Télévision
Série : Hannibal (Saison 1)
1 juillet 2013
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Hannibal ne vaut que pour cette dernière scène, cette dernière image et cette dernière seconde de la première saison. Je suis persuadé que Bryan Fuller, le créateur du show, avait cette image en tête lorsqu’il a commencé à écrire son histoire, ces treize premiers épisodes. Il ne me restera de ce visionnage que cette image : je ne regarderai pas la deuxième saison. Cette image a rattrapé pas mal du temps perdu sur les cinq ou six derniers épisodes (en gros toute la seconde partie de la saison) et elle offre un clin d’oeil magistral (même la musique est raccord) à la mémoire des cinéphiles et aux nostalgiques du film de 1990. Brillant.

Brillant mais pas suffisant.

Le show démarre pourtant super fort. Dès les premiers instants, c’est une claque visuelle, sonore, graphique. Tout est magnifié par la caméra : la cohérence de la vision artistique est remarquable. Les acteurs sont formidablement castés (Hugh Dancy, Mads Mikkelsen) et on est embarqués. Un temps. Rapidement, au bout de quelques épisodes seulement, la forme n’éblouit plus autant, l’oeil s’est habitué et il commence à traîner sur les incohérences hallucinantes de la série qui gâchent quelque peu la fête. Il y a un serial-killer différent, bien « cinématographique » dans la mise en scène de ses meurtres qui traîne dans chaque épisode et comme c’est bien foutu, on l’arrête à l’avant-dernière scène. Ok. Passe encore. Certains serial-killers sont des « gueules » de cinema et semblent avoir été castés pour nous en mettre plein la vue. Soit. C’est tellement dommage d’avoir choisi, en ce cas, Lance Henriksen, 73 ans au compteur, pour illustrer un tueur fou créant de ses mains, en quelques heures, un totem de cadavres de 5 mètres de hauteur. Irréaliste. Ou le comique Eddie Izzard, pas crédible une seule seconde en psychiatre assassin, venu cachetonner le temps de trois épisodes, sans aucun intérêt pour le reste de l’intrigue.

Preuve que tout cela n’a pas trop d’intérêt : un épisode n’a pas été diffusé car collant de trop près à l’actualité…et cela n’a aucune incidence majeure sur le reste de la saison. Les personnages secondaires semblent tous sortis d’un mauvais épisode policier de NCIS : la journaliste web, l’équipe de fin limiers, la femme de Jack Crawford. Toute l’énergie est partie dans les deux principaux personnages, Hannibal et Will.

On sent bien l’inspiration partir en courant vers le milieu de saison, quand Bryan Fuller se lasse de la formule « 1 killer par semaine » pour passer à un arc plus large façon « le double super Killer de la saison »…sauf qu’il a tellement balladé le spectateur pendant six épisodes avec des noms, des lieux et des histoires cul-de-sac qu’on ne sait plus très bien qui est qui et qui a voulu buter qui et pourquoi quand arrivent les quatre derniers épisodes. Les tunnels de dialogues n’en finissent plus (je passais l’épisode sur mon iPhone à regarder Facebook), les invraisemblances s’accumulent et on se fout comme d’une guigne du sort des protagonistes, sauf peut-être de Will, de temps en temps. C’est poussif, contemplatif et mortellement chiant, résumable en une phrase ou presque : blablabla cheasapeake ripper blablabla cheasapeake ripper blablabla. A la limite on pourrait en faire un jeu d’alcool : prenez un verre à chaque fois qu’un des personnages prononce le mot « cheasapeake » et essayez de tenir debout jusqu’à la fin de l’épisode.

Dommage.

A sauver : Gillian Anderson, éblouissante psychiatre du psychiatre Hannibal Lecter, encore plus ambigue que lui et botoxée qu’elle en peut plus. Une très belle musique, tout au long de la série. La photographie, impeccable. Les ambiances « tourné en Colombie Britannique » (on se demande comment ils font pour trouver encore de nouveaux décors !) et les cinq, six premiers épisodes, pendant que l’effet de surprise joue encore. La toute dernière scène. Et l’impression d’avoir passé une soirée dans un restaurant étoilé avec des gens chics mais un peu dangereux pour l’âme.
A ne regarder que si vous avez le temps.

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