Vie quotidienne
Vos questions, mes réponses (6)
8 février 2016
7

Vous m’avez questionné, je vous réponds.

Jesagrey 

Je te lis depuis longtemps, dans l’ombre, ton cheminement m’interpelle, car il rejoint le mien sur certains points. Ma question est : comment faire quand on a peur de changer de voie? (j’ai une profession qui ne me convient pas, une vocation – je crois – que je ne peux pas vraiment explorer faute de moyen – elle supposerait que je puisse financer 5 ans d’études, et aucun début d’idée de comment faire alors que ça me bouffe, ce job, et ce milieu)

Ma réponse : 

Je ne sais pas. Ne plus avoir peur, peut-être ? Et se faire conseiller par quelqu’un pour oser changer de voie (ou plutôt retrouver celle qu’on a perdue). Essayer sa vocation sur son temps de repos, sur ses week-ends, trouver des gens capables de t’offrir du temps passé sur ta vocation (ça existe, les gens sympas) pour vérifier avec eux, concrètement, si c’est fait pour toi ou pas. Et ensuite, une fois que tu es sûre, je ne sais pas. Mais je sais que la peur ne mène à rien, ça je le sais. Je ne peux pas dire mieux, faute d’en savoir plus, excuse-moi.

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Luc / Kolena / Thomas 

Non mais vraiment, c’est quoi l’adresse de ton blog secret ?

Ma réponse : 

Mais enfin, Luc, si je te la donne, il n’est plus secret…Je l’ai déjà donnée, cette adresse, à plein de gens que tu connais sur Facebook et je suis persuadé que quelqu’un te la donnera. Mais tu sais, c’est juste un blog sexuel, hein, t’attends pas à de la grande littérature.

 

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Michel :

Aurais-tu pu faire le parcours professionnel dans le sens inverse (media/com puis médecine) ?
Et sinon est-ce que tu viens pour les vacances ?

Ma réponse : Aucune idée. Vraiment aucune idée. Je veux bien venir pour les vacances (toi, tu n’as pas changé d’adresse ?)

 

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Julie : 

Je te cite:
« – Vous devriez ouvrir un cabinet de voyance, vous vous feriez des couilles en or. Vous seriez très, très riche. Mais, socialement, vous ne l’assumerez pas. Alors vous ne le ferez pas.  »
Toujours pas?
Est-ce que tu as conscience de ce truc que tu as et est-ce que tu t’en sers pour autre chose que pour repérer les synchronicités? Moi je dis, infirmier, ça rime avec « branché ». Nan?? Bisous et merci pour tes jolis mots.

Ma réponse : Je n’ai malheureusement pas le pouvoir de le déclencher sur commande ! Je sors parfois des trucs de dingue à des gens qui me regardent, stupéfaits, en me disant : « Mais tu es médium ou quoi ? » comme Florian cet après-midi encore. Je m’en sers quand il veut bien se réveiller. Je présume que ça se travaille. Mais j’ai déjà assez d’informations comme ça qui me tombent dans la tête sur les gens, sans que je demande rien. Disons que je suis capable de te tirer les cartes mais ça me fait toujours mal à la tête. Le signe que ça marche. Je ne suis pas trop intéressé par la voyance, franchement, comme métier, j’aurais l’air un peu con, je pense. Ce n’est que mon opinion, je respecte ceux qui en vivent mais vraiment, non, je ne l’assumerais pas. Ceci dit, je te balance deux trois trucs : 33, la Gironde, Marignane, le jardin municipal, la mairie, les bottes. Tu en fais ce que tu veux :p

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Sonia : 

Quelles sont tes relations avec tes parents aujourd’hui ? Comment va ton frère ?

Ma réponse : mon frère va bien. Et oui, j’ai lu les deux questions.

 

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Loïc  : 

Bonjour William !

Cela fait maintenant plusieurs années que je suis ton parcours. J’ai lu quelques-uns de tes livres (mais pas tous) et nous avons parfois échangé sur le Web (essentiellement sur les réseaux sociaux) mais n’avons jamais eu l’occasion de nous croiser IRL.

Je partage certaines de tes opinions et prises de position. Mais pas toutes. Parfois, tu m’exaspères. Et pourtant, je continue à te lire. Et à apprécier ce que tu fais. Parce que l’écrivain me « parle » et qu’il y a une part des ressentis de William, de sa façon d’aborder les événements dans laquelle je me retrouve un peu. Et c’est justement ce qui fait que je suis là, encore et toujours.

J’ai donc 3 questions (qui se rejoignent plus ou moins) : Ecris-tu davantage pour toi ou pour les autres ? Dans l’exercice « d’écriture » parfois très personnel, penses-tu avant tout à toi ou à ceux qui te liront ? As-tu conscience que certains (qui ont pourtant une vie et un caractère totalement différents des tiens) puissent se retrouver derrière certains de tes mots et t’adaptes-tu en fonction ?

Merci des réponses que tu apporteras à ces questions et au plaisir de continuer à te lire …

Ma réponse : 

J’écris davantage pour moi que pour les autres mais je sais désormais que mon travail touche des gens inconnus, un peu partout, depuis des années et donc j’accepte d’écrire aussi pour d’autres. Ce n’est pas l’intention de départ mais ça ne sert à rien de freiner ou de le refuser : il y a une demande. Je l’accepte. Je pense avant tout à moi quand j’écris. J’essaie de trouver les mots justes pour dépeindre mes actions. Je n’ai aucune conscience des vies des autres mais je sais que je peux les impacter, ici ou « dans la vraie vie » quand je croise des gens à qui je parle. Je pars du principe que moins j’adapte ce que j’ai à dire et plus cela touchera durablement la personne qui m’écoute ou me lit. Donc je tâche de rester moi-même. Et ça marche. Ensuite il faut distinguer l’écrit, ici, de l’oral : je fais attention à la manière dont je pose mes mots car je sais que les inflexions, les intonations, les mimiques sont absentes du discours et comme je fais souvent passer beaucoup de message par l’humour ou l’allégorie, dans la vraie vie, je fais gaffe au ton que j’emploie quand j’écris pour être certain de n’être pas mal interprété.

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Rose : 

Rien à cacher vraiment ? Pourquoi alors ai-je si souvent le sentiment à vous lire de ne découvrir qu’une partie infime de votre vie et de rester sur ma faim ? C’est le talent des écrivains d’ouvrir à ses lecteurs des perspectives et de leur laisser imaginer la suite.J’ai hâte de découvrir les réponses aux questions ci-dessus que je me suis moi-même posée (pas toutes….) même si je sais que les réponses ne nous dévoileront pas tout. Et c’est très bien ainsi !

Ma réponse : Je réponds à toutes les questions qu’on me pose. Ensuite, oui, je pars du principe que la réalité n’a pas autant d’intérêt dans sa globalité que les morceaux qu’on en choisit pour les mettre en lumière et tenter de les expliquer. Je pourrais vous dire que je suis allé voir ce matin un James Bond de 1969 aux Fauvettes avec mon ex, que nous avons longuement parlé dans le métro avant, de son boulot, de ses envies, de sa vie sexuelle et que nous avons ensuite déjeuné dans un Indien passable avec un ami, avant que je ne quitte les deux pour rejoindre un autre ex, qui avait besoin d’aide pour porter son ampli de 22 kilos chez le réparateur et j’en ai oublié mon écharpe que j’adore tant dans l’autolib, avant de la retrouver, me demandant pourquoi je manque la perdre trois fois en six semaines (un signe ?). Nous avons installé l’ampli chez lui puis regardé Mad Max : Fury Road que j’avais vu au cinéma cet été, avant de découvrir le bel Andrew sur les quais, un mannequin plein de mélancolie et qui aimait la même musique que moi mais avec qui je n’ai échangé qu’un seul baiser (magique et passionnel) dans un jardin public de Villiers-Sur-Marne et qui ne m’a jamais vraiment rappelé (étais-je trop pressant ?) et puis je suis rentré chez moi dans un Uber que mon ex (l’Homme de ma Vie, il y aura d’autres amoureux, et des beaux, et des passionnés, et des tendres et même que je me marierai, je le sais, mais il restera l’Homme de ma Vie) avait commandé, pestant contre le chauffeur qui envoyait des SMS en conduisant, avant de monter chez moi, de lancer le wifi partagé sur le portable, car je n’ai plus de box depuis que ma proprio l’a rendu sans vraiment me prévenir, la coquine et d’écrire cette réponse, attendant des nouvelles d’un garçon qui aurait du me répondre des heures plus tôt à mon SMS, me demandant pourquoi il ne le fait pas et cherchant à penser à autre chose mais n’y arrivant pas, tout en vous écrivant ses mots, le frigo vide derrière moi qu’il faudra remplir demain, comme tous les dimanche matins, ce que j’execre, avant d’aller me faire raser la tête comme un dimanche sur deux, pensant à la journée mortelle qui s’annonce et cherchant comment la remplir, m’étant fixé de revoir une amie comme souvent le dimanche soir, une amie qui tout comme moi déteste les dimanche, surtout depuis que je n’ai plus la télé et cette semaine qui s’annonce, lundi chez mon analyste, le soir dîner avec Julie, jeudi midi déjeuner avec Matthieu et puis un autre week-end et puis un autre encore et il faudra alors fixer avec l’éditrice la couleur définitive du prochain livre à paraître en juin, trouver un visa pour l’Inde et refuser d’aller en Iran pour le boulot car cela compliquerait mes vacances à Denver en Août. Fixer une ville Italienne pour les vacances de Pâques ou surprendre Florence en lui proposant le Japon et les cerisiers en fleur (penser à répondre à Agnès dont ce sont les derniers mois d’enseignante au Japon et qui m’a ému aux larmes ce matin quand j’ai découvert son mail, où elle parle de sa retraite, de ses trente années à Tokyo qui sont passées comme dans un rêve et du temps qui passe, de la vieillesse, de la dyspraxie et du fait qu’elle m’admire de me dévoiler autant) et croire que peut-être, enfin, enfin, je pourrais poser ma tête sur une épaule et soupirer d’aise, d’un long soupir partant du plus profond de moi-même, soupir de relâchement et d’amour, soupir de Pause, fermer les yeux et me dire que je pourrais aussi désormais compter sur toi pour m’aider à me décider quand parfois je ne sais que faire, et puis repenser à jeudi midi dans ce train de banlieue de Londres où j’ai réalisé que je m’aimais enfin, que j’avais réussi, que lorsque je me regardais je voyais désormais la puissance et la beauté du chemin accompli, repenser à ce cadenas que j’ai perdu je-ne-sais-où et à ce Nexus 5 volé par je-ne-sais-qui : il faudrait que je me rachète un téléphone mais ça m’emmerde de mettre 600 euros en l’air alors que je vais devoir déménager de nouveau pour aller où, je ne sais pas.

Mais quel serait l’intérêt de vous raconter tout cela, franchement ?

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There are 7 comments

  • Philippe dit :

    Bonjour,

    Je te lis depuis qu’un ami m’a fait découvrir ton blog suite à ton voyage au Japon car nous y étions au même moment du coup je me suis retrouvé dans plusieurs de tes expériences.

    Tu peux demander un deuxième passeport pour raison professionnelle si tu veux aller en Iran. J’en avais un à l’époque où je voyageais beaucoup soit dans des pays qui n’ont pas de bonnes relations entre eux soit pour pouvoir faire une demande de visa tout en continuant à voyager.

  • Isa dit :

    whaaaaaaah, ce texte en réponse à la dernière question..!

  • Rose dit :

    Merci pour cette brillante démonstration ! En effet, connaître tout de vous n’a aucun intérêt (malgré le talent du narrateur) . Par contre, les tranches de vie que vous nous offrez sont un vrai plaisir. Je ne pensais pas que ma question (qui n’en était pas vraiment une) déclencherait une telle réponse . Vous êtes toujours plein de surprises…..

  • cvrin dit :

    Alors là, le dernier texte on dirait ce qui se passe dans ma tête en permanence! C’est fou de le voir transcrit de cette manière, je n’y m’y suis (mince c’est français ça?) jamais risquée de peur d’oublier quelque chose ou que le pavé soit trop énorme. Chapeau!

  • Julie dit :

    C’est toi Marignane… Merci pour ta réponse! bises

  • Lectrice dit :

    Tu dis que tu as commencé à t’aimer … Ça fait du bien !
    Comment as tu fait ? Analyse , on dirait . Dis moi comment
    Me débrouiller pour que ça m’arrive aussi , et que ça dure .
    Et que ça n’arrête jamais . Trop dur de se trouver moche et
    Sans interet .
    Ma mére ne m’a pas aimée enfin un peu , si peu. Suis en analyse aussi .

  • Michel dit :

    Merci d’avoir pris le temps de répondre à chacun avec l’honnêteté et la considération que tu accordes à tes lecteurs commentateurs.
    Vivement la prochaine séance de FAQ !

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