Vie quotidienne
Liste des choses interdites qui désormais prennent toute leur saveur dans l’attente de leur réalisation.
29 mars 2020
39

C’est fou comme tout le monde – lentement mais sûrement – pète un câble, au fur et a mesure du confinement. Ceux qui ont des gosses veulent les passer par la fenêtre, ceux qui sont seuls (après une phase de lune de miel avec eux-même en mode JE ME RESSOURCE) envisagent l’achat d’un chat et ceux qui sont en couple vivent déjà l’enfer du quotidien depuis des années donc c’est double ration.

Je plaisante à moitié. Les gens dansent, chantent, s’exhibent, se dévoilent, pour certains retrouvent des déguisements, des perruques, d’autres créent et amusent la galerie, une bonne partie se met au sport pour de bon et l’autre partie a déjà pris deux kilos, c’est fou comme on grossit quand on reste enfermé à ne rien faire (la sieste n’est pas considérée comme une activité, hélas, sinon vous pensez bien que j’aurais depuis longtemps retrouvé ma taille de guêpe) (de bourdon) (de bourdon ménopausé).

Et nous n’en sommes qu’au début. Je lis ça et là que nos dirigeants n’ont pas la moindre idée de comment la sortie du confinement va se passer car ce cas de figure n’est jamais arrivé nulle part ailleurs, avant. Je lis aussi que la CGT, jamais décevante, annonce un préavis de grève du 1er au 30 avril. C’est fou mais je n’ai jamais lu ou entendu parler de grève, de droit de retrait et de procès pour incompétence par anticipation chez les Italiens ou les Espagnols, en même temps tu me diras vu que les médias parlent à 90% de ce qu’il se passe dans le Grand Est et en région Parisienne, (le fameux « tsunami » dont on nous parle depuis une semaine, déjà)…

J’ai du me résoudre à m’abonner aux Echos (formidable quotidien) pour obtenir enfin des analyses économiques un peu poussées. Ce n’est pas le meilleur journal de France pour rien. Ce n’est pas le nombre de morts qui me fait halluciner chez eux mais bien les analyses des économistes sur ce qui nous attend pour les mois, les années…et peut-être jusqu’à la fin de ma vie (et de la vôtre) (même si mon amoureux ne cesse de me dire, quand je me plains, que je vais « enterrer tout le monde« . J’ai beau avoir pris 15 kilos, on avait fait l’an dernier un check-up complet tour du coeur, de l’estomac, du cucul, de tout, tout était beau et propre…Enterrer tout le monde, d’accord, mais si c’est pour rester seul sans potes et sans amour, ben ça me fait moins marrer, déjà). Je lis donc Les Échos et c’est effrayant. Nous sommes (les pays) tous si interconnectés les uns aux autres, si dépendants (surtout envers les USA et la Chine), si fragiles dans cette Union européenne à laquelle plus personne ne croit et si divisés sur la manière de se sortir le cul des ronces que je me suis surpris à avaler un petit quart de lexo à la fin du journal. Personne n’a FOUTRE idée de comment ça va avancer, ça va résilier, ça va repartir.

Faut déjà être dans le coup d’après, je l’avais écrit ici, dans ce journal un peu particulier de confinement, vous me connaissez, moi le grand économiste, le grand médecin, le grand sociologue, j’avais dit quasiment dès le début que ça ne reviendra jamais tout à fait comme avant, c’est fini, c’est de la nostalgie, c’est du passé, on a cassé le jouet, pour le meilleur et pour le pire, on est tous passés collectivement à autre chose et à part les très riches qui ne vont rien subir ou si peu, nous allons tous devoir lâcher chacun un acquis, un bien, une certitude, un proche, une promesse, une croyance, une part de béatitude en contemplant les enfants qui jouent dans le jardin.

J’aimerais me tromper mais je crois que chaque époque a droit à sa soupe à la merde et là, c’est deux louches par personne et merci de finir ton assiette, tiens, voilà du pain et sauce bien.

J’ai fait une liste mentale des choses interdites qui prennent désormais toute leur saveur et que je me prépare à réaliser quand on sortira de ce cauchemar éveillé (j’apprends que Patrick Devedjian est mort ce matin, le premier politique, il tweetait encore il y a deux jours, la petite de 16 ans en pleine forme, disparue aussi, hop, et Manu Dibango, et tant d’autres à venir, faut lâcher, je vous dis, faut lâcher, dîtes-moi comment vous faites parce que moi je vous le dis et je le pense mais je suis comme plein de gens, je veux lâcher que dalle, je veux continuer à aller à Boston quand ça me chante, je veux continuer à être à – 500 le 10 du mois et je veux continuer à manger tout ce qui me chante, trop et mal, sans avoir mal aux genoux ni aux pieds). Quand on sort, je veux :

  • Louer une voiture décapotable et aller pique-niquer au bord de la mer un samedi où il fait super beau.
  • Visiter Florence et la Toscane.
  • Monter à cheval, une dernière fois, pour voir si ça me fait toujours peur.
  • Fêter mon anniversaire avec tous les gens que j’aime, comme l’année dernière, avec Antoine qui nous fera des tours de magie.
  • Revenir à Boston chez Kristina.
  • Avoir un boulot de fou aux 3/4 temps qui m’éclate comme un malade et un deuxième le vendredi qui m’éclate comme un ouf, en plus du premier.
  • Aller au Berghain.
  • Revoir Paul McCartney en concert, au moins une dernière fois, mon Dieu, je vous en supplie.
  • Courir le marathon de NY en 2021.


Je posterai tous les midi sur mon site le temps du confinement. A demain. Si vous avez lu et aimé, commentez. Partagez. Montrez que vous êtes là. Si vous ne savez pas quoi écrire en commentaire, dites moi  quelle est la première chose que vous allez faire en sortant et même les suivantes, si vous voulez.

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There are 39 comments

  • fred dit :

    **Tu as je pense malheureusement raison. Mais je citais Holderlin dans un de tes précédents posts « Là où croît le danger croît aussi ce qui sauve ». J’y pense très souvent, je reste aussi un optimiste primaire (en même temps, je n’ai jamais été au milieu du pire du pire, et les coups durs que j’ai pu essuyé sont passés, avec des traces certes, mais je ne suis pas mort..On dit aussi que tout ce qui ne tue pas rends plus fort? donc , si on reste vivant….)
    ** moi en sortant, je vais sur une terrasse de café, siroter un verre avec des copains. Ensuite, je file embrasser mes enfants! et après, on avisera.

  • Fred dit :

    Je crois que mon commentaire est encore parti dans les spams!

  • fred dit :

    je disais que j’irais boire un verre avec des copains en terrasse, et je filerais embrasser mes enfants.
    Et je re-citais Holderlin…

  • Chloë dit :

    Le matin au réveil, je me demande même s’il y aurait un après… Quand ? Comment ? Est-ce qu’il va rester des gens ?
    Depuis hier j’ai si mal au ventre que je ne sais même pas si ce sont des symptômes (après 17 jours de confinement total…) ou l’expression de mon angoisse dont je n’arrive pas à me séparer…
    Le réveil par la rédaction aux aurores pour nous annoncer le décès de Devedjian pour qui je travaille (ais…) a terminé de m’achever.

    Parmi les interdictions, j’aimerais voir mes parents et mes soeurs (pourtant à moins de 5km), rien de plus. Je n’arrive pas à voir plus loin.

    Bisous William

    • Audrey dit :

      Je ne vais pas être originale: la 1ère chose que je vais faire: un resto avec mes amis !
      Le coronavirus est chez moi, mon conjoint est touché, isolé dans notre suite parentale … et moi j’attends, je suis dans une totale inertie.
      Voilà …

  • Anne dit :

    Je rêve d’un plateau de fruits de mer à cancale avec toute ma famille
    D’accord avec toi sur Martinez …

  • La lilloise dit :

    Bonjour William

    Il te reste un peu de lexo ?

    Je ne sais vraiment pas ce que je vais faire… rien de fou, rien d’extraordinaire car ce n’est pas moi. J’irais certainement embrasser ma famille et pleurer un peu d’émotions avec eux.
    Je n’arrive pas à imaginer l’après. Peut-être que je suis trop dans la peur… j’ai cette boule au fond de la gorge qui me fait penser que j’ai un problème respiratoire, alors que non c’est juste de l’angoisse… peut-être que je n’arrive pas à imaginer la fin…
    J’essaie de vivre un jour après l’autre, une heure après l’autre, une prise de température après l’autre…
    Ma seule certitude c’est que je vais annuler mes vacances à NY mais que j’y retournerai.je suis pas prête à abandonner ça !
    A demain
    La lilloise

  • Sophie G. dit :

    Je veux passer le reste de ma vie avec mon voisin… rien de plus que des ballades à vélo (ici, à côté), des pique-niques au bord de l’eau (ici, à côté), des dîners dans ma cour, des films, des lectures, de la musique ensemble. En ce moment, le rendez-vous quotidien via skype alors qu’il est de l’autre côté du mur de mon salon, ça me met les larmes aux yeux dès qu’on s’est déconnectés.

  • Dola dit :

    – Aller au musée avec ma fille
    – Aller au restaurant avec mon amoureux
    – Aller au ciné avec mon fils
    – Aller bruncher tous ensemble dans ce superbe café /serre berlinois
    – sauter dans un avion pour aller embrasser mes proches en France
    – retrouver mes copines dans un café
    – Partir en Arizona voir mon cousin que je n’ai pas vu depuis trop longtemps.

    Merci de venir ici chaque jour écrire.

  • Vannina dit :

    La première chose que je vais faire c’est d’aller à Nice embrasser ma fille qui bosse en salle de régulation du samu et pour qui je m’inquiète tout le temps et nous irons dans un super restau avec vue sur la mer pour fêter nos anniversaires.

  • Judie dit :

    Courir le marathon de NY comme courir quand on fait un footing ???
    J’ai du mal avec tes questions. Par exemple n’ai pas de prénom féminin préféré. Où je préfèrais être ? J’aimerais être avec mon crush mais n’importe où. Ce que j’aimerais faire après le confinement ? Tellement de choses. Je viens de réserver 1 billet pour aller au Maroc fin décembre. J’espère qu’on sera sorti du confinement depuis longtemps.
    Il faut que je réfléchisse ce que ça veut dire de moi cette impossibilité à évoquer les trucs que j’aime ou déteste. Alors que j’ai une personnalité passionnée et peu nuancée.
    Commentaire très auto-centré

  • Carson dit :

    J’irai marcher sur la plage et mettre mes pieds dans l’eau avec les gens que j’aime.

  • Isabelle dit :

    J’irai voir mes parents et mes amis
    J’irai manger une glace
    En fait ce confinement ne me gène pas tant que ça

  • fannoche dit :

    Première chose que je vais faire: aller chez l’opticien faire remettre mes branches de lunettes qui font le grand écart(merci l’enfant relou de t’être assise dessus). Au quotidien c’est pas simple à gérer les lunettes qui glissent.
    Oui j’envoie du rêve aujourd’hui. Je sais.
    Bises

  • Séverine dit :

    J’irai voir mon âme sœur pour la serrer très fort dans mes bras… L’embrasser, lui dire combien il m’a manqué malgré nos discussions quotidiennes.

    Sinon je reste positive le plus possible, je m’évade de diverses manières et la musique m’y aide beaucoup! Jouer d’un instrument, chanter, découvrir de nouveaux artistes! plonge dans les idées noires, c’est dur et très violent. Mais je remonte toujours et profite un maximum!

  • Pmgirl dit :

    On va bruncher en terrasse 😉

  • Florence dit :

    Embrasser mes proches
    Passer la frontière pour acheter du beurre salé français (je suis en Suisse)
    Pouvoir simplement vivre, sans se demander si c’est dangereux. Pouvoir simplement reposer cette question con: on a quoi de prévu ce week end?

  • Sandrine dit :

    Je rêve aussi de cette pilule qui fera que tout sera comme avant… ou presque. J’appréhende un peu le lâcher de fauves quand on pourra à nouveau mettre le nez dehors, et que tous ces lieux de consommation vont rouvrir…
    @william: le premier « cappuccino lait de soja vanille sans sucre » va être un délice pour l’esprit, on le partage quand tu viens voir mon chateau ?
    Et sinon, toujours merci pour cette parenthèse enchantée de mi journée.

  • Olivia dit :

    Personnellement, je vis ce confinement avec beaucoup de montagnes russes. Par moment, je me sens bien, en phase avec moi même, mon chat, mes activités, mon ennui. A d’autres moments, O god, mes angoisses et mon anxiété reviennent, elles me sont familières, mais c’est vrai que dans ce contexte, tout est démultiplié. Personnellement, ça se passe beaucoup dans mon ventre et de manière globale au niveau du haut de mon corps.
    Alors je fais ce que je peux, je fais ce que je fais d’habitude pour me détendre (j’ai une bonne boîte à outils) et à un moment, 5 minutes, 1 heure, la matinée, la journée, ça lâche, je me détends et ça va mieux.
    Pour l’avenir, je suis inquiète, j’ai peur, c’est normal et humain. Je me répète souvent cette phrase que j’ai entendu : l’humain s’adapte. Toujours.
    Hier j’écoutais une interview de Boris Cyrulnik qui disait en substance, que beaucoup de difficultés vont émerger, mais aussi beaucoup de bonnes choses et de changements dans le bon sens. J’ai envie d’y croire. De mon côté, il y a des choses que je veux/vais changer, je me dis que je n’ai plus de temps à perdre.
    En ce moment quelque chose qui me fait du bien aussi c’est ranger mon appart, c’est un vrai méga rangement, je jette, je nettoie à donf, je trie, ça va me prendre des jours, mais ça vaudra le coup et ça laissera rentrer de la bonne énergie pour la suite.

    Je lis en ce moment un livre sur Harriet Tubman. Cette femme noire, née esclave aux US dans les années 1800, s’est échappée. Recherchée, elle a ensuite fait clandestinement s’échapper un nombre énorme d’esclaves, elle a également milité contre le racisme et pour le droit de vote des femmes. Elle a eu un rôle très important pendant la guerre de sécession.
    J’aime beaucoup les biographies de personnes qui face à l’adversité, ont fait preuve d’une force et d’un courage assez dingues, sans que leur vulnérabilité passe à la trappe (très importante la vulnérabilité selon moi). Cela me fait dire que l’humain est capable de se relever et de transformer de la pire des situations.

    Pour la sortie de confinement :
    -Aller boire des verres avec mon cercle d’ami.e.s proches jusqu’au bout de la nuit
    -Très vite, j’irai danser avec les mêmes ami.e.s aussi
    -Ensuite boire des coups et aller voir mes autres proches
    -Me promener aux Buttes Chaumont
    -Me balader le nez au vent dans Paris en mangeant une bonne glace

    Je suis contente de te lire en tout cas William. C’est une source de réconfort en ce moment, tout comme je l’espère que nous t’apportons aussi un peu de baume au coeur .

  • Véro b dit :

    J’hésite …une balade dans mon square préféré…le coiffeur…un café en terrasse…? On verra bien…

  • Funambule dit :

    Aujourd’hui c’est angoisse au menu pour moi.
    Quand on en aura fini je veux embrasser mon amoureux, embrasser mes parents, prendre des verres avec mes potes, rencontrer ce mec avec qui je papotais sur un site avant le confinement et avec qui j’échange des messages audios quotidiens depuis, chanter avec ma chorale. Des trucs simples en fait.

  • Florence dit :

    En sortant de ce drôle de film qui s’avère être la réalité, j’ai juste envie :
    – que mon fiston qui a 11 ans et demi retrouve une vie normale, où il va au collège et va jouer à la switch avec ses copains-copines à la bibliothèque le mardi soir parce qu’il sort plus tôt de ses cours ;
    – de retourner nager à la piscine, avec l’été qui va arriver, à Rennes, le bassin nordique de la piscine Bréquigny sera idéal, mais celui de la piscine Saint Georges est si beau aussi, en 2026 on fêtera les 100 ans de son existence, comment s’en passer ?
    – aller raconter plein d’histoires à des enfants dans des écoles, des hôpitaux, des bibliothèques et des centres sociaux… Partout où mes kamishibaïs et livres accordéon seront espérés et demandés !
    – aller boire des verres avec mon groupe d’apnée le vendredi soir après la séance, prendre le thé et découvrir des petits restaurants végés et savoureux avec mon amie Juliette, retourner prendre le thé et manger au restaurant avec ma sœur, mes parents, etc…
    – de me promener au bord de la mer !
    … Bref, entre autres choses, et j’en oublie plein, que des trucs que je faisais déjà mais qui me manquent.
    Belle journée à toutes/tous !

  • Muriel dit :

    Tu devrais laisser tomber « Les Échos », William… Bien sûr que c’est un bon journal, mais je ne pense pas un seul instant qu’aussi bons soient ses intervenants, ils puissent y voir clair dans ce qui va se passer ensuite (les prix Nobel de cette année, Esther Duflo et Abhijit V. Banerjee sont les premiers à dire que les économistes, même brillants, sont dans l’incapacité de prévoir, de prédire, d’annoncer le futur… Je lis leur bouquin en ce moment « Économie utile pour les temps difficiles », et ça me fait du bien). C’est trop inédit comme crise, trop généralisé à l’échelle du monde aussi pour qu’on puisse y voir clair… Et puis, surtout, ce qui me fait dire ça, c’est que si tu as besoin d’un quart de lexo après lecture (au propre ou au figuré, peu importe…) c’est que ce n’est pas bon pour toi… C’est le genre de lectures qui fait carburer le mental à fond les ballons, et c’est bien la dernière chose dont on ait besoin en ce moment. On aura besoin du mental à un moment donné, bien sûr. Mais là, à mon avis, ça ne fait qu’entretenir un sentiment d’impuissance, doublé d’un profond pessimisme (ton image sur les louches de merde est à cet égard parlante…).

    Alors, non, personne n’a un début d’idée de comment ça va repartir, résilier, redécoller, c’est vrai, et c’est bien pour ça que s’appuyer sur « Les Échos » ou autre n’apportera aucun début de commencement de réponse. Manifestement ne pas avoir de réponse (à part « ça va être la meeeerde… ») t’angoisse. Moi ça me fascine. Je ne suis ni spécialement enthousiaste, ni particulièrement angoissée pour la suite. Je suis perplexe et curieuse. J’ai l’impression que bien des cartes sont rebattues, sans savoir si ça donnera un jeu plus intéressant ou plus cruel ensuite. Je n’en sais rien. Fichtre rien. Et moi, au contraire, ça m’apaise, de ne rien savoir, d’être incapable de prévoir. Parce que l’impression, que j’avais juste avant, que les jeux étaient faits, et qu’on fonçait tête baissée et sans être capables de s’arrêter vers une catastrophe écologico-économique de grande ampleur (oui, moi c’était plutôt ça qui m’angoissait) eh bien, elle s’estompe. Je ne dis pas qu’on n’ira pas encore plus tête baissée et encore plus vite ensuite dans le mur, hein, mais j’ai juste l’impression qu’on a mis quelque chose en suspens et qu’on a (peut-être) la possibilité de faire autrement, finalement. Je ne m’illusionne pas sur le fait que ce sera un chemin parsemé de roses pour autant, mais je n’envisage pas la soupe à la merde non plus. Et moi à qui on a répété des années que je n’étais ni assez « ancrée », ni assez dans le moment présent, je ne vois pas plus loin que la journée qui vient en ce moment, et je me sens bien. J’ai peur de perdre des gens que j’aime, ça oui. J’en compte pas mal de fragiles, dans mon entourage, comme tout le monde, et ça assombrit considérablement le tableau. Et même sans ça, le fait de savoir que d’autres ont perdu ou sont en train de perdre des être profondément aimés sans pouvoir leur dire un dernier au revoir, c’est ce qui m’attriste le plus. La suite, l’après…, tout ça est trop abstrait pour le moment.

    Quant au confinement en lui-même, j’en suis à ma 3e semaine presque entièrement révolue (on était un cluster précoce là où je vis et les écoles ont été fermées une semaine avant tout le monde par chez moi), et je constate qu’à part quelques détails, rien ne me manque, rien ne m’a été retiré qui soit complètement essentiel à mes yeux. La danse et mes copines danseuses, c’est probablement ce que je retrouverai avec le plus de joie, parce que c’est une activité collective, et que danser seule dans son salon ce n’est vraiment pas pareil. Aller voir mes proches, trinquer et dîner avec eux, aussi, ça fait partie de ce que je serais heureuse de retrouver. Si on me privait de ça définitivement, ça me rendrait très triste. Là je sais que c’est une privation temporaire, alors ça me va, je fais avec sans trop d’impatience.

  • Véronique dit :

    – Immédiatement, j’irais marcher dans la forêt la plus proche puis je partirais en Bretagne à Brocéliande
    – J’irais voir « mes » loups et découvrir leurs petits nés au printemps
    – Je recommencerais à danser du blues et du swing avec des orchestres jazz en live – si les danses sociales en close embrace sont à nouveau safe …
    – Je prendrais mes amis dans mes bras et les serrerais fort
    – Je fêterais mon anniversaire avec mes amis proches (fête annulée le 2nd jour de confinement) et nous pourrons enfin chanter et jouer de nouveau ensemble
    – Je ferais du vélo le long de la Loire jusqu’au soleil couchant et finirais par un apéro sur les bancs de sable
    – J’irais bivouaquer et regarder les étoiles autour d’un feu de camp en tête à tête
    – Je suivrais une nouvelle retraite de méditation dans un temple boudhiste
    – J’irais me baigner nue dans l’Océan
    – Je ferais l’amour
    – J’irais acheter l’histoire d’un zèbre bien sûr ^^

  • Marie-Aude dit :

    J’irai à la plage … j’habite au bord de la mer et je ne trouve jamais le temps d’en profiter !

  • Au moins je suis sûre d’une chose, c’est que je fêterai mon anniversaire confinée
    Allez, pour une fois que je me suis réveillée tard, merci le changement d’heure, je file faire mon yoga et pour tout te dire, je n’ai aucune idée de ce que je ferai en premier à ma libération, peut être tout simplement sortir de la ville, voir les arbres couverts de feuilles ou bien marcher dans la première neige de l’hiver prochain…

  • estèf dit :

    Demain, peut-être le jour couleur d’orange d’Aragon.
    Ce n’est pas tout à fait délirant ce que tu aimerais faire dans un monde recomposé.
    Première chose, gros apéro sur la place du village avec les copains, 2, rattraper les anniversaires en famille, 3, grosse rando montagne, reprendre de la hauteur.

  • Didier dit :

    Tu as raison on va tous devoir lâcher quelque chose … se repenser. Et par dessus tout accepter de voir partir certains proches emportés par le virus. Pour reprendre une formule fameuse de Delphine de Vigan: vieillir c’est apprendre à perdre… perdre ses proches, ses illusions, son autonomie et que sais je encore….
    L’idée aussi finalement de tout ça c’est le fameux vivre le moment présent. Retrouver l’essentiel. Je crois que cette crise que nous traversons n’est qu’un accélérateur de prise de conscience pour ceux qui, plus ou moins consciemment, étaient arrivés à la conclusion qu’on ne pouvait pas continuer comme ça. Que nous devions changer.
    Alors… il y aura bien un retour à la « normale » … sans doute différente de celle qu’on avait laissé il y a quelques semaines ( une sorte de décrochage spatio temporel comme dans retour vers le futur !) Ce sera sans doute pour le mieux. Hâte que cette période se termine. Mais la question est quand? C’est ça le plus difficile à concevoir : ne pas savoir quand nous verrons la fin de cette période…

    • William dit :

      J’ai un jour écrasé le pied de Delphine de Vigan dans une soirée pince-fesses et elle avait été d’une classe folle alors que je lui avait pas raté l’escarpin : je n’ai jamais lu un seul de ses livres mais je la défends toujours par principe ^^

  • Greluchablabla dit :

    Bonjour William, quel plaisir de vous relire (merci Caroline ) !
    Les choses que je ferai :
    – Embrasser fort mes proches
    – Prendre un grand bain de mer dans la calanque que j’aime tant
    – Retourner en Corse et en Italie
    – Retourner au resto mais aussi retrouver mes cours de sport

  • Cec dit :

    – aller faire un cours de bikram yoga, tous lrs joirs pendant au moims 2 semaines, cest le seul anti douleur efficace pour la polyarthrite rhumatoïde chez moi (et là , ouch…)
    – juste après mon premier cours, prendre mon vélo (je vis a Amsterdam) pour aller enfin retrouver cet homme qui vit sur un bateau et ne pas sortir du dit bateau (allez juste pour faire trempette une ou deux fois) jusqu’au cours de bikram yoga du lendemain….
    Tout le reste, j’ai le temps de my remettre en douceur

  • Une Comète dit :

    Moi je découvre ton blog grâce à Caroline et voilà je ne le quitterai plus jamais. Suis déjà addict après la lecture d’un seul billet. Merci et bonne soirée

  • MarieV dit :

    Vivre comme avant.. Et toutes les bonnes résolutions que l on prend maintenant : je ferais plus attention.. Je serais moins égoïste.. sont comme celles que l on prend au 1er de l an… Éphémères.. Vivre comme avant mais en respirant sans peur et embrasser mes enfants sans plus pouvoir m arrêter… Merci pour votre blog découvert aujourd’hui….. Y a des bonnes surprises dans ce temps bizarre…

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