de me pointer du doigt les choses qui sont censées me plaire en magasin, qui sont piles dans mon look habituel :
– Ah, ça, c’est tout à fait toi. Je te connais bien.

Oui.

Je n’ai jamais pris de plaisir à m’habiller, en fait. C’est important, aussi, de savoir ce qu’on n’aime pas, ce qui nous indiffère. J’aime les chaussures et j’aime les pantalons. J’aime les assortir et rien de plus. Je mets une chemise blanche parce que ça va avec tout et un pull gris parce que ça tombe bien avec le reste. Voilà, c’est moi. Ca fait vingt ans déjà que c’est moi. Mais apparemment, désormais, c’est vraiment moi.

1463 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There is 1 comment

  • kangourourou dit :

    J’en discutais avec un ami qui voyait l’habillement comme fonctionnel uniquement, moi qui aime tant me saper et ne conçois pas de sortir sans y avoir un minimum réfléchi. À chaque style le rôle social que je veux jouer, selon l’instant, le lieu, les gens susceptibles d’être croisés, et le désir d’apparaître beau (physiquement), attirant.

    J’imagine que tout ça est aussi lié au niveau de maturation du travail sur soi : la confiance en soi et le “je me fous de ce qu’on pense de moi”, car à part pour certains qui osent tout et surtout le très décalé, il y a aussi la recherche d’un conformisme bien rassurant. Et même dans la recherche d’une soi-disant originalité, qui ramène en fait à la volonté d’appartenir à une certaine communauté, dans l’idée du “Je suis unique”, mais on est finalement des milliers à être uniques de la même façon (cf. le Dictionnaire du look, bouquin rigolo qui recense les différentes communautés vestimentaires et les relie à leur mode de vie).

    Ne pas vraiment réfléchir à tout ça, c’est certainement le signe qu’on a fait le point sur l’essentiel, et qu’on a conscience qu’il est ailleurs.

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