Vie quotidienne
Tous mes secrets de bonté
15 avril 2004
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J’ai décidé d’appliquer une maxime que j’avais lue je ne sais où (peut-être dans les Chroniques de San Francisco) qui revenait à agir de la sorte :
(Sauf en cas de danger potentiel) Pour être enfin heureux dans la vie, au moment de choisir et quel que soit le choix, pesez le pour et le contre, faites un pas sur le chemin le plus connu, juste un, puis revenez en arrière et prenez l’autre : c’est celui du bonheur.

Ouais.
Facile à dire, non.

Comme je suis dans la crise de la trente-quatrième année (la pire, il paraît, pour ceux qui n’ont pas encore quarante ans) et que je veux me faire plaisir sur les trois mois qui arrivent (mon putain d’anniversaire tombe en juin), j’applique ma nouvelle règle de vie dès que je le peux. Du moins dès qu’un choix se présente à moi.

Lundi. Marchand de chemises. « Coton Doux »
3 pour cent euros, une affaire.
Sans même les regarder, comme d’habitude, je prends dans la main une noire, une noire et une bleue marine bien foncée. Pour ajouter au stock des quarante que j’ai dans le placard. Le type me sourit :
– Vous aimez vous vieillir, vous !

Je m’apprêtais à le renvoyer à son karma de vendeur de chemises bariolées en plein cœur du Marais quand la Fée Clochette m’est passée devant les yeux :
– Will ! La Maxime ! Souviens-toi ! Le bonheur.

Je pose alors mes chemises et regarde le vendeur, l’air humble. Il hausse un sourcil :
– Plait-il ?
– Monsieur, je suis votre chose, rendez-moi heureux. Lesquelles me vendriez-vous pour que je sois beau, lesquelles devrais-je prendre si je voulais me mettre en valeur ?

Il contemple mes chaussures, mon pantalon, mon pull. Hésite à peine une seconde et me tend trois modèles que je n’aurais jamais achetés, pas moches du tout. Sans dire un mot, je file vers la cabine. J’en passe une. Me trouve pas mal du tout, dans ce coloris que je n’aurais jamais choisi. Je lui demande si je peux la garder sur moi, pour ma soirée. En arrivant, les gens qui m’aiment et me connaissent bien me disaient tous :
– Dis donc, tu as fait quoi, toi ? Tu ne t’habilles jamais comme ça, ça te va bien ! Tu as maigri ?

Quand une personne emploie le verbe maigrir en m’adressant la parole, je peux partir avec elle faire la campagne de Russie, en la portant sur mon dos au retour.

C’est mon credo, désormais. J’emprunte le second chemin, la face B, l’itinéraire Bis, la nouvelle voie !

(Hier au soir, la petite-fille d’un de mes patients, Marylou, m’a demandé si je ne voyais pas d’inconvénients à aller boire un verre après le boulot. J’ai gardé cet itinéraire optionnel pour en parler à ma psy tout à l’heure. Je n’ai pas de pneus neige et je suis jeune conducteur, n’allons pas nous embourber…)

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