Je suis un James Bond fan boy.
J’ai les coffrets, j’ai les jeux de cartes, j’ai acheté les BO en CD et même acheté les versions collector des BO puis les versions intégrales.
J’ai vu tous les 007 au cinéma depuis Moonraker, en 1979.
Le 007 que j’ai le plus vu sur grand écran est « Demain ne meurt jamais » (11 fois), partant du principe que je ne pourrais jamais revoir un James Bond sur grand écran, une fois l’exploitation terminée. A la maison, ce n’est pas pareil.
J’ai une petite obsession personnelle : je visite tous les lieux de tournages de 007 dans le monde, prenant des photos (comme ici au Japon, comme ici en Suisse) et les partageant sur des forums de fans. Nous pouvons nous en parler des heures, entre nous.
Et, surtout, surtout, je suis fan des musiques de générique de James Bond, un genre à part. Un sommet dans la carrière de beaucoup d’artistes pop. Il y a ceux qui l’ont fait plusieurs fois avec talent (Shirley Bassey, bien sûr), ceux qui auraient du mais furent rejetés (Pulp, vidéo ci-dessous, mélangeant les images du générique et leur titre « Tomorrow never lies »)
Et il y a ceux qui proposèrent un titre et furent pris pour des raisons n’ayant strictement rien à voir avec la musique (Madonna…oui, c’est probablement le pire titre enregistré pour la saga).
D’autres artistes, au sommet de leur popularité à l’époque, proposent un hit qui vieillit plus ou moins bien (A-Ha, Duran Duran) mais tient encore la route, vingt-cinq plus tard. Même mon Paul McCartney avec son groupe les Wings s’y est frotté (« Live & Let Die », une tuerie). Les producteurs n’allaient pas refuser un Beatles, sur un titre produit par George Martin himself.
La James Bond Song, c’est un monument du genre.
Il faut (généralement) une chanteuse à voix mais pas forcément.
Une ouverture qui démarre piano piano pour finir POUM POUM POUM POUM.
Des cordes. Une guitare électrique qui fait chink chink pour bien rappeler les sixties et le thème original.
Obligation de taille : citer le titre du film dans la chanson (presque tous y arrivent et certains se l’interdisent comme sur Octopussy, pour des raisons évidentes en anglais).
Il faut, enfin, un middle eight qui déchire, aux 3/4 du morceau (« What does it matter to ya, when you got a job to do… » pour « Live & Let die », c’est ça, un middle eight, ce petit moment d’un titre qui n’a rien à voir avec le morceau et anticipe le retour du refrain une dernière fois). Super important le middle eight dans une chanson pop. On n’en trouve plus beaucoup en 2012.
Ah, oui. Il faut bien évidemment que le titre colle aux images du générique : généralement des filles nues, lascives, qui tirent au pistolet ou tombent du ciel lentement, les jambes écartées. « You know my name », titre de Chris Cornell que je déteste en tant que tel (ça gueule trop, c’est trop rock US pour un 007) est parfaitement adapté à son générique animé, plein de cartes à jouer :
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Alors, Adèle, justement ?
Oh, les malins de producteurs, qui confient à la chanteuse qui a le plus vendu l’année dernière le soin de propulser le très très attendu prochain James Bond « Lowcost » (problèmes de budgets liés au studio en faillite, tournage repoussé, on a cru qu’il n’arriverait jamais sur les écrans). J’étais sceptique sur le choix d’Adèle (trop entendue en 2011/2012) pour être franc, ayant appris par les bruits de web qu’un temps Lana Del Rey allait s’en charger. Ce qu’elle fit, vaguement, à sa manière :
Adèle propose un classique, immédiat, un « Instant Classic ». Les cordes sont juste somptueuses, du début à la fin. La voix est absolument parfaite. Les références à l’univers Bondien sont peut-être à mon goût un peu trop appuyés (guitare électrique, gimmick musical en début de titre, cuivres en toute fin) mais tous les codes sont respectés, enfoncés et la montée vers le final absolument prestigieuse : un vrai tapis roulant 5 étoiles qui ne semble absolument pas durer ses 4 minutes 40.
Un vrai regret, le middle eight, en demi teinte, clairement en dessous du reste, mais qui frustre tellement qu’il ne donne qu’une envie : que le refrain revienne, et vite ! Et là, c’est magique, de nouveau. Les paroles sont dans l’univers habituel de Bond et il me tarde franchement de voir le vrai générique en salle, généralement amputé (c’est une version edit, plus courte) et généralement salement remixé par les producteurs du film. Il n’y a qu’à écouter les génériques sur un 5.1 en se passant les bluray pour comprendre la boucherie.
Reste deux surprises : quel sera le titre qui enverra la sauce sur le générique de fin ? Chanson originale de nouveau ou simple musique ? Et, surtout, que vaut la BO de Thomas Newman, après le départ remarqué de David Arnold qui aura su rivaliser avec les plus belles compositions de John Barry, avant de tourner un peu en rond sur la fin.
Adèle – Skyfall : 4****/5
Si j’étais fou (et je n’ai toujours pas pris mon premier café de la journée), je tenterais de classer de la pire à la meilleure les 007′s Songs.
Allez, sans réfléchir.
23 – Die another Day (Madonna)
22 – For Your Eyes Only (Shirley Easton)
21 – License to Kill (Gladys Knight)
20 – All Time High (Rita Coolidge)
19 – The Man with the Golden Gun (Lulu)
18 – From Russia with Love (Matt Monro)
17 – You Know My Name (Chris Cornell)
16 – Another way to die (Jack White, Alicia Keys)
15 – James Bond Theme (Monty Norman)
14 – Thunderball (Tom Jones)
13 – The Living Daylight (A-Ha)
12 – Moonraker (Shirley Bassey)
11 – The World is Not Enough (Garbage)
10 – Diamonds are Forever (Shirley Bassey)
9 – Goldeneye (Tina Turner)
8 – We Have All The Time In The World (Louis Armstrong)
7 – Goldfinger (Shirley Bassey)
6 – A View to a Kill (Duran Duran)
5 – SkyFall (Adèle)
4 – Tomorrow Never Dies (Sheryl Crow)
3 – You Only Live Twice (Nancy Sinatra)
2 – Live & Let Die (Paul McCartney)
1 – Nobody does it better (Carly Simon)
Et, en bonus track, KD Lang, « Surrender », qui aurait du ouvrir « Demain ne meurt jamais » et se retrouva reléguée en fin de générique, alors que toute la BO de David Arnold, somptueuse, est une variation du titre…Je ne suis pas rancunier, j’adore le titre de Sheryl Crow. Plus qu’elle, apparemment, puisqu’elle ne l’a jamais, jamais, jamais chanté sur scène. Jamais.
Bonus Track 2 / Le générique de 007 qui n’existe pas, Nina Persson and David Arnold – Theme From Randall & Hopkirk

















