Sexe Vie quotidienne
Secrets des couples qui durent
11 mai 2019
19

J’ai la chance d’avoir vécu plusieurs belles histoires d’amour dans ma vie, qui m’ont toutes construit, fait grandir et appris tellement de choses sur moi, sur autrui. Je l’ai souvent dit avec humour ces derniers mois (en imitant Johnny) : mon pays, c’est l’Amour ou écrit plus pudiquement, ici, sur la Pyramide de « Maslove ».

L’amour, le couple, le partage : les bases de mon bien-être, ma raison de me lever le matin, la cerise sur mon gros gâteau au gluten, le seul espoir qui resterait quand le monde entier s’écroulerait. Mon partenaire s’étonnait, il y a quelques jours, alors que je lui disais que ma priorité dans la vie, c’était mon couple : « Mais vraiment ? Ce devrait être de t’éclater dans un nouveau super job, ta priorité, c’est l’évidence…« . Non. C’est la tienne et d’évidence, oui tu y réussis merveilleusement bien (je ne pourrai jamais vous dire ici en détail à quel point je suis fier de son travail, de son éthique, de son exigence et de la joie qu’il procure à tant de gens et c’est ainsi. Mais il assure GRAVE) mais ma priorité, c’est mon couple. La base de mon équilibre, ma raison de vivre, c’est nous deux.

D’ailleurs, je ne te demande rien, je n’exige sûrement pas que ce soit TA raison de vivre à toi (et ce serait stupide, totalement stupide) : je te dis juste que, pour moi, c’est comme ça que je conçois les choses. J’apprécie encore plus mon travail quand je suis amoureux, j’écris mes livres de manière plus légère quand je sais que quelqu’un de spécial va les lire, je trouve les paysages plus beaux quand nous sommes deux à les regarder. Je ne dis pas que je ne sais pas aimer pour moi les belles choses, j’ai appris à voyager seul, à découvrir seul et à m’émouvoir seul (la découverte du Kremlin, un dimanche matin d’Octobre à Moscou, me donna des frissons et je n’aurais jamais autant apprécié cette matinée si nous avions été deux. J’étais au bord des larmes devant tant de beauté précisément parce que j’étais seul, heureux d’être seul, nageant dans mes pensées et mes émotions, essayant de tout retenir, de capter l’air et les ondes et les odeurs et les voix et soulagé de n’avoir pas à commenter à voix haute tout ce qui me traversait de manière si puissante) mais je te le redis, même si tu ne lis pas mon blog et ne le lira jamais, pour respecter mon intimité : mon monde est plus beau lorsque je sais que tu es dedans, que tu sois à mes côtés ou à l’autre bout de la terre.

Alors, ces « Secrets des couples qui durent » ?

  • Parler. Oui, je sais, c’est écrit partout. C’est le secret le plus éventé de la terre. Mais c’est pourtant le noeud bloquant de la plupart des relations qui coincent. Parler. Parler des choses qui ne passent pas, avec les mots. Quitte à préparer ce qu’on a besoin de dire sur une feuille avant, lors d’une grande crise de couple (moment vécu par une amie, qui avait noté une dizaine de bullet points à aborder avec son partenaire, soupçonné de tromperie, afin d’éviter de partir dans les aigus et les reproches…Efficace…). On peut aussi chuchoter à l’oreille de l’autre, une fois dans le noir, au lit, ce qu’on n’ose pas dire en face. On peut lui envoyer sur une carte postale ou une lettre qu’il recevra un peu plus tard. Glisser un post-it dans un livre qu’on lui offre. Parler de qui on est, de comment on perçoit les choses, de ce qui nous manque au lit. Tout est dicible avec pudeur, avec respect, avec humour, avec tact. Tout est entendable.
  • Privilégier l’oral pour les choses importantes : nous avons une règle d’or entre nous. Aucun message important par écrit. Les sms nous servent à régler le tout-venant et à parler de la pluie et du beau temps. Aucune altercation ne peut démarrer ou ne doit se conclure par écrit, aucune question existentielle entre nous n’est posée par écrit. Les yeux dans les yeux, oralement, nous pouvons aborder les choses essentielles.
  • Aucun sujet qui fâche à plus de deux heures d’avion : lors d’un déplacement de l’un ou de l’autre loin, nous évitons soigneusement les plaisanteries sur la fidélité, par exemple. Je mets un point d’honneur à garder pour moi mes angoisses, mes craintes, mes manques de tendresse quand je suis loin. Je sais que cela ouvre une porte qui n’a pas grand intérêt à sept d’heures avion. A Boston, par exemple, j’étais triste et un peu déçu de ne pas recevoir de sms chaque matin comme c’est le cas à Paris, me demandant si j’ai bien dormi. Au bout de dix jours, je n’en pouvais plus et j’ai envoyé une pique passive-agressive, à quelques heures de l’avion du retour (on ne se refait pas !). Avec son humour habituel et sa logique, il m’expliqua sereinement pourquoi je n’en recevais plus depuis quelques jours, tout en me demandant pourquoi je n’attendais pas un peu pour en parler devant un café. Et ben parce que j’étais trop angoissé pour respecter une règle saine entre nous, voilà pourquoi…Mais j’ai tenu 9 jours et demi, quand même ^^
  • Noter les envies de cadeaux : sur un papier, sur un agenda, sur un iPhone. Quand l’autre dit « Oh, j’aimerais bien ce livre… », discrètement noter à la date de son anniversaire sur votre Google Agenda la référence, histoire de tomber juste neuf mois après. C’est très efficace.

  • Ce qui n’est pas abordé finit par déborder : Fuir les sujets qui fâchent n’est pas la bonne technique. Si trop de pudeur gêne pour aborder un problème, on peut utiliser un livre, un film, une chanson ou un thérapeute…

  • Ne pas avoir peur du romantisme : oui, la Saint Valentin est une fête commerciale. Oui, offrir des fleurs pour un oui ou pour un non semble être une tradition d’un autre temps. Et bien pourtant, ça marche et ça ne fait pas de mal au couple. Au contraire. Je ne vais pas développer tellement je trouve ça évident. Si 99% de l’humanité aime les comédies romantiques, c’est bien qu’il y a une raison derrière, même lorsque vous vous réfugiez derrière votre cynisme pour tenir à distance la pudeur et l’émotion.

  • Respecter la pudeur : la pudeur, encore. Ne pas se déshabiller devant l’autre, ne pas se doucher ensemble, mettre de la musique lorsqu’on va aux toilettes, se détourner lorsqu’on se mouche ou aller dormir au salon quand on est malade. Chacun fait comme il veut. Tout partager dure un temps et ce temps de plaisir se réduit comme peau de chagrin quand il est commun à 100%. Les couples fusionnels partagent un réservoir d’essence commun et elle est longue, la route… Dans un même ordre d’idée, je n’ouvre pas ses placards de chambre chez lui sans lui demander l’autorisation, je ne lis pas les courriers qui trainent (bulletin de salaire, avis d’imposition) même quand je suis seul et je tâche de ne pas regarder l’écran de son iPhone quand un message arrive (mais c’est plus compliqué, je suis aimanté par les écrans !)

  • Trouver la bonne couette : j’ai mis des années à comprendre comment dormir avec l’Autre, après avoir fait chambre à part (ce que je recommande grandement quand c’est possible !). Il m’a fallu trouver LE BON TRAVERSIN demi-taille et imaginer acheter une seconde couette pour ma moitié de lit : chacun sa couette, chacun son espace. Je dors bien mieux seul mais j’arrive enfin à dormir correctement avec lui. Ne pas dormir ensemble ne veut pas dire qu’on ne s’aime pas, loin de là. Très loin de là. Et dormir ensemble en cuillère ne veut pas dire qu’on s’aime non plus…

  • Surprendre l’ennemi : Toujours avoir un coup d’avance (week-end en amoureux, petit cadeau sans occasion spéciale, repas surprise, places de concerts, etc.) pour relancer la machine.

  • Cuisiner : acheter un livre de cuisine et se lancer comme un grand dans un nouveau plat qu’on découvrira à deux ou un gâteau un peu complexe juste pour le frisson d’y arriver tout seul et de pouvoir planter une bougie dessus. De toute façon, quand c’est préparé avec amour, même si c’est un peu raté, c’est toujours bon ^^

  • Célébrer le temps qui passe : chaque jour à deux est une victoire sur soi, sur le monde, sur l’obscurité. Je célèbre notre anniversaire de rencontre chaque mois, ce qui ne manque pas de le faire sourire mais c’est ainsi. Il n’y a pas de petites journées quand elles sont partagées avec autrui.

  • Ne pas se focaliser sur les ami.e.s : on ne peut pas aimer tous ses amis à lui, à elle, c’est la vie. On les rencontre, on reste soi-même, on fait parfois bonne figure, on joue le jeu social, on respecte qu’il les aime pour ses raisons à lui et puis on retourne vers nos amis qu’il a le droit de ne pas aimer non plus. Pas besoin de verbaliser qu’on aime moyennement un.e pote sauf si la relation est franchement toxique : ça se voit. Il n’est pas sot. Il évitera de nous coller trois soirées par semaine avec son pote comme un grand, s’il tient à nous. J’avais un ex dont je détestais cordialement le meilleur pote, pote qui me le rendait bien. Nous avons réussi pendant plus de dix ans à ne pas trop nous sauter à la gorge.

  • Avoir un projet en commun : sans projet commun à moyen terme, il est facile de regarder glisser les jours et d’oublier un peu pourquoi nous sommes tous les deux. Cela peut-être du sport tous les deux une fois par semaine, les chemins de St-Jacques l’été prochain, un mariage au printemps ou les cours du Louvre en visiteur du soir. Il faut créer du lien, des souvenirs, des espoirs, des attentes.

  • Lui faire confiance : il sait ce qui est bon pour moi, parfois, mieux que moi. Il sait faire attention à lui, il est grand. Il a ses raisons d’agir comme il fait, dans le respect de son intégrité physique. Il raisonne, je respecte.

  • Chacun ses compétences : à moi la réservation des voyages en avion, la conduite en voiture, la prospection sur AirBnb (je suis un tueur), la pré-liste des 67 musées gratuits notés 6 étoiles ouverts le mardi, d’acheter les places pour le concert de machin. Je sais ce que j’aime, je sais ce qui ne me gêne pas, je ne lui confie pas les tâches qu’il déteste et vont nous faire perdre du temps s’il doit les accomplir par devoir. Les tâches ménagères étant un sujet à part qu’il faut aborder rapidement pour éviter les tensions. On partage à égalité un socle commun de responsabilités dans ce domaine (tout est négociable) mais on se répartira les compétences et les plaisirs pour tout le reste.

  • Se toucher, s’embrasser, se caresser, se masser : Le sexe n’est pas que la pénétration, Dieu merci. La tendresse est capitale. Se tenir la main en regardant un film, proposer de masser son crâne ou ses pieds aux huiles essentielles. Maintenir un contact physique et émotionnel.

  • Laisser l’autre tranquille et seul de temps en temps : j’ai énormément besoin de moments seuls dans ma vie d’adulte pour écrire, lire, jouer à l’iPad, lire la presse ou ne rien faire. C’est pareil pour lui. J’ai connu de délicieux moments où chacun vit sa petite vie dans l’appartement, pas très loin de l’autre, porte fermée ou pas, sans parler. Je crève si je dois TOUT faire à côté de quelqu’un. Je ne peux pas, par exemple, lire et me concentrer correctement à côté de quelqu’un.

  • S’éloigner 5 mn lors d’un conflit : lorsque le ton monte, lorsqu’on sent que la mayonnaise pourrait éclabousser tout le monde, rester calme et proposer de s’éloigner 5 minutes, en disant qu’on a besoin de respirer un peu et que ça ira mieux plus tard, merci. Tu préfères être heureux ou avoir raison ? Et bien va avoir raison dans le jardin et reviens être heureux avec moi dans 5 minutes.

  • What happens in Vegas stays in Vegas : le jardin intime, c’est important. Je n’ai pas besoin de tout savoir, tu n’as pas besoin de tout savoir. Il y a des moments plus glorieux que d’autres dans une vie d’homme ou de femme. Tout ou presque est entendable mais l’exhaustivité nuit au bonheur, selon moi. Fais ta vie, trie ce qui te semble important de partager avec moi et puis on verra. Pour le reste, je ne suis ni sourd, ni aveugle, ni stupide et si je ne t’en parle pas, c’est que j’ai mes raisons.

  • When in Rome, do as the Romans do…: Tout peut arriver quand nous sommes tous deux partis loin de la maison et c’est ainsi. Le temps d’un voyage, les règles changent, les envies apparaissent, Paris semble si loin lorsqu’on doit le regagner à la nage. On a tout le temps de reprendre nos habitudes à la maison, alors ici pourquoi ne pas nous inventer une vie, des habitudes, des attitudes, un comportement, juste le temps d’un séjour, juste pour essayer et nous surprendre un peu ?

  • Se manquer : dois-je vraiment développer ?

30430 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

About author

Related items

/ You may check this items as well

fear-1131143_1920

Ta gueule, Guy.

<div class="at-above-post addthis_tool" data-url="...

Read more
champagner-1071356_1920

A la tienne

<div class="at-above-post addthis_tool" data-url="...

Read more
IMG_9579

La peur au ventre

<div class="at-above-post addthis_tool" data-url="...

Read more

There are 19 comments

  • marika dit :

    note pour plus tard : « va avoir raison dans le jardin et on reviens être heureux avec moi dans 5 minutes »
    ps : 9 jours et demi, bravo!!!!!

  • Un habitué dit :

    Je suis un peu étonné de lire, quelques lignes après  » je te dis juste que, pour moi, c’est comme ça que je conçois les choses », une liste de « Secrets des couples qui durent » qui me semble à l’opposé : c’est comme ça que TU conçois les choses, autrement dit ces « secrets » listent ce qui marche (a marché) dans TA vie, dans TON (tes) couple(s). Et/ou peut-être pour les couples que tu connais…
    De là à dire que c’est le secret des couples qui durent, sous-entendu de TOUS les couples qui durent ou de la manière de faire durer un couple…
    Quid du « parce que c’était lui/elle, parce que c’était moi » ? À mon sens, il ya des choses qui ne s’expliquent pas, ne se rationalisent pas dans une relation de couple, voire dans une relation humaine.
    (Ça ne veut pas dire que je pense que tout est à jeter dans la liste, hein…)

    • William dit :

      Bien sûr que c’est comme ça que JE conçois les choses.
      Tu as déjà lu un avis de spécialiste qui disait « LES SECRETS DE L’AMOUR UNIQUEMENT SELON MOI » ?
      Reste plutôt sur le positif de la liste.

  • Lina dit :

    Je suis d’accord avec à peu près tout (étant en couple et heureuse et lui aussi depuis 23 ans, je pense que j’ai une certaine maîtrise du sujet.). Les points les plus importants pour moi sont la communication effectivement, il faut pouvoir se parler, tout se dire, même le plus délicat sans avoir peur d’être jugé par l’autre et sans juger l’autre, le respect et l’admiration. Combien de fois j’ai entendu des gens dénigrer leur mec/femme, en les traitant de con(ne)s et en le pensant ! (Le trop plein quand on s’est engueulé ne compte pas et les vrais amis savent faire le tri dans ces conversations-là.) J’ajouterai que pour l’intimité et la pudeur, chacun a ses limites, et qu’on peut tout à fait être très libéré de tout ça sans que « la magie » ou le désir disparaissent. La vraie maladie met d’ailleurs toutes ces conceptions à mal et j’en sais quelque chose, on ne peut pas toujours se cacher, mettre de la musique ou autre quand on souffre. La maladie, c’est moche, c’est sale, c’est indigne mais si on aime quelqu’un, on passe au-dessus et on fait la part des choses. Et on en sort grandis, ayant vécu l’épreuve à deux, avec une admiration nouvelle pour l’autre, envers celui qui est malade pour sa force et sa résilience, envers celui qui accompagne pour son amour et son dévouement.

    • William dit :

      Tu as tellement raison : la maladie est un test, le test ultime en amour.
      Si tu survis à la maladie à deux, tu survis à tout.
      Merci de me l’avoir rappelé…

  • Od Rey dit :

    Quel bel article !
    Merci pour le partage 🙂
    Tout ce que tu listes est logique finalement …. mais ça fait du bien de s’en souvenir 🙂

  • estèf dit :

    Je suis d’accord sur tout. Enfin quasi… Celui-ci, est hyper frustrant : Noter les envies de cadeaux… Je note une envie de parfum, et trois jours avant son anniversaire, elle s’en achète deux. Heureusement, je fais tout au dernier moment. Elle note rien et m’offre des cadeaux qui ne me ressemble pas… arf… Mais ce n’est pas grave docteur :).

  • Simone dit :

    Je t’ai lu. La liste est partie directement sur sa boite mail.

  • StoupidKatt dit :

    Je trouve que de ta liste se dégage encore un immense respect et une tendresse indéfectible pour ces histoires d’amour terminées, c’est beau à lire ♡

    Je me permets de rajouter: (source: mon expérience perso de noob en amour)
    Au-delà de parler > dire, verbaliser les choses et vérifier que l’interlocuteur ait bien compris à 200%.
    Partage de la couette > au bout de dix ans à mal dormir par amour j’ai fini par acheter une deuxième couette rien que pour moi. Ce n’est pas conventionnel: I don’t f* care ! Mais sérieux, j’ai quand même mis 10 ans à réaliser que la qualité de mon sommeil était aussi importante que la sienne !
    Ne pas avoir peur d’être vulnérable. La pudeur, c’est bien mais accepter qu’on est humain c’est bien aussi.
    Ne pas se perdre dans la relation > Il y a un Moi, un Lui/Elle/Eux et un Nous. Mais il y a surtout un MOI.

    T’as tenu 9 jours malgré tout le reste: un immense bravo ! J’aurais pété un câble bien plus tôt !!

  • Mymy dit :

    Tout à fait d’accord avec l’ensemble de ta liste (les fleurs mis à part, je déteste leur côté éphémère!)
    Sa lecture arrive un peu tard pour moi, cependant.
    Même si la plupart de ces conseils sont en effet très avisés quand on s’engage sur du long terme, la vie, hélas, se charge parfois de venir tout chambouler.
    Il arrive que l’on prenne des chemins d’évolution différents, qui nous éloignent l’un de l’autre progressivement, malgré tout ce que l’on continue à mettre dans son couple.

  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *