Voyages
Nagasaki : premier jour en hauteur
5 mai 2012
7

Je le reconnais, je n’ai pas donné le meilleur de moi-même à Nagasaki. Mon corps avait lâché, totalement. La cheville gauche en vrac, les yeux douloureux, une insomnie récurrente. Beaucoup de fatigue, beaucoup trop d’informations, de lieux, de gens, d’aliments, d’échanges. Changer d’hôtel tous les deux jours, s’installer, faire le tour de la ville, prendre des photos, essayer de comprendre, poser des questions, écrire ici, trouver un endroit pour manger et se poser, un peu, avant de repartir pour voir d’autres lieux, d’autres gens. Absorber.

Trop plein.

Le voyage à Nagasaki a été spectaculaire d’actes manqués de ma part : j’ai pris le mauvais train, m’en suis rendu compte, en ai débarqué pour un prendre un second, ne me suis pas rendu compte cette fois-ci que je me trompais une deuxième fois, le contrôleur me conseille de débarquer deux gares plus loin, je me trompe encore et finalement grimpe dans le train que je devais prendre dès le début. Épuisé. Le voyage est long. Je m’endors. Nous arrivons, je sors du wagon, oubliant mon sac à dos dans le compartiment. On m’interpelle. Je manque m’écrouler tellement tout cela me semble épuisant.

Après des tests physiques dans une clinique, je pars dormir à l’hôtel. Un Néo-Zélandais, croisé dans la rue, m’aide à monter ma valise sur l’escalator en panne et me promet qu’il va revenir dans une heure avec un repas et des boissons. Il le fait. Je n’ai plus à sortir de ma chambre. Je m’endors à 19H45, pensant fermer les yeux au moins 12 heures d’affilée. Raté. Je m’éveille à 4H45, le dos explosé.

Ok, j’ai compris.

Je lis. Je prends des notes. A 8H je sors déjeuner et je pars vers les hauteurs de la ville, monter sur le téléphérique. J’espère oublier que j’ai mal. Je sais que les gens qui font du trek sont souvent confrontés à la douleur récurrente, celle qui s’installe au bout d’une semaine, de dix jours, qui n’est pas une douleur vive mais plus une croix à porter, avec laquelle on compose. Car il faut bien avancer. Alors j’avance. Je prends plein de photos de moi, pour me souvenir de ce jour.

En haut de la montagne Inasa, je trouve enfin la paix. Une musique d’ambiance, diffusée dans les hauts-parleurs, m’amuse. Les claquettes d’une petite fille sur les dalles m’apaisent. Me reviennent ces mots d’un moine de 24 ans, rencontré trois jours plus tôt, alors que je lui demandais si j’étais sur le bon chemin. Il m’avait répondu :
– Es-tu sur le bon questionnement ?

Trop fort.

1613 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There are 7 comments

  • Myster.i dit :

    J’adore ce post (encore plus que les autres !). Merci…

  • Gump dit :

    oui c’est un très beau billet . et un très bel auto-portrait les bras tendus.

  • Gump dit :

    prends soin de toi

  • Laurent dit :

    Tu penses que tu aurais pu encore mieux préparer le voyage ? L’astuce de la boussole me semble intéressante, comment l’utilisais-tu ?

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