Cinéma Vie quotidienne Voyages
Mais c’est ça qui fait mon charme. Coppola. Kevin Spacey. Rob Lowe.
24 février 2013
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J’ai entendu trois fois la même phrase à mon sujet, en moins d’un mois, dans la bouche de trois personnes différentes et dans trois contextes différents, aussi. J’ai souri la deuxième fois et noté sur mon carnet que je devais écrire dessus la troisième, pour ne pas oublier. Et puis, quand vient le moment d’écrire, bien sûr, je n’ai plus rien à dire dessus. La voici :
-Tu es un garçon bourré de paradoxes mais c’est ça qui fait ton charme.

Ah ? S’ils le disent.
(deux femmes et un homme)

En train de regarder “House of Cards”, avec Kevin Spacey, projet mené par David Fincher. La série, en treize épisodes, est disponible en un bloc visible pour ceux qui le souhaitent en continu, ou en plusieurs fois. Il n’y a pas à attendre une semaine entière entre deux épisodes. J’adore l’idée. La pratique de s’enfiler en un temps record une saison complète d’une série se nomme le “Binge Viewing” et les spécialistes pensent que, un peu comme la junk food, le sentiment d’être repu et légèrement gavé donne l’impression d’avoir avalé quelque chose de pas franchement quali, ce qui n’est absolument pas le cas de la série. Je recommande. Ce sera diffusé sur Canal + à la rentrée, probablement dans un format classique, épisode après épisode.

J’avance vaillamment et me fais le coffret entier de “The West Wing”. J’ai démarré un peu avant Noël, à la mi-décembre, et j’en suis à la moitié de la saison 4. Le premier épisode de la saison 2 (la tentative de…) et l’épisode consacré au père de CJ dans la saison 4 sont parmi les meilleures choses jamais vues dans ma vie de consommateur de séries. Il y a peu à jeter dans “The West Wing” (certaines intrigues sont très obscures pour un français, les dialogues sont bien trop brillants pour être prononcés par des humains, Sorkin tombe vite dans le prêchi-prêcha) et ça reste fascinant : l’humour, la grâce, l’agilité intellectuelle, les acteurs (tous brillants, sauf Rob Lowe, un peu en retrait). Je ne m’en lasse pas. Il paraît que les audiences ont décliné après la saison 4 et le départ de Sorkin. On verra bien. Quelques incompréhensions : pourquoi donc Abbey, la femme du président, disparait autant entre deux épisodes, pourquoi remplacer Rob Lowe par ce fadasse binoclard, pourquoi faire tout un cirque autour de la venue de Lily Tomlin et laisser ensuite son bureau inoccupé ? Bizarre.

 

J’ai fini pendant la période la bio en anglais de Rob Lowe, autobio, d’ailleurs, si drôle et si finement écrite que j’ai eu du mal à croire qu’il l’ait pondue seul. C’est tout de même fort bien écrit et ça regorge d’anecdotes de malades dont certaines sont énormes. Rob Lowe passe pas mal de temps à raconter le tournage d’Outsiders (son seul très grand film, dans lequel il a été coupé pas mal au montage) et ses échanges avec Coppola, dont celui-ci qui me marque, sur le fait que les gens lui parlent sans arrêt du Parrain, le Parrain qui, aux yeux de Coppola, est juste une lampe. Une lampe, posée là :

 “Francis, I’m sure you hear this a lot, but Godfather was on in the hotel and we all watched it for the hundredth time. What an unbelievable movie.” “You know, Rob, to me The Godfather is like that lamp,” he says, pointing. “It exists. It’s right there. People have opinions about it,” he continues mildly. “The real Godfather, for me, is the experience I had making it.” It would be many years and many projects before I fully understood what he meant. If you are fortunate enough to be part of a hit, particularly a transcendent one, all emotional ownership is transferred from you to the audience. They judge it and embrace it; project their own hopes, dreams, and fears onto it; take their personal meaning from its themes, and with these investments it becomes theirs. The significance of your participation pales in comparison to the significance the project has on their imaginations. And so, you are left outside of the phenomenon. Just as Paul McCartney can never experience the Beatles, Francis Ford Coppola can never experience The Godfather. It becomes a lamp.

Je traduis librement la fin de l’échange, qui m’éclaire tellement : “Il se passa tant et tant d’années et tant de projets avant que je ne comprenne vraiment à quoi Francis faisait allusion. Si dans votre vie vous avez la chance de faire partie d’un succès phénoménal, qui transcende les genres, tout le contenu émotionnel vous est ôté et appartient désormais au public. Ils le jugent et se l’approprient, projettent leurs propres rêves, espoirs et peurs dessus : le projet devient d’un coup le leur. L’importance de votre participation au projet n’a que peu d’importance comparée  à l’importance qu’il a pris dans leur imaginaire et vous voilà laissé  à la porte du phénomène dont vous avez pourtant fait partie. De la même manière que Paul McCartney ne pourra jamais comprendre l’expérience Beatles dans la vie des gens, Francis Ford Coppola ne pourra jamais comprendre le Parrain. C’est devenu une lampe.”

 

Plus tard, alors que sa grand-mère est sur son lit de mort, à l’hôpital, Rob Lowe raconte :

For instance, my grandfather and grandmother were major presences in my life, whom I loved deeply. When Grandma died, I was back in Ohio at her bedside, holding her hand. Eventually, I was done crying and they began to prepare her to be taken away. Reaching over my grandma’s body, a nurse handed me a pen and said, “I hope you don’t mind, but could I have your autograph?”

Sur le succès :

That’s the way it works in show business (and in life); if you have some success, you often outgrow those who were there in the beginning, but you give them a shot to grow with you. If they can’t—or won’t—you move on.

Sur les acteurs qui sont des “divas” (ou pas)

It will be years before I properly appreciate the pressure she is under and how necessary it is for the star to fight every day (if they can) for the best writing possible. Eileen didn’t win many of those battles on A New Kind of Family, as most actors don’t, and I’m sure the show suffered for it. Most actors are very good judges of what “works,” and yet they are always at the mercy of writers or producers, who can label them “difficult” or “divas.” Meanwhile, if the show flops, it’s always the star who takes the most blame. Which is not to say that there aren’t moronic actors…

 

Alors que je discutais avec un ami, quelqu’un que j’aime profondément, et lui demandais son avis sur le chemin que je devais emprunter, voyant deux options devant moi, et après lui avoir expliqué, je l’entends me répondre :

– Je n’ai même pas besoin de réfléchir. Le premier chemin, sans hésiter. Prends celui-là.

– Pourquoi ? C’est le plus incertain.

– C’est celui qui t’illumine quand tu en parles. Tu devrais te voir, tu as le sourire jusque là.

Alors soit, puisque telle est ma route, il a raison. Poursuivons sur ce chemin. Je suis assez âgé pour éviter les sorties de route, j’ai ça pour moi. Quinze ans plus tôt, ce serait une toute autre histoire. Mais quinze ans plus tôt, je n’aurais pas emprunté la même voie. Ma peur m’aurait stoppé bien avant et mes colères, aussi. J’ai eu de la chance d’apprendre énormément, auprès des gens. J’ai eu un parcours pro que beaucoup font dans l’autre sens, à quarante ans, cherchant du “sens”, justement, la bonne direction. Je sais juste désormais que je ne peux aller que là où je souris le plus.

Je me suis fixé le 30 juin comme échéance, cette année. Je veux prendre d’immenses vacances, ensuite, loin, loin, loin. Je ne suis pas parti depuis Aout 2012, en Floride. C’était génial. Je ne bouge plus, je ne pars nulle part, j’attends et je travaille. Mais le 30 juin, je suis dans l’avion. Direction les USA, là :

1565 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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