Vie quotidienne
Qui donc me mangera ?
30 mars 2020
44

Je suis désolé si je n’ai pas répondu à tous les commentaires, je les ai tous lu, promis, même les mails que j’ai reçu aussi, je lis tout, je n’ai pas répondu à tout le monde et je n’ai pas d’excuse particulière, voilà, je le confesse. Petit coup de mou, confinement, solitude, monde extérieur, angoisses angoissantes, envie de rien, envie de vélo, envie de bord de mer, envie de Lui.

J’ai vu passer une question me demandant pourquoi j’avais abandonné mon régime « fruits et légumes » que j’avais tenu six ou sept mois en 2015 (je crois) après un week-end totalement crudivore riche d’enseignement chez la (assez controversée) Irène G*, qui a sorti un livre il y a peu, d’ailleurs, pour ceux qui voudraient retrouver sur papier l’essentiel de son enseignement.

Je vais vous répondre. D’abord, pour être totalement transparent, j’ai plusieurs fois haussé les sourcils durant ce week-end initiatique dans sa cuisine où j’ai certes appris beaucoup de choses mais j’ai du lutter une fois ou deux contre ce qui sortait de la bouche d’Irène et que je ne vais pas écrire ici. J’ai eu le courage de dire « Non, vous ne pouvez pas dire ça » devant le groupe qui me regardait en silence et elle a mis de la bonté et la tranquillité dans ses réponses, ne cherchant ni à me convaincre, ni à me faire taire, ce que j’avais trouvé plutôt cool, comme attitude. Elle « savait » des choses, elle était là pour faire passer ce qu’elle avait appris et découvert par elle-même depuis 60 ans, j’avais le droit de trouver ça choquant mais – pour être honnête – en 72h d’enseignement je n’ai pas bondi souvent de ma chaise, la trouvant plutôt sensée et juste dans ses paroles. Personne n’a la science infuse et cette dame m’avait paru douée dans ce qu’elle savait faire : soigner par la naturopathie, en déléguant à des médecins, en complément, quand elle ne pouvait pas faire plus. Fin du préambule.

Elle m’a elle-même dit, à ma grande surprise : « Tu ne tiendras pas sur la durée. Tu n’es pas assez fort, les tentations sont trop grandes, c’est très difficile de « vivre en ville » en suivant les préceptes que tu as appris ici, tu es très intoxiqué, tu as un gros travail à faire sur toi, pour nettoyer le passé, tu dois également t’aligner au quotidien, tout seul, yoga, méditation, chant, sport…et je ne pense pas que tu tiendras, tu n’as pas la force tant que tu n’as pas nettoyé le passé… » Dur à entendre mais sur la quinzaine de personnes présentes, elle avait tenu ce discours à la majorité. Et, de fait…Quelques années plus tard, beaucoup n’ont pas tenu le coup.

J’ai donc mangé des fruits et des légumes plus des noix / etc, bu des jus verts, le plus souvent crus, pendant sept mois. Je n’ai pas mangé de viande, de fromage, de pain, de pâtes, de riz…J’ai perdu beaucoup de poids (et j’en étais ravi) mais surtout j’étais intellectuellement et émotionnellement très très « Connecté » : les synchronicités explosaient de tous les côtés, j’attirais plein de monde, j’avais du boulot en claquant des doigts, je rayonnais, je me nourrissais de manière très légère et très « pure », j’étais au régime, quoi, on connaît l’effet des régimes sur les gens, disons que j’étais dans un très beau régime détoxication / allègement des saloperies / élimination des surplus. Les régimes, même les plus sains, ça ne dure jamais sans un vrai travail de fond que je n’ai pas entrepris et que je n’avais nulle intention d’entreprendre, m’estimant « guéri » grâce à ce que j’avais compris et, je peux le dire, retenu de sa logique que je trouve à 90% très saine.

J’adhère beaucoup moins (et c’est un euphémisme) aux vidéos de Thierry C qui me fait un peu peur dans son approche très manichéenne du sujet, après avoir tenté fort peu discrètement un fort joli business dans l’écosystème crudivore, s’étant fait rattraper par quelques articles dans la presse qui ne l’a pas raté. Il dit peu ou prou les mêmes choses qu’Irène mais je ne ressens pas les mêmes vibrations à son encontre ni le même dessein. Tant mieux pour ceux qui le suivent et sont en pleine forme. Tant pis pour moi si je me trompe. C’est la vie. La vie, c’est des choix basés sur des convictions, des lectures, des apprentissages et parfois, souvent, des intuitions et mes intuitions à l’encontre de ce monsieur me poussent à écouter de loin, à vérifier ce qu’il fait, à lire des commentaires à droite et à gauche mais à le laisser vivre sa vie, loin de la mienne.

Irène, c’est différent. Elle rayonne, elle vibre, elle donne, elle partage.

Je n’étais pas prêt à rayonner, à vibrer, à donner, à partager autant, je suis passé dans une fréquence (radio / mentale) plus élevée qui m’a effrayé tant elle me permettait de capter plus et mieux les gens autour de moi. J’étais plus léger et plus heureux et je ne voulais pas être plus léger et plus heureux. Tu quittes pas ton malheur parce que tu es malheureux, ça serait trop simple.

Alors, pour répondre à la question, en 2020, je ne bois pas assez d’eau mais je mange un maximum de fruits, j’adore les légumes (une chance !), je mange peu de viande (j’adore le bacon et le mouton mais je peux vivre sans boeuf et sans poulet), je suis hélas toujours aussi fou de fromage mais je ne bois plus de lait, j’opte pour les yogourts au soja (hyper sucrés ! Le piège) ou au lait de chèvre (une fortune…). Je ne suis pas très branché charcuterie (une chance) et j’adore la cuisine végétarienne d’Ottolenghi mais j’ai pris du poids pour d’autres raisons, ces quatre dernières années. Je ne bois pas d’alcool, je ne bois plus de soda, j’évite les chips, le Nutella (j’ai craqué la semaine dernière) et les bonbons Haribo, je mange très peu de pain. Je ne me drogue pas. Je suis abonné à la Française des Jeux, je joue automatiquement au Loto depuis cinq ans, c’est prélevé sur mon compte, je fais l’amour avec le même partenaire, monogame et fidèle, je ne fume pas de cigarettes, je suis accro aux écrans et pas assez au yoga.

J’ai tenté le bonheur de la nutrition saine pendant sept mois et je n’étais pas prêt mentalement. Est-ce que je le regrette ? Oui.

* Gros malaise dans sa dernière vidéo sur le Covid19, à ce propos. Je ne mets pas les liens, ni ne donne de nom, je ne suis pas très fan du name & shame quand je peux éviter. Cela ne change rien à mon propos.


Je posterai tous les midi sur mon site le temps du confinement. A demain. Si vous avez lu et aimé, commentez. Partagez. Montrez que vous êtes là. Si vous ne savez pas quoi écrire en commentaire, dites moi  quel est votre fromage préféré et si vous n’aimez pas le fromage, dites-moi comment vous faites pour survivre sans ? Mon fromage préféré est le très vieux Comté juste devant le Roquefort et le Brillat Savarin !

Je voulais également ajouter que je vous remercie d’être là, vous n’avez pas idée à quel point ça me fait tenir. Merci, de tout mon coeur. Merci.

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There are 44 comments

  • L. dit :

    En ce moment, je confesse une addiction à la tomme au vin jaune… vivement le prochain passage dans le Jura pour me ravitailler !
    Et toujours merci à toi ❤️

  • Pierre K dit :

    Chic une question sur les fromages…

    Mon panthéon personnel : le Comté vieux (36 mois) de chez Arnaud (Juraflore) et le Brie truffé de la ferme des trente arpents (Rotschild).
    Le comté 15 mois de chez Arnaud en blister réformable que l’on trouve un peu partout maintenant est très fréquentable…

  • Leyleydu95 dit :

    Je comprends bien ton discours sur les
    habitudes alimentaires ayant moi même suivi beaucoup de régimes débiles ou non…aujourd’hui je suis « réconciliée  » avec ce que je suis grâce aux drs zermati et apfeldorfer…j ai dédiabolisé tous les éléments et je mange de tout.
    Je suis végétarienne (et toujours obèse morbide) depuis 5 ans…j ai perdu une quinzaine de kilos…j en ai repris 5 ces derniers mois à la faveur d un antidépresseur mal adapté (j ai changé de molécule il y a 3 semaines et tout semble rentrer dans l ordre depuis)…
    Bref,tout ça pour dire que l on peut se trouver des « guides » mais qu’ on finit par trouver sa propre voie seul-e avec ce qui nous convient…pour moi,pas de viande ni de poisson,jamais d alcool ni de bonbons ou de chips MAIS je ne résiste pas à un bon plateau de fromages composé de rocamadour,de saint felicien et d un camembert au lait cru avec du pain aux figues…
    Merci d écrire un post chaque jour pour toi,pour nous,pour le plaisir !

  • Johanna dit :

    Comme toi, le très vieux comté avec ses cristaux de sel. Et la scamorza fumée aussi, sorte de doudou régressif.
    Merci de continuer d’écrire, c’est un rendez-vous quotidien aussi rassurant que la scamorza.

  • Séverine dit :

    Le fromage de chèvre, frais, nature. J’y ajoute une petite touche de miel et le mange à la cuiller tellement j’adore ça!
    Juste après c’est le Vacherin, en fondue c’est tout simplement un bonheur. Trop envie maintenant!!!

    Manger cru. Cela m’a toujours paru bizarre en fait. Je mange beaucoup de fruits et légumes à la base, mais me limiter dans ce sens, non. Limiter en fait. C’est sûrement ça qui me dérange! Dès qu’on me dit non quelque part, tu peux être sûr que je vais le faire. Je n’aime tellement pas qu’on m’impose une limite, je fais tout pour l’exploser. Et après je réfléchis. Ben oui, sinon c’est pas drôle! Pour la nourriture j’aime trop manger, déguster, tester. Je fais beaucoup à manger en improvisant avec ce que j’ai, j’adore passer du temps à table avec des amis!

    Il ne faut pas être désolé pour les non réponses William. C’est ton choix, tu es chez toi et fais ce que tu veux ici et avec tes mails. Je sais que je suis lue et c’est le principal, je suis sûre de ne pas être la seule à le penser!
    Surtout merci de tenir, de partager autant. C’est un bonheur ❤️

  • Ceve dit :

    Ahhhh le fromage….
    Je pourrai ne manger que ça, avec ou sans pain.
    Et tjs avec ou sans faim….
    Enfin le fromage qui a du goût (camenbert, pont l eveque, tomme, reblochon, comté…. ) ou le goût du souvenir (là je pense au babybell, parce que question saveur c’est pas très marqué….)
    Merci et bonne journée

  • Funambule dit :

    Ah merci William c’est moi qui était curieuse. Je ne m’en sens pas capable mais ça m’intéresse et je me souvenais que tu avais l’air enthousiaste. En ville, avec nos vies c’est sûrement effectivement bien plus difficile.
    J’aime aussi beaucoup le vieux Comté (j’ai dit que je n’étais pas prête )

  • Sandrine dit :

    Le chèvre…
    Hello William, je suis ce type de régime pour le corps et l’esprit par vague. Je suis un vrai yoyo.
    Le chèvre…
    Je passe d’une cure de detox à base de jus et soupes pendant 5 jours (bienfaits immédiats : légèreté, digestion facile, esprit non encombré par « que vais je cuisiner ») à des phases de gastronomie intense (lourdeur, digestion difficile à cause du sucre, mon ennemi…)
    Le chèvre…
    Je sais que la surbouffe me fait mal, alors pour j’y retourne systématiquement ? Je travaille dessus.
    Le chèvre…
    Merci pour ta prose.
    Au fait je t’ai dit que c’était le chèvre, le plus frais possible (sans le citer, comme le Ptit Billy) que j’adore et que je ne mange pas ?

  • Fannoche dit :

    Je n’aime pas le fromage…
    Et je dois avouer que quand je vois l’amour des gens autour de moi pour le fromage,je suis envieuse. L’impression de rater quelque chose. Et pourtant j’ai essayé plusieurs fois. Mais non,ça fait 44 ans que ça me dégoûte…

  • Emilie dit :

    Hummm !!
    Le Saint Nectaire tout en haut de la liste !
    et le gorgonzola !!
    Oh et le chèvre cendré
    et la mimolette vielle !

  • Anne dit :

    Difficile ce choix
    Fourme d’ambert
    Saint nectaire
    Munster avec des pommes de terre vapeur
    Sur les régimes , mon père toubib disait toujours: de tout un peu

    • Dola dit :

      Le comté arrive tout en haut de la liste suivi par le vintga cheddar et le parmesan.

      Je crois que j’aime trop sortir au restaurant, expérimenter des nouvelles recettes pour passer à un régime plus restrictif.
      Pour moi la nourriture saine ne peut se faire au détriment du social, du partage, de la découverte de la gastronomie locale en voyage.
      Cela m’est autant indispensable si ce n’est plus.

  • Mag64 dit :

    Je ne mange que des fromages sans trop de goût.
    Pour ma belle famille espagnole, je suis un ovni !
    Comment je survis sans. Ma foi très bien, par contre si on m enlève la charcuterie je pleure

  • Chaton dit :

    J’ai une personne de mon entourage un peu perchée mais que j’aime beaucoup. Je l’aime beaucoup parce que justement il y a des choses qu’on ne peut pas dire, qui sont des inepties et qu’elle dit. Du type, au sujet des violences conjugales: « on est tous maîtres de notre destin et c’est à chacun d’en être responsable » en gros « t’es pas content t’as qu’à partir »
    Mais un peu comme tu le décris, lorsque je lui fais la remarque, sa réponse est toujours posée, bienveillante et à l’écoute. Ce qui, pour moi, fais la différence entre un gourou mal intentionné, et quelqu’un qui a des convictions hors des codes, qui sont bienveillantes et qui tiennent vraiment compte de L’autre.
    Voilà c’était ma petite contribution sur l’article du jour 🙂

  • Magalie dit :

    J’ai lu, merci pour ce partage, et je te souhaite une excellente journée.

  • Isabelle dit :

    oh les fromage mais tous les fromages mais surtout les chèvres le comté les roqueforts
    Je réfléchis a passer au tout légumes fruits noix tiens d’ailleurs

  • Fred dit :

    Saint-Marcellin à la lyonnaise, Saint-félicien, , Parmesan, Cabecou coulant, Comté oui!! et Beaufort, Graviera de Naxos
    Régime alimentaire: mon principe est de se faire plaisir. Moi, c’est légumes, fruits, viandes de temps en temps, accompagné de vin de temps en temps, et de fromage assez souvent. Et parfois un bon dessert.
    merci à toi!

  • estèf dit :

    La tome de chèvre cévenole, fraîche ou sèche. Ou très sèche.
    Comme ça, sans pain.
    Bon courage

  • Béthanie dit :

    Bonjour, coup de moi pour moi aussi ces derniers jours. Je ne ressens pas la solitude car je suis en famille. Cependant il y a d autres contraintes et angoisses qui se mettent en place pendant ce confinement par rapport a ses proches. Bref, ce n est simple pour personne. Fromage préféré ? Le bon vieux camembert, ou un petit chèvre. Bises et bonne journée à tous.

  • Muriel dit :

    Alors pour ce qui concerne ma (brève) expérience avec Irène, pour l’essentiel c’est une histoire de déception. Je l’ai découverte grâce à un de tes tweets qui signalait une vidéo à son sujet, vidéo que j’ai regardée aussitôt, totalement fascinée, emportée par son ton calme, sa tranquille assurance. Moi aussi je l’ai trouvée lumineuse et d’une grande clarté dans ses explications. J’ai eu l’impression de tenir là quelque chose de formidable, et qui sait?, quelque chose qui allait peut-être aider mon fils à atténuer au moins un peu les effets de sa maladie (je n’imaginais pas qu’on puisse le guérir totalement, car une maladie génétique de ce type, avec les dégâts déjà causés, j’imagine mal comment ce pourrait être réversible…). J’ai donc écrit à Irène pour lui exposer rapidement la situation. Elle m’a répondu aussitôt, m’a proposé une « consultation » par skype et c’est ce qu’on a fait peu de temps après. Et là… déception totale. Je l’ai trouvée catégorique, autoritaire, et pas du tout à l’écoute. Cela peut paraître surprenant mais quand elle m’a dit que mon fils pouvait totalement guérir de sa maladie, mes alarmes se sont mises à sonner dans ma tête. Bien sûr que je rêverais de ça, seulement les gens qui m’en « promettent » autant, ça me met tout de suite en alerte (un peu comme si, après avoir été amputée d’une main elle me garantissait que ça allait repousser avec des jus verts…). Elle ne connaissait même pas la maladie dont il souffrait, ne savait pas ce que ça avait déjà détérioré dans son organisme et elle m’annonçait tout de go, comme ça, que c’était entièrement curable? Quelle promesse irresponsable! J’ai essayé de lui expliquer un peu plus le détail de cette maladie, mais cela ne l’intéressait pas… Elle m’a juste affirmé que « Eh oui, les parents mangent de la viande et les enfants tombent malades! » (Ah ah, c’est vrai que j’avais pas déjà assez culpabilisé pour cette maladie venue de nulle part et que je prenais évidemment sur mes épaules de maman depuis le début, merci Irène, une 2e louche de culpabilisation, c’est exactement ce dont j’avais besoin…). Elle m’a donc juste asséné de façon péremptoire qu’il fallait qu’il arrête de manger de la viande ainsi que tous les sucres, laitages et céréales (riz, pâtes, pain, confiture, bonbons…), qu’il lui fallait des jus de carottes en grandes quantités (coupés d’un peu de jus d’oranges), des graines germées et de l’huile de ricin un peu tous les jours. Et légumes, si possibles crus, à chaque repas. Et bien sûr, des légumes verts, plein (ses préférés, hein, bien sûr…). Wokey… Un régime alimentaire aussi drastique à 5 ans. Bien sûr… Le côté peu faisable (et selon moi pas du tout souhaitable) de la chose pour un enfant de cet âge-là ne semblait pas être un problème à ses yeux. Elle avait l’air de dire qu’en gros c’était à moi de l’imposer et que ça irait tout seul, qu’il suffisait de lui expliquer que la viande était de la « mort » et les légumes et les fruits, de la vie, que les enfants de cet âge-là comprenaient très bien ça. Mon fils est venu près de moi pendant l’entretien avec Irène (il avait regardé par dessus mon épaule la vidéo que tu avais conseillée dans ton tweet et il avait été très intéressé lui aussi, du coup il avait envie de discuter avec « la dame »…) : elle a essayé de lui expliquer ça à lui, elle lui a dit que la viande c’était la mort et tout le reste. Il a écouté, très attentif, mais une fois qu’on a raccroché avec Irène, il m’a dit « je n’aime pas ce qu’elle dit, en fait, cette dame, maman, j’ai eu l’impression qu’elle me grondait… Et puis j’aime pas qu’elle dise que ce que je mange c’est de la mort, ça me fait peur… ». Bref, une totale réussite. À 70 euros la séance de « solutions clés en main ».

    Je n’ai pas voulu m’arrêter à cette première impression cependant, alors j’ai voulu tester sur moi ce que ça faisait, le crudivorisme (pour voir si je pourrai le proposer à mon fils plus tard, quand il serait nettement plus grand, et en toute connaissance de cause). J’étais très enthousiaste au début, et c’est vrai que moi aussi j’ai eu l’impression d’avoir les idées plus claires, l’esprit plus alerte, le corps plus léger (et plein de synchronicités aussi, mais ça, c’est resté, alors que je remange de la viande et tout le reste…). En revanche, pour les invitations chez les copains, les petits restaus improvisés entre collègues et tout ce qui ressemble à une vie sociale (très centrée sur de la bouffe, en France particulièrement je pense…), on repassera… J’ai appliqué ça quelques mois malgré tout, et au final, quand j’ai retrouvé mon grand amour de jeunesse, j’ai ressenti le besoin de relâcher cette pression-là (car, oui, dans le monde dans lequel on vit, c’en est une) : d’abord parce que les retrouvailles avec mon amoureux furent parsemées d’apéros et de bons gueuletons à coups de magrets/patate/vin rouge, et ensuite, parce qu’au final, je me sentais tout aussi bien comme ça : aussi légère, alerte… bien, quoi… (l’amour peut-être? Oui sans hésiter!). Et puis, et puis… j’ai déménagé, changé de vie, je suis tombée enceinte pour la 3e fois… et j’ai remisé au placard le crudivorisme d’Irène. D’autant que, conseillée par une amie de Marie-Lore S. (Marie-Laure désormais…), j’ai commencé aussi à regarder les vidéos de Thierry C. Et là, j’ai eu la même impression que toi : envie de fuir à toutes jambes! Autant Irène m’avait à moi aussi parue lumineuse dans la vidéo que tu avais conseillée, autant lui, vraiment, je le sens pas, mais d’une force… Cette méfiance m’a un peu plus éloignée de ce régime alimentaire quand même très radical.

    Je reste cependant perplexe par rapport à tout ça. J’ai trouvé ça intéressant mais finalement aussi, assez dérangeant. Comme si manger était devenu si peu naturel qu’on doive suspecter le moindre aliment de nous faire du mal. Alors, bien sûr, le fait d’écarter autant que faire ce peut la nourriture ultra-transformée, industrielle et ultra-sucrée me semble du bon sens. Privilégier les produits frais, bio, locaux, me paraît aussi être du bon sens. De même que le fait de limiter la viande me paraît une bonne idée, à la fois pour nos organismes et l’environnement. Mais au-delà de ces considérations disons, logiques, je perçois avec beaucoup de méfiance tout ce qui tendrait à « diaboliser » l’essentiel de nos aliments. D’autant que la radicalité alimentaire s’accompagnant souvent de théories péremptoires sur la « bonne façon de vivre » en général, je commence à trouver l’ensemble de ces donneurs de leçons (et de solutions « clés en main » du bonheur), bien trop campés sur leurs certitudes. Moi je doute beaucoup. C’est peut-être là ma faiblesse, mais plus j’avance dans la vie et plus je découvre des vérités mouvantes. Pour ce qui me concerne, ce qui est vrai un jour ne l’est plus le lendemain et je m’ajuste en permanence. J’observe beaucoup les autres aussi. J’ai autour de moi, depuis ma plus tendre enfance, des quantités de végétariens et végétaliens convaincus (beaucoup de babas-cools, de « marginaux » et de néo-ruraux du type « retour à la terre » parmi les amis de mon père…). Certains sont aujourd’hui très malades, d’autres en parfaite santé. Certains me gonflent depuis que je suis gamine avec la viande, et sont verdâtres de toute la bile qu’ils déversent en permanence et depuis 40 ans sur une société qu’ils exècrent. D’autres sont lumineux et absolument pas donneurs de leçons, de véritables amours, dont les yeux, pleins de bonté et de générosité se posent avec bienveillance sur le monde alentour… Je compte aussi dans mon entourage pas mal de papis et mamies omnivores et bons vivants. Là encore, il y a de tout : des gens pas bien portants, qui trimballent avec peine des corps confits dans la graisse, l’alcool et le sucre, soupirant après leur jeunesse passée, et d’autres, alertes, joyeux et pleins de vie, qui gambadent encore dans leur potager en faisant des blagues (et en se resservant du rôti le dimanche à midi….). Bref, je vois bien la diversité des parcours des gens qui m’entourent, et je ne peux que constater qu’au final leur régime alimentaire pèse assez peu dans la joie de vivre et la santé qui émanent d’eux. Alors j’avance à tâtons, en essayant de me mettre le moins de barrières mentales possibles. Je changerai peut-être d’avis avec le temps, mais pour le moment j’en suis là.

    Il y a un point en revanche sur lequel je suis absolument d’accord avec Irène : il s’agit avant tout de nettoyer le passé. De ce que j’en ai expérimenté, on peut faire ce que l’on veut, autant de yoga, de régimes, de Reiki, de méditation que l’on veut : sans ce « nettoyage », on retombe forcément dans les mêmes pièges émotionnels (qu’on peut alors avoir tendance à étouffer ou à nier avec de la nourriture, et on recommence alors des cercles vicieux…). Donc pour moi, la nourriture vient probablement « se caler » sur nos états d’être (je mange léger quand je me suis bien allégée sur le plan émotionnel car c’est ce qui me fait envie…), mais je doute qu’en commençant par la nourriture on parvienne à un état de bien-être durable si on n’a pas fait le boulot avant. Ça peut faire du bien sur le moment, mais ce n’est pas suffisant si on n’enclenche pars le reste, et comme c’est très contraignant si ça ne suit pas notre état intérieur profond, ça crée des dissonances et crée une culpabilité supplémentaire (je suis nulle, je n’y arrive pas…). Je suis désormais beaucoup moins exigeante avec moi-même, je sais que les guérisons des blessures passées prennent parfois du temps, connaissent des ratés, des retours en arrière et des bonds en avant. Je sais qu’on fait ce qu’on peut, qu’on fait de notre mieux, et que la meilleure façon d’avancer, c’est encore dans la douceur. Enfin, en ce qui me concerne. Je souhaite cette douceur à tout le monde. Elle répare vraiment, en profondeur. Alors je t’envoie beaucoup de douceur William, toute la douceur du monde…

    • William dit :

      J’ai coupé les ponts avec Marie-L. S (que j’ai adoré des années, qui m’a suivi, conseillé…) quand elle a organisé des « conférences » louches et conspirationnistes sur la mort de Coluche « assassiné par le gouvernement ». Euh, écoute, alors-là, sans moi. Droit de retrait.

      MERCI pour ton post, sincèrement. Merci <3

    • Muriel dit :

      J’ai pris le large avec Marie-L. S. au même moment que toi je pense.D’autant que son amie, qui habitait tout près de chez moi (celle qui m’avait conseillé les vidéos de Thierry C.) partait exactement dans le même délire et je n’arrivais finalement plus à discuter avec elle, tant ça devenait bizarre. J’ai passé une soirée avec elles deux, une autre amie à elle, et le nouveau chéri de Marie-L. à l’époque (celui qui se disait journaliste d’un magazine « atypique » (ahem…) et qui l’a bien bien entraînée dans tous ces délires je pense). J’ai juste halluciné des propos tenus ce soir-là et j’ai pris la poudre d’escampette. Avec un peu de tristesse quand même parce que je peux dire qu’à certains moments de ma vie, Marie-L. m’a été d’un grand, très grand secours. Je crois qu’elle est un peu revenue de tout ça (je la suis de loin en loin sur FB), mais je ne sais pas, ça a rompu la confiance en fait…

  • Sofy dit :

    Le Gruyère d’alpage <3… mais aussi le petit crottin de chèvre frais bio d'un producteur tout près de chez moi (ou en version chèvre "luxe", la tomme Adrienne, truffée :p) ou encore le César Régalis, LE bleu qui m'a réconciliée avec les bleus à manger nature
    Mais ça peut changer très vite vu que j'ai depuis 2-3 ans une fromagère en or, qui me fait régulièrement découvrir des merveilles… Et c'est là que je suis ravie d'être moi aussi une grande amatrice de légumes et fruits 😉 [mon déjeuner juste fini était d'ailleurs composé de blettes et shiitakés sautés, miettes de feta et crumble au sarrasin + 1 kiwi et 1 clémentine… et je me suis régalée !]

  • Véro b dit :

    7 mois c’est quand même super bien !
    Ah le fromage…je suis très chèvre mais j’ai découvert récemment le brillat savarin une tuerie !

  • Olivia dit :

    Pour ton coup de mou, c’est bien normal et humain William (j’aurais bien mis un emoticone coeur, mais les émoticones n’apparaissent pas en commentaire, alors je te l’écris)
    Très intéressant ce que tu dis sur le fait d’être malheureux, qui ne fait pas forcément sortir du malheur.
    Pour ma part, j’ai été adepte des régimes pendant trop d’années. J’ai tout fait dans l’espoir de perdre du poids et ainsi correspondre à un idéal physique, mais aussi de vie. Il n’y a que le régime Dukan que je n’ai jamais essayé (ouf). Ado, j’avais un léger surpoids, je me souviens encore de moi à mon premier rdv gynéco. Je suis dans le bureau du gynéco, debout, ne sachant pas trop quoi faire, en t-shirt et culotte. Attendant qu’on me dise, si je m’assois ou si je reste ainsi. Il est à son bureau avec son assistante, regarde mon dossier et sans me jeter un seul regard, il dit froidement avec condescendance : ah la la qu’est ce qu’elle est grosse celle là, va falloir faire quelque chose…pffff elle est vraiment trop grosse celle là. Tournant mon regard vers la secrétaire, je comprends que oui il parle bien de moi.
    Quelle violence.
    Progressivement, en lisant des articles, je me suis aperçue de la manière dont je détruisais mon corps et mon esprit via les régimes. Une pression constante de ma part sur les quantités, sur ce que je pouvais manger, sur ce qu’il était interdit de manger car certains aliments étaient diabolisés. De la préparation mentale d’aller au resto et de se cantonner à de la salade. J’avais un tel idéal de taille, alors que vu ma corpulence, cette idéal n’est pas adapté pour moi. J’ai pris conscience que je devais arrêter ce cycle de régime qui me conduisait invariablement à des phases de yoyo. J’ai consulté une nutritionniste et une naturopathe. Toutes les deux au top, qui m’ont aidé à me remettre en lien avec mon corps, mes sensations alimentaires et surtout m’ont donné confiance dans ma manière de m’alimenter. Elles ne m’ont jamais pesé et notre travail ensemble s’est toujours fait sur l’équilibre alimentaire, pas de privations, je suis gourmande, ce n’était pas un problème.
    Depuis je mange à ma guise sans me priver, de tout ce que j’aime (et j’aime beaucoup le chocolat, les gâteaux, pâtisseries). J’ai noté que mon goût s’est tellement aiguisé que je ne peux pas manger des choses trop industrielles ou trop sucrées, salées etc. J’évite certains restos, parce qu’au goût, je suis devenue exigeante. J’aime me préparer des plats, parce qu’en terme de digestion, je sens une réelle différence. Je mange de tout et je me sens très bien.
    Mon poids est stable depuis maintenant plus de 6 ans. Il y a de menues oscillations, mais au final, cela ne bouge pas. Je me sens bien dans mon corps, je trouve des fringues stylées à ma taille, je me sens bien. La nourriture n’est plus mon refuge. D’ailleurs quand j’ai commencé ce travail sur mes habitudes alimentaires, c’est là que je situe le moment où j’ai commencé à travailler sur moi même d’un point de vue thérapeutique.
    Pour le fromage, j’aime beaucoup les fromages au lait cru, mais malheureusement, je ne digère pas, alors j’en prends, mais en toute petit quantité.
    Globalement, j’aime tous les fromages, sauf tout ce qui est roquefort, gorgonzola, encore qu’avec les années, je commence à apprécier ces fromages dans certaines recettes.
    Mon préféré est le chèvre.
    Perso, j’aime beaucoup la Mozzarela Di Buffala, je suis allée en Sardaigne il y a quelques années et j’en ai mangé à foison, c’est un délice pour moi.

    • William dit :

      On se fait pas trop chier en Sardaigne ? Je connais pas la Corse mais à part les plages, on fait quoi en Sardaigne ? Je dois y aller ?

    • Olivia dit :

      La Sardaigne. J’y étais pour un mariage. La réception a eu lieu dans un cadre magnifique. Alors que je leur disais combien je trouvais le coin incroyable, ils m’ont dit : ah bah tiens on a une super anecdote pour toi, tu vas kiffer. Devine qui est la personnalité qui a privatisé cet endroit pour un événement ? Moi une chanteuse ? Eux : oui ! Moi : plusieurs noms me viennent. Et d’un coup l’illumination. Madonna ? Eux trop contents : oui c’est la classe hein. Moi : ah ouais ah la la Madonna !
      Donc j’ai mangé beaucoup et je me suis baignée, nous avons fait quelques visites, mais je ne me souviens plus exactement où. Avec de belles balades. Le cadre était superbe en tout cas. Je ne m’y suis pas emmerdée, mais tout dépend de ce que tu as envie d’y faire.

  • Bellzouzou dit :

    J’aime surtout le fromage de vache des Pyrénées, le Bethmale, par exemple.

    En ce qui concerne les régimes, je n’en ai jamais fait. Mais si je veux perdre du poids, il suffit que j’arrête le pain. Mais comme j’adore ça et que je n’ai aucune volonté, je continue d’en manger, beaucoup (trop) et tant pis.

  • Emi dit :

    Bonjour, Je n’aime pas le fromage. Je constate que c’est un plaisir exquis quand j’entends mes proches en parler et je crois que je rate quelque chose. Mais je n’y arrive pas, depuis toute petite. Bizarrement, je mange de la raclette, un truc qui pue sérieusement. Mon seul plaisir fromage et là j’entends d’ici les puristes hurler c’est le Philadelphia…
    La nourriture c’est bizarre en ce moment, je me fais des trucs régressifs : cordons bleus, patates sautées trempées dans ketchup mayo. J’aime bien et après pour faire genre, je me fais cuire du quinoa. Ce commentaire n’est pas d’une grande folie mais c’était pour faire coucou !

  • Valentine dit :

    J’adore le fromage, quasi tous (pas trop roquefort et bleu). J’ai déjà un budget assez conséquent alloué aux fromage mais si j’avais plus de moyens, mamamia .
    J’adore l’appenzeller

  • Cecile dit :

    Alors moi le changement je l’ai fait il y a deux.
    Je n’étais pas prête non plus, mais pas le choix, polyarthrite rhumatoïde et syndrome du colon irritable, rien de tel pour te garder sur le droit chemin !
    Le travail pour être prête a rayonner, être légère (30kg….), heureuse, attirer tous ces gens, ces opportunités, je l’ai fait en etant déjà « au régime ». Que je ne considère plus comme un régime, juste une nouvelle hygiène de vie, le prix a payer si je veux espérer me débarrasser un jour des médicaments toxiques que je fois avaler aujourd’hui.
    Les fromages mont manqué longtemps. Absolument incapable de choisir… Quoique, un maroilles….

    Aujourd’hui en consommer me fait tellement mal que je ne les considère plus comme de la nourriture, facile !

  • Phoebe dit :

    Livarot , puis roquefort, puis pecorino au poivre … (puisqu’il faut choisir)
    Bises à tous !!

    • William dit :

      Je découvre le poivre sous toutes ses formes, quel épice de malade, quand même…On peut tellement s’amuser avec le poivre, plus que le sel qui est juste comme une malle, il sale et c’est tout alors que le poivre, c’est un monde infini, on dirait.

  • Chloë dit :

    Bonjour William,

    J’imagine que c’est bien normal parfois de ne pas avoir ni l’envie ni la force de répondre à des messages, c’est humain, et en ces périodes, il ne faut se forcer à rien. (Même si c’est pour moi -et pour beaucoup- un réel plaisir de venir ici chaque jour.)

    Fromage préféré ? Il y en a bien trop… Peut-être un comté ou même un brie à la truffe… (Alors que je n’ai même pas un babybel au frigo…)

    Bisous de soutien <3

  • Marie-Aude dit :

    Bonjour William,

    tu donnes déjà beaucoup en publiant tous les jours…

    Mon fromage préféré est « le fromage », ce qui regroupe les fromages qui puent (roquefort, munster, maroilles) les chèvres, les comtés, les fromages crémeux.

    Passe une bonne journée

  • La lilloise dit :

    Bonjour William

    L’abondance, le comté et le Monts des cats (fromage d’abbaye de chez moi). Mon aliment réconfort, beaucoup plus que le chocolat !
    A demain
    La lilloise

  • Véronique dit :

    Merci pour ce post <3 William, c'est très intéressant pour moi de lire ton expérience, ton témoignage résonne en moi. Mon péché mignon c'est l'Ossau Iraty et l'Etorki.
    Un hug de soutien <3

  • Carson dit :

    Un crottin de Chavignol ultra sec et c’est le bonheur !

  • Anne dit :

    La tomme crayeuse ❤️ !
    Bonne journée

  • Marie-Hélène dit :

    Ah le fromage… Le top du top : Un bon vieux comté, mais aussi un chèvre bien sec qui pique légèrement la langue et le palais, un bon gorgonzola bien fort au goût… Bref, la liste pourrait être longue ! Le fromage, c’est la vie surtout quand il a du goût !

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