Vie quotidienne
Pourquoi la roue tourne toujours (ou La Plus Grande Leçon Jamais Reçue)
22 mars 2012
20

Je vais te raconter la plus grande leçon que je me suis pris dans la vie.

1995. Je finis mon dernier stage menant au diplôme d’infirmier. Il s’agit de six semaines, sur le terrain, en gériatrie. J’ai choisi le lieu exprès : les patients ne changent pas d’un jour à l’autre (sauf décès), les soins sont toujours les mêmes, la prise de risque est moindre. Au terme de 39 mois d’études, je ne veux pas tout foutre en l’air en une seule matinée. Je suis évalué à la fin du stage par un jury composé de deux personnes : l’infirmier qui m’a encadré pendant les six semaines (“mon référent”) et un cadre infirmier venu d’une autre école que la mienne. L’épreuve pratique dure une heure : je dois travailler “normalement” en étant surveillé par deux personnes dans tous les actes que j’effectue. Du lavage de main à la pose d’une sonde urinaire, de la prise de notes d’un ordre oral à un prélèvement sanguin. Le stress est maximum : tous mes gestes sont encadrés par un protocole strict, très strict. Sur le plan de l’hygiène, je n’ai pas droit à l’erreur, par exemple. Mes mains doivent être propres en permanence. Cela semble évident, dit comme ça. Sur le terrain, c’est plus complexe. Trop se laver les mains peut me nuire, pour vous donner un exemple. Ne pas se les laver une seule fois peut me pénaliser lourdement.

Je suis épuisé. L’épreuve est dans deux semaines. La surveillante est en congé. Olivier, mon référent, est un infirmier adorable mais il ne me lâche pas d’une semelle, “pour mon bien”. Ce soir, il est parti en repos, pour deux jours. Pas moi. Je travaille six jours sur sept, restant tard après mon service pour préparer mon épreuve finale. Souvent l’infirmière de nuit m’engueule et m’ordonne de rentrer chez moi.
Il est tard. Je suis seul dans le poste de soins. Elle est partie faire la tournée des cachets. Le planning général du service est devant moi. Couvert de ratures. Tous les noms des infirmiers du service sont inscrits avec leurs jours de travail, de RTT, de congés. Le mien, tout en bas, y est également. J’avais droit à un jour de repos depuis mon arrivée, je l’ai pris il y a belle lurette. Oui. Mais je suis épuisé. Vraiment. J’ai besoin de dormir. J’ai besoin de ne rien faire UNE SEULE JOURNÉE. Juste une.
Alors je prends le blanco et je l’applique sur mon jour de congé. Je maquille la lettre R(epos) et je la transforme en T(ravaillé). Première étape. Et, sur la journée du lendemain, avec un peu de blanco à nouveau, je m’attribue un jour OFF. En quelques secondes. Olivier n’est pas là. La surveillante n’est pas là. Personne n’en saura rien. Et si quelqu’un demande où je suis, demain, en regardant le planning il saura que je suis chez moi.

Je m’endors vers minuit, dans mon lit. Alors que mes volets sont ouverts, je ne me réveille pourtant que le lendemain, vers 17h. Encore fatigué mais ça va mieux. Je mange. Je me rendors. M’éveille à 20h. Je regarde la télé. Me recouche. Le lendemain, je pars bosser. Je me sens en pleine forme.

Le lundi suivant, à cinq jours de mon Épreuve Pratique.
Je suis assis dans le poste de soins, je note des trucs dans un dossier de patient.
La surveillante déboule, plutôt en colère :
– Dites moi que je me trompe, William. Dites moi que vous n’avez pas maquillé le planning ? Que vous n’avez pas triché ?
– Comment l’avez-vous appris ?
– Là n’est pas la question. Je suis très déçue. Dites moi que vous n’avez pas triché.
– Je dis rien du tout.
– Oh, non. Oh, non. Oh, vous me décevez. Beaucoup.
– Je m’en fiche un peu. J’avais juste besoin de repos, madame.
– Mais vous ne pouvez pas faire ça ! Imaginez si tout le monde faisait ça ! Ce n’est pas professionnel du tout ! Imaginez si vos collègues faisaient ça !
– Je suis élève. Etudiant. Je ne suis pas comptabilisé dans les effectifs. Je ne suis pas payé. Je suis épuisé. J’avais besoin de repos. Si j’étais salarié, bien évidemment que je ne me permettrais pas de faire un truc pareil.
– Mais qu’est-ce qui me le prouve ? C’est grave, c’est très grave.

Soudain la moutarde me monte au nez. Elle me saoule :
– Oh écoutez, hein, ça suffit, vous me fatiguez maintenant, foutez-moi la paix, j’ai du boulot, je n’ai tué personne. J’avais besoin de repos, point final. Vous l’avez appris, il n’y a pas mort d’homme.
– Mais enfin, vous plaisantez ?
– Oh la merde à la fin. J’ai joué, j’ai perdu. Ça arrive. Next.

Estomaquée, elle me contemple longuement en silence. Puis elle me dit, calmement :
– William, vous avez de la chance que je ne vous fasse pas passer votre diplôme d’état. Beaucoup de chance. Si j’étais dans le jury, je…
– Oui et bien vous n’y êtes pas. C’est Olivier et une meuf de Bordeaux. Bon, allez, next, hein, on va pas y passer la journée.
– Attention, William. La roue tourne. Toujours. Pour tout le monde.

Elle me regarde alors avec une telle intensité que mon estomac hurle un truc du genre : tu-es-mort mais ma raison reprend le dessus. Cette femme ne peut m’atteindre. Je suis intouchable.
Nous nous évitons pendant quelques jours. A la pause café, parfois, nos regards se croisent. Je suis gêné. Agacé, aussi. Olivier n’est pas au courant de l’affaire. La surveillante n’en a parlé à personne.

La semaine suivante.
Il est 5 heures du matin.
J’arrive en service avec deux bonnes heures d’avance.
Je commence à préparer les choses. Il n’y a pas un seul bruit dans les couloirs.
J’attends le trottinement de l’infirmière de nuit qui me voit et semble embêtée. Elle me colle une bise et me serre dans ses bras :
– William, j’ai une mauvaise nouvelle mais ne t’inquiète pas, j’en ai vu passer des épreuves de diplôme d’état, tout va bien se passer.
Une alarme sonne dans ma tête.
– Quoi ??
– Personne ne voulait te déranger hier soir. Mais ça ne change rien, de toute façon. Voilà. Olivier s’est cassé la clavicule hier, en taillant sa haie. Il est tombé de l’échelle. Il est hospitalisé en traumato pour trois jours. Rien de grave mais il a le bras en écharpe pour de longues semaines. Il va bien, il t’envoie le bonjour. Non, non, ne t’inquiète pas, ça ne remet rien en question, tu vas bien passer ton épreuve tout à l’heure, calme toi. On a un protocole pour ça, elle m’a appelé hier soir.
– Qui ?
– La surveillante. C’est elle qui va remplacer Olivier. Tout va bien.

Je vois ma vie étudiante défiler sous mes yeux, comme dans les films. J’ai tout perdu. Je viens de tout foutre en l’air. Tout. Tout. J’ai triché. Elle m’a pris la main dans le sac. J’ai ramené ma gueule. Elle va me le faire payer. C’est logique. C’est humain. C’est normal.

Je pars vomir dans les toilettes.

La surveillante arrive une heure après. Radieuse. Son regard est étincelant.
Elle me salue. Nous sommes tous les deux dans le poste de soin. Je regarde mes pieds.
– Et bien, William, que voilà un amusant retournement de situation. Nous sommes là, tous les deux. Qui l’eut cru ?
– …
– Vous voyez, je vous l’avais dit. La roue tourne. Toujours. Pour tout le monde.
Des larmes me montent aux yeux. Ma gorge est nouée. Je n’ai rien à dire. Elle reprend :
– Je vois que je n’ai pas besoin d’insister, vous avez compris la leçon. Et bien je tiens à vous rassurer. Je ne tiendrai aucunement compte du passé durant cette épreuve. Vous verrez, je serai totalement neutre. Comme si je ne vous connaissais pas.
Je redresse la tête, soudain hargneux :
Mais-bien-sûr.
– Non, non, vous allez voir. Et vous allez comprendre ce que veut dire l’expression “tenir quelqu’un au creux de sa main”.
(Je jure qu’elle a employé cette phrase)
Je la regarde. Je suis désespéré.
– Et vous allez voir, William, que tout le monde ne triche pas, dans la vie. Plus l’on est droit, plus ça paye. Allez. Épatez nous.

La deuxième femme du jury arrive. Livide. Secouée.
J’apprends, en l’écoutant parler avec ma surveillante qu’elle a renversé un motard en sortant de son hôtel, une heure plus tôt. Elle vient de Bordeaux. Elle a dormi ici. Il y avait du brouillard. Elle est sortie un peu vite du parking. Il roulait à vive allure. Le choc était inévitable. Le SAMU est arrivé vite. Elle est infirmière. Elle a saisi la gravité de la situation. Elle n’écoute presque rien alors que je démarre mon soin. Elle est ailleurs. Nous apprendrons à 11h45 que le motard est mort.

Mon épreuve est cauchemardesque. Tout ce qui pouvait aller de travers va de travers : la surveillante qui m’en veut, la femme du jury bouleversée, un décès de patient pendant la nuit, le téléphone qu’on me confie pendant trente minutes et qui n’arrête pas de sonner, mes gants stériles qui craquent pendant un soin et la paire de secours qui se révèle défectueuse. Un interne qui m’alpague dans le couloir pour ôter des points sur une plaie de visage, un soin que j’ai rarement effectué : il ne sait pas que je suis en plein diplôme d’état et je suis obligé d’accepter. La surveillante fronce les sourcils.

De temps en temps, elle toussote.
Je la regarde.
Elle me fixe.
Je baisse les yeux.
Continue mon soin.
Elle toussote à nouveau.
Je la regarde.
Elle me fixe.
Je cherche une réponse, une question, quelque chose qui pourrait m’éclairer.
Elle me fixe avec attention.
Je regarde devant moi et me rend compte que j’ai oublié quelque chose.
Je le dis à voix haute (ce qui ne compte alors pas pour une erreur puisque je reconnais ma faute).
Elle hoche la tête.

Elle vient de m’aider ou je rêve ?
Non, c’est impossible. Impossible. Elle est là pour me niquer. Elle veut me faire payer ma triche. C’est humain. C’est normal. La vengeance. Elle ne peut pas m’aider.

Autre soin, autre patient, autre chambre.
Je commence mon soin.
De nouveau, elle toussote.
Je lève la tête.
Je la regarde.
Elle me fixe.
Je cherche des yeux devant moi. Je reprends la parole :
– Oh, désolé, je n’ai pas pris les constantes. Il faut que je le fasse avant l’administration du médicament injectable. Bien sûr.

Elle hoche la tête. Reconnaissante. La femme du jury, à côté, coche une case :
– Oui, William, effectivement. Vous avez raison. Si vous aviez administré le produit sans avoir pris les constantes, c’était une faute. Vous rectifiez, c’est bien.

La surveillante toussote plusieurs fois pendant la matinée. Je ne suis pas bon, ce matin-là.
Elle m’avertit ainsi plusieurs fois de mes erreurs en cours. Je les rectifie à chaque fois.

L’épreuve est finie. J’ai à peine eu la moyenne. La surveillante s’est battue pour moi. La femme du jury est partie, en larmes. Le motard est mort. Elle va faire passer l’épreuve à deux copines à moi, après le repas. Deux excellentes élèves infirmières qu’elle va recaler.

Nous sommes tous les deux dans le bureau de la surveillante. La discussion dure plus d’une heure. Je ne me souviens pas de tout. A un moment, voulant comprendre, je lui demande :
– Mais pourquoi vous ne m’avez pas défoncé ? Pourquoi ? Vous en aviez le pouvoir ! Vous auriez pu me faire payer ma connerie.
– C’est précisément pour cette raison que je ne l’ai pas fait. Ce n’était pas le bon moment. Et ce n’était pas la bonne manière. Et le fait de savoir que je vous tenais à ma merci entre mes mains m’a largement suffit.
– Je ne comprends pas votre geste, votre… mansuétude ? C’est comme ça qu’on dit ? Ça me dépasse. Moi, à votre place, j’aurais crucifié le mec.
Et j’éclate de rire. Un rire nerveux. Le stress est parti. Le plus dur a été accompli. Le cauchemar est terminé.

Alors elle se penche vers moi et me dit, calmement :
– Un jour. Un jour. Je ne sais pas quand. Dans un mois, dans une année, dans des dizaines d’années, vous serez à ma place. Dans la même position que moi. Et vous aurez le destin de quelqu’un entre vos mains. Quelqu’un de brillant qui vous a fait du mal ou quelqu’un de plus puissant que vous et qui soudain est à terre, désarmé. Ou quelqu’un dont tout le monde veut la peau. Un jour, je vous le promets, vous serez à ma place. C’est écrit. Et, ce jour-là, vous comprendrez pourquoi je l’ai fait. Vous comprendrez. En attendant, dehors.
– Merci, en tout cas.
– Dehors. Ah, oui. Une dernière chose : vous n’êtes pas fait pour ce métier. Vous ne serez jamais heureux en blouse. Vous ne rentrez pas dans le moule. Vous êtes trop hors du cadre pour nous. Changez de voie.

Elle avait raison.

Les années ont passé.
Je n’ai pas encore tenu la vie ou le destin de quelqu’un entre mes mains. Quelqu’un qui m’aurait fait du mal. Ou quelqu’un dont j’aurais pu me venger. Mais je sais que cela viendra. Je la crois. Et, ce jour-là, je comprendrai enfin le sens de son geste. Qui me dépasse encore à ce jour, un peu. Et que ma part cachée d’ombre, de noir, trouve toujours un peu débile, un peu con : je l’ai bien eue, cette idiote.

Ma lumière intérieure sait qu’elle a eu raison. Mais ma foi sera testée le jour où, effectivement, je serai à sa place.
Et pas avant.

3346 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There are 20 comments

  • XIII dit :

    Wow ! Tu ne réponds pas à la question qu’on se pose, mais on comprends, entre les lignes, que tu ne l’as pas, cette réponse à la question “Que feras-tu quand tu seras à sa place ?”

  • Jacques Froissant (Altaide : le Recrutement 2.0) dit :

    J’avais envie de t’écrire quelque chose du genre “c’est aussi ma philosophie..;” mais je ne saurais l’écrire avec ton talent.
    Alors juste un grand Merci de l’avoir si bien décrit.

  • Florence dit :

    Bel exemple de transmission.
    Magnifiquement raconté, comme d’ha-bi-tuuuuuu-de 😉
    Merci William

  • Marie-Lore dit :

    Cela faisait longtemps que je n’avais pas frissonnée autant sur un texte, le kief.I love you.

  • petite parisienne dit :

    Merci! 🙂
    Juste une petite question étrange : ce n’est pas la première fois que vous publiez ce texte ….?

    Et le réponse à votre question, c’est oui! 🙂 Vous vous en montrerez digne. Elle ne l’aurait pas fait sinon…. Parce que toujours la roue tourne, et que celui qui tend la main un jour est celui qui a besoin de se relever le lendemain. C’est l’essence même de la vie…
    Très belle continuation sur cette route ! 🙂

    • William dit :

      J’ai vaguement le souvenir de l’avoir déjà publié mais pas sous cette forme intégrale…mais je vous avoue qu’après 7 ans de blog, je ne sais plus trop ce que j’ai pu écrire ou pas !!

  • greg dit :

    je sais que réalisme et littérature ne font pas bon ménage, mais j’ai du mal à croire qu’une responsable d’un accident avec blessés soit laissée en liberté quelques minutes après l’accident. texte captivant sinon.

    • William dit :

      Je te confirme que je prends souvent des libertés avec mes souvenirs. Mais, en l’occurrence, si tu veux les détails, elles étaient deux dans la voiture. Et elle n’était pas au volant. Voilà une réponse qui explique sa venue.

      #JELAURAIUNJOURJELAURAI

      🙂

  • JacquieB dit :

    Vous racontez si bien … cela me ramène il y a si longrtemps pour la même épreuve!

  • ZWP dit :

    Même si tu ne pouvais pas rentrer dans le moule, je pense que tu en as gardé une sensibilité et une compréhension de l’Humain différente … mais tu as raison, untill you’re tested you’ll never know 🙂

  • megaconnard dit :

    quand tu dis la roue tourne tu parlais de celles de la moto ou de la voiture ?

  • isatagada dit :

    J’aime beaucoup le texte sauf la fin qui ramène trop à toi. Tu gagnerais à virer le “vous n’êtes pas fait blabla”. Idem, tu appuies trop sur la soi-disant interrogation sur ce que tu feras “le jour où…” (du coup on sait exactement que ouiiiii, tu feras idem). Si tu veux mettre ça dans un livre bien sûr.
    Je sais, je chipote 🙂
    Mais c’est bien d’être dure avec toi. J’ai l’impression d’être Sophie ^^
    ;-p
    Des bisous sinon. Je fais ma maligne mais j’adore te lire 🙂

    • William dit :

      Tu sais que dalle !! C’est pas parce que j’ai compris la leçon que je suis en mesure de l’appliquer 🙂

      Oui, pour un livre, on verra. Ou pas. C’est écrit, c’est posé, c’est dit.

      Pour le reste, tu as raison d’être dure avec moi. Je ne rate pas les autres…Donc normal et salvateur, quand c’est juste. Et là tu es juste.

      Je t’embrasse.

  • isatagada dit :

    Ahah, oui le truc serait de nous faire ainsi CROIRE que tu ferais la même chosz qu’elle (je t’assure, c’est l’impression très forte que j’ai eue en lisant), puis noyer le poisson avec un tas d’autres péripéties piur faire complètement oublier cetre histoure, et en fin de livre avec une situation analogue ne pas faire DU TOUT comme la surveillante MAIS se remémorer l’épisode.
    Allez quoi, tu as une histoire ! Alors maintenant un livre ! UN LIVRE !
    Bon w-e William 🙂

  • shade l'anonyme dit :

    Beaucoup d’humilité, j’adore!!! Sans m’élever au rang de donneur de leçon, le premier degrés me fait dire que la blouse et le bistouri ne sont pas pour toi! Le 96e degrés me fait dire que tu seras sans aucun doute un très bon boucher!

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