Vie quotidienne
Une journée de perdue (?)
3 novembre 2012
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Parmi les croyances d’une vie, il y a celles sur lesquelles on travaille facilement, parce qu’on les a sous le nez (“Je me trouve laid”, “je n’y arriverai jamais” ou “Je n’ai pas de talent”, par exemple) et celles qui sont enfouies bien plus profondément et qui vous façonnent bien malgré vous. Ce sont les plus vicieuses. Comme disait je ne sais plus qui (mais quand je ne sais plus qui je cite, je cite toujours Tennyson, parce que ça en jette et qu’il n’est jamais venu se plaindre) : les sujets les plus personnels sont les sujets les plus universels. Et bien moi, si je ne fais pas quelque chose le matin, je considère que ma journée est foutue.
Totalement foutue. Pas vous ?

Je crois, je pense, je suis fondamentalement convaincu (Mais comment  donc ai-je été programmé de la sorte ?) que tout ce qui n’est pas fait entre 7h et 11h n’est pas bon pour moi.
Je pense que tout se joue avant 11h.
Je mets tout en oeuvre pour faire le maximum avant cette heure fatidique.
C’est épuisant, bien sûr.

Comme je n’arrive toujours pas à déterminer pourquoi je suis ancré dans cette croyance-là, aussi fortement, je me colle des exercices. Pour contourner ma peur de la journée fichue. Je m’impose l’inverse de ce que je crois (et non de ce que je pense : intellectuellement, je sais fort bien qu’une journée se joue sur 24h et non quatre. J’ai des réunions fort jouissives à 15h, des rendez-vous illuminants à 17h et des soirées entre amis parfaites).

 

Exercice du jour :

Ce matin, je dois aller à Ikéa et à la bibliothèque (donner des livres).

La bibliothèque ouvre à 10h.
Ikéa ouvre à 10h.

Mon Moi le plus profond pense qu’il faut choisir une des deux tâches. Car l’autre sera perdue pour la journée.
Mon Moi qui travaille sur lui pense qu’il faut se faire violence et, samedi ou pas (car le samedi à Ikea, pour le coup, pas besoin de vous faire un dessin…) je peux largement faire les deux sans souci. Et même louer la voiture en dernière minute. Et même trier les photos en revenant. Et même, pourquoi pas, planifier un truc sympa pour ce soir.

Cette croyance du matin qui me bouffe s’applique à tous les domaines de ma vie : sport, écriture, rangement, rendez-vous, courses, voyages. Imaginez comme elle est contraignante. Anti-sociale au possible. Elle est énorme, non ? L’éléphant dans la pièce. Et bien pourtant je ne m’en suis rendu compte qu’il y a trois semaines. Avant, je ne réalisais pas que j’avais une obsession du matin.

Plus c’est gros, moins c’est visible.
Toujours.

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There are 2 comments

  • gump dit :

    tu voulais peut être simplement que le monde t’appartienne?

  • Marie dit :

    Peut-être un reste du métier d’infirmier… Il y a énormément de choses à faire entre 7h et 11h dans une maison de retraite, j’ai pu voir ça en y travaillant quelques étés.

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