Vie quotidienne
Moi je veux mourir sur scène
31 octobre 2017
4

Je plaisante très, très souvent sur ma mort – ou la vieillesse – et ça fait rire mes collègues à chaque fois (ils sont bon public). Généralement, on me demande :

– Comment ça va ce matin ?

– Oh, moi, tu sais…(je prends l’air désabusé) J’en ai plus derrière que devant, tu sais. A mon âge, on prend ce qui reste. Les heures comptent triple. Je m’habille en noir pour être prêt. Un pied dedans la tombe. Etc, etc.

Et ils rient.

J’ai réalisé hier soir, en regardant Stranger Things 2 (c’est quand même pas terrible) que j’allais probablement mourir un jour, même si je plaisante dessus et que je n’avais aucune idée du comment. Oui, les humains sont les seuls à savoir qu’ils vont y passer mais non, je me fais encore quelques illusions sur le sujet, genre je pense que c’est négociable. Mais comme vous, non ? Je veux dire, si on commence tous à penser qu’on va mourir demain, on se tire une balle ou on écrit des chansons d’ado dépressif. J’ai 44 ans. Je vais vraisemblablement vivre moins que ce que j’ai déjà vécu (la prise de conscience est rude, en écrivant ces mots) et je vais très vraisemblablement, si j’en crois les statistiques, y passer dans les quinze prochaines années au maximum.

Bon, hier soir, j’avais les idées un peu noires et je me suis dit : et tu vas mourir comment, tu crois ?

On a plusieurs options pour ma mort.

  1. Le suicide. J’y pense parfois (surtout quand je reçois un quarantième courrier de l’URSAAF ou du RSI me réclamant des tonneaux de fric que je ne leur dois pas mais « plaie d’argent n’est pas mortelle » et mourir pour une si pauvre cause, non) et je me dis que la meilleure option serait le pot d’échappement, la voiture et le garage mais je n’ai aucun des trois. Parce que la défenestration, j’ai le vertige, le suicide médicamenteux c’est pire que la pâtisserie, faut vraiment s’y connaître et respecter les dosages et la pendaison, c’est quand même super désagréable.
  2. Le cancer. Vu la prévalence des cancers dans ma famille et vu comment j’ai pas mal manqué de respect à mon corps ces trente dernières années, vu aussi le bordel que c’est entre les pesticides, les perturbateurs endocriniens et les aliments transformés, je me dis que je vais sûrement me taper un cancer et que ça viendra du ventre.
  3. L’infarctus est aussi une bien belle option tellement j’aime les choses grasses (en même temps, il n’y a que ça qu’est bon, non ?) et si je devais choisir un dernier repas, ce serait une assiette géante bacon / œufs brouillés (8) / parmesan avec un peu de roquette arrosée d’huile d’olive ^^
  4. La noyade, j’y pense souvent car j’ai déjà manqué mourir deux fois par noyade dans le passé (une fois à Miami, dans l’Océan, une fois dans la piscine familiale, par bêtise, en plongeant sous la bâche…GENIUS) mais comme chat trempé craint la mouillade, désormais, je ne mets plus une patte dans l’eau.
  5. Le renversage au feu rouge par voiture pressée lorsque je lis mon écran d’iPhone, super probable, je m’effraie moi-même. Il y a quelques années, on m’avait déjà gourmandé d’écouter de la musique en marchant dans la rue mais désormais, c’est la double peine : j’écoute de la musique et en même temps que je traverse, je lis des tweets sur l’écran. GENIUS BIS.
  6. De chagrin. Mais hélas dans mon cas, je n’en meurs pas : j’ai le visage raviné par les larmes, l’air épuisé mais au bout de vingt minutes à pleurer je me rue sur le frigo et rapidement je passe à autre chose. Malheureux mais repu, les larmes sèchent plus vite.
  7. Intoxication au CO2 : ça m’est arrivé une fois, en maison de retraite et c’est extrêmement désagréable (pour ceux qui peuvent encore en parler…) tellement on a mal au crâne.
  8. Dans mon sommeil. Mais il est tellement perturbé, je risque de le voir venir arriver.
  9. En faisant l’amour avec un inconnu qui, le pauvre, sera traumatisé à vie. Possible. Amusant. AVC Massif. La classe absolue, non ?
  10. D’ennui. L’option la plus probable à l’heure actuelle.

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There are 4 comments

  • Myster.i dit :

    De circonstance, fatalement… D’ailleurs, depuis plusieurs jours, une pensée tourne en boucle dans ma tête (au milieu des autres, donc) : « grandir, c’est mourir ». Réjouissant !
    Et ce soir, je constate aussi que nous avons en commun d’avoir échappé deux fois à l’asphyxie par noyade.

    • Mais non voyons, pourquoi être si pessimiste. Certes nous allons mourir, mais si possible plus tard, en pleine forme, avec toutes nos facultés. J’ai soixante ans et je me sens encore très très loin de la mort. Mes parents respectivement 87 et 88 ans mènent une vie de fou, soirées, spectacles, voyages… toute leur tête. J’y pense oui, je me demande quand ce sera, je suis hyper-hypocondriaque, mais pour l’instant de me soigne 🙂
      Et le gras c’est la vie 😀

  • Giséle dit :

    Et de vieillesse, non? C’est une possibilité.

  • Myriam dit :

    L’idée de vivre vieux est au final encore plus effrayante que la mort…

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