Vie quotidienne
One is the happiest number
22 août 2018
10

De toutes les choses qu’il a fallu déconstruire cette année – de gré ou de force, dans les larmes ou la méditation, dans la rage ou le fol espoir – l’idée même du couple Salvateur et Source de Bonheur résistait encore à l’Inventaire puissant que j’accomplissais chaque semaine, chute après chute,  jusqu’à ce soir où, demandant l’avis de Sophie sur un garçon (il suffit de lui montrer une photo et la voilà qui vous révèle mille détails sur la personne, à la manière d’une Yaguel Didier, sans jamais hésiter, c’est fascinant, elle devrait en faire commerce, elle gagnerait des fortunes), je me vis de nouveau en pleine insanité : repeating again the same pattern and expecting different results.

“Que penses-tu de lui…?”

Mais enfin.

N’ai-je donc pas compris depuis plus de trois ans que je pouvais me tenir droit, seul et pas trop mal dans mes bottes sans compagnon ?

N’ai-je donc pas encore compris que mes amis sont là, riches dans leur diversité, profonds dans nos échanges et beaux comme des âmes guides, nous connectant parfois pour trouver en quelques mots les bonnes phrases pour l’autre, les paroles encourageantes, les idées ou les solutions que personne ne voyait avant ou pas de cette manière ?

Non, ce soir, je réalise que j’ai encore ce disque rayé qui tourne en moi et qui attend assez bêtement que l’Air du III retentisse pour que je me mette à chantonner alors que j’ai eu la preuve, depuis 2015, que le couple n’était pas mon refuge, plus mon idéal (réel, fantasmé il l’était, mais l’épreuve du quotidien, je la connais désormais) et certainement pas un but en soi quand on démarre un nouveau cycle.

C’était, il y a quelques minutes, une révélation et je vous l’écris sans le moindre recul et sans avoir réfléchi ni au titre, ni à ma conclusion (choses qui me viennent en premier à chaque fois que je prends ici la plume depuis quinze ans) : j’ai lâché sur l’argent, j’ai lâché sur le besoin de protection, j’ai lâché sur la colère, j’ai lâché sur la bouffe et ce soir je me rends compte que je n’avais pas encore lâché sur le couple, me trouvant pourtant (presque) parfaitement heureux et stable dans mon célibat, voguant là où le vent me pousse et renforçant chaque jour un peu plus la séparation invisible me séparant d’un potentiel amoureux, autant par besoin de marquer mon territoire que de bâtir mon propre mur porteur.

Je suis devenu mon propre tuteur. J’ancre mes racines, je déploie mes branches, je me laisse caresser par le vent, je plie mais ne romps pas.

A choisir, j’opte pour le cèdre, en haut d’une colline dominant un ville, et au loin l’Océan.

Je ne veux plus désormais partager que mes feuilles ; je propose mon ombre, mon tronc pour y lire un livre, mon odeur pour s’enivrer du parfum des vacances et quelques merles venant parfois se poser sur les branches pour y siffler de doux airs à celui qui veut bien les écouter.

Je ne veux plus de lierre, je ne veux pas de balançoire, je n’ai pas besoin d’élagage.

Je croîs.

Lentement, je pousse.

Enfin, je suis.

On me voit.

On me recherche, même.

On prend soin de moi.

Et on me dit au revoir en partant.


 

Parlez moi de punk, de rock, 
De street de pop ou de Bohême 
Qu’importe l’univers, 
L’addiction est la même 

33 jours de sobriété. Un jeton. Qu’importe l’addiction, oui, seul importe mon chemin, mon travail de fond et ces journées qui désormais durent 24h : j’ai déjà oublié hier, je tâche d’être juste et sobre depuis ce matin jusqu’à ce soir seulement, demain est un autre jour et le chemin, oh que oui, le chemin est tellement plus important que la destination.

Pardonnez-moi de ne pas entrer dans les détails. Je n’ai rien à cacher mais il y a certaines explications qui ne sont comprises que par ceux qui traversent les mêmes enfers. Mes mots ici ne sauraient résumer ce que je vis; juste je pose enfin un cadre, un de plus.

Il y eut plusieurs naissances, dans ma vie. La découverte de ma sexualité. La découverte de ma Zébritude. Et puis ce mois de Juillet 2018 où tout s’éclaira enfin un peu plus.

Ils me comprennent. Je les ai enfin trouvés. Je pousse la porte du local une à deux fois par semaine. Ils savent.

Je ne suis pas si mal loti, dans le fond, quand je les écoute. Et puis c’est à mon tour de parler.

 

Oserais-je vous avouer que je prie chaque matin ?

#Spiritualité

43490 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There are 10 comments

  • Elodie dit :

    Juste merci.

  • Séverine dit :

    Courage et sérénité…

  • Gilles dit :

    J’aime bien avoir des nouvelles de l’arbre et savoir qu’il est sur le chemin 🙂
    Bonne marche !

  • Antonia dit :

    Cette image de l’arbre est belle et puissante. Elle va m’accompagner alors que je cherche le sommeil. Bravo pour les 33 jours

  • Muriel dit :

    Très heureuse de voir que l’apaisement arrive enfin vraiment pour vous William… Bon vent dans vos branches alors… savourez bien!

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