Vie quotidienne
Le méridien
27 juin 2017
4

Super dérangeant. Je dois déménager vendredi matin mais je n’ai pas fait un seul carton. Ce sont les déménageurs qui s’en occuperont. Ras-le-bol de me taper des cartons pour la troisième fois en deux ans. Du coup rien ne semble réel en cette fin juin, entre ce meublé que je quitte sans jamais l’avoir réellement investi (et pour cause, j’étais là en transit, je le sentais, ce lieu m’a apaisé, offert une vue sur Paris du haut de ma butte et de mon sixième étage mais rien n’avait été pensé pour que j’y reste, canapé inconfortable, lit improbable, etc.)

….et ce futur chez-moi en travaux permanents depuis des semaines, ce nouveau poste que j’ai accepté toujours au même endroit (et dont je n’ai pas encore parlé, oui) et cet été qui s’annonce encore plus fragmenté que le précédent entre Paris / Brest / Budapest / Vienne / Copenhague pour revenir habiter/vivre dans ce 75m2 sans un seul meuble. Rien. Un lit tout neuf, sans empreintes, sans histoires. Un canapé qui n’est pas encore acheté. Un meuble de télé à trouver, une télé qui arrive vendredi.

Je ne possède que mes livres et mes cd’s, trimballés de déménagement en déménagement.

Mai 2015 – juin 2017

It’s get better. Yes.

 


 

Parfois, une rechute de colère. Je la raconte sur Facebook mais c’est le commentaire de Martin qui m’éclaire le plus.

D’abord mon statut posté :

Picard.
Une femme, la quarantaine, classe, me passe devant à la caisse, sans un mot.
J’hallucine :
– Excusez-moi, j’étais là avant vous…
– Vous êtes à la minute ?

ET LA JE PETE UN CABLE.

– SERIEUX ? A MOI TU ME DEMANDES SI JE SUIS A LA MINUTE ? MAIS TU AS ETE EDUQUE OU ET PAR QUI ? T’AS PAS HONTE ? T’AS PAS HONTE ? BEN REGARDE, NON JE SUIS PAS PRESSE MAIS OUI JE PASSE DEVANT TOI CAR PAR PRINCIPE C’EST TOI DERRIERE ET SI TU M’AVAIS DEMANDE JE T’AURAIS MEME FILE MA PLACE, PUTAIN. LA DIGNITE TU CONNAIS ?

Et là je glisse sur une mangue à moitié décongelée qui trainait devant la caisse et me rattrape comme une buse sur le tapis roulant.

Elle n’a pas même pas ri, cette conne. Alors que moi, à sa place, putain, comment je me serais foutu de moi…

Et puis l’échange avec Martin, dans les commentaires : 

M’apaisant et faisant référence à évènement, survenu une semaine plus tôt  :

Abordé par un cuisinier alcoolisé dans le métro, ce matin, je dis cuisinier comme j’aurais dit poète, alors que je m’étais arrêté pour regarder le plan du métro, ce que je ne fais jamais, recherchant le nom d’une station, sans trop savoir pourquoi.

Il sent l’alcool, il est noir, en débardeur, il a 26 ans, un très joli sourire, une bière à la main, il est 8H15, il me tape sur l’épaule et je me retourne.
– Wow, t’es prêt au combat, toi ! (Il imite ma silhouette massive et mes épaules larges, mes bras le long du corps)
– Moi ? Non, non…(je ris)
– Je te fais confiance, je sais pas pourquoi, j’ai envie de te dire un truc.
– Dis-le moi.
– Ma mère est morte il y a deux mois, elle m’a laissé 30 000 euros et moi je dépense tout, j’ai voyagé en Amérique du Sud, je viens de revenir, je suis tout seul, il me reste encore 5000 euros à dépenser, tu veux les dépenser avec moi ?
– Je crois que c’est mieux de les garder pour octobre et novembre, quand il fera froid.
– Mais je ne veux pas de cet argent, je me suis mis à boire pour oublier mon chagrin et puis maintenant j’ai perdu mon boulot.
(…)

Cinq minutes plus tard, il me serre dans les bras :
– Tu devrais être psy, j’ai envie de te donner 30 euros pour ce que tu m’as dit, tu comprends les gens, tu m’as compris, tu m’as fait du bien, tu es psy ? Tu guéris ?

Non mais…On y vient.
Merci pour le rappel…de la haut…

 

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There are 4 comments

  • En 2016 j’ai déménagé deux fois. La première, j’étais tellement tétanisée les derniers jours que des amis sont venus m’aider à finir les cartons mais malgré tout, il restait encore des choses à emballer (30 ans au même endroit). La 2e fois, beaucoup moins d’affaires, la plupart étant en garde-meubles (logement de transition) et re-tétatinisation d’angoisse.
    J’ai pourtant fait des choses plus difficiles dans ma vie, ou je le croyais.
    Juste après mon 2e déménagement, je me suis cassé le poignet. Genre : ça suffit tous ces cartons!

    C’est bien de se mettre en colère face aux gens impolis!

  • Philippe dit :

    Voilà. Tu es là. Je, elle, il, nous sommes rassurés et heureux, du fond du coeur, de pouvoir te lire encore et encore. Humanité, humanité, quand la lumière coule dans nos veines…
    Tu nous rappelles que la vie, c’est ce qui arrive lorsqu’on a prévu tout le reste.
    Merci beaucoup d’être revenu, William.

    • Sandrine dit :

      J’aborde dans le sens de Philippe. Je suis contente de te retrouver. J’étais venue par hasard ici, ça fait plaisir de te lire de temps à autre. Je suis triste d’apprendre que les dernières semaines ont été difficiles pour toi, je crois qu’on s’en doutait en fait. Je te souhaite beaucoup de bonheur dans ce nouveau de départ dans ton nouveau chez toi.

  • katharina art dit :

    Bienvenue dans tes nouveaux « chez toi  » dixit celle qui vient de déménager (pour se poser, enfin) 3 fois en 2 ans – bises

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