Vie quotidienne
L’hypocrisie et la méchanceté
29 octobre 2018
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“On m’a dit que tu avais écrit sur ton blog que j’étais médiocre. Je ne te savais pas hypocrite”.

Non, effectivement, je ne le suis pas. C’est même plutôt l’inverse : je dis ici exactement ce que je pense. Et je pense que tu es par essence médiocre. Et que tu attires le médiocre à toi. Je t’ai déjà vu mesquin, parfois, voire même cruel. La seule chose que tu puisses réellement me reprocher, sur ce coup, et à juste titre, c’est la méchanceté d’évoquer ce que j’estime être ton défaut ici (sans toutefois te nommer) ou la cruauté d’avoir repris le texte après ton message, en affinant ce que je pensais de toi.

Mais hypocrite, non. Si nous nous revoyions, je te dirais exactement en face ce que j’ai écrit ici, au mot près, je pourrais même parler beaucoup plus, si tu le souhaitais, sauf que tu ne me parles plus depuis des années, quel intérêt d’ailleurs as-tu à venir me dire que je suis hypocrite, sauf à vouloir te faire humilier ? Oui, je te trouve médiocre (ou disons que l’image que je garde de toi reste celle de la médiocrité, car je ne t’ai pas croisé depuis quatre ans, je pense) et c’est ainsi. Il y a pire dans la vie que mon opinion sur toi. Somme toute, mon opinion sur toi n’est pas très intéressante. Pourquoi donc vouloir aller remuer ce que je pense de toi ? Et être assez bête pour me croire hypocrite alors que c’est tout l’inverse. Je suis sincère, je ne filtre pas mes propos, je n’en ai pas honte et c’est bien ça qui te blesse. Dans le fond, tu me préférerais hypocrite, justement.

Je repense à cette jeune femme qui m’avait dit un jour :

– Comment oses-tu me saluer ? Je sais ce que tu as dit de moi ! Pis que pendre !

J’avais été étonné :

– Oui et ?

– Mais enfin ! Tu racontes des horreurs sur mon compte.

– Rien que je ne pense pas et rien que je ne puisse te redire en face si tu le souhaites. Je ne voudrais pas que ce soit déformé, souhaites-tu exactement savoir tout le mal que je pense de toi ? Tu es un robot. Tu n’as pas d’émotions. Tu es une manipulatrice. Tu es brillante. Exceptionnellement brillante. Mais tu te sers des autres pour arriver à tes fins et je trouve ça à vomir. Tu m’as fait énormément de mal, tu m’as menti, tu m’as utilisé, tu as aspiré mes contacts, tu as nié mon talent. Et oui, tu es brillante. Je le pense. Je pense que tu es brillante et odieuse. Voilà.

– Je t’interdis de dire ça aux gens !

– Non, c’est pire. Tu veux m’interdire de le penser. Mais je le redis : j’admire ton intelligence, je déplore tes actes.

Cette complexité (?) de pensée la dépassait totalement. Pourtant elle me résume très bien. J’aurais fait – je pense –  un excellent avocat : j’épouse systématiquement toutes les causes qui traversent ma route et je fais preuve d’une extrême empathie quand je le veux bien comme d’un immense mépris quand je le veux bien aussi, les deux sentiments pouvant se suivre et se remplacer au fil des conversations avec la même personne.

Comme disait un personnage de La Discrète à propos d’Antoine (joué par Fabrice Lucchini) : “Il pense ce qui l’arrange au moment où ça l’arrange” et oui, ça me définit souvent. Ma morale ou mon sens de la morale sont extrêmement souples, je trouve des circonstances atténuantes à presque tout le monde, sauf aux médiocres, probablement parce que je me trouve médiocre, ayant touché à tout, dans bien des domaines, sans jamais aller tout à fait au bout, si tant est que le bout existe et m’aplatissant sans demi-mesure devant l’Excellence avant de la déchirer au premier signe de faiblesse, car oui, aussi, je ne supporte pas la faiblesse, la mienne d’abord, celle des autres ensuite, surtout la faiblesse intellectuelle des gens qui ne se sont pas donnés la peine, car je tolère la faiblesse des gens égarés, la faiblesse des moments de folie, la faiblesse des addictions mais j’éprouve le plus grand mépris pour la paresse neuronale, probablement parce qu’elle me renvoie encore une fois à ma propre paresse.

On ne parle que de soi, on ne déteste que ce qu’on est.

Viscéralement.


Crédit photo
Andre Benz

10973 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There are 4 comments

  • Charlotte dit :

    Formidable texte 🙂

  • Simone dit :

    Je t’ai lu. Les gens n’aiment pas que l’ont voit ce qu’ils sont. Ils aimeraient être plus. Mais ils ne sont qu’eux. Et tu leur rappelle.

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