Vie quotidienne
La vérité dans les rayons
23 février 2012
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C’est Cyrille qui me fait cette confidence, mi-amusé, mi-sérieux, en reposant sa bière :
Pour juger de la santé d’une civilisation, moi je vais faire un tour à la FNAC. Avant mon départ pour les États-Unis, le rayon développement personnel, c’était pas plus que ça (il pince le pouce et l’index) et maintenant, c’est trois coins entiers. Il y a une forte demande“.

Je sentais sa curiosité aiguisée par mes déclarations sur le sujet, quelques jours plus tôt, sur mon blog. J’évoquais ma vie, je parlais de “pas dans le vide”, de “bouleversement à venir”. Il voulait en savoir plus. Je me livrais. Cela fut stupéfiant de constater, après deux heures de discussion, que nous avancions sur les mêmes sujets avec les mêmes analyses et les mêmes désirs. Notre vitesse de progression ne fut pas constante : nous nous retrouvons désormais en parallèle. 2012, belle année pour l’un et pour l’autre. L’année où les peurs s’en vont.  Il n’y a pas à avoir peur. La peur n’est pas un moteur positif. La peur est une construction mentale. Un héritage familial (hérité de plus loin encore).  Jouer avec mes peurs : voilà mon envie, désormais. Les égrener, les lister et partir à leur rencontre, pour évidemment ne pas les rencontrer car elles n’existent pas. Seule l’idée que je m’en fais est réelle. Oppressante.

J’étais marqué par une chose, pendant notre long échange : il ne se pressait pas pour rentrer chez lui (moi non plus). Nous pouvions étirer les sujets de conversation à loisir, y revenant, les creusant, précisant un point. Personne ne l’attendait à sa demeure et moi, de plus en plus, décidant de rentrer quand j’avais envie de rentrer et non plus par habitude, je m’attardais également. Ce fut un plaisir de parler sans se soucier d’un éventuel rendez-vous suivant.

Je suis persuadé que son réel talent est l’écriture : il n’a pas encore osé le montrer, attiré par quelques sirènes (dont je connais fort bien le son, j’ai les mêmes dans mon entourage virtuel) qui lui emmènent des expériences de vie riches, parfois angoissantes, souvent complexes. Je sais que mon réel talent est la compréhension des hommes et le conseil : je commence à le montrer, ayant eu mon lot d’aventures humaines, médicales et showbizznesques. Les livres sont un amusement. Je reprendrai la plume quand j’aurai envie de rire. Désormais, j’ai envie d’écouter, d’analyser et de donner mon avis.

 

En attendant, il me faut lever le pied et décider de l’endroit où je le pose. Devant, du vide. A gauche, du vide. A droite, du vide. Et moi je souris d’excitation. La vérité dans les rayons, la beauté sur le chemin, l’apaisement dans le pas.

1237 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There are 2 comments

  • cvrin dit :

    J’aime te lire William, mais encore plus quand cela me parle. Je commence à lâcher prise, à me faire plaisir. Cela emmerde les gens, mais comme cela me fait du bien!!! Apprendre à dire non a été une révélation! Rien que pour cela, merci. Du fond du cœur.

  • Florence dit :

    Bonnes nouvelles 😉

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