Musique
Paul, l’Homme de ma vie.
6 octobre 2015
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Je crois que j’ai entendu parler de Paul McCartney pour la première fois durant l’hiver ou le printemps 1979, puisque j’avais le 45 tours de « Goodnight, Tonight » acheté aux Dames de France de Bordeaux, place Gambetta (vif souvenir) : je l’ai écouté des milliers de fois sur mon électrophone sans savoir que ce Paul était très connu ni même qu’il avait fait partie d’un groupe ultra-populaire qui s’était séparé à peine dix ans plus tôt.

Ma passion pour James Bond (en livres, en films, en bandes-originales) me fait croiser une seconde fois Paul, probablement lors des diffusions sur Canal + de l’intégrale 007, un par mois durant presque deux ans, au début des années 90.

Je découvre, sidéré, à 16 ans, que le générique de l’Heure de Vérité est avant tout un générique d’un (très mauvais) film de James Bond et qu’il a été signé par le même Paul que celui de mon 45 tours. Je ne m’en lasse pas, je peux écouter la chanson dix fois de suite mais je ne tilte pas encore que les Beatles, que je découvre en K7 la même annnée, via Abbey Road, et Paul, c’est la même chose, non, je ne tilte pas alors que Sgt Pepper est en 33 tours à la maison et que c’est aussi un album des Beatles.

RFM ou Europe 2 diffuse alors un concert, en 1993, de Paul McCartney en direct de Charlotte (où j’atteris en escale un été, 22 ans plus tard, non sans un pincement au coeur) >>> j’enregistre la soirée sur mon magnétophone, un peu par hasard. Cette K7 sera si écoutée que la bande pétèra un jour. J’ai trouvé le CD bootleg des années plus tard en pleurant de joie, à Camden Market.

C’est le choc, le coup de coeur immédiat.

Les vieux titres des Beatles, ceux plus récents des Wings, les quelques chansons issues du médiocre album du moment (Off The Ground) et tout ce qui se dégage de cet homme, en un instant, deviennent miens, comme si je n’avais jamais rien écouté d’autre. Si Madonna me transporte dans une autre dimension, gay et presque transgressive à l’époque, Paul McCartney m’a lui ouvert les portes de la pop music, me poussant sans cesse à explorer plus loin, quand je commençais à faire le tour de ses albums. J’ai sauté à pieds joints dans la Brit Pop grâce à lui et Q Magazine (qui ne ressemble plus à grand chose de nos jours), achetant sans réfléchir tous les albums à qui on collait vaguement  une image Beatles ou McCartney : Mansun, Kula Shaker, Oasis, aussi, évidemment (Whatever…) et Blur, tellement, Blur, quelle claque et Elastica, The Verve, Supergrass (AAAAAAH SUPERGRASS), Space, Catatonia et The Divine Comedy. Je ne peux tous les citer.

Paul m’a accompagné durant l’école d’infirmier, au gré de son travail (Flaming Pie en 1997) ou les Anthology 1 à 3 avec les Beatles, durant ma première histoire d’amour et mon déménagement en Alsace (1999/ Run Devil Run) puis la rupture d’avec ce garçon, que j’associe encore à ce jour à « From a lover to a friend » (petite pépite sublime sur la fin du couple, 2001)

« Chaos & Creation in the Backyard » (2005) correspond à ma période infirmier à domicile et j’ai énormément écouté le disque en faisant mes tournées alors que « Memory Almost Full » (2007) signe mon entrée en maison de retraite et mes derniers mois en blouse. Je m’en souviens comme si c’était hier : j’écoutais l’album en préparant mes pilluliers, le samedi matin, seul dans l’office du dernier étage.

Je reste plus réservé (franchement réservé, même) sur les deux derniers albums que je découvre chez Universal, comme salarié puis comme visiteur d’un soir, lors d’une écoute pour les fans. J’aime toujours Paul mais je considère que le meilleur est hélas derrière (voire même l’excellent, sous pseudo : 2008, Electric Arguments) tout comme sa superbe voix, qui désormais n’est plus qu’un lointain souvenir.

Je l’ai vu cinq fois en concert : à Gijon, en 2002, à Bercy, deux fois, à Londres une autre fois (Hyde Park) et au Stade de France l’été dernier, à quelques mètres de la scène où, Dieu Merci, je portais mes bouchons en mousse.

J’ai fait ses poubelles  (je le raconte ici de manière plus ou moins romancée) et je ne saurai vraiment pas trop quoi lui dire si je devais le rencontrer en vrai à part « Merci ».

Je crois qu’il est immortel.

J’ai vu aussi Ringo Starr en concert mais ça ne m’a pas fait le même effet. Yoko Ono, aussi, au Chatelet, en 2006, et vous allez comprendre que j’ai fait de mon vivant à peu près le tour de la question.

Je pense que c’est un sale con cabotin, manipulateur et affreusement vieux jeu (on me l’a confirmé plein de fois) mais Paul reste l’Homme de ma Vie.

Je suis devenu végétarien un peu à cause de lui (et quand je remange du bacon, j’ai honte et je l’imagine me faire la morale)

J’ai acheté des centaines de revues et des dizaines de livres sur lui.

Et comme toutes les fois où je dois parler de lui, lui qui compte tant pour moi, je n’arrive pas trouver les mots justes.

Mon album préféré est « Band on the Run », ma chanson préférée probablement « 1985 ».

Et c’est à peu près tout ce que j’ai à dire au sujet de ma névrose préférée.

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There is 1 comment

  • Paul, c’est la bande son familiale de mon enfance et de mon adolescence. Mon père est un fan absolu de la première heure, mon frère a pris le relais, et moi j’ai l’impression un peu idiote qu’il fait partie de la famille (du coup je ne suis pas sûre de vouloir le voir « en vrai » et de le partager avec tout plein de gens ^__^)

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