Vie quotidienne
#MeToo : l’histoire de Barbara “Je vais te tuer”
18 février 2018
7

Mon amie Barbara (son prénom a été modifié) m’a raconté son histoire. Quelques détails ont été anonymisés mais son témoignage est presque intact. J’ai bien sûr son accord pour cette publication. Elle est joignable en me contactant via le site, je ferai suivre.

“Eté 1989. J’ai quinze ans, je suis en troisième. La banlieue Parisienne. Les vacances d’été. Immenses. Un long tunnel à la fois prometteur et ennuyeux, quand on est une ado et qu’on n’a pas grand chose à dépenser. Je vais rentrer au lycée en septembre, en attendant, fille de parents divorcés, je traîne chez mon père. Il travaille toute la journée, aide-soignant à l’hôpital du coin.

Personne ne fait trop attention à moi et ça me va très bien. Je me fais chier dans l’appartement de cité. Il n’y a rien à faire à part regarder la télé. Quand je sors, je vais au centre commercial, j’y tourne toute la journée et puis le soir je rentre chez moi. mon père est trop fatigué quand il rentre pour qu’on fasse quoi que ce soit avec lui. Le dimanche, il s’endort devant la Formule 1 et quand je veux éteindre le poste, il sursaute : “non, non, éteins pas, je reconnais les voitures au bruit des moteurs…

Je me souviens très bien de ma tenue ce jour-là, il fait super moche pour un mois d’août alors je porte mon jean et un blouson en daim, une sorte de bombers à la mode, à l’époque. J’ai une jolie queue de cheval, je suis super mignonne avec mes baskets sans marque (“ça coûte trop cher”); je commence à remarquer les regards des garçons. Je commence à peine à comprendre que je plais. Je ne suis plus vierge depuis six mois. J’ai eu une jolie première fois (elle sourit), une vraie jolie première fois. J’ai un copain qui s’appelle Antoine, un peu plus âgé que moi, il a 17 ans.

Qu’est-ce que je m’ennuie…Il ne se passe rien pendant cet été. Rien. Alors je sors en direction du centre commercial, je zone dans les galeries commerciales, les poches vides, juste pour passer le temps. Il est 16h, la ville est presque vide. Je suis seule. Tous mes potes sont dans le quartier de ma mère. Je ne connais personne chez mon père.

Je tombe sur Lui, en revenant vers la gare. Sur le chemin du retour. Il est assis sur un banc, dans une rue piétonne. Je lui taxe une clope. Il a une vingtaine d’années. C’est un rebeu kabyle, avec les cheveux décolorés en blonds. Il ne me plaît pas spécialement physiquement, je veux juste lui taxer une clope.

J’avais déjà fugué. Une nuit par-ci, par-là. Je n’étais pas vraiment du genre timide alors j’engage la conversation avec Lui. Je pense avoir déjà vécu à 15 ans. Bien vécu. On ne m’a jamais demandé de me méfier des inconnus – ni de quoi que ce soit en général – car chez moi, on ne parle pas. Alors je parle dehors, aux autres. Donc on se parle. De musique, surtout. De musiques noires. Métisses. J’ai joué pas mal de piano, enfant, et à cette époque j’avais commencé le saxo. Il me monte alors un gros bobard auquel je crois : “Tiens, j’ai des potes musiciens, viens, on va les voir, allez, ça va te plaire…Mon frère joue dans un café…

 

Alors je le suis, en toute innocence. Je m’arrête quand même à une cabine de téléphone pour appeler ma belle-mère et la prévenir que j’arriverai plus tard que prévu. Je lui mens sur ce que je fais. Inconsciemment, je sais déjà, peut-être.

On prend un RER qui va un peu plus loin, dans l’Essonne. Et là, je sais. Je sais. Je sais que ça va mal tourner. Quand on descend du train, je comprends qu’il n’y a pas de bar, qu’il n’y a pas de potes qui jouent de la musique, que tout est faux et quelque chose va arriver, quelque chose de pas cool. Mon corps sent que quelque chose ne va pas. Je ne sais pas dire non, habituellement. Je suis une ado très soumise, j’élève rarement la voix sauf quand je me prends une torgnole. Je sais que je ne suis pas censée être là, que je devrais partir, vite.

Mais Il a déjà pris l’ascendant sur moi, de toute façon.

Tout va très vite. Il a dû se passer au maximum une vingtaine de minutes entre la clope taxée sur le banc et ce moment où nous sortons du train, deux arrêts plus loin, non loin de la forêt. Je connais un peu l’endroit, mon petit copain de l’époque y habite, les lieux me sont familiers mais je n’y suis jamais allé avec un tel pressentiment dans l’estomac qui irradie peu à peu dans tout le corps, comme une gigantesque alarme. Je n’ai plus le contrôle. Je vois d’autres personnes descendre du train, j’essaie de soutenir quelques regards pour trouver du secours, déjà. Mais je ne vais pas plus loin.

– C’est par là-bas, Il me dit. On va couper à travers les bois. Viens.

Je suis très, très myope, je porte des lunettes et sans, je ne vois pas grand chose, je précise. On marche à peine vingt mètres et…ça commence déjà.

 

Il s’arrête. Il me regarde et Il me dit :

– Qu’est-ce que t’es naïve.

Il m’attrape à la gorge. Il me balance par terre sans relâcher son étreinte et il ajoute :

– Ça faisait longtemps que j’avais envie de tuer quelqu’un.

C’était son but. Il voulait tuer. Il veut me tuer. Je le crois. Il a ses deux mains autour de mon cou et il serre. Son regard a vrillé, ses yeux ne séduisent plus, il n’y a que de la folie dans son regard maintenant. Il est ailleurs, très loin et en même temps il est là. En me débattant, je me prends un premier coup de poing et mes lunettes giclent au loin. C’est fini. Je ne vois plus rien. Je suis perdue. Je ne sais plus où je suis. Je ne vois pas à plus de deux mètres. Les coups pleuvent. Il veut m’assommer. Lui est tout excité, Il est content, Il a réussi à piéger quelqu’un. Je rends les coups, je suis terrorisée mais je ne me laisse pas faire.

Il m’étrangle puis j’arrive en me débattant à lui faire relâcher la pression. J’arrive à me dégager et à respirer. J’aurais pu mourir presque immédiatement. Je réalise qu’il ne veut pas spécialement me violer, non. Il veut juste me tuer. Le sexe ne l’intéresse pas plus que ça. Il a envie de me tuer mais comme je ne me laisse pas faire, il fatigue. Donc il passe à autre chose. Comme il n’arrive pas à me tuer, comme je suis une nana, les viols commencent.

Je ne crie pas car je pense que je suis hyper isolée alors que quand j’y retournerai pour la reconstitution, des mois plus tard, j’apercevrai des pavillons pas loin. Mais je ne vois plus rien, je ne sais pas où je suis et puis il me dit que ça ne sert à rien de crier alors je le crois.

Je n’étais plus vierge mais je n’avais pas une grande expérience sexuelle. Il est totalement défoncé. C’est un camé, à la base.

(…) Tout ce qui est sexuel, je ne veux pas rentrer dans les détails. C’est encore trop difficile à dire. Il va très, très loin (…)

Il avait un sac rempli de bières. De temps en temps, il s’arrête pour boire une bière. Les viols répétés sont une manière de reculer encore et encore le meurtre qu’il a en tête. Il boit beaucoup de bières. Dès qu’il en finit une, ça le remet dans un état second et l’envie de meurtre devient plus forte que le besoin de m’humilier sexuellement.

Je lui parle. Il me répond. On parle de tout sauf de ce qui est en train de se passer même s’il ne perd pas de vue son objectif. Il me le répète sans cesse : je vais te tuer. On parle de tout et de rien. Une dizaine d’heures au total. Dans le noir absolu quand la nuit est tombée. Il me laisse fumer, il me tend des bières.

J’ai froid, je suis totalement nue. Il me laisse quand même remettre mon tee-shirt à un moment car je frissonne. Lui reste habillé en permanence. Nous parlons, encore et c’est totalement fou, une conversation presque normale entre lui et moi, comme autour d’un café, un échange banal ou le très mauvais doublage dans une langue posée et irréelle de ce qu’il passe réellement depuis des heures pour moi et pour lui. Le dialogue presque mondain sonne terriblement faux.

A aucun moment je n’imagine qu’un secours va venir de l’extérieur. Pas un seul instant. Je sais que je ne peux compter que sur moi, que personne ne va venir car personne ne sait où je suis. Je me méfie, je reste en alerte. J’essaie d’anticiper, prête à me défendre. Je sais qu’il veut me tuer et rien d’autre.

Et puis soudain la conversation s’éteint et la violence rejaillit. Il me frappe et me viole à nouveau. Sa détermination ne faiblit pas. Entre deux viols, j’entretiens le dialogue. Il revient m’étrangler. Il me dit aussi qu’il a un couteau mais il ne le sort jamais de son sac. Au début j’y crois et j’ai encore plus peur mais je comprends qu’il ment et qu’il ne possède pas de couteau. Il m’étrangle et ce n’est pas si facile que ça de vouloir étrangler une personne qui se débat. Nous ne sommes pas au cinéma, je résiste énormément. Je ne lâche pas un pouce de terrain depuis la première fois où j’ai failli perdre conscience. Ce n’est pas passé loin. Les suivantes, je tiens bon. Avec les heures qui passent, la fatigue s’installe et il y met moins d’énergie mais à aucun moment je ne me sens tirée d’affaire.

A chaque tentative de meurtre, j’ai peur d’y passer. Je n’ai pas peur pendant les viols mais je me sens totalement humiliée, bafouée. Il me demande d’être plus active pendant les phases de viol, de prendre des initiatives. Je prétends des choses. Je me déteste mais je veux vivre. Je veux survivre à cette nuit, à ce type. J’étais une ado qui avait vaguement de mourir, avant. Je me scarifiais les bras, le spleen classique, des pensées sombres, je traînais mon ennui comme des millions d’ados. Mais là, je veux survivre. Je me fais même une promesse : si jamais je m’en sors, plus jamais je n’aurai envie de mourir. Plus jamais. Je veux vivre. Il est hors de question que je me laisse tuer.

Je n’éprouve aucune colère contre lui car je me décolle de moi-même. Je vois souvent toute la scène “d’en haut”. Je mets des jalons sur les cinq prochaines minutes. J’anticipe. Chaque tranche de 5 minutes passées à vivre, je le compte comme une victoire, tout en le mettant à distance émotionnelle comme si tout cela était un problème global dont lui ne serait qu’un détail, comme s’il était un élément parmi d’autres. Je traite la situation presque avec méthode : comment il va réagir après la prochaine bière, qu’est-ce qu’il va me demander de lui faire, comment je peux me préparer au pire. Pour ça, je joue à la conne. Je suis plus intelligente que lui, je le vois mais je n’ai pas intérêt à lui montrer. Il ne faut surtout pas qu’il s’imagine que je puisse l’humilier, que je suis plus forte que lui, en vrai, cela pourrait redoubler sa force et son besoin de me tuer.

Je veux créer de la pitié entre nous mais sans jamais le dire. Jamais je ne l’ai supplié. J’insiste bien là-dessus : jamais je ne l’ai supplié. Je sais maintenant que si j’avais un seul instant montré que j’étais plus maline que lui, que je jouais ce jeu malsain sans en être dupe, je ne serai pas là pour en parler.

Pour en sortir vivante, il fallait qu’il accepte de me laisser partir. Et il ne pouvait accepter de me laisser partir uniquement s’il me percevait comme inoffensive pour lui. Que j’allais rentrer chez moi et me taire. Jamais je n’évoque cette possibilité, bien sûr, de pouvoir rentrer chez moi et me taire. Je lui fais lentement prendre conscience que cette éventualité peut survenir et que cette idée de me laisser partir vient de lui. Je joue à être cette jeune fille sans histoire, pas bien maline, docile, qui ne veut pas mourir, certes, mais qui consent à tout le reste, aussi dégradant soit-il et Dieu sait qu’il a de l’imagination et des ressources à ce niveau.

L’arrivée de l’aube change tout. La chèvre de Monsieur Seguin a gagné. Le loup lui dit qu’il la laisse partir. Il me le dit : “je te laisse partir”. Et je le crois. Il commence peut-être à réaliser que le jour se lève, que des gens peuvent arriver à tout instant.

Je me rhabille pendant qu’il cherche mes lunettes. Il ne les trouve pas. Les policiers l’attraperont comme ça, d’ailleurs, quand il reviendra chercher mes lunettes dix jours après. Il tenait vraiment à me les rendre.

Il me raccompagne jusqu’à la gare. J’ai des coups pleins la tronche, des marques de strangulation un peu partout et il ferme le col de mon blouson pour que cela ne se voit pas. Nous ne croisons pas grand monde sur le chemin. Je monte seule dans le wagon. Je sais qu’il n’est pas dans le train. Qu’il est resté sur le cas de la gare. Je n’ai qu’une seule idée en tête, rentrer chez mon père. Je sais que je serai en sécurité quand je serai chez mon père, pas avant.

En sortant de la gare, je tombe sur un black qui est saisi par mon apparence, un mec qui partait travailler, il m’arrête et me parle, il évoque mon visage, il est choqué :

– C’est pas possible que ça vous arrive à vous, mademoiselle.

Je ne l’ai jamais vu de ma vie et il me dit ça. Comment c’est possible qu’il me dise ça ? Et la, j’arrive chez mon père, ma belle-mère ouvre la porte et dit la même chose :

– Non. Pas toi. Non. Ah, non, pas toi.

Comme si je ne méritais pas de vivre cette expérience. Je vois mon père et là je m’excuse de ce qui vient d’arriver :

– Excuse-moi, papa, je suis désolée. Je me suis fait violer, je suis désolée.

 

Je prends un bain. Mon père m’emmène chez une gynéco avant d’aller chez les flics. Je ne peux pas tout lui raconter. C’est au-dessus de mes forces. J’ai la joie d’inaugurer une nouvelle cellule réservée aux abus sur mineurs, pourtant.

(…)

Je le revois au moment du procès, sept mois plus tard. Nous sommes face à face dans la salle du tribunal. J’ai eu du mal à l’identifier sur les photos qu’on m’a présenté. Je ne veux pas croiser son regard. Au moment du procès, on me demande si je souhaite raconter de nouveau ma nuit ou si on peut lire ma déposition. Je demande qu’on la lise. Il ne réagit pas vraiment. Une religieuse qui le visite en prison témoigne en sa faveur et dit qu’il regrette énormément ses actes. Mon avocate se fiche totalement de mon cas. Le procureur me défonce pendant le procès et dit que c’est de ma faute, que de toute façon, j’avais déjà de mauvaises fréquentations. Ma mère se dresse d’un coup, passe à la barre et obtient des excuses immédiates de sa part.

La tentative de meurtre n’est pas reconnue, seulement le viol. Il prend quatre ans. 30 000 francs de dommages et intérêts qu’il ne paiera jamais, bien sûr. Les quatre ans, je trouve ça peu.

Encore maintenant, quand j’entends parler d’un procès pour viol, à la télé, je tends l’oreille et je compare les peines avec celle de mon procès. Quatre ans, ce n’était pas assez. Dix ans m’auraient semblé plus justes.

Ma mère m’envoie voir une psychanalyste pendant un an mais rien de concret n’en sort. Un jour, j’ose lui dire que j’ai vu une scène de strangulation à la télé et que ça m’a un peu choquée, elle me répond “Oh ben ça va, ça commence à faire un moment votre histoire…Il faut passer à autre chose, ma petite…”. Je ne prends pas les médicaments qu’on me donne pour dormir, je n’en ai pas besoin. Je n’ai pas vraiment peur.

Il n’y a pas de compassion ni de tendresse particulière à mon encontre, après tout ça. Ils ne savent pas faire ou ils n’y pensent pas. Pire, une tante dit, devant moi “Oh mais elle l’avait cherché…”. J’aurais aimé que mon père se mette en colère, qu’il dise “Putain, je vais le tuer. Je vais le retrouver et le tuer !

(…)

Douze ans après.

Ils veulent me déclencher l’accouchement le 4 août.

Hors de question. Non. Pas cette date. C’est impossible. Je refuse de mélanger un évènement aussi important, aussi beau, aussi pur à cette nuit qui a bouleversé ma vie.

J’accouche le 3 août, la veille du déclenchement prévu, en étant toute fière de moi, en lui parlant dans ma tête : “Tu vois, ça, tu ne l’as pas gâché…

Quelques semaines après, mon père meurt. Je vais vider son appartement. Je tombe sur des articles de journaux de l’époque qu’il avait conservé et que je n’avais jamais lu. Et je découvre que ça s’est passé le 3 août. Mon fils est donc né ce jour-là.

Sa naissance a donc effacé cette nuit. Je suis reconnaissante…Je lui suis reconnaissante. D’une certaine manière, sa naissance a écrasé l’évènement. Pendant douze ans, j’avais systématiquement des angines au mois d’août, des douleurs insupportables dans la gorge. Mon fils naît et tout cela disparaît.

 

Le 3 août désormais, je mets des bougies sur un gâteau.”

Barbara

Novembre 2017

Paris 75020

59910 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

About author

Related items

/ You may check this items as well

box-2953722_1920

Mes cadeaux en avance

<div class="at-above-post addthis_tool" data-url="...

Read more
radio-city-music-hall-2392559_1920

Antenne dans vingt secondes

<div class="at-above-post addthis_tool" data-url="...

Read more
sunrise-1756274_1920

You say you want a revolution

<div class="at-above-post addthis_tool" data-url="...

Read more

There are 7 comments

  • Emilie dit :

    Je n’ai jamais rien connu de tel, mais ça aurait pu m’arriver, ça pourrait arriver à n’importe qui… Votre force de vivre, votre reconstruction… C’est bouleversant

  • jade dit :

    Heu pas de mot en fait…si ce n’est comme vous dites parfois, le karma

  • Laurence dit :

    Cette histoire me bouleverse, parce que, comme le dit Emilie, si elle ne m’est pas arrivée, elle aurait pu, ce qui choque le plus c’est cette impression de ne jamais être passée bien loin de “ça”.
    Une rencontre avec un type pareil, à cet âge-là, avec des réactions identiques dans la famille…

    Barbara, je vous embrasse, comme une soeur.

  • Cathclaire dit :

    Barbara est une femme forte et courageuse !!! Une résistante.
    Je l’admre vraiment.

  • Sandrine dit :

    J’ai lu ce recit. Et puis je l’ai relu aujourd’hui.
    Je suis stupéfaite par votre courage et votre résilience.
    Merci de l’avoir partagé avec nous.

  • Claire dit :

    Je suis sans voix devant le récit. J’y ai trouvé aussi beaucoup de pudeur et de dignité. Quel courage…

  • N dit :

    Je comprends mieux certaines choses…c’est encore plus horrible que ce que j’imaginais

  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *