Vie quotidienne
Je suis un Zèbre.
10 juin 2016
37

Personne ne peut comprendre réellement ce que signifie pour moi la révélation de mon diagnostic, en janvier, la force de cet éclair de lumière dans mon ciel oh si troublé et les conséquences en cascade sur ma personnalité, dans les jours et les semaines qui ont suivi. Je ne suis jamais revenu.

Le Bataclan. La nuit d’horreur, passée à surveiller les réseaux sociaux, à trier les infos, les vraies, les fausses, à aider mon ex, enfermé dans un restaurant du Marais, le rideau baissé, le lendemain, terré chez moi, le surlendemain, rasant les murs à  grand peine pour un thé chez des amis habitant à deux pas, comme un grand blessé sortant de l’hôpital pour la première fois, la mort de Thomas et des autres, confirmée par les pages Facebook, quatre que je connaissais, au total, anciens collègues et puis ce choc, dans le train pour Evian, une semaine après, en lisant Paris Match, Paris Match, quoi, et en tournant une page, sans rien savoir, découvrir un ancien collègue, un cinquième, une balle dans le bras, quittant la salle en courant, sous le choc, son visage, ses yeux, la réalité qui me sautait à la gueule et me dépassait de mille pieds.

Le lundi, au boulot, les vigiles dans l’entrée qui fouillent les sacs, nos regards ébahis, nos conversations en boucle, mon frisson de peur alors que je dois m’assoir dos à la fenêtre, au premier étage de mon immeuble donnant sur un grand boulevard et puis une psychologue formée aux situations de crise, venue spécialement pour les salariés qui voulaient parler, qu’on m’envoie rencontrer, un peu par hasard, le hasard, mon cul, cette femme m’écoute, Charlie Hebdo, l’Hyper Casher, le Bataclan et puis elle me coupe la parole :

– Vous n’avez jamais été diagnostiqué enfant précoce ? Surdoué ?

Hein ?! Quoi ? Comment ? C’est…Que…Qu’est-ce que ça vient faire la ? Passer des tests ? Poser un diagnostic ? Etablir que je ne pense pas comme tout le monde donc que je ne suis pas comme tout le monde donc que j’ai forcément des problèmes pour échanger, pour aimer, pour tolérer, pour vivre, tout simplement.

Les tests.

Lire des témoignages sur le sujet. Pleurer. Se reconnaître pour la première fois. Trouver ses propres contours dans les mots des autres, dans les échecs des autres, dans les souffrances des autres et réaliser que je ne suis pas seul, que je ne suis pas fou, que je n’ai pas réellement envie de me donner la mort, que tout ce qui s’est passé avait un sens, que je n’avais pas vu le fil rouge, le piétinant avec allégresse, que je n’avais qu’à suivre le guide, la route étant tracée. 42 ans, je suis surdoué.

Amusé, le second psychologue, me remettant les résultats : mais enfin, William, en doutiez-vous ? Comment jugeriez-vous le parcours de quelqu’un qui, en janvier 2009, passe d’infirmier à journaliste sur un campus, tout en tenant son blog, tout en pigeant pour la presse, tout en chroniquant sur un site participatif et puis qui bosse pour une chanteuse puis une maison de disque puis devient chroniqueur à la télé puis dans les coulisses d’une chaîne cryptée et lâche tout ça du jour au lendemain pour bosser directement pour la numéro 2 d’une boîte de 100 000 personnes afin d’accompagner mondialement le changement de l’entreprise ? Tout en ayant écrit sept livres. Et tout ça en sept ans. William, n’avez-vous pas conscience d’être un peu à part ? Êtes-vous donc si étonné de ces trois chiffres qualifiant votre QI élevé et de tout ce que je viens de vous apprendre ? Réellement ?

Oui.

Non.

Je ne sais pas.

J’ai besoin de me poser un peu, pardon, monsieur.

 

Les amis, les erreurs commises, les amours, les échecs, les boulots, quittés en claquant la porte ou par ennui, le parcours, chaotique mais les compréhensions, stupéfiantes, les analyses, disséquantes, effrayantes tant elles étaient écoutées et validées par d’autres, les intuitions médiumniques mais aussi l’incapacité, chronique, puissante, quotidienne à accepter l’amour, l’aide, la tendresse ou simplement la présence d’autrui, la fuite en avant pour ne pas se voir, pas s’entendre, pas s’écouter et la prise de parole parallèle, multiple, éclatée, sur les réseaux, dans les journaux, sur les blogs, partout, partout, partout. Parler, parler, pour faire taire un peu les voix dans la tête. Trodeshoz.

Ce corps ennemi qui hébergeait un cerveau que je ne comprenais pas : j’étais une âme sans attaches. Je flottais entre vous : rien ne m’attachait à rien, tu étais le seul liant que je tolérais dans mon marécage de souffrance et de fulgurances mêlées, tu étais mon port, ma boussole, ma béquille, mon allié, mon frère choisi, ma conscience, le miroir de la réussite incroyable que je ne pouvais pas comprendre, que j’étais totalement incapable d’accepter et d’apprécier. Si tu trouvais ça nul, je trouvais ça nul, si tu étais heureux pour moi, j’étais heureux pour toi d’être heureux pour moi. Je n’avais pas conscience d’être, je n’étais que dans le verbe, dans l’analyse, dans la fuite, dans le test.

Je partais repousser les (mes) limites, je merdais effroyablement, j’étais parfois aimé ou détesté bien malgré moi et puis je revenais pleurer auprès de toi, toi seul à qui j’avais donné la clef de ma souffrance, raconté les souvenirs les plus noirs, les heures les plus sombres, tu étais le seul à qui je laissais de l’espace, rare, dilaté, que je reprenais vite, le seul dont je m’approchais trop et le seul qui avait le droit d’entrer dans ma zone de confort et mon intimité.

Je suis parti.

Tu ne connaîtras jamais les mois qui ont suivi le diagnostic.

Je n’ai plus de colères. Je n’ai plus de peurs. Je n’ai plus le moindre doute sur ce que je pense, ce que je suis, ce que je vaux. La fierté remplace l’orgueil. Ma colère d’être apprécié a laissé la place à l’apaisement d’être reconnu. Reconnu pour ce que je suis, intégralement, sans filtre : tu me verrais, tu ne me reconnaîtrais plus, peut-être même que tu m’aimerais de nouveau, si tu savais, je suis juste moi, sans arrêt, tout le temps, juste moi, payé pour être moi, poussé à être moi, loué d’être juste moi, même, comme si tout ce que j’avais tenter de nier pendant ces quarante premières années, tout ce que ces enseignants, formateurs, conseillers d’orientations, parents, familles, amants, amis, employeurs avaient trouvé totalement hors de propos, hors sujet, hors contexte, out of the regular box, était finalement ce que j’avais de plus précieux, de plus valable, ce que j’avais le devoir de mettre en avant pour être payé (et bien payé), aimé (pour moi et moi seulement) et reconnu comme étant totalement à-part mais foncièrement nécessaire au bon fonctionnement de l’ensemble.

Inouï.

Plus je suis moi, plus je suis intégré. Plus je pense out the box, plus ils en veulent. Plus je laisse libre cours à mes idées, mes envies, mes intuitions, plus ils en sont reconnaissants.

J’ai trouvé ma place dans le trafic, ma place dans le trafic.

Je pourrais te dire que j’ai apprécié pour la première fois de ma vie une soirée en public, en janvier, lors du lancement de mon livre, que je n’avais jamais aimé être entouré avant, que j’écris ces mots ce soir, après avoir avoué au petit groupe qui m’entourait lors du séminaire de trois jours que c’était la première fois de ma vie, la première fois de ma vie, aujourd’hui vendredi 10 juin 2016, 21h06, que je n’avais pas peur des gens, que je pouvais parler sans crainte, que je pouvais les écouter avec sincérité et que c’était la première fois que j’avais enfin le sentiment d’être moi au milieu des autres, oh, certes, toujours autant focalisé sur le one-to-one dès que possible, mais ouvert aux autres, au groupe, à la différence et à l’altérité, avec simplicité et acceptation.

Il n’y a pas de joie plus simple que celle d’être strictement soi.

Me fréquenter et m’aimer aujourd’hui, me désirer, vouloir me revoir, me parler, demander mon amitié ou mon coeur, c’est m’aimer tel que je me découvre et commence à m’aimer.

Je n’ai qu’un regret : tu n’auras jamais connu ça. Tu en auras savouré quelques miettes, subi les outrages et tenté de recoller les morceaux épars mais jamais, jamais, tu ne sauras à quel point je suis enfin celui que tu voyais déjà à travers moi et que tu aimais tellement.

Peut-être est-ce pour le mieux : tu as vécu avec un homme que je ne suis plus et tu aimais une personnalité dont je me suis débarrassé, en un instant, après une singulière nuit au Bataclan.

Si je devais mourir demain, je serai probablement frustré de ne pas avoir appris plus mais je pourrai dire, au moins, en me regardant dans le miroir une dernière fois : j’ai enfin su qui j’étais et je ne connais pas vérité plus essentielle dans la vie. J’ai fait de mon mieux puis j’ai fait de tout mon être.

Je suis libre.

 

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There are 37 comments

  • Annie dit :

    Bonjour William,
    Je te lis depuis Ron, c’est dire il y a longtemps, dans ta vie d’avant. C’est ce qui me permet de te tutoyer aujourd’hui, comme si nous nous connaissions… et puis je suis du Sud-Ouest aussi, ça compte non ?
    Tout ce que tu écris me touche, et j’ai très rarement commenté. Pudeur ? Peur de ne pas manier les mots aussi bien que toi ? va savoir.
    Ton épisode précédent sur la notion de surdoué m’a troublée, au point que j’ai acheté le livre que tu recommandais dans ce post.
    J’ai commencé à le lire… pfff pas facile.
    Pas facile parce que j’ai trop peur d’arriver à la même conclusion que toi. Pas facile de remettre sa vie en cause. J’ai trop souvent eu l’impression de tout rater (même si beaucoup envient ma réussite dans mon domaine), d’être en décalage ou en observatrice, de toucher à tout sans réellement approfondir avant de passer à autre chose, d’avoir raison trop tôt et toute seule… bref.
    Pas facile à mon âge, j’ai 20 ans de plus que toi, je suis une mamie ! – de tout chambouler, avec un sentiment de « ah quoi bon ».

    Alors ce que tu écris aujourd’hui me fait chaud au cœur, et m’incite à poursuivre la lecture. Peut-être vais-je enfin savoir qui je suis, sans en avoir peur.
    Alors merci pour tout ça. Au-delà de ce que tu peux imaginer.

    • William dit :

      Je t’en prie.
      Je pense qu’il n’y a pas d’âge pour se découvrir et se comprendre.
      C’est terrible d’entendre « il est trop vieux pour changer ». Non. C’est tout aussi faux que « Il est trop jeune pour comprendre ».

      Je t’embrasse fort.

    • Serra SIEFFERT dit :

      Merci william pour se témoignage poignant dans lequel tous les zèbres qui se sont découverts sur le tard apres des années d’errance se reconnaissent. Une délivrance de ne pas se savoir fou ou idiot et prendre enfin un peu confiance en soi (même si ce n’est pas encore ca ) et pouvoir etre soi. C’est ce que je vis aussi depuis 2ans, depuis que mon fils a été détecté et que lors de la restitution de son test le psychologue m’annonce que je le suis aussi… Je vous souhaite de continuer à vous épanouir et surtout de continuer à être ce zebre…

  • estèf dit :

    Peuvent comprendre ceux ont connu ça aussi, après être passé par des affres similaires. Tu le décris si bien.

    • William dit :

      J’ai mis quelques mois avant de pouvoir poser les mots dessus et je ne suis qu’au début du chemin. Il y aura probablement, très probablement un livre dessus.

  • Chantal dit :

    Bonjour William,
    Je lis votre blog par intermittence depuis deux ans environ, et dès que je vous ai lu pour la première fois j’ai pensé que vous faisiez partie de ces zèbres! Mes deux frères sont également surdoués et j’ai reconnu votre fonctionnement. Je suis heureuse pour vous que vous ayez fait cette découverte et que cela vous aide! Néanmoins, si je puis me permettre, c’est une clé de lecture majeure mais elle n’est pas la seule. Moi j’ai trouvé beaucoup de clés dans la psychanalyse.

    • William dit :

      Merci, Chantal. C’est fou le nombre de gens qui le savaient avant moi, on n’arrête pas de me faire la remarque. Même mon ancien amoureux m’a dit qu’il me l’avait fait remarquer…et m’avait offert un livre dessus. Que je n’ai pas lu, bien sûr.

      Entièrement d’accord avec vous. L’hypnose m’aide pas mal. Et le reiki :p

  • Akim dit :

    J’avais oublié ce terme de Zèbre. Entre nous, les normo-pensants savent-ils ce qu’est un zèbre ? Je me définis comme un hyper-actif cérébral, ou un sur-efficient mental comme l’écrit Christel Petitcollin. C’est par son livre qu’est venu ma révélation.

    Je m’en doutais. Toutefois, entre s’en douter, le comprendre, et l’accepter, il y a tout un pas. Un grand pas. Je suis passé par la culpabilité, la peur d’avoir un complexe de supériorité, et faire face à la réalité qui est qu’on se dévalue toute sa vie n’est pas facile.

    Je ne peux pas parler pour tout ce que tu as vécu en rapport avec les attentats de Paris, par contre, je peux parler pour ce qui est d’être un zèbre. Tu sembles avoir trouvé ta voie « malgré toi ». Tu as trouvé le moyen de tenir ce cerveau si particulier occupé. Pourtant, il semble qu’avant ce « diagnostique », tu étais au bord du gouffre. Sommes-nous tous condamnés à y passer ? Personnellement, je suis actuellement au bord du gouffre. Je m’assure de ne pas glisser, car je sais qu’il y a du meilleur à venir. J’en suis convaincu. je pense que je suis encore trop attaché à la reconnaissance de mes pairs. Informaticien chevronné (évidemment) autodidacte (bien sûr), j’ai travaillé 16 ans dans une entreprise ou je suis entré alors que je n’avais pas fait d’études. J’ai pu y évoluer, c’était parfait. Et j’ai fait « l’erreur » de la quitter (oui, je sais, il ne faut jamais avoir de regrets…). Dès lors, sans études, zèbre ou pas, je ne trouve plus d’emploi stable, et capable d’occuper ce cerveau suffisamment.

    Malgré toute ma route, ma propre reconnaissance de mes zébrures, mon ouverture à la prise de responsabilité, je me maintiens dans un état de blocage que j’ai de la peine à dépasser. Beaucoup de choses m’intéressent, je me convaincs pourtant que je suis pour l’instant limité par des aspects pécuniaires (ce qui a du sens dans notre système monétaire), et je reste sur place. Je continue de chercher du boulot dans un domaine dont le fonctionnement commercial m’irrite, car j’aimerais « me refaire une épargne » pour « changer de vie ».

    Je m’étale, et je squatte un peu ton blogue 🙂 Tu ne m’en voudras pas j’espère.

    Avant la « révélation », je ne me rendais pas compte à quel point j’avais des capacités différentes. J’avais juste l’impression d’être « entouré de bras cassés », alors qu’en fait, c’est eux qui étaient « normaux ». Mais quand on tient un blog informatique, un blog sur la construction de sa maison, qu’on modère un forum, qu’on conseille ses amis et les personnes que l’on rencontre sur leur chemin de vie, que l’on fait des massages, que l’on a un avis et des connaissances sur des sujets aussi variés que différents, qu’on apprend n’importe quoi en quelques jours, qu’on résout les problèmes tellement plus vite que les autres, peut-être y a-t-il des questions à ce poser. C’est bien connu, le zèbre qui ne sait pas croit que tout le monde fonctionne comme ça.

    Bref. Mon salut est dans l’avenir. Et l’avenir, ce n’est pas aujourd’hui. Et l’avenir, ce n’est pas sans argent. Pas dans notre système monétaire. Pourtant, j’aspirerais à vivre, tout simplement vivre. Savourer l’instant présent, dans le détachement, apprécier la nature, rencontrer des gens intéressants.

    Ton article me donne un goût amer de vie ratée. Un sentiment totalement inutile, puisqu’il se réfère à mon passé. Celui dans lequel je n’ai pas fait d’études, dans lequel je n’ai pas pu explorer mes capacités, et trouver ma voie. Tu n’es pas le premier dont je lis qu’il a écrit plusieurs livres, alors que je suis incapable de maintenir mes blogs en vie. J’ai tellement d’idées à la seconde que dès que je me mets en action pour une, 50 autres se dépêchent de la noyer… Et ça, c’est une calamité.

    Bref. Encore une fois, désolé de squatter ton blog. Je pourrais faire un article sur le mien, mais ce n’est plus un échange. Ici, je te réponds, et j’ai le sentiment de m’adresser à quelqu’un capable de me comprendre sans jugement.

    Merci pour ton article. Et si tu as lu ma réponse, merci pour ton temps.

    • William dit :

      J’ai tout lu, j’ai tout lu.
      Merci d’avoir pris le temps de me dire tout ça.

      « Je pense trop » est un livre qui m’a pas mal aidé…

  • […] déjà entendu, et oublié… Je suis un zèbre. C’est William Fréjault qui le dit dans son article du jour. Je suis tombé sur son article alors que je procrastine sur mon canapé, mon notebook sur les […]

  • Myriam dit :

    Bienvenue chez toi !

  • Aliasflo dit :

    Merci William.
    Je cherchais les mots à mettre sur mon sentiment. Tu les as trouvés.
    A chaque fois que je me lis dans de tels témoignages, j’en pleure.
    Merci William.

  • Matinbonheur dit :

    Merci William de t’etre trouvé et de m’avoir mis sur la voie, ma voie.
    J’ai lu me petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas tres doués. Est ce celui ci dont tu parlais?
    Peu importe cela fut ma revelation, je n’ai pu le lacher qu’a la derniere page.
    Merci d’oser briller, ca m’encourage à apprivoiser ma lumiere

    • William dit :

      Je t’en prie.
      Non, ce n’est pas celui-là, mais peu importe, je crois. Ou si : je ferai une biblio des bouquins que j’ai lu sur la thématique !

  • Pmgirl dit :

    Je suis vraiment heureuse pour toi…
    Ce doit être tellement de fenêtres et de portes qui doivent paraître lumineuses désormais.
    Par contre, moi, aucun doute, je ne suis pas surdouée. 🙂
    Quand je vois comment je galère pour écrire un post moyen par jour sur mon blog et gérer mon job…

  • Jesagrey dit :

    Moi aussi, etc, etc…

    Impression de tout rater (alors qu’études et carrière brillante), incompréhension relationnelle (sentiment que chacun sauf moi s’est vu délivrer un mode d’emploi des relations humaines) et en même temps paradoxalement capacité de « renifler » mon prochain et de détecter les mesquins, les toxiques, les égocentriques; besoin forcené de cohérence, incapacité chronique à supporter l’injustice ou l’hypocrisie, besoin d’apprendre et de comprendre, tout autant que de respirer, capacité à comprendre et apprendre hors normes par ailleurs, et intuition qui crève le plafond (même si j’ai souvent souhaité avoir tort)… beaucoup de gros passages à vide, désespoir de ne pas être outillée pour le bonheur… etc, etc;

    J’en sors, à force de thérapie et de travail sur moi mais je continue à avoir du mal au quotidien, c’est un combat, c’est long, c’est compliqué. Ma personnalité a modelé ma vie, et impacté (impacte toujours) mes proche plus que je ne le voudrais.

    A l’heure actuelle je me permets enfin d’envisager une reconversion professionnelle qui me permettrait peut-être de moins souffrir au quotidien, de me protéger, mais je ne sais pas trop encore comment y arriver.

    A nous voir, réunis ici, sans doute pas par hasard, je me demandais s’il existait des groupes de Zèbres, groupes de parole, forums, associations? Où l’on puisse se « poser », être compris, et peut-être trouver quelques « trucs » pour vivre mieux et donner la pleine mesure de soi pour soi-même et pour les autres?

    Merci en tout cas pour cette possibilité d’échanger, et courage à chacun!

  • Penelope dit :

    Merci pour toutes ces impressions, toutes ces correspondances, tout ce constat, toutes ces émotions que j’aurais pu écrire… même ces intuitions de médium 😉

    • William dit :

      Ah, les intuitions de medium, c’est ce qui surprend le plus, quand je sors un truc de nulle part et qu’on me regarde, interloqué : « Mais comment tu sais ça ???? »

  • 陈沁 dit :

    “I used to think anyone doing anything weird was weird. Now I know that it is the people that call others weird that are weird.” ― Paul McCartney

    William, you’re the best.

  • Karine dit :

    Merci pour ce témoignage fort du diagnostiqué tardif et heureux de l’être.passée par là aussi et arrivée chez moi enfin au bout de 44 ans.william avec deux ailes pas mal pour voler vers la liberté. Toujours plus haut

  • Aurélie dit :

    Cool et bienvenu!! Moi, je pense pouvoir te comprendre car je suis aussi surdouée. Le diagnostique fait souvent du bien et je suis heureuse pour toi que tu te sentes toi-même.

    Très bonne continuation et merci de ce beau témoignage.

  • Mar1e dit :

    Bon ben bienvenue au club ! J’ai bien aimé le livre de Monique de Ketmadec (l’adulte surdoué). Jeanne Siaud-Facchin aussi est intéressante à lire. En 2004 j’ai ouvert un forum pour les parents d’enfants précoces et nombreux sont les parents qui se découvrent à travers le diagnostic de leurs enfants. Bref, les Zèbres sont stimulants. Et épuisants !

  • CECILE dit :

    « Ma colère d’être apprécié a laissé la place à l’apaisement d’être reconnu. » Voilà une étape que Xavier Dolan n’a pas encore franchie 😉

  • seb dit :

    ça n’a pas forcément une grande importance me répondras-tu mais tu as un QI de combien ?

  • Cha dit :

    Salut William.

    Etudiant infirmier à 32 ans, zèbre diagnostiqué il y a 20 ans, c’est avec plaisir que je découvre ce post, alors que je fais la lecture de « Maman, est-ce que ta chambre te plaît ? » pour mes études. Comment ne pas se sentir proche de toi lorsque je te lis ? Ancien infirmier zèbre, cette volonté de communiquer, de comprendre les gens, d’apaiser leur souffrance pour ne pas avoir à gérer la nôtre, tous ces éléments font en moi un écho insaisissable, jusqu’à tomber sur cet article aujourd’hui, longtemps après la bataille.
    Tu mentionnes un livre sur le sujet, est-il publié ? Est-il encore d’actualité ? J’ai hâte de le lire.
    Bienvenue parmi nous, en retard, William. Avec ta prose juste et tes mots délicats, tu as conquis un lecteur de plus.

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