Voyages
Un road trip en Guadeloupe : itinéraire, conseils, impressions
22 janvier 2018
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Et oui, douze jours de soleil sur la peau, de voiture conduite les fenêtres ouvertes, de couchers de soleil plus sompteux les uns que les autres, de découvertes culinaires, c’est parti pour mon article “Road trip en Guadeloupe” qui ne sera PAS exhaustif car vous trouverez mille guides pour vous donner les meilleures plages, les meilleurs restaurants, etc. Une remarque : oui, si vous voulez voir la Guadeloupe ET ses îles, sans vous presser, quinze jours pleins ne seront pas de trop. Je n’ai pas eu le temps d’aller à Marie-Galante ou aux Saintes car une fois sur place, une certaine paresse vous gagne, une indéniable indolence, oh mon Dieu mais oui, c’est fou : vous êtes en vacances.

En gros, sur l’île, il y a deux salles, deux ambiances :

La Basse-Terre, la partie gauche du papillon, c’est l’image de carte postale : cocotiers, jungle luxuriante, routes sinueuses, plages paradisiaques.

La Grande-Terre, la partie droite du papillon, c’est la No Go Zone à Pointe-à-Pitre, on y reviendra plus loin et plus on s’éloigne vers l’est, de kilomètre en kilomètre, des moments magiques : Sainte-Anne, Saint-François ou au nord Anse-Bertrand (l’endroit le plus authentique de mon voyage…) : c’est plat et c’est très touristique sauf Anse-Bertrand. Attention, ça peut être un vrai moment McDonald’s en vacances si vous n’y prêtez pas attention, genre au Gosier, il ne manque que IKEA pour vous croire en métropole… Vous venez pour vous aérer mais vous finissez par reproduire ce que vous connaissez dans l’hexagone, sous le soleil. Voici mon trajet (et en douze jours, je n’ai pas pu voir tout ce que je voulais…)

Dangers, enquiquinements, mauvaise réputation, rumeurs :

Mon plus gros point négatif (mais de taille) : Pointe-à-Pitre. De l’aveu même des locaux, on évite. Le jour, la nuit, même le centre, même les rues touristiques, on évite. Oui, ça craint pas mal, non, on ne se sent pas spécialement en sécurité et oui, il y a des raisons objectives de faire gaffe. Pour la faire simple (et très loin des émissions clichés diffusées sur M6) : évitez Pointe-à-Pitre sauf pour le Mémorial Acte. Plus on s’éloigne de Pointe-à-Pitre et plus on respire. C’est une honte de voir cette ville dans cet état, en France, en 2018.

Deuxième point négatif : la sécurité en général. Si tu feuillettes le guide du Routard au Relay à CDG avant de partir comme j’ai eu la mauvaise idée de le faire, c’est bien simple, tu ne pars plus. “L’île aux mille dangers”. Entre les oursins, les moustiques, les vols sur les plages, les agressions, les meurtres, les accidents de la route, les arbres à ne pas toucher marqués d’un cercle blanc sur le tronc, les noix de coco qui te tombent sur la tête, tu te fais une idée de l’île cauchemardesque. Aaaaaah mais laissez-nous vivre, bordel ! J’ai été super mal à l’aise avant même d’y arriver. Est-ce vrai ? Oui et surtout non. J’ai voyagé seul et à de très rares exceptions près, je ne me suis pas senti en danger. Certes, je ne recommanderai pas la destination pour une femme seule. Il faut avant tout réfléchir avant de sortir son iPhone dernier modèle ou sa CB ou son argent liquide et faire preuve de bon sens. Il y a des endroits où ça passe et d’autres où il faut plutôt être discret, comme dans tous les lieux où vous arrivez en touriste avec un “certain pouvoir d’achat”. Je n’ai pas tenté le diable et j’ai bien fait. Deux situations auraient pu très vite partir en sucette mais j’ai gardé mon calme et suis parti sans demander mon rester, sans affolement non plus. Juste : vigilance mais pas de paranoïa excessive. Sauf pour les noix de coco quand vous étalez votre serviette à l’ombre d’un cocotier. Là, on rigole plus DU TOUT. Levez les yeux et matez les branches…

Troisième point négatif : l’état général de l’île laisse franchement à désirer par endroits. On sent un lieu bloqué dans le passé, tenu par “de bonnes mains ” (blanches) depuis des décennies et qui ne peut pas évoluer comme il devrait. Le numérique…Ouch…Les ordures…Certaines plages…J’ai pas mal parlé avec des gens sur place qui aimeraient voir les choses changer. Pour résumer mon opinion : la Guadeloupe est un joyau assez mal exploité, qui a tant à offrir (au risque de perdre encore plus son âme avec le tourisme de masse, oui) et dont tout le monde ne profite pas à sa juste valeur, locaux comme touristes. Il va falloir enclencher la vitesse supérieure pour ne pas perdre les touristes qui ne reviennent pas (et je peux comprendre pourquoi). Mais moi je veux revenir…Comme plein de gens. C’est superbe, la Guadeloupe.

Quatrième point négatif : la baignade n’est pas surveillée et les plages peuvent être dangereuses. Vous allez vite comprendre. Même en étant habitué aux bouillonnantes plages “Drapeau Jaune” des Landes, j’ai été surpris…Gare à vous…

Points positifs, gros kiffs, moments de joies :

  • L’eau de coco mise en bouteille devant vous et vendue 4 euros le 1L5 : ah le pied.
  • Le Memorial ACTe : quelle réussite (oui, les locaux râlent parce que ça a couté une fortune…) sur le fond et la forme.
  • Les poissons frais, les crustacés frais, les spécialités locales (frites ou panées…) : miam-miam. On mange de tout, on teste, on n’est pas déçu.
  • Vivre en bermuda et tee-shirt au mois de janvier et niquer le gris à Paris.
  • Les levers de soleil, les couchers de soleil.
  • La beauté de certaines plages et les petits à-côtés : le sorbet Coco à Sainte-Anne, les pieds dans l’eau sur son transat à la plage de Malendure, les restaurants sur le sable à Grande-Anse…
  • Un gite déconnection totale en ferme où on mange du fait maison, avec amour, et où le soir on n’entend pas un bruit de voiture…LE PIED. Pensez à réserver vos repas à la réservation de la chambre. Les plages (superbes) et randonnées sont à deux pas. Les 3 Fermiers, Marie-Laure Lagrin. Merci pour tout, je ne vous oublierai jamais, pensée spéciale pour Clotilde  <3
  • L’accueil. La convivialité. Anse-Bertrand : mon endroit préféré sur l’île.
  • Débarquer de Paris et se changer dans les toilettes de l’aéroport pour faire tomber le jean et la chemise et les baskets. Voiture de location. Hop, c’est parti.

 

Conseils :

– On achète une pochette étanche sur Amazon et on part se baigner avec son portable, sa CB et ses clefs, sans avoir peur de se faire voler quoi que ce soit sur le sable.

– La vie est chère, sur place, je ne sais pas comment font les gens…Ce n’est PAS une destination “Routard” sans budget, seul le billet d’avion est super abordable, grâce à la concurrence des quatre compagnies aériennes qui desservent l’île…

– Réservez le ferry pour les Saintes en avance sous peine de grosse déception en dernière minute (oui, c’est bien de moi dont on parle…)

– On ne laisse RIEN de visible dans la voiture.

– Je me suis un peu enflammé en achetant le fameux masque visage intégral pour regarder les poissons chez Décathlon. Honnêtement, à moins de partir au large, vous verrez pas grand chose. Et vu comme la mer est dangereuse sur certaines plages, sauf si vraiment vous êtes un fan de plongée, vous prenez pas la tête et gardez de l’espace dans la valise pour autre chose.

– Pas toujours évident de trouver des distributeurs partout. Pensez à La Poste ! (pas mon premier réflexe en France, j’avoue…)

– Si vous voulez vous baigner tranquille, allez-y à 6H30 et jusqu’à 9H30 : il n’y a que des locaux et pas un chat et oui il fait jour. Et comme vous êtes réveillés depuis 5h because le décalage horaire…Le soleil tape entre 10H et 15h mais Dieu a inventé la sieste à l’ombre pour compenser.

– Attention à certains Airbnb pas chers…qui ne sont pas chers car il n’offrent PAS la climatisation. En janvier, c’est supportable, il doit faire un petit 21 la nuit…mais en avril, je ne tenterai pas l’expérience.

– Ce serait vraiment bête de se cantonner à un rythme hôtel / plage / hôtel alors qu’il y a tant de randonnées ou promenades à faire comme la Porte d’Enfer, par exemple.

– La Pointe des Châteaux, mon endroit préféré sur l’île. Comme un goût de Bretagne sous un soleil de plomb…

– Allez visiter au moins un cimetière, ils sont à voir.

– Le Parc des Mamelles : un excellent moment à faire en famille et l’occasion de braver votre peur du vide sur des ponts suspendus à 25m du sol. J’ai failli mourir de peur.

– Le Gosier offre le plus de locations et d’appartements et d’hôtels mais c’est la côte d’Azur au niveau mètre carré…Donc si vous aimez la tranquillité, passez votre chemin…

– On conduit avec une prudence EXTRÊME, les routes sont super dangereuses sur Basse-Terre (l’arrière-pays Monégasque en dix fois pire pour ceux qui connaissent), parfois en mauvais état sur Grande-Terre, les virages ne sont pas annoncés avec rigueur, les locaux conduisent comme des tabanards…

– L’anti-moustique n’est pas en option dès la tombée de la nuit. Conseil : achetez de l’huile essentielle de citronnelle et un petit stick en bois diffuseur que vous collez sur votre table de nuit et adieu 95% des sales bêtes. Testé et approuvé ^^

(Trouvé chez Zodio)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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There are 6 comments

  • Beatrice dit :

    Bonsoir,

    J’ai lu avec délice votre article et je suis ravie d’avoir vu toutes ces photos qui me rappellent bien mon papillon.
    Toutes ces photos me renvoient aux odeurs et aux senteurs: le sel, les parfums des légumes, le poisson au retour des pêcheurs, les fruits et légumes qui ont du goût… Votre retour est assez fidèle quoique je n’ai pas eu ce sentiment aussi fort d’insécurité…Je reconnais cependant que parler créole à la mode de Guadeloupe – et non pas avec l’accent de métropole car oui, les antillais ont un accent lorsqu’ils parlent créole! – aide grandement à ” alléger” le séjour…

    Ravie de voir que malgré le sentiment que vous a laissé Pointe à Pitre ” Lapwent”, vous avez envie d’y retourner.
    Rien n’est plus beau là-bas que de prendre le temps… C’est pour ça que les vertus de la sieste sont facilement récupérables là-bas…
    Merci pour ce voyage…

  • Céline dit :

    Ah, Clothilde… quel doux souvenir ! en un seul nom tu m’a replongée direct dans mon premier séjour en Guadeloupe ! Le second a scellé définitivement mon amour pour ces îles.
    Même ressenti à Pointe à Pitre que toi la première fois, la deuxième c’etait l’arrivée de la route du rhum et l’ambiance était bien plus cool.
    J’y retournerai avec grand plaisir, notamment aux Saintes, mon gros coup de coeur… à ne pas louper une prochaine fois !

  • kath de Belgique dit :

    Pas plus enchantée par cette île que par , par exemple, Le Cap ou encore Sainte Lucie, ou la Barbade because le racisme ambiant. Mais on est d’accord que le T-shirt et les tongs en janvier c’est magique. Pourquoi ne pas tenter Buenos Aires. Tellement plus …. plus …. plus et moins …. moins Bien à vous

  • Bonjour William,
    Quelle joie d’être dans vos coups de coeur. Merci pour votre passage à la ferme-auberge c’était un plaisir de vous accueillir chez nous.
    Je suis contente que la Guadeloupe vous ait plu malgré les points négatifs, que malheureusement, je partage également.
    Mes parents vous transmette le bonjour
    PS : petit changement -> les gîtes sont désormais équipés de WiFi avec tout de même une possibilité de déconnexion pour ceux qui veulent vivre une coupure ou une détox digitale à la campagne 🙂

    • Dwayne dit :

      Aaaaaaaaaaaah j’ai une TRES mauvaise influence sur vous. J’embrasse votre maman, quel bonheur que de se sentir aussi chouchouté ^^

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