Musique Vie quotidienne
Nashville (critique Saison 1)
2 juin 2013
6

Il y a quelque chose de réconfortant, dans Nashville, de franchement positif et d’ensoleillé, quelque chose de l’ordre du chocolat chaud le dimanche après-midi lorsqu’il pleut dehors (et Dieu sait que je ne choisis pas cette image à la légère : il pleut réellement dehors depuis des années, non ?) : Nashville fait du bien à l’âme, comme un bon roman Harlequin, car il nous emmène pile là où nous rêvons d’aller.

Pas franchement enthousiaste à l’idée de m’envoyer une série télé consacrée à la musique Country, un genre que je n’aime pas (ou pense ne pas aimer) et qui m’attire autant que le reggae, c’est-à-dire sur quelques titres, de temps en temps, mais sans plus et pas vraiment envie de creuser. Mais Nashville offre tellement, tellement mieux. L’histoire, super classique, balance dès le premier épisode un ramassis de clichés sur le monde de la musique pro comme on oserait rarement en écrire, pour peu qu’on ait travaillé dedans, mais ce n’est pas le cas de 99% de l’humanité. Mes deux années chez Universal m’ont appris mille détails sur comment on fait un disque, un concert, comment on assure sa promotion, ce qu’est un label, un manager et comment ce petit écosystème arrive à survivre depuis quinze ans.

Nashville n’est évidemment pas réaliste : les chanteuses écrivent des tubes sur leur canapé, en une nuit, en buvant de la Tequilla ou les enregistrent à l’arrache en studio, tous les musiciens réunis autour du micro. Les managers peuvent convoquer les médias en claquant des doigts, les patrons de labels sont forcément odieux et ne pensent qu’à sortir des best-of (oui, bon, ça, encore, je veux bien ^^) et les tabloïds font et défont les carrières. Ok. Mais passons. C’est tellement plaisant, dans l’histoire, tellement bien raconté et tellement bien joué qu’au final, cette histoire de rivalité dans l’industrie musicale n’est qu’un détail dans l’immense fleuve chaleureux qui passe sur l’écran. Il y a tout le reste.

Nashville suit le quotidien de deux stars de la country, Rayna James (jouée par Connie Britton, sur votre gauche), la quarantaine bien tapée, un peu sur la pente descendante mais toujours adorée et Juliette Barnes (Hayden Pannetiere, top), la jeune étoile qui monte et doit arriver à se faire reconnaître, alors qu’elle chante surtout pour les ados des titres sans grand intérêt…mais qui se vendent au kilo. Elles sont alors réunies par un seul homme, Deacon Claybourne, joué par le sexy Charles Esten, incarnant un talentueux guitariste qui, dans le passé, a follement aimé Rayna et a chanté avec elle, dans sa voie vers le succès. Son addiction aux drogues dures les a éloigné et il vit seul, désormais, dans une petite maison, avec ses guitares et ses souvenirs.

Il chante encore dans les bars et Juliette, un soir, trouve en lui l’homme qui pourrait lui donner un peu de crédibilité et probablement aussi un peu d’affection. Elle est une star adulée mais elle est seule à crever, Bichette. . Au deuxième plan, naviguent deux petits jeunes qui en veulent, futurs grands de la musique, qui s’aiment sans le savoir (disons plutôt que le beau brun est fou de la belle blonde mais qu’elle ne voit rien) et veulent percer à la loyale, sans coucher ni être pistonné. La belle blonde (Scarlett, jouée par Clare Bowen) étant la nièce de Deacon, il serait simple pour elle de lui demander un petit coup de pouce mais non, elle donne tout à son mec officiel, un musicien (raté) qui la trompe avec tout ce qui passe devant son caleçon.

Et la belle blonde, Scarlett donc, ne voit rien, continuant à cuisiner et nettoyer pour lui, bobonne à la maison. Pendant ce temps, le beau brun, Gunnar (joué par Sam Palladio, un Anglais qui prend l’accent du Sud à la perfection) se consume pour elle et ne demande qu’à l’aimer. Mais non. Ils écrivent des chansons ensemble et c’est déjà beaucoup pour elle. La blonde est un peu cruche : on a envie de la gifler souvent mais elle est la caution « brave fille » de la série, celle qui ne boit jamais d’alcool, ne couche pas avec n’importe qui et, la preuve qu’elle est sérieuse, ne porte pas de talons aiguilles. Du moins avant le huitième épisode. Celui où commence à apparaître sérieusement le dernier atout masculin du show : Tilky Jones, qui mérite sa photo en grand à lui tout seul. Son personnage est une star du Football Américain, il est tatoué, il est super sérieux et ce n’est pas crédible un seul instant vu sa stature de grand mince et son look de bad boy mais hey, who gives a shit ?
.

Oh-My-God.

En fait, j’aime cette série comme j’aimais dans le temps « Brothers & Sisters ». Ou « Smash », au tout début. « Nashville » est un mix des deux shows, combinant le meilleur (les extérieurs, l’attention aux décors, la luminosité, les acteurs, le feel-good show, la bande-son, les retournements de situation pas vitaux mais bien accrocheurs) et s’améliorant d’épisode en épisode, devenant attachant et redoutablement efficace. Si le pilote est une vraie réussite, le deuxième épisode puis le troisième patinent un peu plus (un peu), mettant en place une intrigue politique pas super fascinante : le père de Rayna est une ordure de politicien (cliché 1) joué par Power Boothes (cliché 2) qui a bien évidemment acheté la carrière de sa fille et la tient par l’argent (cliché 3)…mais souhaite faire élire « son » maire, en truquant le jeu.

Lamar, le père, choisit donc Teddy, le mari de Rayna, un peu désoeuvré car ayant tout perdu lors de la crise qui a touché les USA. Il accepte de rentrer dans la course, au grand dam de sa femme qui n’a pas d’autre choix que de la soutenir, alors qu’elle connaissait personnellement l’autre candidat…et qu’elle allait même chanter pour lui, lors de son meeting inaugural. Bon, c’est pas l’intrigue du siècle mais ça permet de sortir un peu des studios d’enregistrement, quoi.

La grosse surprise de « Nashville », comme dans « Smash », demeure les chansons écrites spécialement pour la série. Si des titres « historiques » défilent en permanence en bande-son durant chaque épisode, dommage pour moi qui n’en connait presque aucun, ceux composés pour la série se révèlent souvent efficaces, toujours attachants et sont réellement interprétés par les acteurs, ce qui constitue un réel plus à l’image. Certains s’en tirent un peu mieux que d’autres mais, dans l’ensemble, les deux albums issus de cette première saison et proposés à la vente en mp3 sur iTunes sont largement écoutables et plus d’une fois.

Comme dans « Smash », oui, évidemment que la mise en image d’une chanson aide probablement à la faire rentrer plus aisément en tête mais pas uniquement. Les mélodies sont bonnes, les voix sont agréables, la musique (country !) est réellement un des atouts majeurs de la série et on y revient régulièrement, au moins une fois par épisode, lors d’une ou deux scènes de concert ou de studio. Si on m’avait dit que j’écouterais ce genre, un jour…Comme quoi…

Exemple ici avec « If I didn’t know better » :

Bref, une excellente surprise avec « Top of the Lake » et « Rectify », définitivement mes trois séries de l’année.

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There are 6 comments

  • Robin dit :

    Très bonne série, une version moderne du soap traditionnel. Deux actrices exceptionnelles, des seconds rôles très costauds, de la zique et la peinture passionnante d’un milieu : tous les ingrédients sont réunis pour passer du bon temps. Une saison 2 a été commandée.

  • fannouche dit :

    J’ai suivi jusqu’ici tes conseils de série (Rectify, Black mirrors…) et je n’ai pas été déçue. Alors hophophop, Nashville à nous deux!!!
    Merci William 🙂

  • Pmgirl dit :

    J’ai tellement aimé Brother and Sisters (Dieu que j’ai pu pleurer) que tu avais conseillé que je vais me lancer.
    Merci

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