Vie quotidienne
Le vrai coût d’un crédit conso (et autres pensées)
20 septembre 2012
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Non, non, je ne suis pas mort hier, j’ai lu un peu étonné vos commentaires et je voulais simplement préciser que, comme beaucoup de textes postés ici depuis février, celui-là est une esquisse, un brouillon, un premier jet d’un chapitre. J’écris un livre sur ce que j’ai compris de ma vie et donc, régulièrement, je trouve une idée de chapitre, comme hier. Je suis dans les Landes, en ce moment, assez déconnecté du Web. J’ai posté ça, je suis parti faire autre chose et puis voilà.

Si j’étais mort hier, en tout cas, j’aurais raté le beau lever de soleil de ce matin et l’odeur inimitable de la rosée dans le jardin de mes parents, mêlée au parfum des lointaines bouses de la ferme en bas de la route. Si, si, ça sent bon, une bouse.

Depuis qu’une vendeuse de Sephora m’a parfumé avec une eau de toilette pour fille et que celle-ci m’allait parfaitement, j’ai décidé de creuser un peu plus le problème et j’ai fondu pour un échantillon de Pleats Please (Issey Myake) trouvé dans Elle.

Ma mère est abonnée à “ELLE”, ce magazine de connasses (pardon, je le lis depuis 32 ans, j’ai le droit et “connasse” est presque affectueux). “ELLE”, qui vantait DUKAN il y a deux ou trois ans et qui maintenant alerte les copines sur les dangers de DUKAN, via le livre de Zermati. Jean-Philippe Zermati ne m’a pas aidé à maigrir mais il a raison au moins sur un point : les régimes sont dangereux et font grossir 85% des gens. Si vous faites partie des 15% restants, mazeltov. Mais je suis sûr que votre mari vous trompe. Forcément. Il doit bien y avoir un truc de pourri chez vous, quand même, non ? Non ? Ah, je vous dét…euh aime)

Ma mère est également abonnée à “Télé Sept Jours”, que je lisais aux toilettes le vendredi soir, après une semaine à l’internat où je n’avais pu aller aux toilettes, justement. WC à la turque. J’étais bloqué du dimanche soir au vendredi soir. J’associe donc “Télé Sept Jours” à la libération des sphincters.

Je dors comme un bébé, chez mes parents.

Pourquoi faut-il payer le plus rapidement possible son crédit à la consommation ? (Telle la carte magique magique d’Ikea, Norrskenn qui me relance tous les mois, gaspillage écologique intense, pourcentage d’usurier, presque les seuls à m’écrire, en fait. NORRSKEN LACHE MOI !). La réponse en image :

J’avais oublié que, dans une maison normale de gens d’un certain âge, le téléphone fixe sonne souvent et qu’au bout du fil de vrais gens veulent parler à de vrais gens. “C’est cher le portable”. Cette sonnerie me dérange énormément (dans mon travail, mes siestes) et me fait sursauter à chaque fois. Elle me fait automatiquement penser à de mauvaises nouvelles. Je me suis habitué au portable, à pouvoir joindre qui je veux, comme je veux : si je dérange, ils ne décrochent pas (ou répondent en trois phrases qu’ils sont occupés, ce qui est toujours un peu con-con, non ? Je ne déroge pas à la règle, rassurez-vous). Ici, le téléphone fixe sonne et ma mère me demande pourquoi je ne décroche pas. Pourquoi ? Mais parce que je n’habite plus ici, voyons.

Revu la voisine, plus âgée que moi de deux années, avec qui je jouais enfant. Elle a perdu son père et sa sœur, vit seule avec sa mère. Nous avons parlé de la pluie et du beau temps, de tout sauf de l’éléphant dans la pièce, sa soeur, mon exacte jumelle, décédée l’an dernier, née le même jour que moi, dans des circonstances plus roots. Alors que ma mère accouchait à la clinique, la mère de la voisine mettait bas sur la table de sa cuisine. Il avait fallu appeler la couturière en urgence (qui vivait aussi dans le quartier) pour couper le cordon ombilical avec un gros ciseau.

J’ai enfin pris le temps de noter la recette des tomates farcies de mon père et comprends désormais pourquoi elles sont si bonnes au goût : il ajoute dans la farce (poulet, ventrèche, veau) du pain de mie trempé dans du lait !

L’autre voisin, dont il faudra bien parler un jour, mais pas aujourd’hui et pas avant longtemps, est placé sous assistance respiratoire permanente. Il n’habite plus ici. La fin est proche. Il a mon âge, également.

Ma mère a fait une réflexion que je croyais réservée aux enfants : revenant sur les lieux de nos vacances à Mougins, vingt huit ans plus tard et visitant le rez-de-chaussée que nous louions à l’époque pour dix mille francs (les deux semaines), elle l’a trouvé petit et le voyait beaucoup, beaucoup plus grand. Il paraît qu’il est devenu impossible de manger dehors, sur la terrasse, car la région est infestée de moustiques tigres… et de perruches obèses (qui, elles, ne piquent pas), exotiques et impressionnantes, échappées d’un zoo et s’étant reproduites par paquets de cent douze.

Très, très déçu par “Camille redouble” de Noémie Lvovsky que j’ai trouvé mal écrit, mal réalisé, mal joué, mal casté (ah, son amour de jeunesse, mais pourquoi avoir choisi ce type ??…et Yolande Moreau atone, en roue libre) sauf quelques scènes dans lesquelles Noémie ventile tout, juste par le regard. On sent le potentiel du sujet (pompé intégralement sur “Peggy Sue” de Coppola) mais la réalisatrice s’est vautrée comme pas possible, dépassée par ce qu’elle avait envie de raconter. Pourquoi j’en parle, moi qui tente ici de ne jamais critiquer pour critiquer ? Parce que, depuis Cannes, j’avais noté le nom du film et l’attendaisz avec impatience. Je me suis ennuyé et ce dès le générique.

D’ailleurs, et je ne sais pas si c’est pareil pour vous, mais moi je sais quand je vais m’ennuyer ou pas dans un film, dès les vingt premières secondes. C’est plié. Je me trompe rarement, je peux parfois être déçu (le film s’essouffle) mais je sais quand je vais m’ennuyer dès le début. Pour “Camille redouble”, ce long générique muet (pas un bruit, pas une musique) en noir et blanc suivi d’un SECOND générique musical (lent, horriblement lent) illustrant des objets tombant au ralenti, j’ai compris que j’allais trouver le temps long. Bingo. Un dernier mot sur les caméos ridicules de Jean-Pierre Léaud (quelle déchéance) et surtout de Mathieu Almaric (qui a accepté de se ridiculiser pour 20 secondes de présence à l’écran) : quand tu cherches/te souviens du nom de l’acteur, prends le temps de noter son vieillissement et son embonpoint avant de réaliser qu’il joue un rôle, c’est mauvais signe). Bref, un ratage.

La Coca-light versé dans un verre est meilleur que celui bu à la canette. Vous avez une explication ?

J’ai emmené ma filleule à l’école pour la première fois. On y rentre comme dans un moulin, ce qui m’a beaucoup étonné. Ma mère, ancienne enseignante, m’a alors répliqué, définitive :
– Bien sûr que n’importe qui peut y entrer avec un enfant, il n’y a pas de risque de kidnapping, puisque tu viens y apporter le gosse. C’est la sortie, le soir, qui est impossible. On ne laisse pas partir les enfants avec un inconnu. Entrer, oui. Sortir, non.

J’en suis resté sur le cul.

1605 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There are 6 comments

  • haha dit :

    c’est un message sublime-inal, la carte de San sebastian?

  • avec2t dit :

    Le coca : parce que tu goûtes autant avec ton nez que ta langue. et que les odeurs sont différentes selon que tu boives en canette (odeur du métal notamment) ou en verre (ouverture plus large donc diffusion plus forte de l’odeur du coca).
    Enfin je crois ^^

  • Fab dit :

    Parce que souvent le coca light en verre se boit en terrasse, et celui en canette dans son salon, au fond de son canapé minable seul le soir ^^
    Sinon c’est terrible de revoir les gens de son enfance, le fixe qui sonne, les voisins qui sont encore là 20 ans après et qui s’engueulent toujours… je vis cela aussi chez mes parents, dans un lotissement des années 80 au fin fond de la Moselle …

  • kangourourou dit :

    Il me fait du bien, ce billet. Cette compilation de petites choses du quotidien, de ressentis, de petits questionnements existentiels, c’est tout ce que j’aime.

    Je suis pas scientifique, mais pour le Coca j’aurais tendance à rejoindre le commentaire précédent, sur les odeurs. A l’origine, si on boit le vin dans des verres à pied forme ballon ou verres de dégustation un peu resserrés en haut, c’est plus pour que les arômes se dégagent au mieux dans le nez que pour l’esthétique, je crois. Et j’ai l’impression que les bulles éclatent plus vite quand le liquide arrive dans la bouche par un plus petit orifice (hum.), en canette ou avec la paille j’ai l’impression de boire de la mousse. Sans compter que gourde comme je suis, je suis incapable de boire dans une canette sans m’en mettre partout.

  • laure dit :

    j’aime cette nostalgie !
    Pour le coca, je ne le bois plus en canette depuis 1999, année où il avait retiré de la vente des lots .
    Pour “camille redouble” , tout pareil, j”attendais peut être trop de ce film.
    Je n’attendais rien “du vent dans mes mollets” et j’ai été charmé !

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