Vie quotidienne
Ouvre la bouche, ferme les yeux, tu verras ça glissera mieux
2 octobre 2017
16

Septembre 2017

« Vous ne le remarquez même plus, William, pourtant c’est spectaculaire quand on passe cinq minutes à côté de vous.  C’est très impressionnant, j’aimerais que vous le constatiez vous-même. C’est violent, aussi. Vous ne voyez pas ? Fermez les yeux. Ecoutez votre respiration, concentrez-vous dessus. Bien. Calmez-vous. Non, vous n’allez pas méditer. Maintenant passez votre main sur vos chevilles et puis remontez doucement vers les mollets et les genoux et continuez. Quand c’est souple, continuer à remonter. Quand vous sentirez une tension, dites le moi… »

Et soudain, sur ma mâchoire, je m’arrête.

Grunch Grunch Grunch font mes dents, mes gencives, ma mâchoire toute contractée.

Grunch Grunch Grunch. 

Je contracte, je serre, je mords, je mordille. Je ne fais que ça. Toute la journée, toute la nuit. Je suis en tension permanente. Je pousse, je contracte, j’incise.

Grunch Grunch Grunch.

« Je ne pense même pas que vous ayez faim, en fait. Je ne pense pas que vous ayez même envie de manger. Vous avez un tout petit appétit. Je pense que vous êtes en colère, dans une immense colère et que vous la réprimez sans cesse au lieu de la faire jaillir, d’une seule manière, en vous faisant du mal et ça passe par votre mâchoire principalement. Vous avalez, vous mâchez, vous dévorez, vous vous mordez l’intérieur des joues, vous creusez vos dents…Quand vous voulez vraiment exprimer votre colère et que vous voulez que ça se sache, vous vous rasez à blanc pour ensuite passer votre journée à vous frotter les doigts contre votre barbe piquante…Vos doigts sont dans un état cette semaine…Qui donc vous a énervé ? Il a dit quoi au juste ? (…)  »

Mais je ne réalise même pas que je suis en colère, pardonnez-moi. Je ne me sens même pas en colère ou si peu. Pourquoi serais-je en colère, d’ailleurs ?

« Vous la réprimez en permanence…Cet enfant en vous n’a pas eu la parole, il ne la prend pas assez, c’est cet enfant en vous qui est colère et qui veut s’exprimer…Libérez l’enfant…Stoppez l’adulte qui veut le faire taire par de la nourriture, souvent des carbs, d’ailleurs, car ça endort, excellent somnifère…Stoppez l’adulte qui veut recouvrir la silhouette de l’enfant par de la graisse et de la souffrance pour lui donner une carapace…Libérez l’enfant…Il n’y a rien à craindre dehors, il n’y a pas d’ennemi, laissez-le vivre sa vie… »

Mais je n’ai pas envie.

« Non, vous avez peur. C’est différent… »

 

Je n’arrive pas à laisser mes mâchoires tranquille alors que je sais désormais.

 

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There are 16 comments

  • Cathy dit :

    Touchée au cœur : je vis la même chose depuis des années et j’essaye de laisser parler la petite fille triste et abandonnée en moi mais ça n’est pas facile non plus…

    Heureusement qu’on a Régine et ses chansons à texte 😉

  • Matthieu dit :

    Coucou,

    Peut-être un petit tour chez un ostéopathe et/ou un orthophoniste formé Ostéovox te permettra-t-il de résoudre ce problème de bruxisme ?

    Bonne journée

  • Gump dit :

    tellement juste , la peur…

  • Marie-Anne dit :

    Bonjour William,

    Je vous lis régulièrement mais ne commente jamais et puis aujourd’hui….. »Stoppez l’adulte qui veut le faire taire par de la nourriture, souvent des carbs, d’ailleurs, car ça endort, excellent somnifère…Stoppez l’adulte qui veut recouvrir la silhouette de l’enfant par de la graisse et de la souffrance pour lui donner une carapace… ». C’est tellement ça. Et ça fait toujours aussi mal.

  • matinbonheur dit :

    La semaine dernière j’ai laisser sortir un flot d’émotions, de colère, de tristesse, de honte (de quoi?)
    Un chagrin qui venait des tripes, de si loin, de l’enfance surement.
    L’enfant qui doit se taire, être toujours contente, être ceci ou cela.
    J’ai évacué par les larmes, bien entourée, pour lâcher, faire de la place.
    Ca libère!
    La carapace est + souple mais quand quelque chose m’agace je serre encore la mâchoire …

  • Géraldine / Chaton dit :

    J’ai tellement serré les dents, je les serre tellement tout le temps, que j’ai 10 couronnes, plus d’émail et que je me la bloque à m’en tordre de douleur la nuit dans un sursaut de conscience.
    Mais je ne sais pas pourquoi, moi non plus je ne ressens pas de colère extrême, par contre elle est toujours là, silencieuse , mais je sais qu’elle est « un peu » là.
    J’ai cherché, je cherche encore, mais je n’ai pas encore trouvé.
    En Avril j’avais les dents nickel, je sortais d’1 mois de soins, début Octobre, 2 énormes caries, comme si je n’avais pas consulté depuis des lustres. C’est rigolo de lire ton article, parce que je parlais de mâchoire hier…
    Bref, comme d’habitude, merci pour l’article.
    PS: je n’ai pas réussi à écrire anonymement, je n’en trouvais pas le sens.
    Je t’embrasse

  • Florence dit :

    Merci pour ce témoignage. Je serre les dents depuis de nombreuses années sans jamais m’en être rendu compte, jusqu’à ce que j’aille chez un osteopathe il y a quelques mois à cause de douleur dans le cou récurrentes depuis des années et qui me donnent également des maux de têtes. C’est lui qui m’a fait réalisé que cela venait de la machoire. Depuis mon dentiste m’a donné un appareil à mordre la nuit pour relacher les tensions dans la machoire. Cela aide mais il faudrait le porter plus souvent. J’ai toujours mis cela sur le dos du stress mais je n’avais jamais pensé à la colère, la frustation ou la non expression de quelques choses… Cela prend maintenant un tout autre sens. Merci

  • Alice dit :

    Il y a longtemps tu avais écrit deux ou trois sur tes parents, ta jeunesse. J’avais trouvé cela très dur pour toi, et plus tard j’ai été étonnée de voir que tout semblait apaisé, alors que bon.
    Désolée cela n’a peut-être rien à voir avec ta colère et je me fais aussi peut-être un film dont tu n’as pas envie de parler :).

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