Vie quotidienne
Seul, je ne change pas le monde. Ah bon ? Tolstoï, le thon rouge et les autres.
10 septembre 2012
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En mer, pour une pêche raisonnée, avec des journalistes, une actrice, un distributeur de films.

“Je ne pourrais jamais changer le monde donc ça ne sert à rien donc je ne m’engage pas et donc je laisse faire.”
Croyance.

C’est un ami, l’autre jour, qui me dit au téléphone :
– Toi ? Toi, tu t’engages contre la surpêche ? Mais pourquoi ?
– Parce que je trouve ça débile. Fou. Inique. Et que je pense pouvoir changer les choses. Un homme + un homme + un homme. Une chaîne. Un mouvement.Et on y arrive.

J’ai signé la pétition Fish Fight (le lien) et m’engage avec eux car je trouve fou qu’un poisson sur deux pêché en mer du Nord soit rejeté à la mer, mort. Comme plus de 820 000 personnes, je pense que ma voix va faire changer les choses. La politique, le grand capital, les grands de ce monde savent bien le poison des croyances : “On ne peut pas résoudre un problème d’un clic, d’un vote, d’une signature”. Ah bon ?
Non, c’est faux.
Pour une raison simple.
Qui tient en un mot : information.
Un homme informé est un homme éclairé. Un homme qui sait devient un homme qui décide, en son âme et conscience.

J’adore Sushi Shop, j’adore manger des sushis.
Le Thon Albacore (chez eux) ou Rouge (ailleurs) est une espèce en grande souffrance. Dans trente cinq ans, si rien n’est fait, cette espèce et beaucoup d’autres n’existeront plus.
Je le sais, je l’ai appris.
Je suis informé, je suis éclairé.
J’ai donc le choix. Soit je fais l’autruche et je continue à manger des sushis. Quinze euros le menu. Livrés à domicile.
Soit je comprends la portée de mes actes et je n’en mange plus. J’écris un billet sur mon blog. Je diffuse ma prise de conscience à mon réseau, à mes amis. Je discute du problème avec des inconnus. Et, ensemble, je pense que nous pouvons changer les choses.

Je me renseigne, je me cultive.
J’apprends qu’il y a des saisons, pour le poisson, des moments dans l’année pour en manger et je change mon comportement, comme j’ai appris à ne plus laisser couler l’eau quand je me brosse les dents, il y a des années.
J’intègre que manger n’importe quel poisson à n’importe quel moment a donc une conséquence globale, sur nous tous.

J’aimerais conclure sur ce questionnement de Tolstoï, illustrant mon propos et pourquoi je sais qu’il faut commencer par soi, pour soi, pour les autres, tout autour de soi, localement, de petit geste en petit geste, associés les uns aux autres.
Nhat Han rappelle l’histoire de ce roi, racontée par Tolstoï, qui cherchait les réponses aux trois questions suivantes :
– Quel est le meilleur moment pour accomplir chaque chose ?
– Quelles sont les personnes les plus importantes avec qui travailler ?
– Quelle est la chose la plus importante à faire en tout temps ?

Toute personne menant une vie active et travaillant fort pour atteindre ces objectifs peut se poser ces mêmes questions. Les réponses que le roi de l’histoire a obtenues ne sont cependant pas celles qu’on voudrait nécessairement entendre : le moment le plus important est le moment présent, la personne la plus importante est toujours celle avec qui vous vous trouvez et la chose la plus importante à faire, c’est de rendre heureuse la personne à vos côtés.

Selon Nhat Hanh, il est inutile de réfléchir à ce que vous pourriez faire de grand pour rendre service à l’humanité. Il suffit de vous demander ce que vous pouvez faire maintenant, là où vous êtes. Si vous n’êtes pas en mesure d’aider vos proches ou de les rendre heureux, vous n’améliorerez jamais le sort du monde dans son ensemble.

Le miracle de la pleine conscience Thich Nhat Hanh

1917 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There are 10 comments

  • Céline dit :

    Merci William ! Pour ce genre de billets… comme pour les autres ! Et pour ce que tu es, donc…

  • myster.i dit :

    Il paraît que le réveil des consciences est en marche. Continuons à utiliser nos propres voix pour y contribuer. Merci William pour ce texte aussi clair qu’utile.

  • Alain dit :

    Bonjour William,

    Merci beaucoup!

  • Snail87 dit :

    Ok pour la démarche, ça me va bien, mais pourquoi forcément rattacher cela à une croyance en l’occurrence ici, le boudhisme ?
    [Désolé mais en vieillissant, les excès de TOUTES les religions me sortent par les trous de nez…]

    • William dit :

      Je ne prends pas le bouddhisme pour une religion mais pour une philosophie (comme la majorité de ses adeptes !) et…je sépare bien la spiritualité, le désir et le besoin de profondeur des préceptes religieux.

      (Ben merde il est bien mon exemple, rhôô)

  • Luce dit :

    Merci William pour cette jolie prise de conscience. Le principal écueil du monde actuel semble bien de faire des choix, oubliant qu’être à l’écoute de soi c’est être à l’écoute du monde.. Et voilà un petit conte de mon amie Carole pour illustrer : http://www.lhibiscus.fr/L-etoile-de-mer.html?lang=fr
    Belle journée !

  • gvvgvsse dit :

    Fais tu pipi sous la douche?

  • SaintLaineux dit :

    Seriez-vous pas parent proche du sieur @delgoff ? Zavez allure similaire, sensibilité commune, goût du risque et envie d’aventure, etc. ; zêtes deux spécimens du même tonneau dirions-nous. Frangin à vous ?

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