Vie quotidienne
Une bien curieuse année
14 juillet 2019
17
Suisse

Des nouvelles en passant, quelques paragraphes, ne m’en voulez pas trop, je n’ai pas la tête à écrire ici, en ayant repris un boulot, devant finir la deuxième version de mon prochain livre (parution janvier 2020) et donnant des cours à droite et à gauche.

Ce message de Bertrand, ce soir, qui me glace le sang, tant je le trouve lucide : « J’ai compris que quoi que tu fasses dans la vie, tu finis toujours à la place où tu mérites d’être… »

C’est vrai, non ?

Cette question que les gens me posent sans cesse : « Alors, tu te plais dans ton nouveau boulot ? » et cette réponse que j’ai mis 45 ans à pouvoir formuler : « Ce n’est pas une bonne question car je ne me plais nulle part, véritablement, et je vis dans l’attente de quelque chose d’autre, sauf quand je mange ou quand je fais l’amour. Cette évaluation du plaisir au travail ou ailleurs, je ne la pratique pas mais, pour te répondre, je prends plaisir dans les process que j’ai mis en place pour être satisfait de moi à la fin de la journée, en répondant à plusieurs critères, notés : structuration de l’existant en l’améliorant (1 point), accomplissement des tâches à accomplir dans la To Do (1 point) et créativité dans mes propositions (1 point). Si j’ai agrandi mon réseau (2 points) et appris quelque chose (2 points), je suis heureux et si j’ai formé quelqu’un à une technique que je connais (3 points), je suis très heureux. Sur 10 points, actuellement, je suis à 7/10 ce qui constitue, je pense, dans votre échelle de valeur, une réponse positive à la question : « Te plais-tu dans ton nouveau boulot ? »

Beaucoup aimé Anna, le dernier Luc Besson, malgré ses incohérences et ses anachronismes, je ne me suis pas ennuyé un seul instant.

J’ai changé les pneus de mon vélo électrique pour des anti-crevaisons (sans me faire trop d’illusions…) car j’avais trois éclats de verre disséminés dans le pneu avant, merci les gens qui boivent des apéros le long des canaux et pètent des bouteilles. Je n’en peux plus de cette ville.

Cela va faire un an que je suis sobre et onze mois que nous sommes ensemble. Sachant que les deux dates se suivent à 30 jours près. Oui, j’ai déjà fait le parallèle entre les deux. Toujours amoureux et toujours heureux avec lui. Il me fait rire, il est brillant, je le trouve si beau et mes amis l’adorent.

Toujours ces angoisses d’argent et de rentrées d’argent et de trésorerie, avec ces boites qui payent à 60 jours et d’autres à 90, même, qu’il faut harceler pour se faire payer et qui n’ont peur de rien, à vous redemander une autre mission alors qu’elles n’ont pas payé les trois précédentes. Je gère mieux mon stress. Un peu mieux. Je prends mon mal en patience et je creuse mon découvert. Si j’ai appris la diplomatie, l’organisation, la médiation et la stratégie, il me reste clairement à apprendre à vivre avec l’argent, pour ce qu’il est, pour ce qu’il peut offrir et pour ce qu’il ne sera jamais. Je suis un privilégié, sans enfants à charge, je n’ai que moi à penser, au pire je suis salement à découvert mais je prends ça tellement à coeur, encore. Comment font les gens qui ont deux mois de salaire sur leur compte quand commence le mois ? Il paraît que c’est comme ça qu’on fait quand on est normal.

Pour mon anniversaire, nous avons été accueillis par mon amoureux, chez lui. Nous étions 20. Jessica avait fait des salades Indiennes à tomber par terre (elle cuisine comme une déesse) et Sophie des gâteaux sans sucre et sans oeuf à tomber encore plus bas (elle cuisine comme une déesse aussi). Antoine – qui est magicien – m’a fait le plaisir de faire des tours de magie pour tout le monde et j’ai été gâté de quinze livres (si vous souhaitez m’en offrir, voici ma Wishlist amazon, je n’ai aucune honte à le demander, le seul cadeau qui me fait vraiment, vraiment plaisir, c’est un livre et en recevoir un par la poste, sans être averti, me met dans une telle joie, vous n’avez pas idée !!). Je n’ai pas de potes, je n’ai « que » des amis. Des gens que je connais intimement et avec qui je peux être moi.

Et à 46 ans, alors que je me suis trouvé professionnellement, que j’ai écrit dans la joie mon huitième livre, que j’ai encore la santé et une belle brochette d’amis, que j’ai retrouvé l’amour, alors que je regarde passer les jours et les mois et les années en me disant que le monde qui m’entoure ne me plaît pas, c’est comme si, finalement, j’attendais encore et toujours quelque chose qui ne vient jamais, sans comprendre que je vis des heures riches et pleines de sens. J’ai l’impression de rouler en parallèle de moi-même et de n’être ni malheureux, ni heureux, juste dans l’attente de quelque chose que je ne désire pas et qui ne me manque pas.

Si Bertrand a raison, suis-je vraiment, dans le fond, à la place où je mérite d’être ?

Pascal Praud ?


25401 lectures pour cet article. Merci pour votre fidélité.

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There are 17 comments

  • Simone dit :

    Je t’ai lui et ouaaah…vaste question…Je me retrouve dans pas mal de points.Et je me demande toujours, trouver une place, est ce trouver sa place? Non bien sûr, alors je cherche, et tant pis si ça prend une vie!

  • Séverine dit :

    Oh. Que je n’aime pas cette phrase. Du tout. Comme si c’était normal d’être jugé. Ou de se juger soi-même. Au négatif. Oh mais vraiment je ne l’aime pas.
    Concernant le travail, j’ai déjà donné mon point de vue sur FB. Pourquoi devrait-il définir le statut d’une personne? Cela m’horripile tellement…

    Tu n’as toujours pas digéré cette partie de toi en rapport avec l’envie William! C’est une différence entre nous. J’accepte que ce soit mon moteur dans la vie, ce qui me fait avancer en permanence. Merci l’ennéagramme!

    Profiter de ce qui se passe, là, maintenant tout de suite. J’y viens gentiment. Je m’apprivoise! Et j’aimerais tellement te lire un jour dans cette idée. Peut-être la suite de ta vie qui te réserve encore bien des surprises ahah

    Cela a dû être une bien jolie fête d’anniversaire avec toutes ces belles personnes, heureuse pour toi!

    J’ai changé d’orientation professionnelle depuis le début de l’année. Ce qui paraissait évident à certaines personnes l’est également pour moi. Enfin! Il m’en a fallu du temps pour comprendre/accepter mes compétences et les mettre au travail. Un travail qui se révèle être une évidence maintenant. Mais quel chemin pour y parvenir! Comme toi je dois également apprendre à vivre avec l’argent. Et surtout réussir à me vendre et arriver à chiffrer mon travail. Très difficile pour moi qui déteste me mettre en avant.
    Sans enfants et vivant simplement avec mon compagnon, je ne me pose pas de questions et fonce dans ce que je fais avec passion, espérant amener le beau autour de moi!

    Hâte de lire tes futurs écrits, 2020 ou 2021 peu importe la date je me réjouis de pouvoir te lire!

    Le retour des longs commentaires

    • William dit :

      Il va falloir que je m’y colle à ce truc.
      Par où puis-je commencer ? Un lien ?

    • Séverine dit :

      Pour le lien je te laisse le plus simple et rapide: un petit livre à télécharger sur le site francophone, moins de 100 pages. Elle résument fort bien ce que c’est et moi ça m’a suffit de travailler avec!
      http://www.enneagramme.com/Livres/9_livre.htm#lsm1_1

      Je suis un 4 avec aile en 5, en intégration depuis une année. Et j’ai souvent pensé à nos similarités!
      Le type 4 résumé: http://www.enneagramme.com/Theorie/9_type4.htm

      Bonne lecture William 🙂

    • Séverine dit :

      Forcément que le lien direct n’a pas bien fonctionné ahah
      http://www.enneagramme.com/Livres/9edce_d.htm

    • Séverine dit :

      William, tout comme toi je reviens au travail « traditionnel »!
      Une postulation faite à l’arrache, un peu surprise de voir une petite annonce joliment faite sur LinkedIn. Un téléphone et une entrevue plus tard, je commence à 40% la semaine prochaine. Dans mon métier d’origine: polygraphe. Il n’existe pas en France mais on peut dire infographiste (mise en page, retouche images et relecture de texte).
      Je ne pensais pas qu’un jour j’y reviendrais! Mais là c’est une petite équipe sympathique, avec des parcours semblables et en même temps différents. Un petit revenu fixe qui complétera à merveille ce que je gagne en tant que manager musical et rassure mon compagnon! J’ai même un nouveau groupe dont je vais m’occuper avec qui je signe la semaine prochaine!
      Tout s’aligne depuis le début de l’année, c’est complètement dingue. Depuis une année je devrais dire! Les rencontres, les échanges, les apprentissages. Chaque personne au bon moment, au bon endroit. C’est tellement beau!

  • NAWAL dit :

    Bises Dominicales William !
    (J’ai des pneus (sur mon vélo) anti-crevaison, Et ça marche. 🙂

  • Assiette dit :

    Ca faisait longtemps que je n’etais pas passée ici. Et là je tombe sur cette phrase qui dit que tu attends en permanence quelque chose.. ca me rappelle un article sur lequel je suis tombée aussi par hasard. Y’a pas de hasard. La mère de marc Lavoine attendait aussi tout le temps un truc. Une nostalgie forte et pesante. Ca s’appelle la lypémanie. Voilà c’est tout. Je n’avais aucune raison de lire cet article. Aucune raison de passer ici à part pour transmettre cette info peut être. Bon courage.

    • William dit :

      C’est gentil et pas bête d’y penser mais le nom plus moderne est la dépression et, non, pour te répondre, je ne suis pas dépressif ou déprimé. Ceci dit, c’est un très beau nom de maladie !

    • Assiette dit :

      J’avais bien noté que le terme était désuet mais j’aime bien la subtilité. Le mot est joli certes mais ce que j’en ai lu par la suite développait une image un peu différente de la dépression. Or je crois que la façon dont on étiquette les choses est importante. La depression je l’imagine comme l’anéantissement de l’énergie qui te permet de te décoller du sol. De lutter contre l’attraction terrestre. Ici cette attente de quelque chose que l’on ignore… c’est quand meme pas tout à fait pareil. Je le vois davantage comme une énergie qui ne sait pas vers quoi se diriger…

    • William dit :

      J’ai beaucoup aimé le mot, en tout cas !

  • myriam dit :

    C’est beau le Matterhorn (Mont Cervin côté français. Cervin avec modération, on n’échappe pas au mythe).
    C’est l’illustration des triangulaires barres chocolatées Toblerone. Une gravure à l’intérieur de laquelle ils ont réussi à cacher un ours, symbole de Berne, la ville d’origine de Tobler, le fondateur suisse.
    Pas sûre que tu sois à ta place, si je comprends place comme lieu, et non comme hauteur de barreau de l’échelle.
    Si tu cherches souvent au loin ce que tu as au fond de toi (c’est du Segalen à peu près) peut-être devrais tu réfléchir à où tu aimerais vivre. Mieux qu’à Paris.
    Le monde est aussi vaste que les possibles imaginables.
    Trouve le lieu à la place (:

  • Bonjour William, aujourd’hui j’ai lu cet article. Il me fait du bien, il me rassure, il me fait me sentir moins seule avec mes incertitudes, envies, peurs etc. ma vie somme toute. Je crois que nous sommes similaires à bien des égards et pour tes écrits, je te dis merci ! Merci d’être toi, de partager ton cheminement.

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