Musique
Rachmaninov et la femme dont je ne connaissais pas le nom
18 février 2014
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Je suis à fleur de peau depuis quelques jours, je pleure pour un oui ou pour un non pour des raisons dont je parlerai un jour, mais pas tout de suite.

Dans ces moments de tristesse, j’écoute du classique et je me souviens.

Alors que je quittais Universal Music, saturé de pop, de rock et de singles pour un bon moment (je m’étais fixé la tâche d’écouter tout ce que la maison de disques sortait et arrivaient sur mon bureau, chaque semaine, une pile de cd’s sous blisters que j’écoutais – tous – au moins une fois) et que j’allais partir un peu à l’aventure, une dame était morte, dans les étages. Elle travaillait au Classique et avait eu un cancer, long et invalidant, qui avait fini par gagner la partie.

Ils avaient vidé son bureau et empilé tous les cd’s (des centaines) dans des cartons qu’ils avaient disposé dans l’entrée d’Universal, sous un panneau écrit à la main « Servez-vous ».

Un peu au hasard, j’en avais raflé une soixantaine.

Le premier, mis sur la chaîne de mon bureau, était Rachmaninov.

J’avais éclaté en sanglot à la fin du concerto pour piano numéro 2, relâchant la pression de semaines lourdes, dans une ambiance de travail tout sauf saine.

J’ai toujours les albums. Je les ai presque tous écoutés. Il doit m’en rester deux ou trois à découvrir. Un peu par superstition, un peu par magie, j’en mets un sur la platine, le soir, quand je sais que je vais être seul et que je vais avoir besoin de calme, de douceur et de spiritualité.

Je ne connais pas le nom de cette femme mais je pense à elle à chaque fois et je la remercie.

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There are 5 comments

  • Christian dit :

    Merci pour ce partage, je me réjouis de découvrir. De mon côté, je peux écouter pendant des heures le concerto brandebourgeois sous l’orchestration de Yehudi Menuhin…

  • myster.i dit :

    Dingue, dingue… Comment réagir à cet article alors que je traverse exactement le même état d’esprit ces jours-ci, dans un vertigineux Grand Huit émotionnel… Et que je viens tout juste de découvrir ce concerto, le week-end dernier (grâce à la série Inside No. 9, épisode 2 : A Quiet Night In). Pour apprendre alors que cette mélodie a aussi servi d’inspiration au fameux All by myself… All by myself. Oui, c’est bien ça… Merci William.

  • Celine dit :

    De toute la musique que j’aime, le seul recueil qui me fait du bien et arrive à m’apaiser, c’est Casse-Noisettes de Tchaïkovski.
    Ton anecdote est belle et triste mais peu importe tant que tu arrives à trouver la paix dans ces moments de tourmente. <3

  • Valvita dit :

    Je lis actuellement « Le Jardin d’Epicure » d’Irvin Yalom. Il y parle entre autre de l’effet « rippling ». Toutes ces traces conscientes ou non que l’on laisse sur terre et qui persistent malgré notre décès. En voici deux jolis exemples : l’effet laissé par cette femme et l’effet de ce blog sur de nombreuses personnes, dont moi. Merci.

  • […] Je suis toujours à fond avec mon maître à penser du moment, à savoir Irvin Yalom. Je vais vous parler aujourd’hui de l’effet “Rippling”. Le Jardin d’Epicure parle de la mort. Tout être humain a naturellement peur de mourir et cette peur se traduit toujours à un moment ou un autre dans sa vie. Selon l’auteur, ce peut être dans des cauchemars, dans des sports extrêmes ou une peu ressentie au quotidien. En fait, les gens ont besoin de laisser une trace de leur passage sur la terre. Or nous le faisons tous, de façon consciente et/ou inconsciente. Et ceci est l’effet “Rippling”. Comme lorsque l’on lance un caillou dans l’eau et que l’on obtient des ricochets. Le bien que l’on procure aujourd’hui peut avoir des effets positifs qui perdurent après notre départ. Mais l’on peut également transmettre de bonnes choses, avoir d’excellents effets sur autrui…à notre insu. Et plutôt que vous transmettre les exemples fournis dans le livre, il se trouve que j’en ai lu un qui illustre parfaitement cet effet. C’est pourquoi je vous invite à vous diriger vers le blog de William Réjault. […]

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