Vie quotidienne
Mon année 2012 en 4 minutes : tout ce que je n’avais pas dit.
27 décembre 2012
6

Janvier : je reviens le 2 au travail et je réalise qu’il faut que je passe à autre chose. Ce que j’avais aimé, conçu et tout ce pour quoi je m’étais battu n’existe plus. Il est temps de partir. Je l’évoque à mi- mots avec mon tout nouveau chef.

J’entame un travail sur la mémoire du corps, avec une thérapeute assez formidable. Elle me nettoie en cinq séances. Je me sens libre. A la fin du mois, je demande une rupture de contrat conventionnelle.

Février : Trois implants dans ma bouche et une greffe, sous anesthésie locale, durant deux heures. Je découvre le gaz Meopa et je découvre que les soins dentaires peuvent se dérouler sans peur, sans angoisse, sans stress. Je déjeune avec Thibault Millet au Zimmer, je me fais dépister pour la première fois en neuf ans, je vais voir Adam & Eve au Palais des Sports (je fuis à l’entracte) et j’interviewe en une seule après-midi Camélia-Jordana, Elodie Frégé, Alizée et Alain Chamfort, pour mon album français préféré de l’année (Elles & Lui).

Mars : C’est mon dernier mois chez Universal Music. Je live-tweete les Victoires de la musique pour France Télévisions et Pascal (mon big boss), croisé dans le couloir, me glisse “Dis donc, toi, tu tweetes beaucoup, ce soir…”. Je l’entends et quitte la soirée peu après. Je vais voir Avenue Q à Bobino (j’adore) et assiste au lancement de la nouvelle formule du journal Le Monde, assis près du regretté Erik. Je rencontre Frédérique Bel qui a adoré le pilote de la série que je viens d’écrire (aucune nouvelle depuis) et Laurent Turner (qui vient de scénariser l’écume des jours, pour Michel Gondry) qui me confirme que je sais déjà tout ce qu’il y a à savoir sur un scénario et que je dois continuer à avancer comme je le fais, de façon empirique. Au boulot, je m’en vais sur la pointe des pieds : j’ai toujours eu horreur des adieux. Sur le trottoir, je croise un artiste que j’aime énormément et qui me dit :
– Il faut toujours partir sans se faire remarquer.

Avril : Ma filleule débarque le lendemain de mon départ d’Universal et nous partons à Disneyland Paris. Puis à Chantilly. Sur un coup de tête, cinq jours après, je pars au Japon seul, un mois, avec un petit bagage cabine. Le climat présidentiel me pèse et je ne veux plus rien entendre, écouter, lire ou comprendre. Le Japon, pourquoi ? Car j’y suis allé une fois et tout m’avait angoissé. Je dois dépasser ce sentiment. Je n’ai pas à avoir peur. Il n’y a pas de peur. Il n’y a que des couches d’éducation posées là par des gens qui, eux, avaient peur. Chacun les siennes. Moi, je n’ai pas envie d’avoir peur.

Tokyo Sendai Osaka Nikko Hiroshima Nagasaki
Je change. J’apprends. Je donne. Je reçois. Je saisis. J’interprète. Je deviens enfin moi, le temps d’un séjour.
Je ne mange plus de pain, plus de sucre, plus d’aspartam : pendant cinq semaines, je bois du thé, je mange du poisson, je marche énormément. Mon corps se nettoie. Je prends conscience de tout ce que je n’ai pas encore fait, de tout ce que j’ai entrepris, de ce que j’ai raté, aussi.

Je prends le train tous les deux jours. Je parcours le Japon du Nord au Sud.

Mai : Mi-mai, je reviens. Plus masculin, plus humain, plus sûr de moi. Je vois Garbage à l’Olympia, je pars une journée à Dijon rencontrer un athlète (qui gagnera sa médaille d’or aux JO trois mois plus tard) et en Azerbaïdjan, pour l’Eurovision, avec Mireille Dumas et un autre animateur pas franchement agréable. Je finis le mois très malade, intoxiqué de la tête aux pieds : la reprise d’une alimentation normale, après cinq semaines à la Japonaise, m’a tué.

Juin : Rien de bien notable sur le plan perso. Un concert magique d’Alain Chamfort au Silencio avec une amie, tourner la première émission “Le Ring” (je ferai quatre numéros). Mon anniversaire.

Juillet : Je rencontre Florent Pagny, je passe une soirée en studio avec Zucherro et lui. Ils enregistrent un duo. Pagny commence à me connaître : il est détendu. Je vois Madonna au Stade de France (très décevant) et m’envole pour Miami le 26.

Août : Je suis en Floride, dans le Golfe du Mexique. Je vois deux fois TDKR que j’adore et le dernier Woody Allen, aussi, plus mineur mais sympathique. Je rentre seul à Paris et m’ennuie un peu : je fais des musées, avec les autres touristes (“Le musée de la chasse”, dans le Marais, me transporte). J’enlève les points de suture de MaddO et j’ai rendez-vous chez WEA pour un boulot (que je refuse).

Septembre : Je pars à Saint-Jean de Luz avec l’actrice Mélanie Laurent, sur un chalutier, pêcher de manière durable. Je passe sur France 5 dans ALLO DOCTEURS pour “ceux qui ont peur du dentiste”, j’assiste émerveillé à la convention Sony au Trianon et on me prête un Solex qui tombe en panne au bout de trois jours. Je descends dans le Sud-Ouest m’aérer et je vais voir Sister Act au théâtre (j’aime beaucoup).

Octobre : Je rencontre Marie-Claude Pietragalla (une nouvelle aventure se dessine) et assiste à l’avant-première presse de Skyfall (les journalistes applaudissent à la fin). Je rencontre Laurence Ferrari et voit Skyfall une seconde puis une troisième fois. Je vais chez Fred & Farid assister au lancement de leur agence à Pékin et commence à fatiguer un peu. J’assiste au tournage du clip d’Alizée.

Novembre : Je découvre la série “Les revenants” dans une avant-première (j’adore) et revoit les TYP sur scène. Je pars à Fécamp le temps d’une journée et débute le 21 novembre une nouvelle aventure à la télévision : je suis chroniqueur dans le Grand 8, aidé par la meilleure prof’ au monde, une blonde superbe, hilarante et montée sur ressort. Une fag hag généreuse et protectrice. Ma plus belle rencontre de l’année. Laurence. La classe.

Décembre : Je prends une décision personnelle, au début du mois, qui portera ses fruits début 2013. Je la formule à voix haute, en larmes, dans un café. Deux jours plus tard, les premières conséquences (incroyables) déboulent et j’accepte ce que je viens de demander. Bien évidemment. Je rencontre Bernard Fixot qui me donne envie d’écrire et je m’y mets (mon sixième livre, donc, en cours d’écriture) et je vois “Salut les Copains”, la comédie musicale. Mon iPad rend l’âme. Je pars à Cannes filmer les Mutine, un groupe que j’aime et me vois, enfin, jeudi dernier, en vrai, à la télé, dans le hall d’un bâtiment. Je ne m’étais jamais vu, hormis sur mon canapé. Je suis glacé. Et heureux.

2013 va être une très grosse année de changements, pour moi. Mais je suis prêt.
Je suis prêt.
Tout a pris sens.

Je suis prêt.

1668 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

About author

Related items

/ You may check this items as well

IMG_3186

Goethe, la CIPAV et moi.

<div class="at-above-post addthis_tool" data-url="...

Read more
Grande muraille de Chine, mai 2009

This is the end

<div class="at-above-post addthis_tool" data-url="...

Read more
Capture d’écran 2018-05-31 à 20.30.07

La troisième année.

<div class="at-above-post addthis_tool" data-url="...

Read more

There are 6 comments

  • gump dit :

    Je suis bien heureuse pour toi et ce qui s’annonce pour début 2013 🙂

  • JacquieB dit :

    On ne peut vous souhaiter que du bonheur pour cette nouvelle et plein de succès pour tout ce que vous entreprenez. Bonne année William. Je vous embrasse.

  • danyhube dit :

    Que 2013 soit une Belle Année, que vos projets se concrétisent et que vous soyez Heureux !

  • Carson dit :

    Belle rétrospective et une année 2013 qui ne pourra être que belle puisque tu es prêt à la vivre.
    Très belle année alors William 🙂

  • laurence dit :

    Quelle belle et riche année ! je t’en souhaite une aussi diversifiée et intéressante pour 2013 ! (dis William R tu nous ferais pas partager le nom de ta méga thérapeuthe du mois de janvier, dis ? )

  • karine b dit :

    j’aime beaucoup dresser ce genre de bilan, de résumé d’une année…

  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *