Vie quotidienne Voyages
Sorry, Angel, sorry so.
5 avril 2020
25

Je ne raconte évidemment pas tout ici, je parle peu de travail, par exemple, ni des inimitiés, pas de sexe et très peu de ma vie privée avec « Lui » (qui pourtant mériterait bien des articles…mais je vis avec quelqu’un d’extrêmement discret qui déteste les réseaux sociaux, s’exposer en ligne et tout ce qui ressemble de près ou de loin à de l’exposition sur lui, lui faisant remarquer, ironiquement, en me regardant : « Et je t’ai choisi, toi…? » Ben oui, chaton, tu m’as choisi moi…) et cela m’est pénible en ce moment car je traverse une période complexe liée à ma dernière expérience professionnelle, riche en douleurs et en enseignements. J’en parlerai en détail un jour, avec forces détails, et les pendules seront remises à l’heure bien comme il faut. Mais en attendant, je serre les dents et je choisis les sujets dont je vous parle ici.

Voilà, ça y est, les médias commencent à lâcher un peu l’actualité du jour pour évoquer la France d’après, j’ai lu avec effroi dans le JDD ce matin que la date prévue de la reprise des cours, le 4 mai, n’est vraisemblablement pas tenable et qu’on s’oriente soit vers le 24 mai, soit pour une reprise en septembre. Tout le monde pète déjà un câble : les parents, les enfants, les enseignants. Difficile de faire repartir l’économie (voire impossible) avec les enfants confinés et difficile de relâcher tout le monde du jour au lendemain.

Hier, cela me semblait insoutenable, tout ce bordel et ce matin, je m’en fiche, je me dis qu’on fera avec ce qui vient. Un dernier mot sur mon amoureux : il me fait rire, il est irrésistiblement drôle, il a toujours une petite vanne à faire sur tout et c’est une qualité qui en vaut mille. J’ai toujours aimé qu’on me fasse rire même si ce chameau se moque de moi autant que des autres, jamais cruellement, c’est toujours bien vu, mais quand ça vous tombe dessus, vous devez prendre sur vous pour trouver ça drôle et je comprends mieux la petite moue des gens dont je me suis moqué pendant des années. C’est ma plus grande spécialité, Florence, Céline ou Laetitia pourraient vous le dire : je suis connu pour oser sortir des horreurs sur les gens (en face à face, jamais par derrière sur les gens que j’aime) pour les faire rire et Céline me dit souvent que je suis le seul qui la fait rire sur des détails qui la concerne et ne la font pas marrer outre-mesure. A ce propos, puisque j’ai pris 15 kilos, perdu mes cheveux et ma peau lisse de jeune homme, je pars du principe que charité bien ordonnée commence par soi-même, j’ai donc prévu pour les vacances d’été de me réserver un grand bassin au Musée de la mer de Biarritz, avec les autres lamantins. Ils ont cassé les prix.

Et sinon…

Je n’ai jamais pris de drogue de ma vie : jamais sniffé de cocaïne, jamais pris d’héroïne, jamais gobé un cachet, léché de LSD. J’ai tiré sur trois joints en tout et pour tout et le dernier m’a laissé dans un état très dangereux. Le jeune homme avec qui j’étais, gros usager de drogues, m’avait fortement déconseillé de toucher à quoi que ce soit : « Tu vrilles, coco, tu pars de l’autre côté, tu es trop fragile pour la drogue, si tu pars, tu risques de ne jamais revenir, fais-moi confiance… ».

Imaginez, en ayant fumé un demi-joint, j’avais mis vingt minutes à enfiler mon tee-shirt, commencé à avoir des hallucinations visuelles et j’avais retrouvé mes vêtements au frigo, le lendemain, mes lunettes dans le micro-ondes et un paquet de pâtes cuites jetées sur le paillasson.

C’est un regret puissant dont j’ai déjà parlé plein de fois sur le web en quinze ans, j’adorerais me « droguer » pour voir comment ça fait de perdre le contrôle mais j’ai bien compris l’avertissement, la dernière fois. Donc je plaisante souvent sur la cocaïne sans avoir la moindre idée de ces effets sur ma personne. J’ai couché avec des gens qui se sont drogués devant moi, m’en proposant au passage, et j’ai dit non, sans hésitation mais tout de même un peu déçu de ne pas « m’exploser la tête » avec eux, tout en reconnaissant que le sexe étant la meilleure des drogues naturelles, autant ne pas vouloir l’altérer ou l’améliorer avec un produit à la con. C’était ma manière à moi de me rassurer intellectuellement que je ne ratais rien. Un jour, j’étais avec un jeune homme qui s’était absenté quelques minutes, dans la pièce d’à côté. La porte s’était entrouverte et il était en train de se piquer. Il était revenu, une goutte de sang perlait sur son bras. J’avais arrêté, je n’avais plus envie, il était désolé, il ne pouvait plus faire l’amour sans drogue (« les ravages du ChemSex« ). On en avait longuement parlé, il pleurait, il avait déjà essayé de se sevrer, il était aidé. Nous nous sommes revus une dizaine de fois, pour boire un verre puis je l’ai perdu de vue.

J’ai retrouvé son visage l’an dernier sur Facebook, à la faveur d’un post partagé par une connaissance : il était mort d’une overdose à 30 ans. Il traînait avec un petit groupe dont je connaissais deux personnes de loin et dont je sais qu’ils continuent, malgré le confinement, à se retrouver pour…

Chacun sa croix, chacun son addiction, chacun sa manière de lutter ou de consommer, pas de jugement, pas de morale, juste une infinie tristesse partagée pour celui qui doit « dépendre de » pour penser atteindre l’équilibre (tu parles !) et qui y laisse sa vie sociale, affective, professionnelle, sa santé. Ce jeune homme m’avait marqué, il avait de très beaux yeux bleus, il était devenu comédien, il m’appelait Mister Will, nous nous étions revus plein de fois pour parler, il m’avait dit qu’il s’en était sorti. Et puis il avait rechuté. Ses fréquentations. Il avait un beau job dans la communication quand nous nous étions rencontrés, il l’avait perdu, il n’avait plus rien à la fin. Il se prostituait pour se payer ses doses. Je l’avais connu quand il arrivait encore à gérer. Il me posait toujours la même question : « Tu crois que si je m’en sors, je pourrais sortir avec quelqu’un qui voudra de moi ? » et j’étais sûr que oui, tant il était bienveillant et beau. Son copain de l’époque, qui l’avait fait plonger dedans s’en est sorti comme il y était tombé. J’en parlais ici il y a quelques jours : j’envie ceux qui peuvent flirter avec les abîmes et ne pas s’y brûler. Moi, si je fume, c’est deux paquets, si je mange, c’est pour quatre, si je couche, c’est avec toute la caserne.

(Sur ce dernier point, comme les autres avant, c’est évidemment une allégorie, hein. Mon amour, je ne couche qu’avec toi mais si, d’aventure, une caserne passe à lire par ici et semble désireuse d’offrir une soirée de bonheur à un homme qui en a plus derrière que devant (je parle bien évidemment de mes années de vie), nous partagerons sans souci, tu penses bien)…

Calendrier disponible ici !

Je posterai tous les midi sur mon site le temps du confinement. A demain. Si vous avez lu et aimé, commentez. Partagez. Montrez que vous êtes là. Si vous ne savez pas quoi écrire en commentaire, dites moi  si vous les uniformes vous font de l’effet à vous aussi….

Je voulais également ajouter que je vous remercie d’être là, vous n’avez pas idée à quel point ça me fait tenir. Merci, de tout mon coeur. Merci.

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There are 25 comments

  • Magalie dit :

    Bonjour,
    J’ai lu, j’ai aimé, comme chaque jour. J’ai souri comme chaque jour, et merci pour le calendrier, et tes partages en général.
    Très bonne journée à toi.

  • estèf dit :

    Moi les uniformes ça me faisait effet dans les douches, quand ils les avaient enlevés. Pas plus…
    Bon dimanche

  • Danyhube dit :

    Encore une fois, j’ai lu et aimé votre post ( le regard sans complaisance , la franchise dont vous faites preuve me laissent souvent admirative )
    Merci pour la vue de ma ville !!!!! Belle journée à vous

  • Ad dit :

    Un jour j’ai fait « pouêt pouêt » au béret d’un officier de la marine nationale.

    Hu hu hu.

    Je laisse l’ambigüité, hein.

  • Anne dit :

    Un légionnaire sur sable chaud éventuellement.

  • Fannoche dit :

    Ah oui un beau pompier ça me chamboule les hormones! Par contre l’uniforme de flic non.
    Bises

  • Olivia dit :

    J’ai beaucoup fréquenté des bals de pompier à une époque, histoire de voir de l’uniforme et plus si affinités.
    Eh bien rien, nada, walou. Ca m’est un peu passé, mais je dois dire que tout de même un petit uniforme me fait toujours un peu d’effet.

  • Véro b dit :

    Bof sans plus l’uniforme…pompier à la rigueur…bon dimanche bises

  • Muriel dit :

    Alors, pour les uniformes, mmmh, comme ça là, non, ça ne me chauffe pas spécialement quand j’y pense. J’ai même tendance à en avoir un petit peu peur je crois, plutôt… Un beau pompier peut-être? Mmmffff, même ça, pas sûre…

    Sinon, moi non plus, jamais de drogue. Plus jeune, trop d’alcool, ça oui. Et la clope, à fond jusqu’à mes 30 ans à peu près. Quelques pétards à l’occasion, quand j’étais étudiante, en tirant quelques lattes sur ceux qui tournaient, mais ça ne m’a jamais fait grand-chose (sauf une fois, avec de l’herbe, l’impression qu’on m’avait passé la tête sous un rouleau compresseur, j’étais tellement mal que j’ai dormi direct…). Mais moi, contrairement à toi, je n’ai jamais envié ceux qui en prenaient, ça ne m’a jamais attirée, même pas un tout petit peu… Je n’ai pas non plus fréquenté beaucoup de gens qui tournaient à la coco ou à autre chose d’un peu violent. Beaucoup de mes copains fumaient des pétards, ça oui, et même que ça ne leur faisait pas du bien… Le peu de gens que j’ai côtoyés qui carburaient à des trucs plus durs, ça se voyait clairement qu’ils allaient mal, ça ne donnait pas franchement envie. Elle est triste l’histoire de ce jeune homme que tu racontes, William, si triste.

    • William dit :

      Oui, elle est triste, et si tu avais croisé son regard, il était plus triste encore que son destin, comme s’il pressentait qu’il ne pouvait pas y échapper. De très beaux yeux.

  • Sandrine dit :

    Un uniforme qui me fait frémir ?
    Médical : non…
    Force de l’ordre : non plus.
    Métier manuel : non je ne crois pas.
    J’ai pensé tout de suite à mon amoureux (mon marrrrriiiiiiiii) en jean et Tshirt blanc simple (mais classe), avec un blouson en cuir et un foulard. Et ça, c’est de la bombe.
    Prends soin de toi, et gaffe au chocolat par semi remorque… Je vois tout à fait le tableau…

  • Mag64 dit :

    Ca ne me fait rien non plus…
    Sauf si on considère le maillot de bain comme l uniforme des sportifs 😉
    je te laisse chercher qui est saul craviotto tu m en diras des nouvelles.
    Bise

  • Séverine dit :

    Les uniformes me laissent totalement de marbre. Je ne regarde pas l’habillement chez les gens, c’est leur lumière qui me capte!

  • Arthur dit :

    Moi les uniformes, ça peut me faire de l effet … si j imagine ce qu il y a ( ou pas) en-dessous . J en avais parlé ici: http://arthurmontignac.blogspot.com/2011/01/tous-poil-ou-linconnu-du-metro-2.html?m=0

  • Arthur dit :

    -Et merci pour tes billets! Trop bien! J adore! Continue!
    – À chaque jour suffit sa peine, prenons les choses comme elles viennent. Mais on va s en sortir !
    – Et j aimerais bien être dans la caserne! 🙂
    -bises

  • claire dit :

    Prévoir la date de fin du confinement aujourd’hui, c’est jouer à la prédiction qui fait peur, non ?
    Impossible d’imaginer que je pourrais bosser et avoir les enfants à la maison jusqu’à la fin de l’année scolaire…

  • Cathy dit :

    Bonjour William,
    Comme pour chaque billet depuis… ouhla… disons longtemps : lu et aimé ! (merci, au passage )
    Les uniformes, pas trop, sauf Magnum/Tom Selleck dans sa tenue de marin….
    Bonne journée ! (je n’ose pas t’embrasser, mais le coeur y est )

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