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Se déprogrammer
7 juin 2012
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Je me rends compte que je ne compte plus en francs. Il m’aura donc fallu plus de dix ans pour intégrer l’euro (ou trouver obsolète le double marquage des prix, dans une monnaie qui me semble lointaine, limite comme si elle n’avait jamais existé, le souvenir d’une France disparue, presque rassurante, celle de Jacques Chirac ou, plus lointain encore, celle de François Mitterrand, une France d’avant le 11 Septembre).

Je me souviens de mon premier voyage à Hong Kong, en 2003. « Pour calculer les prix, fais simple, me disait mon copain de l’époque, divise les par dix et tu les obtiendra en francs », ce qui, deux années seulement après le passage à l’euro m’allait très bien. En y revenant pour la troisième fois l’hiver dernier, je me suis retrouvé en permanence à « double-convertir » (Très Orwellien, ce mot).

(EDIT : le paragraphe suivant est faux, la conversion n’est pas la bonne, 3200 HKD = 320 euros pour de bon)

Une première fois du dollar Hong Kongais au franc (3200 dollars = 320 francs) puis une seconde, du franc à l’euro, divisant à la louche par 7, assez excédé d’avoir à le faire tant cette première étape intégrée des années plus tôt ne voulait plus rien dire. Mon cerveau était habitué : la division par dix était si naturelle. Pour arriver à quoi ? Un chiffre qui n’a plus aucune signification dans mon univers. Moments de « panique », parfois, dans cette demi-seconde où le 320 francs était associé à un 320 euros avant que je ne rectifie.

C’est tout de même fort, ce tour de magie de l’Euro : tout convertir à la hausse dans une nouvelle monnaie, faire oublier l’ancienne lentement et, au final, déboussoler tout le monde avec des prix qui ne descendront plus jamais. 7 euros 50 le verre (pas la bouteille de 33cl, hein, le verre) de Coca Light dans un bar au métro Blanche. Mais de qui se moque t’on ?

Je vais reprogrammer mon langage oral, également. Consciemment. Je parle mal. Une habitude prise au lycée. Il y a du travail.

Des moments de doute. On ne m’a jamais appris à l’école le métier d’écrivain « professionnel ». Je découvre la phase « bibliographie » : impossible d’inventer ce que je n’ai jamais lu auparavant. Avaler des bouquins de vulgarisation pour pouvoir continuer à avancer dans l’écriture de mon scénario. C’est comme de rouler dans une voiture avec le tuyau de la pompe à essence toujours accroché et qui s’allonge, qui s’allonge, kilomètre après kilomètre. Il vous ravitaille du minimum vital à chaque fois, à peine de quoi parcourir le kilomètre suivant et encore, à vitesse réduite.

Je ne me plains pas. J’aime les nouvelles expériences.
Toujours aimé.

Sinon, ça va.

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There are 4 comments

  • Hadda dit :

    nouvelles expériences, nouveaux apprentissages mais tant que c’est l’envie qui prime y a pas de raison que tu ne sois pas ravitaillé

  • Kawaii dit :

    Ben si, 3200 HK$= 320€
    Quelle horreur, mais combien as tu payé tes dim sum en fin de compte? 🙂

  • Grégory dit :

    Perso, je convertis très souvent en francs. Juste pour me mettre les boules :/

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