Télévision Vie quotidienne
Un âne qui ne veut pas boire
25 août 2016
41

« Tu ne feras pas boire à la fontaine un âne qui ne veut pas boire » est un des plus beaux proverbes, non ? Le lâcher-prise, on vous le dit, on vous le ressasse et rien à faire, on s’accroche quand même. Un autre que j’aime beaucoup est « Insanity: doing the same thing over and over again and expecting different results… » ce que je devrais également m’appliquer au lieu de le dire aux autres toute la journée.

J’ai un problème de santé assez ennuyeux et qui va devenir potentiellement grave. Je le sais, je le sens, je le constate. Le voyant et son jeu de tarots (riez, allez, moquez-vous) que je vois une fois par an, en bilan, début Octobre depuis 2011, me l’a déjà dit cinq fois et, chaque fois, j’ai haussé les épaules. Il y a dix jours, encore :

– William, vous avez des problèmes intestinaux.

– Je sais, vous me le dites chaque année.

– Si vous ne faites rien, ça va devenir sérieux.

– Vous vous répétez.

– C’est la dernière année que je vous le dis. C’est n’est pas encore trop tard. Inversez la tendance. Faîtes attention à vous.

« C’est presque déjà trop tard » j’ai entendu et je me suis dit qu’il avait l’air plutôt ferme cette année. Bon. Ok. Understood. Croyez-vous que j’ai alors changé mon alimentation en sortant du cabinet ? Que j’opte chaque jour pour un repas équilibré à la cantine ? Que je fais des courses saines ? Un peu de sport ?

Non, rien.

Et chaque jour, chaque matin, plusieurs fois dans la journée ensuite, je constate mes problèmes intestinaux.

Ironie. C’est probablement LE truc qui me fait le plus me fermer à autrui : quand on sollicite mon avis, que je réfléchis longuement, quand je finis par le donner et qu’on ne m’écoute pas. Quand je vois l’autre se prendre un mur au ralenti, mur que je vois arriver à des kilomètres, mur qu’il pourrait éviter mais qu’il a quand même envie (?) de se prendre.

Que voulez-vous que je vous dise ? Vous pensez que j’ai réellement envie d’avoir un cancer des intestins ? Non. Vous pensez que je veux vraiment savoir ce qu’est une chimio, une colostomie ? Que j’oublie les cas de cancer dans la famille, mes tantes, mortes de ça ? non.  Vous pensez que j’oublie mes études d’infirmiers, les gens que j’ai soigné /lavé / bordé / et à qui, parfois, j’ai fermé les yeux ? Non.

Mais je me demande à quoi bon. A quoi bon changer ? A quoi bon lutter ?

Je suis seul. Je ne dois rien à personne. Personne ne compte sur moi. Personne ne m’attend, quelque part. Personne n’a réellement besoin de moi. It’s a fucking fact. Personne ne pense à moi, le matin ou le soir. J’ai des potes, des amis. Un peu de famille. Pas mal de collègues que j’aime bien, oui. Je ne cherche pas à faire pleurer dans les chaumières ni à pêcher des compliments qui de toute façon n’apaiseraient pas grand chose (combien de fois peut-on entendre dans une vie « Tu es beau / tu as du talent / etc. et ne toujours pas le croire de manière durable ? Ou combien de fois doit-on se dire en se regardant dans la glace « Je suis beau / j’ai du talent / j’ai une importance dans mon cercle social » pour le croire de manière durable ?) (Vous le savez aussi que je suis Zèbre, que je ne fonctionne pas comme tout le monde, je ne cherche pas d’excuse à deux balles sur mon comportement affectif et mon incapacité à recevoir de l’amour ou du positif, juste, je le rappelle dans le débat, je ne fonctionne pas comme 98% de l’humanité et j’en suis le premier chagriné…) mais c’est un fait : je suis seul et que je sois la demain ou pas ne changera pas grand chose. On va tous y passer, right ?

Donc je ne fais pas attention à moi. Et peut-être même que je précipite la chute.

 

Un commentaire lumineux, de Kath de Belgique, laissé hier : « Cher William, tu sais que tu as énormément de potentiel (et pas que intellectuel) ( n’est-pas ? ) . Je suis intimement persuadée que tu en doutes encore, par contre tes écrits sur ce blog ont tendance à te positionner comme quelqu’un de beau, d’intelligent et plus récemment de riche. Je suis certaine que tu disposes de l’empathie nécessaire pour comprendre que nous (les autres) n’avons pas nécessairement ni la beauté et la richesse ni la confiance en soi, ni l’intelligence. Mais peut-être qui sait, avons-nous l’un ou l’autre ou même l’un et l’autre. Ou mieux encore d’autres qualités. Voire même d’autres défauts. Reste zen William ! Ne te fais ni bouffer par ton QI , ni par ta position chez D., ni pas tes coaches divers et variés. La vie est maintenant et ici… »

 

Oui, j’en doute encore. Je ne me trouve ni beau, ni intelligent, ni riche. Mais tu as raison, je dois travailler plus sur mon empathie pour ne pas oublier les autres et leurs combats. Tu sais, j’y pense souvent.  Je vois les autres comme une source inépuisable d’échanges et d’enrichissement personnel, je me nourris à leur lumière, petite ou grande, je me fous des diplômes ou de la couleur de peau, de l’âge ou du sexe, je perçois les autres comme une manière d’avancer et de grandir.

J’essaie de ne pas me faire bouffer par mon QI. Je ne me laisse pas griser non plus, il n’y a pas de quoi. Ma position chez mon employeur d’ailleurs ne me « grise » absolument pas, bien au contraire elle m’apporte une paix et une joie très forte, c’est un facteur puissant de mon centrage au quotidien, tant je rencontre des gens passionnés et tant le lieu vibre de milliers d’énergies.

Pour finir avec les coaches (j’ai l’impression de me justifier), je n’en ai qu’une, comme pas mal de salariés qui atteignent un certain de niveau de carrière dans certains milieux : elle m’aide à naviguer sans encombres dans un monde dont on ne m’a (…et oui…pas fait d’études de marketing, de com’ ou de sciences politiques) jamais appris les codes, les clefs, les usages. Et à monter les marches. Je vais aussi chez ma vieille psy une fois par mois et elle me dit souvent qu’elle ne veut plus me voir. On fait de l’hypnose, c’est génial. Suis hyper réceptif.

Le reste du temps, je suis seul face à mes ruminations. Seul. Je ne me bats pas pour moi car je n’en vois pas l’intérêt. Je me suis longtemps battu pour lui, pour nous. Mais ça, c’est le passé.

Heureusement, j’ai découvert Alicia Florrick il y a quinze jours. Je viens de finir la saison 2.

Si elle y arrive, je peux y arriver aussi, non ? Tant que la série dure, en tout cas. Sinon, rien à l’horizon.

Alors à quoi bon ? Sans tristesse, sans instinct morbide, sans morgue, juste en disant : si je ne change pas pour moi, c’est que je n’ai pas réellement envie de changer. C’est comme ça que je suis. Un âne bâté. Et je n’ai pas soif de changement.

 

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There are 41 comments

  • PYB dit :

    Tu va chez la psy « une fois par moi » ? je ne te savais pas schizophrène 😉

    Merci de m’ôter encore une fois les mots de la bouche, sur la question du « pourquoi changer si ce n’est que pour soi ? ». L’autre est une tellement meilleure raison de faire l’effort de changer.

    Allez, reprenons du fromage et un verre de vin 🙂
    <3

  • Valvita dit :

    Dix kilos en trop et je m’en moque. Je mange des cochonneries à longueur de journée et j’aime ça. L’avis des autres ? Trop de cholestérol ? Peu importe, c’est ma vie. Même si je déteste voir mon reflet dans une glace, je continue la malbouffe. Personne pour qui faire un effort. Puis un jour, cette réflexion que je me fais à moi-même, venue de je ne sais où : « Tu te détestes donc à ce point ? »

    Depuis je mange un peu mieux et maigris gentiment. Je crois que je m’aime un peu…

    Changer « juste pour soi » est très difficile.

  • Gump dit :

    Et s’il ne s’agissait pas de changer? Mais d’éprouver ?
    Elle change Alicia, elle veut changer? Non. (bon j’ai vu qu’une ou deux saisons)
    je t’embrasse fort. (je sais pas trop si je pense à toi plus le matin que le soir , si le soir , mais on s’en fout)

  • Guillaume dit :

    il te reste encore 5 saisons ^^

  • Julie dit :

    Ton post me fait penser à cette très belle phrase de Céline, obsédante, attrapée au vol dans D’Autres vies que la Mienne, de Carrère ( que tu as lu, je crois) « C’est peut-être ça qu’on cherche à travers la vie, rien que cela, le plus grand chagrin possible pour devenir soi-même avant de mourir. »…

    • William dit :

      C’est pas faux.
      Oui, je l’avais lu mais il m’avait prodigieusement agacé, je ne le trouve pas « sincère » ce monsieur, c’est étrange, non, je le sens super présent dans ces histoires, pas très discrètement. Mais le livre était bluffant.

  • Gilles dit :

    Cher William,

    Je te lis depuis un nombre d’années que j’ai renoncé à compter. Tu t’appelais Ron et je me demandais “Mais qui est cette vieille actrice que Ron a soigné ?”. TU m’as très souvent fait rire ou réfléchir, impressionné ou agacé (rarement) mais en tout cas tu as acquis une petite place dans ma vie. Dans Feedly, quand je vois que tu as écrit un nouveau post, je me dis chouette ! J’espère qu’il va bien !

    Je ne vais pas te dire que tu es beau (tu l’es mais bon pas non plus à tomber 🙂 ), ni intelligent, ni que tu as de la chance…Peut être juste de direce que je me dis quand je suis dans une période difficile “Tu sais que ça va aller mieux et que le bonheur est après le tournant”. C’est sans doute con mais ça marche pour moi!

    Courage et tu as raison The Perfect Wife est top (sauf que je ne comprends vraiment ce qu’elle trouve à son mari mais bon Carrie aussi le trouvait à son goût donc il doit avoir un truc à fille, un joujou extra,…)

    • William dit :

      C’est une série télé, franchement, je me demande vraiment quelles seraient ces chances dans la vraie vie. Il est moche, ce mec, beurk. Déjà que j’étais furieux que Carrie fiche sa vie en l’air pour revenir avec lui, argh, j’en reprends pour sept saisons avec Alicia.

  • Caroline dit :

    Et bien une fois n’est pas coutume: je ne suis absolument pas d’accord avec toi! Pourtant tendance zebre et infirmière aussi. « Pourquoi changer si ce n’est que pour soi » mais parce que ta personne, seule et individuelle mérite que tu prennes soin de toi! Parce qu’avant de se tourner vers les autres, il faut d’abord s’occuper de soi. parce qu’il est indispensable de se sentir important pour que les autres t’accordent de l’importance. Parce que si tu attends d’avoir une autre personne attachée qui te donnerait envie de prendre soin de toi alors tu peux attendre encore longtemps (encore faut il être toujours là pour le vivre). Parce que malgré tout, les gens aiment et s’attachent aux personnes qui sont autonomes à se sentir bien et à prendre soin d’eux. Alors bien-sûr, le risque de choper une merde existe pour tout le monde et ne doit pas t’imposer des contraintes qui ne te correspondent pas. si manger ce que tu veux est important pour toi alors tu en assumes le risque. Fais le parce que c’est une source de plaisir, parce que tu n’as pas envie de te prendre la tête, parce que ça te paraît trop dur de changer… Mais ne le fais pas parce que ce « n’est que pour toi ».
    Bon, ce n’est que mon avis avec ce que tu nous a donné comme matière.
    Pour ma part je ne te connais qu’à travers ce blog mais j’ai un infini respect pour tes écrits. Ta complexité, ton questionnement torturé parfois, me parlent beaucoup. Tes écrits ont contribué à ce que je m’autorise à accepter d’être differente; à comprendre que les moules proposés ne seraient jamais les miens; à faire des choix et à les assumer.
    Alors merci!

  • William dit :

    D’accord pour la psy une fois par mois (même plus si je le pouvais) mais une personne susceptible de me prédire l’avenir (surtout ce genre de nouvelles)… Brrrr j’en ai froid dans le dos…
    Moi j’ai méga soif de changement… professionnels surtout… sauf que (et là c’est drôle), je ne sais absolument pas quoi faire d’autre (à part que je suis intéressé par l’artistique, le social et le conventionnel)…

  • Gilles dit :

    Cher William,

    Je te lis depuis un nombre d’années que j’ai renoncé à compter. Tu t’appelais Ron et je me demandais “Mais qui est cette vieille actrice que Ron a soigné ?”. TU m’as très souvent fait rire ou réfléchir, impressionné ou agacé (rarement) mais en tout cas tu as acquis une petite place dans ma vie. Dans Feedly, quand je vois que tu as écrit un nouveau post, je me dis chouette ! J’espère qu’il va bien !

    Je ne vais pas en effet te rappeler que tu es beau (tu l’es mais bon pas non plus à tomber 🙂 ), ni intelligent, ni que tu as de la chance…Peut être juste de dire ce que je me dis quand je suis dans une période difficile “Tu sais que ça va aller mieux et que le bonheur est après le tournant”. C’est sans doute con mais ça marche pour moi!

    Courage et tu as raison The Perfect Wife est top (sauf que je ne comprends vraiment ce qu’elle trouve à son mari mais bon Carrie aussi le trouvait à son goût donc il doit avoir un truc à fille, un joujou extra,…)

  • Bochel dit :

    Tout cela n’est qu’une question d’amour, mais même si intellectuellement il est facile de se donner des milliers de raisons de s’aimer et de prendre soin de soi, les tripes parfois disent autre chose. Alors, on se laisse aller à ne pas aller. Il y a un petit film, sans prétention mais que personnellement j’adore car il dit tout.. « Oui, mais » avec Jugnot (oui je sais, mais il campe un psy tout à fait crédible). Un petit film qui explique qu’il faut parfois trouver son propre chemin tout seul, sans aide, sans guide, juste pour le chemin, pas tant pour la destination.
    Je te souhaite William de trouver ce chemin personnel entre tous, celui qu’empruntent aussi les zèbres, et les chameaux à trois bosses. Je le cherche encore.

    • William dit :

      Ah ? Je ne connaissais pas mais je vais aller regarder si je le trouve.

      Je crois qu’en livrant ici le fruit de mes réflexions, sans fard, j’esquisse les pas sur mon chemin personnel. Je n’écris que dans ce but et aussi pour lire des réactions. Elles sont toujours passionnantes. Dire exactement ce qu’on pense crée un cercle vertueux. C’est magique.

  • Nad dit :

    Je trouve ton écrit si……triste. Si en contradiction avec tes précédents.
    Et je rejoins Caroline.
    Il ne faut pas se dire : pourquoi changer juste pour moi. Clairement on sent un abandon, un désamour de toi même.
    Dingue comme j’ai l’impression de lire ce qu’aurait pu écrire mon ex, le fameux zèbre lui aussi.
    Ressaisis toi! Et dis toi que ce laisser aller n’attire pas. Et que ce serait dommage de passer à côté de quelque chose ou quelqu’un de fort.
    Après on a tous des hauts et des bas et souvent c’est quand on pense que c’est foutu que …. on sort enfin la tête de l’eau.

    Courage!!
    J’adorerai avoir un super voyant comme le tien mais j’habite trop loin de Paris. J’ai jamais osé aller en voir un. Peur de ce qu’il pourrait me dire. Et si en plus c’était un charlatan?

    Par contre, comme toi, je suis des séances d’hypnothérapie. Et comme toi, je suis super réceptive 🙂
    Quand tu veux tu nous en parles plus, j’aimerais tellement voir un avis la dessus. Je trouve ça tellement…..waouh!!! Pas toi?

    • William dit :

      Merci.
      Je ne le trouve pas en contradiction, juste c’est une autre facette de moi. Je me demandais ce matin si mon humeur – comme Daho – était down, down, down à cause de plein de choses ou si c’était simplement une vraie réflexion sur un vrai problème que j’examine froidement.

      Bah, un voyant, c’est comme un gros manège de fête foraine. On joue à se faire peur et plaisir. Une fois par an, quelle importance si c’est un charlatan. Qui ne l’est pas ?

      Ok pour parler d’hypnose. Stay tuned :p

  • Jean-Marc dit :

    Au moment du décollage, les consignes de sécurité… Quelque chose m’avait toujours un peu dérangé, mettre son masque à oxygène avant celui d’un enfant. Sûrement il va étouffer !
    Il m’en a fallu du temps pour en admettre la logique !

    • William dit :

      Toujours pas compris ton commentaire et ce n’est pas faute de l’avoir relu dix fois !

    • Emi dit :

      Bonjour William,

      Peut-être fait-il référence aux premiers gestes de secours.? La logique est pour le sauveteur de se mettre en position secure pour porter assistance. Secourir efficacement une potentielle victime sera difficile si le secouriste se blesse ou pire, ce qui implque qu’avant toute intervention sur une victime, veiller a débarrasser la scène de l accident de tout objets dangereux pour lui comme pour la victime. Idem dans un avion, mettre un masque à oxygène avant celui de l’enfant pour pouvoir continuer à l’assister ensuite.

      A-t-il voulu suggérer de ménager d’abord sa monture pour continuer à faire ce que l’on aime ?
      « Mais tu as raison, je dois travailler plus sur mon empathie pour ne pas oublier les autres et leurs combats. Tu sais, j’y pense souvent. Je vois les autres comme une source inépuisable d’échanges et d’enrichissement personnel, je me nourris à leur lumière, petite ou grande, je me fous des diplômes ou de la couleur de peau, de l’âge ou du sexe, je perçois les autres comme une manière d’avancer et de grandir ».

      Peut-être ou pas…Jean Marc, please, revient :-)!

  • Capitaine Dessables. dit :

    Un de mes mantras personnels est depuis longtemps : « le monde n’a pas besoin de toi ».
    C’est même sur le fond de mon portable et beaucoup de ceux qui la lisent trouvent cette phrase extrêmement triste et flippante. Elle peut l’être bien sûr, mais quand on l’écoute bien, elle est aussi extrêmement rassurante, libératrice en un mot.
    Fais en ce que tu veux.

  • kath de Belgique dit :

    Je suppute que l’adjectif « lumineux  » qui accompagne le nom commun de commentaire par Kath de Belgique aka moi était un poil ironique. Dommage, car en aucun cas ce commentaire ne se voulait ni lumineux, ni quoi que ce soit, à moins que … juste bienveillant. Et en réponse à d’autres commentaires moins chouettes comme on dit chez moi laissés à ton encontre. Il va de soi – entre zèbres on se comprend- que je ne laisserai plus d’autres mots posés ici. Je te souhaite vraiment le meilleur, que ce soit dans le changement, dans la pérennité, mais en tout cas dans la lumière et dans l’amour pour soi et pour autrui.

    • Muriel dit :

      Ah ben moi je n’y avais rien vu d’ironique… Ni un peu ni même un poil… Et par ailleurs j’avais bien senti la bienveillance de votre propre commentaire, kath… Bref, je réagis parce que ce que j’ai lu sous la plume de William dans ce post me paraît très sincère, et dénué de toute forme de moquerie ou d’ironie pour le coup! Il n’y a pas à interpréter quoi que ce soit ici je pense, juste prendre les choses telles qu’elles sont dites, de façon transparente, sans sous-texte. Ah la la, vous les zèbres, vous êtes drôlement alambiqués pour aller imaginer des choses là où elles ne sont pas! Vous êtes infiniment doués et perceptifs, mais aussi tellement hypersensibles que cela nuit à votre perception des choses. Parfois les choses sont justes… simples. Non?

    • Muriel dit :

      Ah ben moi je n’y avais rien vu d’ironique… Ni un peu ni même un poil… Et par ailleurs j’avais bien senti la bienveillance de votre propre commentaire, kath… Bref, je réagis parce que ce que j’ai lu sous la plume de William dans ce post me paraît très sincère, et dénué de toute forme de moquerie ou d’ironie pour le coup! Il n’y a pas à interpréter quoi que ce soit ici je pense, juste prendre les choses telles qu’elles sont dites, de façon transparente, sans sous-texte. Ah la la, vous les zèbres, vous êtes drôlement alambiqués pour aller imaginer des choses là où elles ne sont pas! Vous êtes infiniment doués et perceptifs, mais aussi tellement hypersensibles que cela nuit à votre perception des choses. Parfois les choses sont justes… simples. Non?

    • Muriel dit :

      Ah ben moi je n’y avais rien vu d’ironique… Ni un peu ni même un poil… Et par ailleurs j’avais bien senti la bienveillance de votre propre commentaire, kath… Bref, je réagis parce que ce que j’ai lu sous la plume de William dans ce post me paraît très sincère, et dénué de toute forme de moquerie ou d’ironie pour le coup! Il n’y a pas à interpréter quoi que ce soit ici je pense, juste prendre les choses telles qu’elles sont dites, de façon transparente, sans sous-texte. Ah la la, vous les zèbres, vous êtes drôlement alambiqués pour aller imaginer des choses là où elles ne sont pas! Vous êtes infiniment doués et perceptifs, mais aussi tellement hypersensibles que cela nuit à votre perception des choses. Parfois les choses sont justes… simples. Non?

    • William dit :

      Petit zèbre hyper sensible – comme moi – tu fais fausse route. Je n’étais absolument pas ironique et j’ai réellement apprécié ton commentaire 🙂

      Aaaaah les humeurs de Zèbres

  • Muriel dit :

    Bonjour William, j’avais adoré votre précédent post (il a disparu ?), qui me semblait apaisé, avec une réelle confiance intérieure qui semblait émerger enfin en vous. Et puis, bim, le post suivant, avec ce terrible constat (du moins en apparence): est-ce que je m’aime assez pour me faire du bien à moi, sans qu’il y ait un objectif extérieur (plaire à autrui, vivre plus longtemps pour autrui, être aimé, admiré, consolé par autrui…)? Cette alternance de moments de paix, de confiance en la vie et en soi avec des moments où le gouffre semble si près de nos pieds me parle énormément. Qu’il est long le chemin qui mène à soi-même… Qu’il est long et semé d’embûches. Surtout si on l’a commencé (comme malheureusement beaucoup d’entre nous…) avec un sentiment profond de manque d’amour. Ce manque initial nous marque de façon tellement forte que l’on rechute souvent ensuite, même lorsque l’estime de soi (la vraie, pas celle qui est liée à des succès éphémères), et plus encore, l’amour de soi commencent à se faire jour en nous. Série de rechutes… Je suis un peu dans cette perspective « à quoi boniste », pas pour les mêmes raisons, mais parce que je n’en peux plus d’être guidée par la peur, pour ma part. Dire à quelqu’un « vous avez des problèmes intestinaux, faites quelque chose, avant qu’il ne soit trop tard », même si ce n’est pas volontaire, c’est tenter de faire peur à la personne pour qu’elle réagisse. C’est peut-être louable, mais manifestement c’est contreproductif avec vous. Comme ça le serait sûrement avec moi, désormais. Parce que je tente de me débarrasser de mes peurs (et j’en ai par paquets de 12) et que ça va, là, la barque est pleine à craquer, stop. On est là pour vivre des expériences, ressentir les choses, pas pour se mettre sous cloche en atmosphère stérile, n’est-ce pas? D’autant qu’un problème de santé de ce type a-t-il une solution unique dont vous seriez sûr à 100% qu’elle fonctionne? Parce que changer d’alimentation, faire du sport… est-ce que ça va vraiment changer les choses? Et si oui, est-ce que vous allez aimer votre vie avec ces changements ou pas? Elle est là la question ! Qu’est-ce que vous avez envie de vivre ici et maintenant ? Pas : est-ce que vous voulez éviter la chimio demain ? Mais qu’est-ce que vous voulez vivre là tout de suite ? Parce que, si vous changez de mode de vie sans réelle conviction, sans réelle envie (qu’elle soit guidée par l’amour de vous-même ou par le fait de complaire à quelqu’un d’autre n’est finalement pas la question…), ce n’est pas votre vie, pas votre chemin à vous. Et puis, s’imposer une nouvelle alimentation, en se sentant mal, frustré, contraint au quotidien, est-ce que ça va vraiment vous faire du bien ? D’autant qu’on peut aussi s’imposer tous ces changements, en souffrant parce qu’on n’en avait au fond aucune envie, mais juste parce qu’on veut s’éviter une maladie à venir, et au final, finir par mourir renversé par un autobus en bas de chez soi… Je ne fais aucune prédiction de ce type pour vous, bien évidemment, je veux juste illustrer la nécessité de l’ici et maintenant… Personnellement, je ne crois pas, au fond, que ce soit parce que vous ne voulez pas changer pour vous-même que vous ne faites rien, je pense au contraire que c’est parce que vous voulez vivre selon ce qui vous correspond (ou que vous croyez qui vous correspond en tout cas…), et ça c’est une plutôt une preuve d’amour de soi, même si parfois elle est maladroite, même si cela ne nous empêche pas d’aller dans des impasses ou des chemins tortueux. Parce que s’imposer un mode de vie qui ne nous correspond pas juste parce qu’on a peur, ça on est très nombreux à le faire et ce n’est pas de l’amour de soi. Changer d’alimentation parce qu’on est certain que ça nous correspond mieux, parce que ça nous fait plaisir, alors là oui, bingo! Faire du sport parce qu’on sent qu’on se fait du bien et qu’on a vraiment envie de se faire du bien, oui, bien sûr ! Mais faire tout cela par obligation, par peur, ou pour faire plaisir à autrui, ben, moi personnellement désormais je le refuse. Parce que je tiens à aller là où je me sens bien, même si je dois découvrir après coup que c’était illusoire ou finalement dangereux ou pas si bien que ça à la longue. Cela me permet en tout cas de poser mon prochain pas, quitte à ce que ce soit dans une direction très différente, selon un projet qui n’existait même pas hier, quitte à ce que ce soit avec une blessure en plus, tant pis. Après, bien sûr, c’est facile comme ça sur le papier mais en vrai c’est aussi avec des doutes plein la tête et des moments pas toujours pleins de grâce… Vos intestins sont peut-être en train de vous signifier des choses, sur un mode de vie à changer, oui, peut-être, car le corps ne nous ment jamais, mais il n’empêche que c’est quand même à vous de voir où vous désirez que cela vous mène. Je ne vous souhaite aucune maladie, bien sûr, mais je sais aussi que parfois la maladie nous révèle encore un peu plus à nous-même et apporte, avec son lot de douleurs, une forme de délivrance, parce qu’elle nous impose tellement de renoncements qu’elle nous force à revenir à l’essentiel de notre être. Vous en avez vu de nombreuses facettes, je crois, en tant qu’infirmier, alors je ne vous ferai pas l’injure de développer sur la question. On n’est pas condamné à vivre des choses aussi ultimes pour avancer, mais parfois si. On peut aussi désirer (inconsciemment) que cela arrive parce qu’on n’a pas la volonté nécessaire de le faire par la « manière douce » et qu’on veut tester jusqu’où on peut aller trop loin… Et accepter ensuite d’avancer avec la « manière forte ». Bref, il y a plein de possibilités. J’espère que quoi que vous fassiez, cela vous permette de trouver plus de sérénité, dans tous les cas. Et oui, vous êtes beau, intelligent, plein de multiples talents, et j’adore votre façon d’écrire. Mais je sais que cela ne sert pas à grand-chose de vous le dire tant que vous ne le ressentez pas profondément, comme une évidence tranquille, au fond de vous même. Dans tous les cas, même si je ne vous connais pas, je vous envoie mes pensées les plus affectueuses.

    • William dit :

      J’ai énormément de chance dans la vie et encore plus d’avoir des humains qui me lisent avec bienveillance, intelligence et qui…commentent avec la même intelligence et bienveillance. Prendre la plume pour dire tout ce que vous venez de me dire, qui est d’une rare justesse, wow.

      Merci. Je le relirai encore ce soir, ce commentaire.

      Vous êtes formidable.

  • Muriel dit :

    Bonjour William, j’avais adoré votre précédent post (il a disparu ?), qui me semblait apaisé, avec une réelle confiance intérieure qui semblait émerger enfin en vous. Et puis, bim, le post suivant, avec ce terrible constat (du moins en apparence): est-ce que je m’aime assez pour me faire du bien à moi, sans qu’il y ait un objectif extérieur (plaire à autrui, vivre plus longtemps pour autrui, être aimé, admiré, consolé par autrui…)? Cette alternance de moments de paix, de confiance en la vie et en soi avec des moments où le gouffre semble si près de nos pieds me parle énormément. Qu’il est long le chemin qui mène à soi-même… Qu’il est long et semé d’embûches. Surtout si on l’a commencé (comme malheureusement beaucoup d’entre nous…) avec un sentiment profond de manque d’amour. Ce manque initial nous marque de façon tellement forte que l’on rechute souvent ensuite, même lorsque l’estime de soi (la vraie, pas celle qui est liée à des succès éphémères), et plus encore, l’amour de soi commencent à se faire jour en nous. Série de rechutes… Je suis un peu dans cette perspective « à quoi boniste », pas pour les mêmes raisons, mais parce que je n’en peux plus d’être guidée par la peur, pour ma part. Dire à quelqu’un « vous avez des problèmes intestinaux, faites quelque chose, avant qu’il ne soit trop tard », même si ce n’est pas volontaire, c’est tenter de faire peur à la personne pour qu’elle réagisse. C’est peut-être louable, mais manifestement c’est contreproductif avec vous. Comme ça le serait sûrement avec moi, désormais. Parce que je tente de me débarrasser de mes peurs (et j’en ai par paquets de 12) et que ça va, là, la barque est pleine à craquer, stop. On est là pour vivre des expériences, ressentir les choses, pas pour se mettre sous cloche en atmosphère stérile, n’est-ce pas? D’autant qu’un problème de santé de ce type a-t-il une solution unique dont vous seriez sûr à 100% qu’elle fonctionne? Parce que changer d’alimentation, faire du sport… est-ce que ça va vraiment changer les choses? Et si oui, est-ce que vous allez aimer votre vie avec ces changements ou pas? Elle est là la question ! Qu’est-ce que vous avez envie de vivre ici et maintenant ? Pas : est-ce que vous voulez éviter la chimio demain ? Mais qu’est-ce que vous voulez vivre là tout de suite ? Parce que, si vous changez de mode de vie sans réelle conviction, sans réelle envie, ce n’est pas votre vie, pas votre chemin à vous. Et puis, s’imposer une nouvelle alimentation, en se sentant mal, frustré, contraint au quotidien, est-ce que ça va vraiment vous faire du bien ? D’autant qu’on peut aussi s’imposer tous ces changements, dans la souffrance, parce qu’on n’en avait au fond aucune envie, mais juste parce qu’on veut s’éviter une maladie à venir, et au final, finir par mourir renversé par un autobus en bas de chez soi… Je ne fais aucune prédiction de ce type pour vous, bien évidemment, je veux juste illustrer la nécessité de l’ici et maintenant… Personnellement, je ne crois pas, au fond, que ce soit parce que vous ne voulez pas changer pour vous-même que vous ne faites rien, je pense au contraire que c’est parce que vous voulez vivre selon ce qui vous correspond (ou que vous croyez qui vous correspond en tout cas…), et ça c’est une plutôt une preuve d’amour de soi, même si parfois elle est maladroite, même si cela ne nous empêche pas d’aller dans des impasses ou des chemins tortueux. Parce que s’imposer un mode de vie qui ne nous correspond pas juste parce qu’on a peur, ça on est très nombreux à le faire et ce n’est pas de l’amour de soi. Changer d’alimentation parce qu’on est certain que ça nous correspond mieux, parce que ça nous fait plaisir, alors là oui, bingo! Faire du sport parce qu’on sent qu’on se fait du bien et qu’on a vraiment envie de se faire du bien, oui, bien sûr ! Mais faire tout cela par obligation, par peur, ou pour faire plaisir à autrui, ben, moi personnellement désormais je le refuse. Parce que je tiens à aller là où je me sens bien, même si je dois découvrir après coup que c’était illusoire ou finalement dangereux ou pas si bien que ça à la longue. Cela me permet en tout cas de poser mon prochain pas, quitte à ce que ce soit dans une direction très différente, selon un projet qui n’existait même pas hier, quitte à ce que ce soit avec une blessure en plus, tant pis. Après, bien sûr, c’est facile comme ça sur le papier mais en vrai c’est aussi avec des doutes plein la tête et des moments pas toujours pleins de grâce… Vos intestins sont peut-être en train de vous signifier des choses, sur un mode de vie à changer, oui, peut-être, car le corps ne nous ment jamais, mais il n’empêche que c’est quand même à vous de voir où vous désirez que cela vous mène. Je ne vous souhaite aucune maladie, bien sûr, mais je sais aussi que parfois la maladie nous révèle encore un peu plus à nous-même et apporte, avec son lot de douleurs, une forme de délivrance, parce qu’elle nous impose tellement de renoncements qu’elle nous force à revenir à l’essentiel de notre être. Vous en avez vu de nombreuses facettes, je crois, en tant qu’infirmier, alors je ne vous ferai pas l’injure de développer sur la question. On n’est pas condamné à vivre des choses aussi ultimes pour avancer, mais parfois si. On peut aussi désirer (inconsciemment) que cela arrive parce qu’on n’a pas la volonté nécessaire de le faire par la « manière douce » et qu’on veut tester jusqu’où on peut aller trop loin… Et accepter ensuite d’avancer avec la « manière forte ». Bref, il y a plein de possibilités. J’espère que quoi que vous fassiez, cela vous permette de trouver plus de sérénité, dans tous les cas. Et oui, vous êtes beau, intelligent, plein de multiples talents, et j’adore votre façon d’écrire. Mais je sais que cela ne sert pas à grand-chose de vous le dire tant que vous ne le ressentez pas profondément, comme une évidence tranquille, au fond de vous même. Dans tous les cas, même si je ne vous connais pas, je vous envoie mes pensées les plus affectueuses.

  • JustmarieD dit :

    Un bisou en passant. Je passe ici de temps en temps. Je pense à toi plus souvent !
    Préventif ou curatif ? Préventif impose des règles supposées te préserver de maux, qui, s’ils arrivaient, te donneraient l’occasion de les transcender donc d’évoluer, curatifs donc. Il ne s’agit donc pas de choisir entre deux exercices mais de la motivation qui les sous-tend. Et je crois qu’on peut prendre soin de soi par altruisme, par exemple pour éviter au voyant de devoir être de mauvaise augure 😉 et puis aussi, peut-être, parce que préserver sa santé quand on l’a, c’est une marque de respect pour ceux qui ne l’ont pas ou même jamais eu. Et une sacrée chance, un miracle quotidien ! Un peu comme avoir de l’argent dans sa poche et un toit sur sa tête.
    Mourir la belle affaire ! Mais vivre, pleinement, consciemment. Joyeux malgré tout. Prendre soin d’un grand Soi, quelle aventure !
    Je t’embrasse bien fort
    Marie

  • alice dit :

    Premier comm ici après des années de lecture en sous marin.
    c’est « marrant » de mon côté ces angoisses, cette différences m’ont conduit à charger la barque le plus vite et le plus tôt possible, concours, boulot stable, mari, enfants… et la conclusion qui s’impose à chaque fois c’est que rien n’apaise cette quête de sens, ce besoin de vision globale qui sont insatiables avec heureusement des accalmies mais je suis de plus en plus convaincue qu’elles ne sont pas le fruit du contexte extérieur.
    Un merci pour la route une des dernières belles accalmies je l’ai passé avec ton livre il en faut peu que j’ai adoré !

  • Johanna dit :

    Cher William,

    Je commente pas ou peu, et pourtant, tes écrits créent des tempêtes dans ma tête.

    Dans un registre proche, j’ai eu un débat / dispute avec un proche récemment, qui trouvait cretin que je ne prenne pas le temps d’aller faire une série d’examens assez invasifs. Mais pour quoi faire, si ce n’est perdre du temps à s’entendre dire des choses désagréables, pour gagner un peu plus de temps de vie mais baigné par l’angoisse ?

    C’est le « hic et nunc » qui compte, parce que demain n’existe pas (encore).

    Mais… la motivation de prendre « soin » de soi, ça peut être aussi de se laisser le plus de latitude possible pour voir venir, profiter de chaque minute en s’en offrant encore beaucoup à vivre… ?
    Faire des cadeaux à ton toi futur aussi ?

    Je te souhaite plein de temps et de jolis moments en tous cas.

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