Vie quotidienne
La semaine en images : Halloween, Tambour, Alizée, #D8, et les Beatles avant de manquer mourir.
1 novembre 2012
5

Ah, il y a enfin tout Michel Berger sur Spotify. De quoi se refaire la superbe musique de “Tout feu, tout flamme” :

Hier soir, c’était Halloween et la Tambour’s night au 114. J’ai donc décidé de me déguiser un peu :

Oui, je me verrais bien en professeur de français dans une fac du New Jersey, chasseur de zombies quand tombe la nuit. Je le confesse, je ne suis pas vraiment déguisé : c’est plus ou moins ce que je porte tous les jours et plus ou moins ce que j’aime mettre pour partir bosser. Mocassins, veste en velours, cravate et petits boutons sur le col de la chemise. Il y a pire, non ?
Ce qui, avec le petit duffle-coat, donne ça :

On rigole plus, là, j’ai envie de dire.

Ce que je possède de plus précieux, je ne le savoure pas.
Je ne le savoure pas car j’ai peur de le perdre.
J’ai peur de l’abimer alors je ne le sors pas de son placard.
J’ai peur de ne plus l’aimer alors je ne l’écoute pas (c’est un coffret musical).
Il ne me fait pas réellement de bien à l’âme, hors de ma vue : sa seule présence, dans ma tête, sa seule existence dans mon appartement, me suffit depuis 1997.
Ou me suffisait.
Je n’en veux plus, désormais.
Il me gêne.
Je peux l’expliquer maladroitement mais je vais tenter :
Il représente un Graal qui ne m’a jamais réellement rendu heureux.
Il représente encore à ce jour un effort (financier et physique, j’en ai fait des nuits et des week-end en aide-soignant, pour me le payer) et le bonheur n’est ni un effort, ni un du : il est.
Il représente le passé, enfermé dans une boite.
Il représente ma vision du bonheur, à un moment donné. Je ne suis pas certain que ma vision du bonheur en 1997 soit ma vision du bonheur en 2012.
Il représente bien trop dans ma vie : trop car j’ai peur de le perdre. Je crois que je pourrais tout perdre sauf ça.
Sa possession ne me rend pas heureux, pire elle m’angoisse par moments (“Je pourrais tout perdre sauf ça”).
Je dois donc le donner pour être plus apaisé.
Je serai serein, alors, je pense.
Je dois donc rendre heureux quelqu’un en donnant ce qui me rendait le plus heureux, à un moment donné de ma vie.
Je vais m’en séparer.

The Beatles, The Complete BBC Sessions 9CD (Infos ici)


Je suis allé faire un tour sur le tournage du nouveau clip d’Alizée. Me voilà avec son petit chien Galak sur les genoux :

Puis interviewant la productrice dans les coulisses (oui, oui, ça bosse !)

Et puis je jette tout à la maison.
Je vous en reparlerai.

Et puis il y a ça, la fort jolie surprise de cette fin d’année :

Si on m’avait raconté, un jour, ce que serait ma vie, je ne l’aurais pas cru. Les rencontres, les échanges, mon travail et ce qu’on attend de moi.
Inimaginable.
Mais ce qui m’aurait fait le plus halluciner, c’est de savoir que tout ça me remplit de joie, d’excitation et que je m’y sens comme un poisson dans l’eau. Nager dans toutes piscines, passer d’un univers à un autre, d’une problématique à une autre, écouter-analyser-poser des jalons, parler. Courir plus loin. Se poser, le soir, épuisé. Mais heureux.

Et puis un souvenir de déjeuner #D8.

Personne ne s’en est rendu compte mais je commençais à m’étouffer, pendant le repas, une longue feuille de mâche étant coincé entre ma gorge et ma trachée.
J’avais beau déglutir, avaler du pain, de l’eau, rien n’y faisait, elle restait coincée, aux 3/4 passée, me titillant de plus en plus la gorge.
J’ai demandé à table si quelqu’un savait pratiquer la manoeuvre de Heimlich. Non. Personne ne savait.
Sentant monter la panique dans ma tête, car j’avais réellement de plus en plus de mal à déglutir, je me suis levé et je suis parti aux toilettes.
Me forçant à tousser, essayant de cracher, je commençais à avoir de plus en plus chaud et à suer.
Je me suis dit qu’il ne restait plus qu’une seule façon de me sauver tout seul.
Tant pis.
J’ai enfoncé deux doigts dans ma gorge et soudain tout est revenu.
La feuille de salade n’en était pas une : c’était un bout filandreux de platique mou (un morceau d’emballage ?) d’une douzaine de centimètres, d’un gros demi-centimètre de largeur, par endroits, cisaillés à d’autres (broyé quand ils ont nettoyé la salade ?). Il trainait dans ma salade. Je ne l’avais pas vu. Il ressemblait à une feuille de mâche blanche.

Il ne serait jamais passé dans ma trachée. Il aurait fallu agir médicalement, un peu plus tard.
A genoux dans les toilettes, la porte ouverte derrière moi, penché sur la cuvette, je n’ai pas vu arriver l’homme derrière moi.

Je me suis redressé. J’avais les yeux qui pleuraient de l’effort, j’étais en nage. J’ai tiré la chasse.
Il m’a regardé, m’a demandé si c’était libre. J’ai dit oui.
Il m’a dit :
– Y’a pas de mal à se faire du bien ! (en se tapant le ventre)

Et moi je suis reparti à table.
Les filles étaient un peu inquiètes mais pas trop.

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There are 5 comments

  • M. dit :

    Tout Michel Berger sur Spotify …. ! Enfin ? Une nouvelle à réveiller les morts en ce matin ! Merci
    Quant au détachement … cela suit ta voie vers le zen …tu donnes juste l’impression d’avancer sur ton chemin … Sois heureux !

  • Leto dit :

    Marrant comme la ligne mélodique de la musique sur la vidéo de Berger (“Tout feu, tout flamme” si j’ai tout suivi ?) m’a fait penser à celle du Relax de Mika par moment -et vue la culture musicale du garçon, je ne serais pas étonné qu’il ai pu l’avoir dans les oreilles un jour.

    Tu gardes quand même la facture d’électricité de Paul non ?

    Le récit du chemin qui te mène vers toi est toujours aussi agréable à suivre 🙂

  • shalima dit :

    J’ai tellement hâte d’en savoir plus sur ce que tu prépares avec Marie Claude Pietragalla !
    (l’étouffement, mon gros flip)

  • zibeline dit :

    Heimlich ne t’aurait pas été d’une grande aide, car de l’air (en petite quantité) passait. Cette technique fonctionne surtout si l’occlusion est totale, permet que la pression sur cet obstacle l’éjecte.
    J’ai appris récemment un Heimlich à se faire seul, sur un plan dur comme une table ou un dossier de chaise sur la face antérieure du corps.

    Merci pour tes réflexions sur ta propre vie (précieux), donne des idées 🙂

  • Cécile - Une quadra dit :

    En effet obstruction incomplète, objet mou, Heimlich avait peu de chance de fonctionner, les doigts dans le gosier étaient la meilleur option. Quand au bout de plastique dans la salade no comment…

    Ce genre de mésaventure met en évidence une grosse lacune chez nous, peu de personnes sont formées au gestes de premier secours, j’ai entendu dire que ça serai au programme au collège ou au lycée ça ne serai pas mal, ne serait ce que pour apprendre à ne pas aggraver une situation et mettre un blessé en sécurité avant l’arrivée des secours professionnels.
    De plus ça serai bien que chaque parent soit formé, avec le gamins les risques d’accidents augmentent considérablement.

    On a la chance que cette formation soit acessible par le biais de certains employeurs afin d’avor les secouristes du travail, sinon y a le DIF qui permet de la suivre sans bourse délier également.

    Une amie, ce week end, a sauvé sa fille de 5 ans avec Heimlich, fausse route, début de cyanose, bonne réaction rapide, j’ai eu l’occasion de la pratiquer il y a quelques années sur mon père également, une cacahuète, fausse route, obstruction, gros coup de stress mais ouf ça a marché pendant ce temps ma mère appelait les secours, ils l’ont embarqué malgré tout pour vérifier qu’il ne restait pas de petits débris car il toussait encore beaucoup. Bref ça fait partie des manœuvres vitales et comme m’avait dit un secouriste quand je doutais de réussir à le faire, ça ne coute rien de tenter il est plus facile d’essayer que de regarder impuissant l’autre s’étouffer, en effet.

    Je suis curieuse de connaitre le projet avec la danseuse étoile.

    Quand a ta recherche de nettoyage par le vide la marmotte prend cela comment ? Tu continue sur ta lancée initiée avec les bagages 😉

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