Vie quotidienne
Mes cadeaux en avance
15 décembre 2018
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Je viens de finir les dix premiers jours de ma formation Gestalt (l’initiation à la posture) et ce fut un très long et très beau voyage en groupe depuis le mois de juin. Je peux définitivement dire que l’homme que j’étais en juin n’est que l’ombre de celui que je suis six mois plus tard, Gestalt ou pas. Toucher un certain fond en avril m’a permis de mettre un bon coup de talon (à la Thierry Lhermitte dans le Père Noël) et de remonter à la surface, pour trouver le meilleur de moi. 

J’ai commencé par renâcler pas mal, évidemment. D’abord ce groupe de 20 personnes. Majoritairement des coachs aguerris. Mais ce groupe, quoi, le groupe en général, synonyme pour moi de souffrance et d’ennui. Ensuite le jargon propre à toute nouvelle méthode découverte. Enseveli sous les termes et les concepts. Epuisé rapidement. Et puis mes propres appréhensions qu’il a fallu combattre car après tout je suis là pour apprendre et tester : après la théorie, la pratique. A mon tour de coacher un membre du groupe, observé par d’autres, et de pratiquer durant 10 minutes, sur une réelle problématique, une approche gestaltiste. Pas évident, au début.

Hier, un exercice (nommé “Snack” (sic)) m’a fait éclater de rire et savourer deux ou trois enseignements en très peu de temps. Nous devions, pendant dix minutes, nous forcer à être le pire coach, le pire soignant, l’image même de ce que nous voulions pas être, sur un coaché (évidemment d’accord et qui prenait notre place ensuite). La somme de tout ce que je ne suis pas quand je veux aider quelqu’un. Quelle rigolade…et quel enseignement, quelle libération ! 

Rigolade, d’abord, car entendre des horreurs d’un coach à côté de la plaque est furieusement joussif, encore plus d’en proférer ! Devenir l’espace de quelques minutes celui que je ne veux pas être m’a fait beaucoup rire…avant de réaliser que je ne devais pas non plus exclure cette part de moi : celui que je veux à tout prix éviter, c’est aussi celui que je suis, avec ses qualités (et oui) et surtout ses défauts. Vouloir être à tout prix un autre, c’est éviter d’être soi. La vérité ou la bonne posture se trouvant donc un peu au milieu des deux extrêmes. Quelle libération à ce moment de comprendre que je dois m’écouter plus, que je n’ai pas à lutter contre mes envies d’être à tout prix performant ou parfait mais que je dois plutôt les accueillir et faire avec, avec tout ce que je ne suis pas et ne serai jamais. Une vraie épiphanie, une vraie leçon d’humilité.

A propos d’humilité, les paragraphes suivants vont probablement en manquer alors ne les lisez pas. Je ne poste pas les mots qui vont suivre pour me jeter des fleurs, je me sers de cet espace personnel pour poser les apprentissages et ne pas oublier les moments forts de ma vie. C’est public. Chacun vient y prendre ce qu’il a envie d’y prendre. 

Le dernier exercice consistait à offrir à chacun des membres du sous-groupe deux cadeaux : ce que nous aimions beaucoup en lui et ce que nous aimions moins en lui. J’ai donc reçu 9 présents et j’ai été très ému. Voici donc qui m’a offert quoi, que je n’oublie pas. Les post-it seront perdus mais pas ce texte. Voici ce que ses neufs personnes ont aimé en moi et n’ont pas aimé en moi, après dix journées de neuf heures ensemble à étudier, tester et vivre…Nous avons bien sûr eu en tête à tête un long échange pour expliquer les mots posés sur les post-it. Voici les mots écrits bruts. 

Florence : j’aime ton côté nounours avec qui j’ai envie de jouer // Je n’aime pas quand tu “t’échappes” de la relation, je suis un peu désorientée (en sautant d’un sujet à l’autre, en orientant la conversation sur un tout autre topic, par exemple. Ou en fuyant dans mon monde…)

Claudine : j’aime ta capacité à faire, dans toutes les situations, un pas de côté qui ouvre et éclaire // Je suis parfois refroidie par ce que je ressens en toi comme du “jugement”.

Blandine : J’apprécie énormément ta sensibilité // Ce qui m’est le plus difficile, c’est quand tu te rebelles et que tu perds ton humour. 

Elisabeth : J’aime ta capacité d’accueillir / J’aime moins ta volonté, oui ta volonté, de t’exclure du groupe ou de la relation. 

Brigitte : J’aime ton humour, ton côté rebelle, ta tendresse et ta finesse // J’aime moins quand tu es, parfois, un peu “trash”. 

Lauren : J’apprécie ta grande sensibilité et ton authenticité // Je suis parfois troublée par tes provocations dans les retours de groupe.

Sans nom : J’aime ton ouverture à l’autre // J’aime moins ta capacité à monter vite dans les tours.

Anne : J’aime ton humour, ta lucidité extrême sur toi-même et ce que tu mets en place pour t’améliorer ou remédier à tes problèmes, ta délicatesse // J’apprécie moins ta carapace qu’il faut pouvoir deviner sous peine de passer à côté de ton essence. 

Rolande :  J’adore ta vivacité et ta vivace et le lien fort qui s’est tissé entre nous // Une chose qui m’est difficile, c’est ta modestie (?) ou ton manque d’assurance quand tu précises que tu n’es pas coach, que tu n’es pas au niveau. Si, si. Tu l’es. 

9519 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There are 2 comments

  • Séverine dit :

    Quel(s) beau(x) texte(s)…
    Merci du partage William!

  • Mag05 dit :

    Je me suis formée à la PNL, il y a une dizaine d’années, et je me souviens encore des petits mots que nous nous étions offerts… C’est pas si fréquent, dans la vie, de recevoir autant de beaux et bons retours sur soi de la part de personnes avec qui on a partagé autant.
    Ça me donne envie de refouiller dans mes affaires pour les retrouver. Ça fait du bien de les relire de temps en temps, surtout le 19 décembre, quand on en peut plus!
    Bon bout d’an, comme on dit ici!

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